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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • easy easy 13 août 2012 21:44

    Même consternation que vous sur le Monument de la renaissance africaine

    Même enthousiasme que vous pour Ousmane Saw

    Je me casse la tête pour essayer de comprendre pourquoi ses oeuvres me touchent (en me laissant une forte impression qu’elles ne peuvent pas plaire à Toulemonde)
    D’abord le moyen.
    J’aime certes voir le burin du tailleur de pierre mais plus encore la trace des doigts sur la glaise

    C’est alors l’eccéité qui fonctionne.
    « Ici, il a mis sa main » fébrile, sa main mentale.

    Je suis sa pensée en suivant les traces de ses mains. Je piste sa pensée manuelle. (ça me fait également cet effet quand je regarde de près les gravures de Rembrandt qui corrige, améliore, estompe, masque) .
    J’ai l’impression qu’il se glaise, qu’il se Pygmalion lui-même (en tous ses états, en toutes ses projections introjections), qu’il se Adam lui-même, qu’il se Eve lui-même, qu’il se démiurge


    Car dans Apollon et Daphné je ne vois pas où est passé le corps de Le Bernin qui s’est pourtant arraché à cette performance. Alors que je perçois déjà mieux le corps de Rodin ainsi que de Camille dans leurs oeuvres. Je vois le corps de Van Gogh. Je ne vois pas le corps de Buren non plus
    Je préfère les objets faits mains, irréguliers, où je vois la fatigue, l’usure, l’épuisement, la patience, l’abnégation




    Et puis la taille qui est supérieure à la normale. Je me sens petit, dominé par ces créatures en pleine action qui m’ignorent. Comme des dieux qui guerroient sans un regard pour les hommes. 
    Positions extraordinaires, très éloignées des poses esthétiques de Michel Ange ou même Rodin

    Et l’ambiance que forme le groupe sur la passerelle des Arts, l’ambiance Ousmane domine le pont.

    Une telle sauvagerie, une telle africanité, là, en plein Paris, 120 ans après les expositions coloniales, le Buffalo Show, les zoos humain, quel flash back !

    Le cheval en centaure sacrifié dans cette capitale qu’il a tellement servie et qui ne veut plus de lui

    L’odeur 
    Une odeur difficile à capter dans ce courant d’air sur tirant d’air mais de très près oui une odeur de terre qui sue le pétrissage des pieds, des corps, des bêtes, des crottes de lions, des sangs écoulés et qui vibre encore des tam-tam. 


    La fragilité
    Donc la confiance.
    Oui Ousmane, tu nous as fait confiance
    Tu es l’artiste qui m’a fait le plus confiance.

    Et puis ça ne peut pas durer éternellement une sculpture aussi fragile.
    Ce n’est donc pas fait pour traverser les siècles, pour s’imposer éternellement,
    Ca admet de devoir s’effacer, de redevenir poussière.

    C’est une oeuvre qui accepte de mourir
    De redevenir terre
    De repasser sous les pieds, les griffes et les sabots
    D’être remodelée, autrement
    Par un autre

    Enrichie

     
    Merci Ousmane ! 



  • easy easy 13 août 2012 16:45

    Fondamentalement, le Rom (et associés) ne veut ni de la propriété foncière ni du travail selon notre acception.
    Obligation de vocabulaire oblige, il dira volontiers qu’il travaille lorsqu’il récolte les raisins pour un exploitant mais ce mot ne veut pas dire la même chose que pour nous (qui considérons qu’un écrivain travaille, qu’un politicien travaille)

    Le travail selon notre acception entend « régulier » et « au même endroit ». Notre travail est bancable. Les Roms refusent cette acception et ne veulent que romvailler. Ca peut être au moins aussi dur et pénible que le plus dur et pénible de nos métiers mais ils ne veulent pas de la marchandisation du travail, ils ne veulent pas se sentir machinés. Ils veulent savoir à qui ils ont affaire dans le travail. Ils ont une vision qui tient plus du lion que du termite.

    Si les Etat européens ne prétendaient pas tout réglementer, ils n’auraient pas à se soucier que les nomades aient accès à des romvaux. Ce ne serait pas leurs oignons.
    Or les états se mêlent de tout et prétendent encarter les Roms. Du coup, l’état se retrouve forcément responsable du romvail. L’Europe se retrouve interpelée sur le romvail et répond par le travail.
    Chômage ou pas, crise ou pas, ça n’a aucune chance d’aboutir.
    Les Roms ne voudront jamais de notre travail.


    Toujours parce qu’il prétend se mêler de tout, l’Etat impose aussi la scolarisation. Alors que les Roms ne veulent que la romanisation. Et l’Etat se retrouve à devoir leur fournir des allocations. Les Roms, pas cons, veulent bien encaisser les allocations puisqu’elles sont dues par cet Etat qui veut tout régenter mais ils ne veulent rien céder sur leurs manières de voir la vie.


    Ainsi que les Amérindiens, les Roms ne demandaient rien à l’Etat.
    Ils sont ceux des Européens qui ont le moins exigé, le moins revendiqué.
    Depuis des siècles ils se sont débrouillés dans des contextes étatiques sans jamais réclamer de droits dans ces états.
    Ils n’en veulent pas des droits administratifs.
    Ils n’en veulent pas car ils ont compris depuis des lustres que si un Etat accorde quelque chose, il s’accorde le droit de prendre cent fois plus quand il le veut.
    Et en particulier la liberté.
    Alors que les Roms, comme les Sioux, n’ont jamais conçu-voulu la prison

    (Il faut signaler sur ce point que bien des civilisations ont eu la possibilité flagrante de pratiquer quelque chose, la prison, la roue, mais qu’ils l’ont refusée. Hélas, l’Histoire exhumée par les Occidentaux ne sait pas voir et dire ces refus. Et on peut mettre ce phénomène en parallèle avec le fait que nous n’avons toujours pas compris comment faisaient les Anciens pour déplacer des rochers énormes)

    Les Roms n’ont jamais exigé davantage de droits (comme nous autres l’avons fait surtout depuis 1789). Mais de plus en plus coincés par les barbelés et clôtures, ils protestent de leurs restrictions de circulation-nomadisation. 

    Si des Roms venaient, par exception, à manifester, ils le feraient comme Geronimo l’avait fait. Ce ne serait pas une manif pour avoir plus de revenus, plus de retraite ou plus de confort, mais une manif pour un retour en arrière. 
    Ce sont les seuls Européens à ne réclamer que le retour à autrefois ou à défaut un statu quo.
     
    Les Européens veulent bien comprendre que les Amérindiens soient malheureux de ne plus pouvoir vivre comme avant (sans retraite, sans école, sans hôpital, sans téléphone, sans pompiers, sans polystyrène ni surimi) mais ne veulent pas comprendre que leurs Roms vivent le même cauchemar.




  • easy easy 13 août 2012 12:59


    La beauté est de toutes manières une injustice de fait, même entre grenouilles.
    Tant qu’elle n’est pas hystérisée (hyper considérée par l’effet larsen que provoque la foule) son injustice n’opère que très localement et ne touche que 5 ou 10 bestioles. Une girafe laide peut donc tenter sa chance en s’écartant de la plus belle de quelques kilomètres. Au bilan, il y a peu d’hystérisation, peu de conséquences.

    Chez l’homme, dès qu’il a commencé à faire des portraits ressemblants, ce qui est incroyablement récent et très méditerranéen (Les hommes des cavernes dessinaient très bien les bestioles mais stylisaient les sapiens, comme s’ils avaient pressenti le risque de perversion d’une canonisation de l’esthétique humaine) les hystérisations ont été très fortes.

    On s’est agglutiné à cent, à mille, à million autour d’une beauté.
     (Louis XIV avait beaucoup contrarié la Cour en épousant une laideur)
    De nos jours la naissance d’une beauté condamne des milliards d’autres. Soit à lui ressembler si pas trop d’écart, soit à s’enterrer ou enterrer le fait en jouant la carte de l’ignorance, en pratiquant un certain déni. Et cette défense-réponse peut aller jusqu’à mener une contre culture de l’esthétique. « Je ne suis p’tet pas un canon mais je pense, moi »

    Ici, Harmelle, vous évoquez certes la beauté d’une concurrente mais morte et vous soulignez son destin peu enviable. Vous cernez donc la vie d’Ava, vous en faites ce que vous voulez. Son destin, sa beauté sont entre vos mains et passent sous votre contrôle. 



    Heureusement, l’hystérisation à milliards n’est pas parfaite ou complète. Il y a bien des cloisonnements endogamiques et ethniques donc culturels qui la freinent. Et puis une beauté ne dure pas trop longtemps. Mais on va bel et bien vers de plus en plus d’hyper hystérisation autour de la beauté d’une personne donc vers de plus en plus grandes et irréductibles injustices au sens d’invivabilités.
    La situation née de l’hyper hystérisation que favorise la médiatisation est de plus en plus invivable pour tous, y compris par les canons.


    Il y en a une de beauté qui a su, bien mieux que Sissi, éviter son enfermement : Cléo de Mérode. Il y avait même des sacs à mains décorés de deux photos d’elle. Mais elle a su rester en retrait des effets qu’elle produisait.
    Peut-être Grace Kelly devait-elle à la pression de ses parents d’avoir pu vivre heureuse.
    Il y a BB qui a également su, avec une étonnante force, se dégager toute seule des effets de l’hyper hystérie.


    Sinon, oui, juste après la beauté physique, comme premiers éléments de perception, vient la voix. (Le passage du muet au parlant a cassé bien des hystérisations)
    Alors qu’un corps, une fois lavé de ses terres originelles, une fois cosmétisé et paré internationalement, peut effacer en grande partie son origine (donc sa marque endogamique), l’accent, la voix, reste très marquée de son terroir et ne peut pas facilement s’universaliser.



  • easy easy 13 août 2012 11:55

    Pamphlet bien bâti

    Mais vous attaquez une porte ouverte.
    Et avec bien du retard.



    Le temps qui est passé nous permet évidemment de mieux voir les effets pervers des concepts publicitaires (Publicitaire au sens très large de « Tout slogan qu’on braille, qu’on agite en étendard » ), donc de les critiquer.
    Il faut évidemment faire ce genre de critiques a posteriori. D’autant que mille formes de cadumisme perdurent.

    M’enfin on n’est là que dans le cosmétique déjà amplement critiqué (en prenant pour appui convenu la Bettencourt si facile à railler)

    Il y a d’autres concepts bien plus solidement installés (pas forcément récents) et produisant des effets pervers bien plus conséquents qui sont à critiquer.




    Vous dénoncez le puérilisme sur la musique de « Familles je vous hais » et par l’angle d’attaque le plus facile, celui de la cosmétique familiale. 

    Or il y aurait à dire d’abord pourquoi la famille se cosmétise. Pourquoi nous nous cosmétisons. De quoi la cosmétique nous protège. De quoi nous avons peur.



    Vipère au poing avait été écrit en plein baby boom. Il avait fait très fort Hervé.
    Mais au fond, ne sont-ce pas la Thénardierisation, la Folcochisation, la Papétisation, qui ont installé dans la sphère familiale le concept déjà ancien mais opérant jusque là en dehors d’elle, du triangle de Karpman ? 



    Il existe un lien entre La case de l’oncle Tom et le marketing Cadum et il passe par Thénardier.


    Premier temps on maltraite le sauvage au corps nu
    Second temps on en culpabilise
    Troisième temps on passe archange en névrosant de détecter des méchants abusant de fragiles (explosion des organisations gentilles)
    Comme chacun devient Archange détecteur de Victime et chasseur de Bourreau, chacun se retrouve menacé d’être traité de Bourreau (y compris de la Nature) 
    C’est terrorisant et schizophrénisant.


    Ca nous pousse à avoir des relations avec des objets (de vrais objets non biologiques) plutôt qu’avec de vraies personnes physiques. Ca nous pousse vers le matérialisme ou son avatar qu’est le monde virtuel (encore qu’on puisse être condamné pour avoir été le Thénardier d’un tamagotchi).
     
     

    Il faut donc situer le cadumisme et le glabrisme dans cette perspective innocentiste pour comprendre son succès.



  • easy easy 12 août 2012 12:30

    Restons au fond de ce que Caroline a semblé vouloir aborder

    (Ce n’est pas de cette terrasse qu’on peut voir l’alignement des trois temples qu’elle a mentionnés et cet alignement n’a pas d’autre sens que hasardeux)

    Vous semblez dire que vous vous retrouvez en difficulté pour dire aux vôtres (religieux ?) que vous virez vers une formule théiste débarrassée de toute grammaire et grammairiens.

    Oui c’est difficile, quoique permis, ce dont on peut déjà se féliciter. C’est difficile parce qu’on croit qu’on doit s’expliquer donc, que chacun doit s’expliquer sur ses manières ou conduites. Et qu’on croit alors qu’il faut s’en expliquer dans la langue du juge à qui on s’explique. 
    Or il n’existe pas de grammaire de ce qui n’existe pas, de ce qui n’est pas reconnu comme existant.
    Alors se retrouver solo, isolé, en chemin vers une vision originale, qui n’existe pas aux yeux des autres, à devoir s’en expliquer dans le volabulaire des institutions alors qu’on n’a même pas développé sa propre grammaire (on ne peut pas s’inventer un imaginaire vraiment original tant on se retrouve, in petto, à devoir recourir aux briques institutionnelles).
    On ne pas aller bien loin en termes de pensée originale tant on se retrouve obligé, pour la triturer sa pensée, d’utiliser les mots usités.


    Ainsi du mot aimer.
    Rien ne prouve qu’il soit le mot juste (d’autant qu’en France, il sert tant au cassoulet, qu’à son enfant, qu’à son amant, qu’à son dieu, qu’à sa patrie)

    Comment peut-on définir le sentiment que l’on Ressent alors qu’on n’a pas d’autre mot-définition que ce ’aimer’ qu’on sert à toutes les sauces et qui fait déborder nos poubelles ?
    Oui, nos poubelles débordent ce ce que nous avons aimé.

    Il n’y a qu’un moyen pour échapper à cette insurmontable difficulté c’est d’entreprendre de croire qu’on n’a pas à s’expliquer. Qu’on n’a jamais à dire la Chose, pas même à la Penser.

    Penser c’est déjà altérer, c’est déjà corrompre, c’est déjà soumettre, c’est déformer, c’est mentir. C’est loin, très loin de la pureté.


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