Je suis d’accord avec vous, et m’excuse partiellement
Mais ce que vous voyez comme de la propagande, je les vois plutôt comme les règles de base de notre société, que nous avons tendance à oublier, piégés par nos concepts économiques...
Le droit à la libre entreprise : ok
Réduire les subventions et réduire les taxes, et du coup réduire le nombre de fonctionnaire : ok
Le problème est qu’à mon avis, aujourd’hui, une bonne partie des gens forts ne se considèrent plus que comme des mercenaires, et non plus comme les membres d’un tout : ils se vendent donc au plus offrant, en justifiant leur gros salaire par la pénibilité, Et n’aimant cette pénibilité que pour ce gros salaire. En plus, à l’instar de Marc Bruxman, ils menacent de partir à la moindre contrariété. On appelle cela du chantage. Comme voulez-vous que quiconque ait confiance en l’avenir, s’il a de l’énergie à revendre, de l’imagination, de la volonté, s’il est un peu patriote et qu’il voit sa société tomber en ruine autour de lui ? Cette lâcheté malhonnête est en train de tout ravager dans notre pays
Qui peut avoir confiance dans ces conditions ? Comme le modeste citoyen peut avoir confiance dans ses élites quand il ne les voit que comme de simples mercenaires ? Il va donc les mépriser, les voler, les truander…
Chacun pour soit
Pour élever le débat, il faut à mon avis faire reprendre confiance en chacun dans la société. Renforcer les liens de la société. Renforcer ce qui nous lie en tant que peuple. Les grands projets technologiques. L’application d’une morale sociale et renforcer cette volonté protectrice des forts pour les faibles, et non l’inverse. Montrer que nous avons du pouvoir en tant que peuple, et que ce pouvoir nous le voulons. Arrêter de se prostituer à la mondialisation, pour une chimère économique. Faire de la recherche pour l’avenir, avancer dans les énergies nouvelles et du futur.
En gros sortir de notre marasme qui nous replie sur nous-mêmes et nous fane : pousser vers l’avenir plutôt
En termes pratiques :
* protectionisme social à l’échelle française idéalement européenne par l’intermédiaire de normes sociales (niveau de vie, temps de travail) pour nous protéger du dumping
* protectionisme écologiques pour protéger nos efforts écologiques
* comme dit plus haut, réduire subventions et taxes sur les entreprises pour revenir à un peu plus de sobriété
* Optimiser le fonctionnement de l’état et au moins plus augmenter la dette
* conditionner les subventions à l’emploi et à la R&D
* renforcement de la recherche pour le solaire, les économies d’énergie, le nucléaire (avec superphoenix, opérationnel avant son arrêt, nous avions le concept nous rendant INDEPENDANTS en terme énergétique)
* Taxer les revenus du capital plutôt que du travail, pour revenir à un régime plus dynamique. Taxer les droits de succession
* Instauration d’une taxe exponentielle ou d’un revenu maximum (10 fois le SMIC ? ca doit déjà inclure plus de 90% de la population) afin d’éviter toute concentration excessive de richesse
* Politique d’urbanisme, pour densifier le réseau de transports en commun : répartir un peu mieux la population
* Intensifier la politique des « logements sociaux » pour assurer une mixité sociale au sein même des quartiers : éviter les pièges des ghettos de riche et getthos de pauvres
En gros nous remuer un peu le cul. Là dedans y’aura des choses pas faciles, peut-être à qu’à cause des efforts de grands travaux et de recherche nous perdront encore du pouvoir d’achat : mais c’est exactement le risque que prend un actionnaire : perdre un peu pour plus de profit pour l’avenir
Il me paraît intéressant de noter que ce genre de programme est exactement l’inverse du programme appliqué par le gouvernement actuel. Et ‘est ce qui m’effraye…
Oui, oui, ce que j’avance est probablement très caricatural. Mais il met selon moi certains aspects en relief.
Le problème réside ici :
* nous avons des besoins
* remplir ces besoins nous demande des efforts
* une manière de réduire ces efforts est de faire turbiner notre cerveau pour fabriquer des machines qui fabriqueront ces objets à notre place
* ces machines demandent du capital
* d’où l’ « invention » du capitalisme, en tant qu’outil
Donc oui, le capital est intéressant. Mais ce qui est contestable, c’est le fait qu’un capital doive être rentable, à mon avis là est l’erreur, car alors il est nécessaire d’augmenter le rendement de ce capital autant que possible, et donc en arriver aux extrémités actuelles : publicité idiote (donc plus de transparence), résistance au changement, tendance au monopole…
Si l’on conjugue cela au fait que le capital a tendance à s’agglomérer, à se concentrer (à mon avis un uniquement par le fait de sa tendance à s’augmenter de manière exponentielle), on se retrouve dans un système qui tend vers l’immobilisme absolu, et l’esclavage de tous par un seul qui possède tout. Vous conviendrez que c’est tout l’inverse d’un système libéral…
A mon avis ce qui est contestable dans tout cela, c’est le fait même de pouvoir tirer des revenus de son capital. Je ne conteste pas le droit de propriété (droit constitutionnel quand même !), je conteste le droit d’en tirer des revenus. Car alors les inégalités s’accroissent perpétuellement. Aujourd’hui pressions sont faites pour supprimer les taxes de succession, c’est à mon avis la pire des situations pour une république (transfert par la naissance, et donc la chance, plutôt que par la compétence)
Il est curieux en fait de constater que notre monde prend les choses à l’envers. A priori, ce serait : si un besoin existe, une communauté se forme autour de ce besoin, pour le résoudre. Chacun a pour unique intérêt de répondre à ce besoin. Chacun va donc participer à la confection de l’outil pour ce besoin : devenir actionnaire d’un « capital productif ». Un gestionnaire parmi les actionnaires est désigné (il gagnera un gros salaire) Une fois l’usine construite, l’objet est produit, le besoin satisfait, et évidemment, le capital ne sert plus à rien. Mais et alors ? Le besoin est satisfait, non ? Au pire l’usine est revendue, démentelée et utilisée comme ressource…
Actuellement c’est l’inverse : un besoin indistinct est révélé par des études marketing. Des « gens courageux » (et c’est probablement vrai) construisent un capital et fabriquent l’usine pour répondre au besoin. Le problème est que ce besoin n’est pas circoncis, et que le but n’est en fait pas d’y répondre, mais de faire du revenu. Aujourd’hui une entreprise n’est pas une pourvoyeuse de service, mais un centre de profit : là est à mon avis la dérive. Et tout ce qu’elle implique en non-satisfaction, en mise sous dépendance des consommateurs etc…
A mon avis tout cela est dangereux…
Pour ce qui est des « gens courageux », ils sont rétribués de plusieurs manières : salaire élevé, influence plus ou moins sensible, mais aussi fierté de soi-même, fierté de l’œuvre réalisée, et probablement, avec de la chance, respect de la part de la communauté. Tout cela est déjà BEAUCOUP ! Pourquoi vouloir tirer des revenus du capital, sachant les risques qu’il implique ?
De plus, vous l’avez dit, la vie d’un chef d’entreprise est une vie harassante. Selon moi, c’est trop de poids et de responsabilités pour un seul homme : c’est cela qu’il faut éviter. Lançons la discussion sur la pénibilité du travail, pour le maçon ET le chef d’entreprise.
Mais évitons le piège de la multiplication exponentielle des revenus…
Une somme d’intérêts individuels, en physique ca s’appelle l’immobilité
C’est comme si une grande couverture recouvrait 60 millions de personnes disposées en cercle, et que chacun tirait dans sa direction.
La couverture ne bougera pas. Au pire elle se déchirera. Et les plus fort auront les bons morceaux de couverture. Et les autres, ces salauds de plus faibles, n’auront que des lambeaux.
Au pire on prend le ciseau et on découpe en 60 millions de morceaux. Et si les forts veulent une plus grande couverture, ils organisent la société pour permettre de gagner, chaque jours, 60 millions de cm² de couverture en plus
Un jour, à ce rythme, il y aura des couvertures de 100m² et plus personne ne saura quoi en foutre. mais au moins on aura évité les guerres, guerres civiles, extorcations, et autres orgies de sang de l’histoire
Ah bien sûr : il y a une méthode plus facile, plus flamboyante, plus prétentieuse que l’autre. Mais que personne ne se plaigne s’il s’est fait volé son 3m² de couverture par des pauvres qui n’en avaient que 25 cm². Et fait planter au passage
Le problème de répartition entre revenus du capital et revenu du travail peut se voir de cette façon :
* le capital existe entre vos mains, a tendance à s’aggréger de manière naturelle et s’il n’est pas régulièrement redistribué il finit aux mains d’un seul : à priori il suffit d’une part suffisante de capital pour le voir se multiplier tout seul, sans rien avoir à faire. Le capital est exactement ce que tout fainéant souhaiterait posséder de façon suffisante. Une fois le capital limite atteint pour survivre, plus la peine de travailler ou de créer, il suffit d’attendre que la société humaine vous le multiplie stupidement.
Le travail quant à lui est volatile, c’est une valeur instantanée. Le travail ne s’accumule pas, ne s’additionne pas, il doit être sans cesse réitéré, mais il peut s’améliorer et se démultiplier par l’intelligence. Il est créateur, il est mouvement par nécessité, et il permet de changer les cartes
En caricaturant :
Une société où le revenu ne se gagne que par le capital, forcément transmis par la naissance, si par malheur elle est de plus appuyé par une religion nécessairement conservatrice, c’est une société immobile qui va se laisser dépasser, puis exterminer. C’est une société d’ancien-régime
Une société où le revenu ne se gagne que pas le travail est une société nécessairement vive, rapide, en perpétuelle évolution, où tout se mérite et est mérité, et tout peut changer, où chaque individu doit se dépasser. C’est une république.
Passer d’une répartition entre revenu du travail et revenu du capital montre l’orientation de la société dans laquelle vous vivez.
Marc Bruxman : "Qu’ils me le versent, ca fera largement pour mon assurance chomage, ma retraite et mes cotisations maladie."
En bref, seriez-vous prêt à parier votre vie dessus, et éventuellement à emmerder vos enfants (et bien sûr que les vôtres, en leur interdisant de demander de l’aide à leur concitoyen) avec vos frais de maladie, de chômage du à la maladie, et de retraîte anticipée, et le prêt consenti pour acheter votre terrain de 3 ha (bah oui, avec un salaire 2x plus grand, on attrape la folie des grandeurs) ?
Si oui, heureux de ne pas être votre enfant
Pour ce qui est de la "préférence du présent", une certaine idée de la politique serait de voir le politicien comme l’homme au regard long qui aide le citoyen à lever les yeux de ses pieds et de ses petites misère quotidiennes (bien prenantes, quand même, c’est notre vie ) pour lui permettre de voir le mur vers lequel il marche. Bien sûr ca ne cadre pas avec le concept Président - PDG de la S.A. France qui gère ses petits deniers pour ses actionnaires (autrement dit ceux qui ont investi dans la dette française).
Pour ce qui est des Rafales et des F16, vos conceptions stratégiques seraient assez amusantes si elles n’étaient pas effrayantes : le propriétaire des F16 sera heureux de pouvoir dire au général qui l’a écrasé : "ouais, mais moi je l’ai eu moins chèèèreeeuhhh, ca m’a permis d’économiser pour ma télé". Bah ouais, mais dans l’histoire le perdant perdra aussi sa télé.
Merde, mais le militaire c’est pas qu’une affaire de vente, de chiffre d’affaire de rendement ! Pareil pour l’énergie, les sources de nourriture, les voies de communciations et de télécommunications ! Pareil pour la justice ! Ce sont des choses que nous DEVONS posséder pour nous-même en tant que pays !
Avec votre logique de petit comptable, vous allez tous nous tuer !