Haha, beau retournement : écrire que c’est l’employeur qui procure le salaire à l’employé ; c’est bien connu, l’employé rapporte rien et l’employeur le prend juste en pitié.
Pour parler de la même chose, peut-être pourrions-nous plutôt écrire que c’est l’employé qui enrichit l’employeur, et que celui-ci, en retour, consent dans sa grande générosité à lui remettre une petite partie de ce que son travail a réellement rapporté.
Ah mais j’oubliais. Le vilain salarié idiot qui ose râler, s’il est pas content, il se casse. Facile. Il n’y a pas de chômage endémique chez nous. Et puis, il n’a qu’à se sortir les doigts du *** et créer son entreprise voyons.
C’est sûr qu’un pays avec seulement des entreprises d’une seule personne, ça fait rêver ! Quelle belle organisation sociale.
En outre, c’est bien connu, tous les vilains petits salariés fainéants ont tous bien assez de capitaux pour créer l’entreprise de leurs rêves. Faut dire qu’ils coûtent tellement cher…
Ah tiens ? Mais, cela ne voudrait-il donc pas dire qu’en fait, seuls ceux qui ont de l’argent peuvent réellement créer l’activité qui les intéresse ? Seuls ceux qui ont de gros capitaux peuvent finalement influer sur le court des choses, sur ce qui est produit/vendu, sur l’aménagement des territoires ? Ah mince. Mais ne serait-ce pas là ce qui pourrait être assimilé à un féodalisme moderne, dans lequel les droits seigneuriaux auraient été remplacés les droits du capitaliste ? Oups, non, ce sont des fantasmes de gauchiste tout ça. Je reprend la pilule de la bonne couleur et je retourne à mon camion à pizza.
Ah, tiens ? Mais, il n’y a plus que ça dans le pays. Qui va acheter ma pizza ?
Bien sûr que si. Le fait que mon patron soit riche fait que je suis pauvre. Un simple calcul de niveau CE1 le démontre.
Mon entreprise génère 100 de valeur ajoutée. Le patron tout puissant s’octroie ce qu’il veut, et me laisse quelques miettes. Le patron a donc 90, et moi 10.
Le patron aurait été moins riches/avare/avide/exploiteur, il ne se serait octroyé que 50, et j’aurais donc également eu 50. Ah, tiens, le patron est moins riche, et je suis plus riche. À l’inverse, le patron est plus riche, je suis alors plus pauvre.
Nous parlons ici de partage des richesses. Il est donc évident que si certains ont beaucoup, c’est que les autres ont peu. Le gâteau n’est pas infini.
Donc, non, Gattaz n’est pas légitime. Où est son mérite ? C’est un fils à papa. Pour l’égalité des chances, on repassera.
Quelle part de la richesse générée par son entreprise capte-t-il ? Est-elle en rapport avec ce qui lui, par son travail à lui, a réellement apporté à l’entreprise ? Comment évaluer l’apport de chacun à la richesse générée par l’entreprise ?
Si la part de richesse qui lui est attribuée correspond à sa contribution à l’entreprise, alors, effectivement, celle-ci est légitime. Mais j’ai un gros doute. Au vu de son salaire démentiel, cela signifie qu’il rapporte autant que 10 à 30 de ses salariés. Quel surhomme ! Et ne parlons pas de ce que les actionnaires vont ensuite vampiriser comme valeur, pour un travail nul …
Pourquoi user de ce qualificatif de gauchiste ? Dénoncer une telle indécence mérite-t-il ce qualificatif ?
Ceci étant dit, sur le fond, vous avez entièrement raison : si le salaire démentiel des patrons est indécent et, en soi, est déjà une accaparation de la valeur générée par les salariés dans l’entreprise qui devrait tout simplement être interdite au delà d’un certain écart, ce n’est que la partie émergée de l’iceberg de la spoliation actuellement en cours.
Les véritables spoliateurs, bien plus encore que les patrons, et plus encore que les grands patrons, ce sont les actionnaires et les possesseurs de capitaux, qui eux, non seulement travaillent encore moins que les patrons, mais en plus encaissent bien plus. Ce sont les véritables assistés de nos sociétés capitalistes modernes.
La féodalité et les privilèges ayant été abolis depuis notre révolution de 1789, la féodalité moderne a simplement pris une nouvelle forme : le capitalisme. Finalement, presque rien n’a changé. Les travailleurs sont les nouveaux serfs et les capitalistes sont les nouveaux seigneurs. Les inégalités, quant à elles, ont peu évolué.
Heu, cher claude-michel, puis-je vous inviter à faire l’effort de lire correctement mon commentaire avant de raconter des bêtises ? Merci. Je ne me permettrais pas de vous retourner le compliment concernant l’incapacité à comprendre un texte de français relativement simple.
Vous arriverez peut-être à comprendre ce que j’ai écrit et cela vous évitera des commentaires sans rapport avec le mien.