Krolik, je ne dirais pas que la radioactivité naturelle c’est rien du tout... Il semble que le radon soit une cause importante de cancers du poumon. Bien sûr, cela se fait en respirant du radon pendant des décennies, pas en une semaine.
J’ai pris un exemple parce que je n’allais pas traiter ici tous les cas possibles. Beaucoup de sources d’énergies n’ont simplement pas le potentiel de répondre quantitativement à nos besoins.
Pour l’énergie solaire, je demande à voir. J’ai lu qu’on pourrait remplacer nos 58 centrales nucléaires en couvrant la totalité des toits de France de panneaux photovoltaïques (plus exactement : la moitié, mais en les supposant tous orientés sud). Est-ce réaliste ? Quid de la pollution liée à la production et au recyclage des panneaux ? Quid du stockage de cette électricité (les panneaux ne fonctionnent pas la nuit !) ? Et enfin, cela ne comblerait que nos besoins actuels en électricité, qui ne représente elle-même qu’un cinquième de notre énergie. Si on souhaite remplacer les moteurs à pétrole de nos véhicules par des moteurs hybrides/électriques, il faudra aussi produire cette électricité...
On peut tout de même investir de l’argent dans l’énergie solaire, mais à ce moment-là, je miserais sur le solaire à concentration, dans le désert, plutôt que sur l’installation de plaques éparpillées sur les toits d’un pays modestement ensoleillé (et encore moins sur des champs de panneaux qui viendraient remplacer des champs de blé ou de betteraves, lesquels sont déjà une forme de récolte de l’énergie solaire).
Ah non, ça c’est faux, et pour plusieurs raisons :
- Si les réserves actuellement découvertes d’uranium tiendraient un demi siècle à un siècle dans les conditions de consommation actuelles, il ne s’agit que des réserves déjà découvertes, or pour découvrir il faut chercher, et le besoin ne s’en faisant pas sentir, on n’a pas prospecté l’uranium comme le pétrole.
- Ce calcul est basé sur le mode de fonctionnement de la plupart des centrales actuelles, qui n’utilisent que l’uranium fissile, à savoir U235. Les réacteurs à neutrons rapides permettent également d’utiliser l’uranium fertile, U238, qui représente 99,3 % de l’uranium naturel. Rien que ça, ça multiplie les réserves par 140. Ils consomment également le thorium, encore plus abondant.
- Ça ne tient pas compte non plus de l’uranium qu’on pourrait extraire des potasses, de l’eau de mer, etc.
Bref, il y en a pour des milliers d’années, et d’ici là, on a largement le temps de maîtriser la fusion.
On peut mettre des fortunes dans le perfectionnement des éoliennes, ça restera des éoliennes. On n’en tirera jamais plus d’énergie que celle contenue dans le vent. J’ai vu votre calcul sur le nombre d’éoliennes qu’il faudrait pour remplacer le nucléaire en France (encore faudrait-il pouvoir les placer toutes dans des endroits où il y a du vent), et même si un perfectionnement permet de réduire un peu ce nombre, ça restera irréaliste. Tout ne s’achète pas, il suffit pas de mettre de l’argent dans un domaine pour le faire progresser, il faut qu’il y ait un potentiel de progrès.
Je pense d’autre part à l’incitation de l’État sur l’installation de panneaux photovoltaïques (courant racheté plusieurs fois son prix par EDF), mesure à laquelle il a été mis fin récemment... parce que son effet principal avait été de financer des spéculateurs et des escrocs !
Pour moi, la seule énergie susceptible de répondre un jour aux critères que vous énumérez, c’est le nucléaire.