Né en 1968, j’ai suivi des études secondaires artistiques. J’ai ensuite effectué un parcours autodidacte et touché à divers domaines, tant « manuels » qu’ « intellectuels », ce qui me permet de dire que cette distinction entre l’un et l’autre est parfaitement factice, car l’un ne va pas sans l’autre.
L’évidence est dans les termes eux-mêmes, quand on a suffisamment de culture et d’intelligence pour les discerner.
Il est rien moins qu’évident que l’élection soit l’alpha et l’oméga de la démocratie, puisque l’élection, tant historiquement que par sa définition même, désigne la procédure du pouvoir oligarchique.
Élire (= choisir) consiste à désigner, parmi un panel de candidats (qui nous sont imposés par des partis, donc que nous ne choisissons déjà pas librement parmi nous) celui que l’on considère comme le meilleur. Le meilleur, en grec, se dit ARISTOS. Par conséquent, il tombe sous le sens que l’élection est bien une procédure aristocratique, donc oligarchique.
Aristote l’expliquait déjà, il existe trois formes de gouvernement :
1) la monarchie, qui est le gouvernement d’un seul et dont la désignation est héréditaire. 2) l’oligarchie, qui est le gouvernement de quelques-uns et dont le mode de désignation est l’élection. 3) la démocratie, qui est le gouvernement du grand nombre et dont la désignation se fait par tirage au sort.
En dépit de kilomètres de débats visant à casser la logique du tirage au sort, aucun argument sérieux n’a encore pu démonter « la bêtise du tirage au sort » (sic). Au contraire, toutes ses attaques, même les plus érudites, n’ont fait que permettre de construire une argumentation robuste pour démonter l’incorruptibilité du tirage au sort, et sa force de représentation, renforcée qui plus est par la loi du grand nombre : le tirage au sort offre une décalcomanie de la société qu’il représente, autrement-dit, une représentativité quasi parfaite de ses composantes, ce que n’offre en aucun cas l’élection.
Votre intervention signe d’avantage la médiocrité de vos connaissances dans ce domaine, et puisque vous recommander l’intelligence contre l’instruction, je ne saurais trop vous suggérer de commencer par vous-même : charité bien ordonnée, etc.
D’accord, mais si Condorcet se fait défenseur de la représentation, peut-on encore vraiment dire qu’il veut sincèrement œuvrer à l’émancipation du peuple ?
Il me semble qu’il se trouve là une contradiction. En sommes, si je comprend bien, Condorcet est favorable à ce que des gens du peuples puissent gouverner, pourvu qu’ils soient correctement éduqués ; dès lors il prône une éducation populaire permettant à ceux-ci de s’extraire de leur condition d’incultes. Il y a là comme un prémisse de la logique de l’ascenseur social, qui est bien une logique hiérarchique (par définition), et donc une logique élitiste. C’est bel et bien cette logique qui prévaut encore aujourd’hui, et on voit bien toute l’hypocrisie qu’elle emporte, puisque de façon factuelle, les chances pour les enfants des classes inférieures de s’élever dans les classes supérieures sont très minces, tandis que pour les enfants des classes supérieures, les chances de préserver leurs privilèges de naissance sont fortes (toutes les statistiques le prouvent).
Donc, au final, nous avons une bonne démonstration que la logique de Condorcet était, sinon insincère, du moins inefficace, sauf à vouloir maintenir une logique de rapport de classes, logique élitiste et hiérarchique, donc oligarchique, même si travestie en démocratie.
Je comprend donc bien la méfiance d’Étienne Chouard devant Condorcet, j’aurais a priori la même méfiance. Donc, Condorcet anti-Chouard ? Oui, si l’on admet qu’en réalité Condorcet défend bien un système de classes par la représentation, ce que dénonce Chouard.
Je ne comprend pas pourquoi « l’anti-Chouard » (sinon pour titiller le lecteur et le mener à lire l’article ).
Je suis convaincu que Chouard ne rejetterait pas Condorcet, et cela n’enlève rien à sa logique. Condorcet est peut-être un noble progressiste, désireux d’émanciper le peuple, comme il a du y en avoir à toutes les époques quelques-uns, mais qui ne constituent que les exceptions qui confirment la règle. Ils étaient considérés par leurs semblables comme des faux-frères. Cela ne signifie pas que l’idée générale de Chouard soit mal fondée, au contraire. J’ajoute que Chouard dit souvent qu’il est possible qu’une vrai aristocratie (c’est-à-dire un système qui fait en sorte de s’assurer que ce soit réellement les meilleurs qui dirigent et que ceux-ci restent les meilleurs) soit meilleure que la démocratie (ce en quoi, personnellement, je n’adhère pas du tout), et donc, il est bien possible que Chouard défendrait les idées de Condorcet sans que cela n’enlève rient à sa thèse essentielle.
[ ça ne marche pas parce que les lois normes et réglements favorisent les « tueurs » ]
Sans blague ?!
Elle est bien bonne.
Cela ne vous saute pas au yeux que ces lois et ces normes favorisent les tueurs précisément parce que ce sont eux qui les ont écrites, ces lois et ces normes ? Il ne vous saute pas aux yeux que ce sont les riches et les puissants (donc les tueurs) qui édictent les lois ? Vous faites peut-être partie des gens qui sont encore dupe parce qu’ils croient que les députés et les ministres sont « indépendants » ? Les politiciens, quelque soit leur tendance, sont tributaires, pour leur carrière (pour leur élection - coûteuse - et leur réélection) de ceux qui les financent et qui les soutiennent dans les médias (les marchands de canons = des tueurs), ce qui fait qu’ils sont particulièrement sensibles et dociles aux lobbys - c’est-à-dire non seulement ceux qui « influencent » (c’est un pléonasme) les politiques, mais qui proposent des lois toute faites aux parlements (que ce soit en France ou à l’Europe, la grande majorité des projets de lois sont écrits, rédigés, par des officines privées payées par les lobbys bancaires, industriels et privés).