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Morpheus

Morpheus

Né en 1968, j’ai suivi des études secondaires artistiques. J’ai ensuite effectué un parcours autodidacte et touché à divers domaines, tant « manuels » qu’ « intellectuels », ce qui me permet de dire que cette distinction entre l’un et l’autre est parfaitement factice, car l’un ne va pas sans l’autre.

Tableau de bord

  • Premier article le 30/11/2010
  • Modérateur depuis le 07/01/2011
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Derniers commentaires



  • Morpheus Morpheus 6 décembre 2012 22:22

    Il n’en demeure pas mois, me semble-t-il, que les structures des partis (quels qu’ils soient) sont hiérarchiques et non démocratiques, puisque fondée sur l’élection (= oligarchie).

    En définitive, la raison d’être des partis politiques est de mener au pouvoir un prétendu représentant. En outre, effet pervers et inévitable des partis politiques, par le jeu de la lutte pour le pouvoir, ils cristallisent les clivages et divisent le peuple, plutôt que de l’unir sur des causes essentielles, et notamment l’intérêt général.

    Morpheus



  • Morpheus Morpheus 6 décembre 2012 22:10

    Salutations Pr ELY,

    J’aimerais partager avec vous quelques pistes de réflexions sur le sujet de l’abus de pouvoir (et de manière plus générale aussi sur la démocratie, terme largement galvaudé et trahit, en particulier dans les pays dit « occidentaux » et prétendument démocratiques).

    Comme vous, je recherche les causes qui pourraient expliquer l’origine de ces rapports de dominants à dominés et des abus que cela induit. Au cours de mes recherches, plusieurs éléments de réponses se sont combinés pour former un tableau qui m’apparait assez cohérent.

    A) La civilisation :

    En étudiant et en comparant les modes d’organisations sociales entre d’une part, les peuples du paléolithique et d’autre part les civilisations issues du néolithique, il y a déjà un élément important à prendre en compte, me semble-t-il.

    Globalement, la révolution néolithique a progressivement amené une rupture majeure dans l’ordre social, en imposant, au fil des siècles, le mode de vie sédentaire qui a de proche en proche remplacé le mode de vie nomade et semi-nomade. Qu’est-ce que cela change ? De façon générale, il apparait que la structure sociale a radicalement changé depuis cette époque et est passée de relations horizontales (égalitaires, anarchiques - au sens de contraire de hiérarchique) à des modèles de relations verticales (inégalitaires, hiérarchiques - il est à faire remarquer que le mot « hiérarchie » désigne à la fois le commandement, mais également ce qui est archaïque...).

    Contrairement à ce qu’affirme une croyance populaire, il existe des preuves qui montrent que nos ancêtres communs issus des peuples premiers, qui vécurent avant la révolution néolithique, ne vivaient pas dans un état de conflits perpétuels et d’extrême rareté, comme bien des anthropologues le prétendaient naguère. En fait, les sociétés de chasseurs-cueilleurs avaient constitué un système social unique immergé dans un paradigme environnemental à la fois restrictif et auto-régulé : la symbiose avec l’environnement était assurée par la nécessité de survie, mais n’était pas vécue comme une contrainte calamiteuse - ce que nous croyons encore trop souvent. Avant l’avènement de l’agriculture, l’homme n’exerçait aucun contrôle sur les ressources disponibles.

    En ce temps-là existait un équilibre naturel. Les sociétés elles-mêmes semblaient refléter cet équilibre naturel, étant donné qu’elles étaient constituées de structures sociales non hiérarchiques, non compétitives et dénuées de dirigeants. On a découvert que leurs systèmes de valeurs sociales étaient essentiellement fondés sur l’égalité, l’altruisme et le partage. L’arrivisme, la domination, l’agression et l’égoïsme étaient proscrits. Nous savons cela grâce aux recherches anthropologiques qui furent menées parmi les quelques sociétés de chasseurs-cueilleurs qui restent dans le monde.

    Aussi étonnant que cela puisse paraître – vous pourrez opposer cet argument à tous ceux qui vous disent que le système actuel est « naturel » – il apparait que plus de 90 % de l’existence de notre espèce sur cette planète a eu lieu au sein d’organisations sociales qui n’avaient pas recours à l’argent, qui ne connaissaient pas la hiérarchie et qui utilisaient même des stratégies de non-discrimination ; j’entends par là que la majorité des individus s’unissait pour stopper toute personne qui essayait de s’emparer du pouvoir et de contrôler les autres.

    La révolution néolithique mit fin à tout cela. Elle permit aux êtres humains de contrôler intentionnellement leur environnement. La préservation de la vie était désormais une affaire de volonté. On pourrait croire, de prime abord, que tout le monde tira grand profit de cette révolution (c’est ce que j’ai toujours appris à l’école ou dans les livres d’histoire : « les progrès de la civilisation ont été d’un bénéfice incalculable pour l’Homme »), mais elle a également introduit de graves problèmes sociaux auxquels nous sommes encore confrontés aujourd’hui et qui trouvent leurs racines aux fondements mêmes de nos civilisations.

    Avec la civilisation sont venus les classes sociales et les gouvernements (hiérarchies), l’explosion du taux de natalité, les besoins croissants en ressources, les razzias et les guerres que cela implique, l’esclavage, et bien sûr, les religions, d’abord polythéistes (Sumer, Babylone, Égypte, Celtiques, Grecs, Nordiques, Indes, etc.) puis à partir de -1300 environ, le monothéisme (je situe l’origine du monothéisme au chiisme d’Akhenaton, « le pharaon hérétique » - voir le livre de Messod et Roger Sabbah, Les secrets de l’Exode, l’origine égyptienne des hébreux). Vous avez d’ailleurs assez justement analysé le rapport conditionnant de la figure divine comme l’un des modèles du dictateur par excellence : l’autorité dominatrice suprême, que personne ne peut contester et à laquelle tous doivent se soumettre...

    B) L’environnement socioculturel :

    A partir de cette analyse du contexte historique, nous arrivons à l’analyse du rapport entre l’homme et son environnement, et notamment, pour ce qui concerne l’homme civilisé, de l’environnement socioculturel. En étudiant Darwin on découvre que ce qui caractérise l’évolution de toute forme de vie est la faculté d’adaptation. Pour perpétuer l’espèce, il s’agit avant toute chose d’être capable d’évoluer par adaptation aux changements de l’environnement. Vous pourrez opposer cela à tous ceux qui affirment - faussement - que ce qui caractérise une espèce dominante est la « loi du plus fort » ; en réalité, il a été démontré que d’innombrables formes de vie ont développé des stratégies de collaboration plutôt que de compétition pour survivre et s’adapter. La compétition relève d’avantage d’un sophisme capitaliste que d’une réalité ethnologique.

    Cette caractéristique fondamentale - la faculté d’adaptation - se traduit chez l’homme civilisé dans le fait de s’adapter au contexte socioculturel dans lequel on nait et on évolue. Si nous vivons dans un contexte hiérarchique, de classes sociales, avec une compétition où « il n’y en a pas assez pour tous », et où, par conséquent, les rapports humains sont conflictuels et compétitifs, il s’ensuit que nous intégrons ces facteurs dans nos comportements dans le but de pouvoir vivre ou survivre dans la société : d’où une violence endémiques dans nos sociétés civilisées. Pareillement, nous pouvons observer que dans des sociétés où règne la collaboration, la bienveillance mutuelle, l’entraide, le partage et la paix, les individus développent des qualités d’altruisme, de partage et d’entraide (exemple, les communautés Amish au USA).

    Des recherches en épigénétique ont démontré que s’il existe bien une relation entre le patrimoine génétique et certaines caractéristiques comportementales, c’est avant tout l’environnement socioculturel qui influence le comportement humain, jusqu’à modifier le code ADN de certains gènes. Cela signifie que nos comportement sont bien de l’ordre de l’acquis et non de l’ordre de l’inné. Or, le contexte socioculturel n’est pas une fatalité, nous pouvons participer à son changement et à son évolution.

    C) L’environnement politique :

    Selon Aristote, il (n’)existerait (que) trois forme de gouvernement :

    a) la monarchie, qui se caractérise par le gouvernement d’un seul, désigné par l’hérédité du sang (la tyrannie serait l’avatar obscure de ce mode de gouvernement).
    b) l’oligarchie, qui se caractérise par le gouvernement d’un petit nombre, désignés par l’élection (l’aristocratie serait l’avatar lumineux de ce type de gouvernement).
    c) la démocratie, qui se caractérise par le gouvernement du grand nombre, et qui tire son égalité du tirage au sort des magistrats.

    Première information, et pas des moindre : la démocratie dépend non pas de l’élection, mais du tirage au sort ! Depuis plus de deux cent ans l’on ne cesse de nous répéter « démocratie = élections / élections = démocratie ; répète mon petit » et, à force de l’entendre toujours et partout, forcément, nous y croyons. Or, la définition même du mot élection démontre le contraire : élire c’est choisir ; choisir qui ? Le candidat que l’on considère le meilleur ; « le meilleur » se dit en grec aristos (l’avatar lumineux de l’oligarchie, gouvernement du petit nombre). Aristote, Montesquieu ou Rousseau l’on affirmé, l’élection est oligarchique, le tirage au sort est démocratique. Les pères fondateurs de nos gouvernements (prétendument) représentatifs le savaient (c’étaient des hellénistes, des érudits), et ils l’on d’ailleurs écrit (il faut les relire) : ils ne voulaient pas de la démocratie, ils voulaient un gouvernement représentatif. Et c’est exactement ce que nous avons, sauf que depuis Tocqueville, nous appelons cela par le terme qui désigne son stricte contraire : la démocratie. Pour développer ce sujet, voyez Le Plan C d’Étienne Chouard et écoutez ses vidéos, elles sont édifiantes.

    En conclusion, l’abus de pouvoir et la tyrannie ne sont pas une fatalité, mais sont les conséquences de modes d’organisation sociale dysfonctionnels (hiérarchies, classes sociales, inégalités), dût à des croyances et un rapport inadéquat et autodestructeur avec les rythmes naturels (religions, idéologies dominatrices), qui contribuent à conditionner les croyances et les comportements humains (influence du contexte socioculturel) qui ont donné lieu à des politiques fondées sur la domination, le contrôle, la hiérarchie et l« inégalité, et les ont intégré comme étant »naturels" (donc fatalité incontournable), alors qu’ils sont artificiels. Le pouvoir rend fou, il corrompt l’âme et l’esprit, quel que soit celui qui est confronté.

    Une fois bien diagnostiquées les causes, il devient possible de trouver les remèdes.

    Cordialement,
    Morpheus
     



  • Morpheus Morpheus 6 décembre 2012 17:00

    [ vous persisterez dans votre refus de voir certains faits et certaines évidences ]

    Cher Pale Rider, j’en ai autant à votre endroit smiley

    Les croyants inventent leur créature, puis lui rendent un culte : le principe même de l’aliénation.

    Ce qui ne serait rien s’ils s’abstenaient de forcer autrui à s’aliéner avec eux ... Mais comme la religion c’est avant tout un instrument de contrôle et de domination, l’un ne va pas sans l’autre.

    Morpheus



  • Morpheus Morpheus 6 décembre 2012 13:59

    Aaaah, les traditions et leurs défenseurs ...

    « La coutume - nous dit Pascal - qui la ramène à son principe, l’anéantit. Rien de tel pour bouleverser l’État que d’ébranler les coutumes établies en sondant leur source où apparait à plein leur défaut d’autorité et de justice. L’aveuglement des sujets est la condition de base de ce que l’on appelle le bon ordre. Il ne faut surtout pas que le peuple sente la vérité de l’usurpation. Il faut la faire regarder comme raisonnable et éternelle et en cacher le commencement si on ne veut pas qu’elle prenne fin bientôt ».

    Au bûcher le Père Noël, Saint Nicolas et toutes ces figures mythologiques qui embobinent les gosses. Ce sera un juste retours de choses, alors même que l’on continue de célébrer les bûchers sur lesquelles nos ancêtres supplicièrent de pauvres femmes pour sorcellerie.

    La sorcellerie, souvenez-vous, c’était cette pratique consistant à en appeler au diable pour tromper les braves gens, les envoûter et les manipuler par quelques charmes enchanteurs. Et que faisons-nous nous-mêmes, lorsque nous embobinons nos propres enfants avec des mensonges et des personnages de carnaval ? Nous les trompons, nous les envoûtons et les manipulons par quelques charmes enchanteur : la « magie de Noël », les cadeaux de Saint-Nicolas « patron des écoliers » qui récompense les « enfants sages », les cloches de pâque ...

    Les premiers mensonges, les premières manipulations, les premières tromperies, et cela dès la tendre enfance. Et nous la faisons subir à nos enfants, comme nous les avons subies, « parce que ce sont les traditions - nos traditions » ... Quelle foutaises !

    Morpheus

     



  • Morpheus Morpheus 5 décembre 2012 21:27

    Pale Rider, puisque vous évoquez un philosophe athée pour dédouaner le monothéisme (et la chrétienté) de leurs crimes, je vous en cite un autre pour illustrer mon propos (devinez lequel smiley ) :

    « Les hommes, quand ils se mettent en tête de donner le jour à un Dieu unique, le font à leur image : violent, jaloux, vengeur, misogyne, agressif, tyrannique, intolérant. Pour tout dire, ils sculptent leur pulsion de mort, leur part sombre, et en font une machine lancée à pleine vitesse contre eux-mêmes... »

    « Une série de haines violemment imposées dans l’histoire par des hommes qui se prétendent dépositaires et interprètes de la parole de Dieu - les Clergés : haine de l’intelligence à laquelle les monothéistes préfèrent l’obéissance et la soumission ; haine de la vie doublée d’une indéfectible passion thanatophilique* ; haine de l’ici-bas sans cesse dévalorisé en regard d’un au-delà, seul réservoir de sens, de vérité, de certitude et de béatitude possibles ; haine du corps corruptible déprécié dans le moindre détail quand l’âme éternelle, immortelle et divine est parée de toutes les qualités et de toutes les vertus ; haine des femmes enfin, du sexe libre et libéré au nom de l’Ange, cet anticorps archétypal commun aux trois religions. »

    (* du dieu grec Thanatos, dieu de la mort)

    « Paul (de Tarse) crée le monde à son image. Et cette image est déplorable : fanatique, changeant d’objet - les chrétiens, puis les païens, un autre signe d’hystérie... - malade, misogyne, masochiste... Comment ne pas voir dans notre monde un reflet de ce portrait d’un individu dominé par la pulsion de mort ? Car le monde chrétien expérimente à ravir ces façons d’être et de faire. »

    « Incapable de mener à bien une vie sexuelle digne de ce nom, Paul de Tarse décrète nulle et non avenue toute forme de sexualité pour lui, certes, mais aussi pour le reste du monde. Désir d’être comme tout le monde en exigeant du monde qu’il l’imite, d’où cette énergie à vouloir plier la totalité de l’humanité à la règle de ses propres déterminismes. »

    « Paul le masochiste expose les idées avec lesquelles le christianisme triomphe un jour. A savoir l’éloge de la jouissance d’être soumis, obéissant, passif, esclave des puissants sous le prétexte fallacieux que tout pouvoir vient de Dieu et que toute situation sociale de pauvre, de modeste et d’humble procède d’un vouloir céleste et d’une décision divine. »

    Je m’empresse d’ajouter que ce dernier principe paulinien est au cœur de la doctrine protestante, ce qui explique bien l’idéologie WASP des étasuniens : la soumission du peuple à Dieu et donc à la hiérarchie ploutocratique dominante, puisque c’est Dieu qui l’a voulu ainsi. Soumets-toi, prie et remercie Dieu...

    « Ce qui définit aujourd’hui les régimes totalitaires correspond point par point à l’État chrétien tel que le fabrique les successeurs de Constantin (...) »

    « Le Vatican aime Adolf Hitler. Le mariage d’amour entre l’Église catholique et le nazisme ne fait aucun doute : les exemples abondent et pas des moindres. La complicité ne s’établit pas avec des silences approbateurs, des non-dits explicites ou des supputations effectuées à partir d’hypothèses partisanes. Les faits témoignent à qui aborde cette question en interrogeant l’histoire : ce ne fut pas un mariage de raison, commandé par l’intérêt de la survie de l’Église, mais une passion commune et partagée pour de mêmes ennemis irréductibles : les juifs et les communistes - assimilés la plupart du temps par le fourre-tout conceptuel du judéo-bolchevisme. »

    « Hitler aime le Vatican. Un lieu commun, qui ne résiste pas à une analyse minimale, encore moins à la lecture des textes, fait d’Adolf Hitler un athée païen fasciné par les cultes nordiques, amateur d’un Wagner de casques à cornes, de Walhalla et de Walkyries aux poitrines opulentes (ndlr : des Femen antiques ? smiley ), un antéchrist, l’antimoine très exacte du christianisme. Outre la difficulté d’être athée (sans dieu) et païen (adorateurs de dieux antiques), il faut faire fi de tous les passages dans l’œuvre écrite - Mon combat - dans l’œuvre politique - absence dans le Reich de persécutions de l’Église catholique, apostolique et romaine, au contraire des témoins de Jéhovah par exemple -, des confidences privées du Führer - les conversations publiées avec Albert Speer -, où Adolf Hitler dit sans ambiguïté et de manière constante tout le bien qu’il pense du christianisme. »

    Alors, vous avez deviné ?

    Morpheus

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