Je me permets, dans un souci de clarté évident, de placer ma réponse à votre commentaire de 14h47 ici.
J’avoue être un peu surpris par votre attitude.
Vous insinuez avec forte prudence langagière ( pour reprendre vos termes dans leur fond) que j’instaure des « confusions douteuses » par un texte plutôt « adroit » ,« glissant de manière doucereuse sur certains points. »
Et vous finissez par une sorte de leçon de morale à l’attention d’un jeune étudiant candide :
« En résumé, je vous saurais gré de bien vouloir éviter des mots déplacés (comme dogmatisme) »
Ne désirant pas entrer plus avant dans cette discussion sur la nécessité ( ou non) pour les historiens de considérer les Evangiles comme une source , certes à prendre avec des pincettes, mais une source tout de même, je me contenterai de vous signifier que l’on trouve des individus « dogmatiques » tant dans la religion que dans le domaine scientifique.
Et que certains sont morts en croyant encore que la terre était plate, qu’Einstein était un jeune dérangé,...
« Ils servent seulement la vérité historique, qu’elle plaise ou non à certains. »
Si j’étais de moins bonne humeur, j’y verrais là un accès de mégalomanie faisant fi de la nature humaine et de sa tendance au mensonge, à la déformation et autres joyeusetés.
Mais soit, restons en là...La journée fut bonne, sachez juste que je considère dommageable à la discussion que vous campiez ainsi sur la colline du « bon historien » qui me donne l’impression d’un léger sentiment de supériorité. ( Considérez cela comme une prudence de vocabulaire.)
Je comprends votre point de vue mais il me semble un peu « brutal ».
Vous semblez rejeter en bloc toute analyse des évangiles ( ou d’autres textes religieux) d’un point de vue « historique » sous prétexte qu’il s’agit des fondements d’une religion et donc qu’on empiète immanquablement sur le domaine religieux.
Je suis, pour ma part ( et même en tant que scientifique) plus nuancé.
Certes, il est abhérrant de vouloir faire coller l’histoire et les écrits religieux dans le but de « prouver » quelque chose. ( Sous-entendu, dans le but de prouver que Jésus a bien existé et donc que patati et patata)
Cependant, on peut considérer ces écrits comme des sources parmi d’autres pour certains faits/passages.
Ils décrivent à leur manière une situation socio-politique qu’il est intéressant d’étudier.
Il faut juste s’avoir s’arrêter au bon moment et ne pas vouloir chercher un sens trop profond à ce qui reste avant tout un vecteur de propagation de la pensée chrétienne. Et donc fatalement influencé par les Pères de l’Eglise, les conciles et autres événements postérieurs à leur écriture.
Aussi, en rejetant en bloc toute analyse historique ( et scientifique) sur ce genre de textes sous prétexte qu’on entre immanquablement dans le domaine religieux, vous laissez la place à un type d’interprétation qu’il s’agit de réfuter de manière plus historienne.
Car je pense qu’il est utile de rappeller les contradictions entre les différents évangiles, la transmission chaotique qui fut la leur ( tout comme de nombreux textes anciens)...
Et ceci peut se faire de manière documentée sans passer par des jugements qui peuvent paraitre quelque peu « dogmatique » aux lecteurs : « Tout le monde sait bien que... »
« Dès le départ, il a biaisé les cartes par son discours »pseudo-historique« . Il cite les textes évangéliques comme sources pour couvrir d’autres textes de même nature. Ce n’est pas là une méthode historique de travail. Ce qu’il fait relève de l’éxégèse religieuse interne ! »
Mais quelles cartes ? Celles que les historiens se sont données ?
Sans vouloir polémiquer...Je ne vois pas en quoi les Evangiles devraient forcément être rejetés comme sources historiques ?
Il n’existe aucune source « objective ». Et cette subjectivité ne fait qu’augmenter au fil du temps avec les ajouts,les interprétations, les pertes,...
Le travail de l’historien devrait justement consister à analyser les Evangiles, à pouvoir en tirer certaines informations sur l’Epoque en question tout en gardant un statut agnostique concernant les éléments proprements religieux de ces sources.
La distinction est certes difficille à opérer mais elle me semble plus cohérente que celle consistant à rejeter a priori certaines sources.
En d’autres mots, à l’attitude « limite » d’E. Mourey, vous opposez une sorte de dogmatisme historique sur ce qui est « acceptable » en tant que source et ce qui ne l’est pas.
Maintenant, je reconnais volontiers que la position d’E. Mourey entraîne bien plus d’incohérences et d’impasses que de défendre les principes de bases de la méthodologie actuelle en matière d’analyse de sources.
Tentons de passer au-dessus de ce bac à sable nauséabond...
Philippe Vassé,
Constatant dans votre biographie que vous étiez historien, je m’attendais à ce que vos réponses critiques se fassent sous forme d’arguments posés et argumentés pour appuyer le reproche principal fait à E. Mourey, c’est à dire un choix discutable de sources et leur interprétation ne tenant compte ni des siècles qui nous sépare de leur apparition ni des interprétations déjà opérées par les autres historiens.
Or, au travers de vos réactions, et malgré des pistes intéressantes ( notamment au niveau des rajouts sur les écrits de Flavius), rares sont les sources documentées, les extraits, les interprétations d’historiens qui sont venus appuyés votre charge envers E. Mourey.
Aussi serait-il intéressant, pour le lecteur, d’avoir un contre-poids plus documenté et méthodologique pour mettre en pièces la démarche ( discutable, et discuté) d’E. Mourey.
Pour l’instant, ce sont les flamands qui sont dans la mouise.
A avoir trop crié, les politiciens flamands ont refroidi les francophones et ont passablement oublié qu’ils n’étaient pas seul à vivre en Belgique.
Alors, à part le Reynders qui désire plus que tout être calife à la place du calife et à avoir sa place gouvernementale, force est de constater que le Cdh ( pourtant dans l’opposition avant les élections) hésitent à s’embarquer dans le bateau communautaire.
Histoire de faire comprendre aux politiques flamands que 75% des flamands n’ont pas voté VB ?
En tout cas, l’appel au Roi est ridicule vu que son rôle politique n’est plus que symbolique et unificateur.
Mieux vaut laisser le gouvernement d’avant élections gérer les affaires courantes.