Né en 1968, j’ai suivi des études secondaires artistiques. J’ai ensuite effectué un parcours autodidacte et touché à divers domaines, tant « manuels » qu’ « intellectuels », ce qui me permet de dire que cette distinction entre l’un et l’autre est parfaitement factice, car l’un ne va pas sans l’autre.
Définissez « démocrate » et prouvez qu’ils le sont, s’il vous plait. La religion peut être performative, mais dans un monde de raison, le performatif ne peut suffire, il faut pouvoir démontrer ses affirmations.
Pour illustrer le propos et développer les raisons de ce « fumet de tromperie » que je sent de la part de Mélenchon, je voudrait partager cet article qui démontre, exemples historiques à l’appui, en quoi l’antifascisme n’a jamais été l’allié de la vrai gauche, mais son pire ennemi, l’alliée objective de la « gauche du capital » (la bourgeoisie bienpensante, les bobos, prétendument « modérée » et « progressiste »).
Le hic, et je suis bien désolé de le constater, c’est que je ne peux pas reprocher seulement à Mélenchon de jouer très (trop) fort sur la carte antifasciste (= anti FN), alors qu’objectivement, Besancenot joue exactement le même jeu ! Je vous c/c un extrait de l’article (lisez-le, c’est édifient).
« Affirmer que la droite est l’organe spécifique de la
répression des luttes prolétariennes et présenter les régimes
« démocratiques » comme une sauvegarde, une aide, même provisoire, contre
celle-ci, c’est se moquer grossièrement de toute l’expérience tragique
du prolétariat.
La « gauche démocrate » a joué directement le rôle de « chien sanglant » ; parmi d’autres exemples :
contre
l’insurrection ouvrière de Berlin en 1919 (c’est le gouvernement
social-démocrate d’Ebert-Scheidemann, avec l’ouvrier « socialiste » Noske,
qui a fait couler le sang ouvrier dans les rigoles des rues de Berlin).
contre
les premières révoltes de la classe ouvrière espagnole rapidement déçue
par la « démocratie » de 1931 (c’est le gouvernement « social » d’Azana qui
a assumé la responsabilité de les réprimer violemment : en juillet 1931
à Séville, en janvier 1932 en Catalogne, en janvier 1933 contre les
ouvriers agricoles de Casas Viejas - le gouvernement avait donné l’ordre
de raser le village si nécessaire).
contre l’insurrection des
ouvriers polonais de décembre 1970 (c’est le très « antifasciste » parti
ouvrier polonais qui a commandé aux milices et aux blindés de tirer sur
les foules de manifestants).
Ce
ne sont là que quelques-uns des cas les plus nets car comme nous le
verrons, c’est surtout en collaboration avec la droite que la gauche a
joué son rôle de répression du prolétariat.
Curieuse
« ignorance » que celle des trotskistes, des maoïstes et autres
anarchistes, tous ces antifascistes « radicaux » qui « oublient » si
facilement que dans tant de cas, et pas des moindres, ce n’est ni la
« droite » ni « le fascisme » qui ont constitué l’organe spécifique de la
répression bourgeoise contre la classe ouvrière mais bel et bien la très
« démocratique » et très « antifasciste » gauche du capital. »
Une autre petite histoire, que j’aime bien : l’histoire du petit oiseau.
Alors, c’est un petit moineau, sur son nid, dans son arbre, et vl’a t’y pas qu’un taureau vient blaquebouler le tronc de l’arbre et VLAN, le petit moineau se retrouve le bec par terre.
Et c’est qu’il fait froid, en plus, en ce matin d’octobre... Le moineau se pet à piopioter allègrement « piouuu, piouuu, piouuu ». Une vache arrive, voit le moineau par terre désemparé, se retourne et lui lâche une bonne grosse flatte de merde en pleine tronche ; SPLASH !
Le moineau est dans la merde jusqu’au cou, mais bon, c’est chaud, et ma foi, vu le bise qui souffle... Sur cet entrefaite, voilà qu’arrive un renard. Il repère le moineau enfoncé jusqu’au cou dans la bouse de vache, il l’attrape, le secoue pour nettoyer la merde qui recouvre son duvet de plume ... Et n’en fait qu’une bouchée ; GLOUP ! MIAM ! Plus de moineau.
Moralité ? Ceux qui vous mettent dans la merde ne vous veulent pas nécessairement du mal, et ceux qui vous tirent de la merde ne veulent pas nécessairement votre bien...
N’empêche, je trouve tout de même louche cette « excursion » de Mélenchon du PS pour venir soudainement « fédérer » les force de gauche. J’ai voulu y croire un moment, même qu’à un moment je me suis dit que que le NPA était bien con de ne pas avoir rejoint le FdG, puis il y a eut les présidentielle et là, le jeu trouble de Mélenchon a commencé à me mettre de plus en plus la puce à l’oreille.
Dernière intervention, ce soir, de Mélenchon au JT de 20h00 de TF1, où je l’entend dire, je cite « Le suffrage Universel est notre maître » (sic). Bien sûr, bien sûr. Normal, pour un candidat à l’élection présidentielle. Mais pour un démocrate ? Un vrai, je veux dire ... ? Qui veut rendre le pouvoir au peuple (parce qu’être de la « vrai gauche », ce devrait être cela, l’objectif, le vrai ... il me semble).
Je continue à sentir un fumet de tromperie chez Mélenchon, rien à faire.
« Ils (les oligarques) nous ont volé le mot démocratie. C’est très malin, car cela nous empêche, nous (le peuple) de formuler la solution à notre absence de pouvoir, puisque si nous disons « nous voulons la démocratie », on nous répond « mais vous avez la démocratie ! » » [Étienne Chouard]