Sauf que de mon point de vue il s’agit d’une énorme erreur stratégique, car si il ne se prononçait pas franchement pour Hollande ou à défaut voter contre Sarkozy, Bayrou aura validé qu’il joue en politicien et non avec ses convictions.
Le précédent de 2002, est une épine dans le pied pour Bayrou, car il n’y a pas eu d’équivoques et de tergiversations à cette époque.
Effectivement Sarkozy est le candidat de l’UMP et non du FN, cependant les discours de Bayrou sont très hostile à la récupération de la parole du parti d’extrême droite parmi les rangs de la droite dite « démocratique ».
Hollande se tait pour ne pas froisser les électeurs du modem, mais si il s’avérait que Bayrou refusait de faire un choix, je suis a peu près certains (et j’en serai) que les communicants de gauche ne vont pas faire dans la dentelle avec Bayrou.
Cela pourrait tenir en une question :
« Comment a-t-on pu prendre le risque de voir la France basculée dans un régime rappelant les heures les plus sombre de son histoire par pur calcul politique ? »
Et pour appuyer là où ça fait mal :
- « Ce genre de décision républicaine nécessite-t-elle une seule seconde d’hésitation ? »
- « La gauche serait-elle seule capable de mettre en parenthèse l’idéologie pour l’intérêt de la nation ? »
Je pense qu’on ne voit pas toutes les implications derrière cela :
La droite républicaine sera considérée dorénavant comme étant une idéologie de compromission capable de se « repositionner » constamment en fonction « du vent »
Il deviendra tout simplement éliminatoire d’être « de droite ».
Tout partisan ou électeur de droite (dite « républicaine ») sera assimilé à un arriviste ne pensant qu’à ses intérêts propre immédiats et exclusifs sans intérêts pour la nation et le peuple.
Toute parole, même de « bon sens » sera systématiquement ignorée.
Le centre devra exister en tant que centre et non en tant que centre-droit avec des préoccupations sociales affirmées et claires pour éviter l’amalgame avec la droite républicaine de compromission.
Le centre pourra éventuellement récupérer une partie de l’UMP mais devra mettre une dose de social dans la résolution du problème de la dette, faute de quoi il se rapprochera dans la tête des gens de l’accord Sarkozy-Merkel, intenable psychologiquement.
Marine Le Pen, n’a pas la tâche si facile qu’on le croit :
Si elle ramène des transfuges UMP, elle risque d’apparaître comme faisant de la compromission électoraliste elle aussi ou alors d’accepter les traîtres en son sein (cf épisode Besson).
Si le calcul est le bon, alors les électeurs du FN (ou autre enseigne) n’apparaîtront plus comme des électeurs protestateurs mais qui adhèrent complètement aux idées de fond du parti. On est pas loin de la guerre civil brun contre rouge qu’on aura vu dans les années 30.
Puisque vous y mettez de la mauvaise volonté, je vais éclaircir le propos de chapoutier (sans prétention ) :
La dette on la paye ou pas ?
C’est tout.
J’ai voté Mélenchon, mais il est vrai qu’il n’a pas expressément dit que les peuples n’avaient pas à payer la dette injuste qui vient de notre obligation d’emprunter sur les marchés, et du rachat des dettes privées des banques ayant joué au casino des subprimes.
Je déteste l’idéologie FN, mais je dois reconnaître que Marine Le Pen est une des seules à avoir exprimé clairement la Loi Rotshild de 1973 entre autre.
J’aurais aimé qu’apparaisse clairement un débat sur la légitimité de la dette, c’est d’ailleurs le premier débat que je voulais.
D’ailleurs, j’aurais voulu voir la tête à Bayrou qui lui répète sans cesse que les vrais débats ne sont pas abordés, comment il allait pouvoir contenir ce débat en se débattant comme un beau diable pour qu’on soit obligé de payer la dette ^^
Mélenchon a dit « CONTRE Sarkozy », ce qui veut dire Hollande.
Bayrou n’a même pas dit « CONTRE Sarkozy », il s’est exprimé contre la « tournure » des discours.
Cette « tournure » ne vient pas de « hier ». Si on est démocrate on est « spontané » contre cette « tournure ».
Tergiverser alors qu’il existe un précédent de spontanéité de décision franche et sans équivoque , 2002, c’est tolérer ces « tournures », c’est penser qu’elles sont préférables d’un point de vue tactique,
ce qui à mon sens discrédite la tactique même.
Je crois que pour s’opposer à un vote de « tripe », il faut des décisions de « tripe ».
Zut alors (pour rester poli), Bayrou s’est exprimé sur la tournure nauséabonde de la reprise des thématiques FN reprisent pas l’UMP.
En 2002, la gauche s’était sans ambiguïté tournée vers Jacques Chirac pour faire barrage à ces idées.
Pour moi, Bayrou est déjà discrédité par le simple fait de ne pas avoir appelé à voter Hollande spontanément.
Personne ne croit qu’il approuve le programme d’Hollande, on ne lui en aurait jamais tenu gré.
Qui plus est, le clan Chirac (hormis l’insoutenable pilleuse de pièces jaunes) a tendu la perche à toute la droite démocratique en appelant à voter Hollande.
Que je sache, Chirac ne s’est jamais comporté comme un partisan du PS.
Ce qu’on reproche au FN, c’est ses idées. On ne devient pas plus respectable que le FN, si on lui emprunte ses idées sans s’appeler FN.
Voter Hollande, ce n’est pas le bon choix, c’est juste le bon sens.