Villach, vous voulez nous apprendre un mot nouveau, permettez moi de vous apprendre deux mots anciens :
« Car il faut l’être pour avoir osé choisir comme œuvre emblématique d’une présidence tchèque de l’Union cette copie géante d’un présentoir industriel de minuscules joujoux de pacotille attachés à un cadre en plastic par une languette que les gamins doivent casser pour en avoir l’usage. »
Le mot que vous vouliez utiliser dans cette phrase est « plastique », le terme « plastic » désignant un explosif.
Je ne suis pas contre le fait d’introduire de nouveaux outils, à condition qu’ils servent à quelque chose. Or il me semble que je peux dire la même chose que vous, de manière aussi concise, avec des mots que tout le monde connaît.
« Mais pourquoi pouvez-vous dire "évoque" ? »
Parce que c’est un mot que je connais et que n’importe quel francophone connaît, un terme ancien dont l’utilité dans la langue française n’est plus à prouver. Je n’ai pas l’impression d’en dire moins que vous ou moins bien que vous en utilisant ce terme éprouvé à la place du néologisme que vous nous proposez.
« Cela s’appelle l’intericonicité ! »
Vous me faites penser à Microsoft tentant de breveter le double clic ou autres trucs triviaux...
« il a besoin d’un flot d’explications bavardes pour tenter de masquer aux nigauds sa vacuité » (extrait du paragraphe cité)
Je n’aurais pas dit ça de l’œuvre tchèque, même si je ne l’aime pas beaucoup. En revanche, je trouve que cette phrase va comme un gant à M. Villach.
Castor, ramener les objections à cette œuvre à une volonté de censure me paraît abusif pour deux raisons :
1) D’une part, être en désaccord avec l’œuvre et exprimer ce désaccord ne signifie pas que l’on souhaite voir disparaître l’œuvre. Dire qu’on n’aime pas l’œuvre fait aussi partie de la liberté d’expression.
2) D’autre part, il ne s’agit pas de n’importe quelle œuvre mais d’une œuvre présentée par une instance européenne ; c’est cette caution de l’Union européenne à l’œuvre qui est contestée, pas le droit d’un artiste de produire ce qu’il veut.
« Sans intericonicité, on ne comprend pas les relations imposées entre les objets ! Voyez l’injure faite à l’Allemagne par exemple ! »
Désolé, mais je ne vois vraiment pas l’utilité de votre néologisme. Il vous suffirait de dire que la croix d’autoroute évoque une croix gammée. Du verbe « évoquer », compréhensible par tout un chacun. Je ne vois vraiment pas ce que votre terme fétiche apporte de plus.
Mais sans doute avez vous parié avec un pote que vous étiez capable de caser mille fois votre gros mot dans vos articles avant la fin de l’année, auquel cas évidemment tout s’explique !