Une fois n’est pas coutume je vais prendre la défense de Sarkozy. :)
On peut reprocher tout ce qu’on veut à Sarkozy, mais on ne peut pas lui reprocher d’être un excellent débatteur.
Je pense qu’effectivement le débat de hier soir ne l’a pas servi, mais il faut avouer qu’aucun débat en réalité ne l’aurait bien servi. Pour une raison extrêmement simple : quelque soit ses talents d’orateur et de polémiste, quelque soit les effets de persuasion qu’il met en marche, son bilan est son boulet et même si par bonheur il dirait ce qu’on veut entendre on ne le croirait pas.
En psycho on appelle ça l’effet boomerang : plus un personne est talentueuse et convaincante plus elle risque d’être en décalage avec l’imperfection (supposée) de son interlocuteur. Cela peut fonctionner au début avec l’effet de surprise, par la suite il faudra amener des éléments de comparaisons compréhensibles.
Dit autrement : Sarko a perdu bien avant le débat, puisqu’en réalité plus personne n’écoute ce qu’il a à dire, mais juste pour le spectacle auquel on peut s’attendre avec un tel clown.
Imhotep, vous apportez à mon sens une réponse sans ambiguïté au dilemme Bayrouiste :
Comment se positionner par rapport à 2 problématiques dont on souhaite qu’elles apparaissent d’égale importance, à savoir « comment moraliser la politique et éviter les dérives populistes voir parfois même fascisante » et « comment imposer la nécessaire prise en compte de la dérive des dépenses de l’état afin de se responsabiliser sur le problème de la dette » ?
Et donc vous, Imhotep, vous répondez sans aucune hésitation : il faut d’abord moraliser car il y a « le feu », et que cela est un préalable à toute autre revendication ultérieure. Sans cela, nous nous enfermons à être définitivement prisonnier des intérêts d’un clan se souciant peu des problématiques à aborder.
Pour pouvoir donc aborder n’importe quelle autre problématique, il faut d’abord s’assurer d’avoir « voix au chapitre » et donc d’abord s’assurer du retour de la tradition républicaine refusant le tribalisme.
Le seul problème, c’est que c’est vous, Imhotep, qui parlez en votre nom.
Je ne vous le reproche pas, c’est la moindre des choses que de s’exprimer librement, mais j’avoue attendre davantage de votre mentor Bayrou, car vous réagissez bien plus comme Mélenchon que comme Bayrou.
Mélenchon, n’a pas nourrit l’ambiguïté. Même si il est de gauche, il n’est pas acquis qu’il donne un « blanc seing » à Hollande. Son appel à voter Hollande, était d’ailleurs plus un voter contre Sarkozy, et il s’en est expliqué : c’est un préalable.
Et il n’est pas le seul, beaucoup pensent qu’avant toutes autres perspectives, il faut avant tout se débarrasser du clan Sarko, et, Imhotep, vous en faites partie.
Pourquoi donc Bayrou tergiverse ?
Il me semble qu’il veuille apparaître comme un démocrate,
il me semble que Chirac lui-même qui appelle à voter Hollande,
il me semble qu’en 2002 la gauche à appeler à voter Chirac face à Le Pen sans ambiguïté.
Et tout s’est fait et se fait sans qu’on puisse soupçonner une seule seconde qu’on adhère aux idées de l’élu « par défaut »,
tout s’est fait et se fait par réaction spontanée face aux thèses anti-républicaines, par réflexe et non par calcul.
Alors, François Bayrou aurait des intérêts tactiques à se comporter comme cela ?