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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 10 novembre 2011 15:08

    Nul n’a jamais échangé un kilo de blé contre un kilo de blé.
    Depuis la nuit des temps on aura échangé un fruit contre un poisson.
    (Il n’y a que dans le commerce amoureux -car j’entends commerce au sens très large-que l’amoureux et l’amoureuse s’échangent et s’offrent en même temps, une égale satisfaction en particulier dans le baiser. A noter alors qu’ils s’échangent un bien dont ils ne détiennent chacun que la potentialité)

    Parce que nous nous échangeons fruit contre poisson, il ressort d’une part la problématique de dépendance plus ou moins prononcée et vitale de chacun par rapport à ce produit, d’autre part le jugement bilatéralement accepté de cette dépendance qui forme alors le prix. Si le sel est très rare dans une région abondante en riz, je vais vendre un kilo de sel contre 100 kilos de riz. Et inversement si c’est le riz qui est rare.

    Ce commerce est antédiluvien et ce n’est pas parce qu’en ce moment nous avons l’impression de nous retrouver dans un cul-de-sac civilisationnel que nous devons nous en prendre à l’échange de biens et services différents, au commerce.

    Il suffit que nous traitions de qu’il y a de moche non dans le commerce mais dans les moyens méthodes et éthiques qui le sous-tendent.

    Tant qu’on n’en était qu’au village où tout était transparent et où chacun passait sa vie sous les yeux de ses voisins avec qui il échangeait, le troc suffisait.
    Dès qu’on est passé aux cités et donc aux caravanes et caravelles, chacun opérant alors de plus en plus en secret. Rien n’était plus important qu’un secret commercial. Les commerçants inventaient même des grammaires spéciales incompréhensibles aux profanes et tuaient ceux qui avaient découvert leurs passages et voies.
    Je pense que l’ésotérisme dans tous les domaines est né de l’ésotérisme commercial (Citons alors les contre exemples assez exceptionnels de Marco Polo ou Guillaume de Robroeck qui n’ont jamais cherché à vivre du secret)


    L’ésotérisme, la propension à créer et’ entretenir du mystère, du secret d’arrière-boutique, s’il avait connu son acmé pendant le Moyen-âge, n’a jamais été dénoncé sur le fond malgré d’innombrables demandes et règles dites de transparence, de traçabilité ou de contrôle d’Etat. Nous exigeons certains détails ontologiquesn d’une marchandise mais nous acceptons largement d’acheter une voiture sans rien savoir de l’endroit ou des conditions de sa production. C’est que fondamentalement, nous n’exigeons pas de savoir quel est le bénéfice de celui à qui nous achetons un produit. Nous payons 100€ pour écouter Pavarotti mais nous n’exigeons pas de savoir combien il gagne. Nous achetons 20€ un livre sur la pauvreté mais nous n’exigeons pas de savoir combien ça rapporte à son auteur.


    Alors que le secret des comptes des commerçants n’est généralement pas un secret absolu puique le fisc y a accès, ils ne paraissent jamais aux clients pourtant très concernés. Sur les chaussures Nike, on commence à voir dans quel payselles sont fabriquées mais on ne voit pas à quel prix Nike les a payées à son sous-traitant, ni la marge de ce dernier. Sur le plan technique, ce ne serait pas très difficile d’indiquer ces choses sur les emballages mais on préfère le secret. Les produits ressortant alors purs et miraculeux.

    C’est cette acceptation d’une très grande part de mystère sur les produits échangés depuis l’invention des cités, qui a permis les arnaques.

    Le principe du commerce est très valable et même particulièrement humain puisque seul l’homme est capable de convenir que 100 kilos de riz peuvent équivaloir 20 kilos de sel et 5 grammes d’or.
    Mais nonobstant l’apparition de la monnaie qui lui est liée, c’est le passage aux cités, aux échanges lointains (hors vue, off shore) qui a permis que s’y greffe le secret ontologique de la marchandise et donc l’arnaque.

    Je rappelle qu’au Tibet, dans les villages, il y a quelques petits groupes se spécialisant dans le commerce caravanier aidé de yacks. Chacun de ces groupes, qui vise une ou deux sortes de marchandises, pratique un vocabulaire secret. Au delà de leur mérite de transporteur qui n’est pas peu de chose (ils risquent souvent des chutes) ils ressentent encore le besoin de dissimuler leurs sources et prix d’achats. La partie saine de ce commerce est dans la valeur du transport que nul ne peut contester, sa partie malsaine est dans le secret des chiffres d’achat, des bénéfices. Inversement, quand on achète des tomates à un maraîcher solitaire, des poissons à un pêcheur solitaire, tout est transparent et il n’y a aucune opportunité de tricherie.




  • easy easy 10 novembre 2011 13:27

    Lorsque l’intelligence se consacre à la générosité, quand elle vise à sauver tout le monde et ne condamner personne, j’apprécie.
    Alors merci de nous offrir votre travail de réflexion.

    Au délà de la réflexion sur notre habitus, pour entrer dans quelque praxis sans démonter le commerce (tâche immense qui demanderait de tout reconsidérer), il y aurait à mes yeux deux choses à vérifier en permanence dans ce que nous faisons et que nous transmettons (quand j’achète des planches et que je vends des meubles, je livre un habitus amont contenu dans mon achat et j’y ajoute mon propre habitus)

    Il y aurait à vérifier et donc juger que mon entreprise est généreuse (je sers tout le monde, moi compris), que je n’arnaque donc personne (Lorsque la banque Goldman Sachs invente des produits financiers tels les CDS, elle sait que ce sont des escroqueries, hélas légales. Lorsqu’on ajoute de la mélamine dans le lait en poudre idem)

    Et il y aurait à placer sur l’étiquette des produits injectés dans le commerce (qu’il soient concrets ou abstraits) des indications de reconnaissance ontologique, de filiation ; historique.
    Une barre de Mars comporterait alors sur son étiquette quelques indications rappelant l’historique de la plantation, du cacao, du sucre, de l’industrialisation...Alors qu’en ce moment son emballage évoque soit une planète, soit un lion.
    Actuellement et à part dans le commerce équitable, l’ontologie d’un produit n’est pas indiquée et les étiquettes ne vont qu’à livrer des indications sécuritaires. Ce qui conduit les consommateurs à ne plus considérer que leur sécurité et à n’avoir aucune considération pour les conditions qui lui auront offert cette sécurité. « Ce produit garantit ma sécurité, le reste n’est pas mon affaire » « Mon pompiste me garantit que mon essence est de bonne qualité pour mon usage, d’où elle vient ne me concerne pas »

    Avant les caravanes et transports de marchandises à travers les océans, ce qui nous fait remonter à très loin, chaque consommateur d’un produit du commerce savait à peu près l’ontologie de ce qu’il consommait. Dans le village d’Astérix, chacun sait l’historicité de chaque produit, chaque acheteur de menhir a vu Obélix suer sang et eau pour le sculpter.

    Lorsque des villages on est passé aux cités, des pans de plus en plus importants de l’activité humaine n’était plus vus par tous. Un orfèvre put alors livrer de belles fibules en argent, n’exprimant que beauté et volupté voire pureté à des acheteurs ignorant que cet argent était extrait dans des mines par des êtres humains soumis à l’esclavage.

    Face à cette problématique de la vitrine et de l’arrière-boutique, il y aurait deux options éthiques. Une consistant à imprimer sur le produit qu’il provient d’une cruauté auquel cas chacun devra faire face à ses responsabilités et ne pourra pas se prétendre ange. Une autre qui consiste à proscrire son origine cruelle.
    Or, l’origine cruelle ou abusive des marchandises (concrètes et abstraites) semblant à tous les commerçants (commerce entendu au sens très large incluant même la musique) difficile à éviter, l’option la plus largement retenue a consisté depuis la nuit des temps à mentir ou dénier cette origine cruelle plutôt que de l’éviter.

    Lorsqu’ailleurs on mange au restaurant un singe écervelé vivant devant soi, on est plutôt dans la franchise « OK, je ne suis pas câlin avec les bestioles même humanoïdes »
    Lorsqu’ici on mange du surimi, on peut dénier complètement le sort cruel subi par les animaux et l’on peut se poser en ange, faire la morale à tout le monde.

    Entre les premiers qui admettent forcément leur cruauté même s’ils lui donnent une dénotation plus neutre et qui sont alors peu enclins à se poser en anges et les seconds, je ne suis pas certain de préférer ces derniers.


    Si dans le Japon médiéval le concept d’hypocrisie existait, cette mauvaise attitude dénoncée ne concernait que des périmètres courts « Il est hypocrite vis-à-vis de son voisin »
    Alors qu’en France, l’hypocrisie que nous dénonçons le plus, par exemple sur ce forum, est à grand périmètre et concerne notre habitus entier. Nous ressentons confusément que nous sommes fondamentalement hypocrites sur tous les plans et vis-à-vis de toute chose (ce qui n’était pas trop le cas sous Henri IV et qui est devenu très vrai quand nous avons commencé à dissimuler les exécutions, les prisonniers, les usines, les malades, les affamés, les mendiants...)

    C’est la raison pour laquelle, les occidentaux deviennent si désemparés et ont le sentiment confus de vivre une décadence morale (Où il leur faut alors désigner quelque bouc émissaire)

    Je ne suis pas du tout certain que nous puissions vivre d’une chaîne ou toile faite de bontés ou de douceurs de A à Z et, dans un premier temps, je verrais que nous ne modifiions que notre religion de l’angélisme où trop de gens se croyant anges ou doux, n’ont aucun scrupule à diaboliser les autres et à crier qu’il faut avoir « le courage de les exécuter »






  • easy easy 9 novembre 2011 17:04

    Attention El Nasl

    Autant depuis 10 ans nous devenons majoritaires à questionner le concept de croissance en ce qu’il serait solution, autant, le concept de progrès qui le contient mais qui est bien plus large et finalement peu objectif (sinon en termes d’allongement de la durée de vie) est rarement remis en cause
    Pour bien comprendre la transcendance PROGRES, projetons-nous par exemple sous Henri IV et plaçons-le dans une conversation (il ne sera alors plus possible de le corréler à des résultats mesurables sur la santé) et nous verrons que l’assistance se demandera ce que veut dire ce mot.

    On va chez les Inuits d’il y a 80 ans, on leur explique PROGRES et ils ne pigent pas du tout. Au bout d’un certain temps on parvient sans doute à leur innoculer ce concept mais sur le coup ils n’en voient ni les tenants ni les aboutissants



    Alors que de leur côté, ils avaient peut-être un concept motivant et central en « Continuons ainsi »

    Ici, on peut se réveiller le matin pour fabriquer un progrès (école, diplômes, beau métier....) alors qu’ailleurs on se réveille pour faire « Pareil qu’hier »



  • easy easy 9 novembre 2011 13:58

    Certes

    Mais en amont de ce mythe, il y en a un autre : celui du progrès

    De même qu’en France il ne vient à l’esprit de personne de ne pas dire COMME 
     « Il est rond comme une queue de pelle » « Il est laid comme un crapaud » « Il est radin comme Arpagon » « Il est rusé comme un renard » « Elle a une langue de vipère » « Il ment comme un arracheur de dents », « Il est fort comme un Turc », « Il est con comme un balai », il ne vient à l’esprit de personne de concevoir qu’on puisse vivre sans progrès.

    Or bien des peuples savent vivre sans ces deux manies surgies de je ne sais où.



  • easy easy 8 novembre 2011 21:51

    Verre à moité vide, verre à moité plein, selon qu’on est optimiste....


    De tous les types de cancer, il en est un que Marc a évoqué, celui des leucémies, où il faudrait carrément hurler de joie devant le fort taux de guérisons

    A priori, une leucémie pourrait sembler être le pire des cancers puisque c’est toute la moelle osseuse qui déconne (tous les intérieurs rouges des os. Ne pas confondre avec la moelle épinière qui n’est pas concernée)

    Et il n’y a donc pas de siège précis de ce cancer qui tue en quelques semaines parce la formule sanguine indique des proportions invivables de composants (tous normaux)

    En dehors donc des proportions délirantes des composants du sang, on ne voit rien de mal foutu. La moelle osseuse se trompe dans les proportions et ça suffit à faire une catastrophe.

    Dans un premier temps historique, les médecins ne voyaient pas d’aure solution que la chimio (poison mortel sélectif qui tue toute cellule à taux de reproduction rapide, doù la chute des cheveux et de cellules épithéliales internes et externes, desquamation)

    Et ça marchait assez mal

    Un jour, Eliane Gluckman de Saint-Louis, s’est demandée s’il ne fallait pas essayer la greffe de moelle osseuse d’un donneur sain. Grosse difficulté à trouver celui qui a la formule sanguine équivalente mais à part ça c’est facile, on prélève sa moelle osseuse et on l’injecte dans une veine du malade.
    Dans le corps du malade, les cellules souches du donneurs trouveront le chemin pour se placer dans ses propres os, s’y installeront et lui fabriqueront la bonne formule sanguine
    Mais ouille, qu’il était difficile de trouver des donneurs de moelle osseuse compatible !
    Je serais très étonné qu’il y ait deux donneurs sur ce site d’AVox !

    Il y a toutefois 3 000 000 de donneurs enregistrés dans les banques de moelle osseuse mondiales dont une très grande proportion de Coréens, mais quand on cherche le donneur compatible d’un malade, même sur cette quantité, on n’en trouve qu’une poignée d’à peu près compatibles. Et c’est encore plus difficile depuis que nous nous métissons dans tous les sens.
     
    Eliane se demande alors si on ne devrait pas essayer un autre produit sanguin, celui qui reste dans le cordon ombilical+placenta après l’accoucxhement des bébés.
    Elle en prélève et ose en transfuser dans des veines de malades avec une marge de compatibilité un peu plus large, moins exigeante.

    Nom de Dieu, ça marche !



    Dans tous les cas, avant d’injecter dans les veines d’un malade 200g de moelle osseuse ou de sang de cordon, il faut d’abord le purger de ses cellules qui déconnent.
    AlorsIl subit alors une chimio de deux semaines.
    Une fois qu’il est au plus bas par cet empoisonnement, on cesse la chimio et on transfuse tout de suite le sang greffe (Sang de moelle ou sang de cordon). On attend deux trois jours, on fait une analyse de sang et ô miracle on voit sa formule sanguine redevenir normale.

    Comme il reste difficile de trouver ces deux types de greffon sanguins compatibles et qu’il est urgentissime de faire quelque chose, on tente généralement une première expérience de chimio seule. On empoisonne donc le patient, on pousse au plus loin possible la destruction de ses cellules à taux de reproduction rapide puis on arrête, sans rien faire de plus, et on regarde ce qui se passe. Parfois, la propre usine à sang du patient se remet à bosser normalement.
    Il arrive donc qu’une seule chimio guérisse un patient mais le taux de réussite est faible et le taux de rechute est élevé.


    Dans tous les cas, pendant que le patient est sous chimio, il n’a plus aucune défense immunitaire et doit alors vivre dans une pièce stérile. Il faut également lui transfuser en quantité des plaquettes (pochettes de liquide jaune) et du sang complet banal.

    Il faut donc des donneurs de sang banal (le don dure 5 minutes) et de plaquettes (le don dure 30 minutes)

    Ainsi, parce que le cancer du sang est peut-être d’une nature quelque peu différente des autres cancer, il est aujourd’hui fort bien soigné (surtout chez les jeunes) mais à condition qu’il y ait beaucoup de donneurs de sang banal, de plaquettes, de sang de cordon (hyper facile) et de moelle osseuse (le don qui demande le plus de générosité car il nécessite d’être anesthésié et idéalement de se placer à côté du malade pendant le transfert)

    Toujours sur ce type de cancer, si un jour l’on parvient à soigner en prenant le sang de cordon de presque n’importe quel nouvea-né, il est probable que ce sera parce quon bricolera fort la question de la compatiblité-rejet et qu’on utilisera alors une série de médocs pro-compatiblisant, ce qu’Eliane Gluckman voudrait éviter
    C’est parce qu’elle veut éviter les montagnes de médocs qu’elle cherche le donneur exact compatible et qu’il est si difficile à trouver.

    Vous souhaitez qu’il y ait moins de recours aux médocs ?


    Alors donnez vos produits sanguins, tout simplement. Plus la banque des dons sera riche de greffons variés, moins les toubibs utiliseront de médocs

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