À la fin, c’est plus serré que ça : Homo Sapiens apparaît quatre secondes avant minuit, et les pyramides, un peu moins d’un dixième de seconde avant minuit. (Je n’ai pas vérifié le reste.)
Si ces chiffres doivent nous inciter à quelque chose, je pense que c’est à une certaine prudence envers le résultat de cette longue évolution qui nous précède. Dire qu’une disparition massive est inexorable, c’est nier notre libre arbitre. Selon ce qu’on fera ou pas, des espèces disparaîtront ou ne disparaîtront pas. C’est à nous de choisir.
« Le Pléistocène aura duré de -40 000 à - 8000 ans environ. »
Ouh là, il n’y a pas un problème avec les chiffres là ? D’après Wikipédia, le pléistocène « a débuté il y a 1,806 ± 0,005 million d’années et s’est terminé il y a 11 430 ± 130 ans ».
« Cela dit, d’autres espèces ont pu s’installer dans le sillage des humains »
S’installer, se répandre, sans doute... mais l’humain n’a pas créé une nouvelle espèce, il n’a pas augmenté la biodiversité de la planète, il a juste augmenté localement les effectifs d’une espèce préexistante, c’est tout ! Pas de quoi réhabiliter l’action humaine en la matière, si tel était votre but dans ce paragraphe !
« Le boccage est un milieu anthropisé particulièrement riche en biodiversité qui disparaîtrait sans l’intervention de l’humain par exemple. »
L’écosystème disparaîtrait, peut-être, mais les espèces qui le constituent, ça m’étonnerait. Pour la bonne raison que ces espèces ont certainement préexisté à l’arrivée de l’humain (je ne pense pas qu’il y ait eu spéciation en quelques siècles seulement... ). Si ces espèces ont existé avant l’humain, elles doivent pouvoir continuer d’exister après, sauf bien sûr si l’humain a entre temps détruit leur milieu de vie initial.
« le rôle de définir le bien et le mal ne revient ici pas aux scientifiques »
Bien et mal ne sont effectivement pas des concepts scientifiques. Le débat sur ce qui est bien ou mal et ce qu’il convient de faire, est un débat éthique et politique, qui ne fait que s’appuyer sur des données scientifiques. Ce qui n’empêche pas les scientifiques en tant que personnes d’avoir leurs opinions éthiques et politiques.
La question « la perte de biodiversité est-elle un bien ou un mal ? » n’est donc pas une question scientifique, c’est une question éthique. Néanmoins, la réponse me paraît évidente. Laisser entendre qu’il pourrait être bénéfique pour l’humanité de se débarrasser des gros mammifères me paraît idiot et surtout extrêmement dangereux. La destruction de biodiversité n’émeut déjà pas beaucoup le citoyen-consommateur lambda, ce n’est pas la peine d’aggraver les choses en laissant entendre que peut-être ce n’est pas si grave : c’EST grave !
« C’est l’affaire de tous, et si certains cas sont simples, comme choisir de remédier à un site pollué à l’arsenic ou au plomb »
Je ne comprends pas ce que la pollution vient faire là dedans, je ne vois pas du tout le rapport avec la biodiversité et avec l’article. À moins que vous vouliez mettre tous les problèmes dits "écologiques" dans le même sac... Et je ne vois pas non plus en quoi c’est plus simple.
« S’ils sont finalement exterminés, ce choix aura été irréversible, non pour la Terre (dans quelques dizaines de millions d’années d’autres créatures à rôle semblable auront fait leur apparition) mais pour nous. »
Il faut insister là-dessus : la biodiversité se régénère, certes, mais en des millions d’années. Nous humains, ne pouvons en aucun cas compter sur cette régénération naturelle pour récréer l’équivalent de ce que nous détruisons !
Créer des emplois de casseurs de cailloux, c’est absurde. Conserver artificiellement des emplois de caissiers, emplois devenus obsolètes, c’est tout aussi absurde. Non ?
On devrait se réjouir de cette main d’œuvre libérée qui va pouvoir être employée là où on en manque, dans les hôpitaux par exemple. Et bien sûr, si vraiment on ne trouve pas d’autre tâche à confier à ces gens, il faut leur donner de quoi vivre quand même, par redistribution de richesses, c’est-à-dire en prélevant sur ceux qui ont beaucoup. Mais ne confondons pas emploi et revenu.