Né en 1968, j’ai suivi des études secondaires artistiques. J’ai ensuite effectué un parcours autodidacte et touché à divers domaines, tant « manuels » qu’ « intellectuels », ce qui me permet de dire que cette distinction entre l’un et l’autre est parfaitement factice, car l’un ne va pas sans l’autre.
Juste sur un point : « nous n’avons plus les esclaves pour nous permettre de nous impliquer dans la gestion politique de la cité ».
Que faites-vous de la robotique qui ne cesse de montrer des performances remarquable, tant en précision qu’en rendement ? Ces mêmes machines, qui dans le cadre de l’économie basée sur la monnaie prive les ouvriers de leurs revenus parce qu’ils sont remplacés par des robots - avantageusement pour les entreprises et les gains de productivités, deviendrait, dans une économie non fondée sur la monnaie et le profit, un atout majeur pour permettre une implication réelle et conséquente des peuples dans la gestion de leur cité.
Ce qui aujourd’hui, du fait de l’économie monétariste fondée sur le profit, est une calamité, deviendrait un vecteur de réel progrès, à la fois sur le plan technique ET social. Je sais que l’on a souvent tendance à jeter le bébé avec l’eau du bain et à relier (à tort !) la révolution industrielle et le capitalisme, mais c’est une erreur. Les sciences, les progrès techniques et la méthode scientifiques ne représentent pas en elles-mêmes des calamités, c’est seulement leur dévoiement au profit du capital privé qui engendre les calamités (cf. les « externalités »).
Donc, je prétend au contraire que NOUS AVONS (nous pouvons avoir) les « esclaves » permettant de libérer énormément de temps pour permettre aux peuples de se consacrer à la cité. En plus, ces « esclaves » n’étant que des machines, les problèmes éthiques ne se posent pas.
Peut-être que vous avez raison et que je me trompe.
Cela étant, je ne prône pas QUE le changement de régime
Il se fait que je prône parallèlement - et avec autant de détermination - un changement socioculturel, à commencer par une économie basée sur les ressource et la disparition de la monnaie - un autre dossier chaud à défendre et difficile à faire entendre
Selon moi, ces deux choses sont interconnectées, donc je vous rejoins dans le fait que changer l’un (le régime politique) sans changer l’autre (le contexte socioculturel) serait inefficace, voir contre-productif.
Je ne suis pas d’accord avec vous Eric (et pourtant, je suis un gros paresseux ;-p ).
Je crois que lorsque les efforts et l’investissement personnel des gens sont récompensé par des changements, par un résultat, et en particulier par un résultat positif pour la communauté, ils sont stimulés par leurs actions, parce que celles-ci entraînent une sensation de satisfaction.
Au contraire, lorsque les efforts et l’investissement personnel n’aboutit qu’à l’échec, cela produit une sensation de frustration, et dès lors les gens se protègent en se désinvestissant et en cherchant des activités stimulantes. Je n’invente rien, je parle juste d’un mécanisme neurologique bien connu.
Donnons le pouvoir (réel) d’agir positivement sur la société aux gens, et je garantis qu’ils se piqueront au jeu et s’y investiront. La meilleure preuve de ce que j’affirme se trouve dans l’incroyable investissement généreux et bienveillant que d’innombrables personnes à travers le monde donnent dans des œuvres d’entraide, de charité, etc. et cela de façon désintéressée (gratuitement). Le bénévolat représente une activité extrêmement importante à travers le monde. Et c’est la dopamine générée par leur activité qui stimule ces actes.
Ne me croyez pas sur parole : vérifiez mes affirmations par vous-mêmes
Quelle serait notre société si la révolution industrielle avait été mise
au service de l’intérêt collectif plutôt qu’au service du capital privé
? Posons-nous la question : si en 1792 les révolutionnaires avaient accouchés d’une véritable démocratie avec des processus inspirés des Athéniens, l’idéologie capitaliste aurait-elle pu s’installer aussi aisément qu’elle l’a fait ?
Personnellement, je n’en suis pas si sûr. Sans l’idéologie capitaliste, et doté d’institutions démocratiques qui permettent au peuple de rester politiquement puissant et d’exercer, à tours de rôle, des responsabilités politiques, l’apathie que nous constatons aujourd’hui ne vérifierait pas, parce que la société n’aurait pas été fortement influencée par la fabrique du consentement (revoyez le court documentaire de la BBC sur Edward Bernays, c’est édifiant).
Votre constat, machiavel et Éric, est juste, mais j’ai l’impression que vous n’intègrez pas le fait que les humains sont susceptibles de changer, d’évoluer - parfois en mal, s’est vrai, mais parfois en bien aussi. Et ce que je dis, c’est que ce sont les conditions de l’environnement socioculturel qui peuvent avoir un grand impact (positif ou négatif) sur ces changements. Si un type comme moi, sorti de l’école à 16 ans, est capable d’appréhender ces questions, pratiquement n’importe qui le peut : je ne suis pas un être d’exception, je ne suis pas un surdoué, je suis comme la plupart d’entre nous. Moi-même, j’ai changé et ma perception du monde a considérablement évolué. Bien sûr, si rien n’est fait pour changer les conditions qui entretiennent l’apathie générale, rien ne changera (sauf accident, révolution, catastrophe mondiale ou débarquement des extra-terrestres).
Les mêmes mécanismes utilisé par Bernays pour manipuler les masses par l’inconscient et les transformer en consommateurs passifs et abrutis pourraient servir à libérer ces mêmes masses de leur chaînes mentales et permettre au peuple de devenir autonome, capable de penser par lui-même, capable de s’entraider et de trouver des solutions aux problèmes.
Étienne Chouard le dit parfois en conférence : les gens peuvent changer et évoluer positivement lorsqu’on leur donne une vrai responsabilité et qu’on leur fait confiance. Cela n’est pas toujours vérifié, mais cela se vérifie souvent. Cela me suffit, car cela signifie que nous ne sommes pas enfermé dans un processus irréversible.
Ce n’est pas une fatalité, machiavel, et il est possible, avec le temps et en changeant les conditions qui entraîne cette apathie, de renverser la vapeur. Je ne dis pas que ce sera facile, mais que c’est possible, parce cette apathie est programmée.
Nous devrions au minimum souhaiter que cela change pour nos enfants. Non ?