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Mycroft

Docteur Ingénieur en informatique, de l'école Centrale de Nantes, je suis actuellement en poste dans le domaine de l'informatique sur de fonctionnement. Je suis athé, et je ne crois plus en aucun des partis politiques français existant à l'heure actuelle (même si JL. Mélenchon me parait un moindre mal ). J'accorde plus d'importance au mot "égalité" qu'au mot "liberté" dans notre devise, ce dernier étant à mon sens bien trop vide de sens, trop souvent utilisé comme prétexte à toutes formes d'abus, de tricherie et de comportement épicurien et disproportionné.

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  • Mycroft 21 février 2012 13:54

    La question est pertinente. Je me la pause également.

    La seule réponse que j’ai obtenue tient en un mot : concurrence.

    C’est en effet la concurrence qui permet, affirment les libéraux, d’optimiser le fonctionnement des sociétés, en tuant les moins efficaces via la faillite.

    Un état ne pouvant pas faire faillite (pas de la même façon qu’une entreprise, dans le sens où on ne peut pas véritablement « fermer » la France) il est immunisé à cette saine solution unique de purification et d’optimisation.

    Voilà la conviction des libéraux. Elle oublis un certains nombre de point. D’abord, le coût des faillites. Ces dernière engendrent un besoin de réadaptation conséquent : besoin, pour les ex employés, de retrouver du travail. Besoin, pour les anciens clients de trouver un nouveau fournisseur (ou une alternative au produit fournis si l’ancien fournisseur était unique en son genre). Besoin, pour le client, de se réadapter à son nouveau fournisseur. Besoin pour les fournisseurs de l’entreprise qui fait faillite de trouver de nouveaux clients. Bref, contrairement au beau monde surréaliste des libéraux, où on peut être libre sans être une menace latente pour tout un chacun, dans la vraie vie, nous sommes tous interconnectés et l’échec d’un d’entre nous a un impacte sur chacun, directement ou indirectement. D’où l’idée que laisser chuter l’un d’entre nous n’est pas un acte anodin qu’on peut laisser sous le contrôle de la seule loi du marché.

    Un deuxième point oublié est que la concurrence est simplement une des nombreuses formes de contre-pouvoir possible, des association de consommateurs influentes (par exemple en mesure de licencier la direction de toute entreprise ne donnant pas satisfaction) étant une alternative envisageable.

    Un troisième point oublié est que la concurrence fait gagner, non le meilleurs fournisseur, mais celui qui apparait comme le meilleur fournisseur. Dans un système dominé par la publicité, les apparences sont trompeuses et le gagnant est plus souvent le meilleur menteur que le meilleur producteur. arnaquer est toujours très rentable.

    Enfin, ils oublient bien souvent que les grandes réussites de l’humanité sont très rarement le fruit de l’ambition d’un individus, et plus souvent le fruit de la curiosité, de l’oisiveté, de la passion et ce, même quand elles ont des retombés commerciales. Et que donc, la « compétence » supposée apparaitre grâce à l’appât du gain est loin d’être une évidence. Comme vous le signalez, les incompétents se trouvent également dans le privé. Comme vous le signalez, les techniques d’évaluation du personnel ne sont ni objective, ni efficace ni même un temps soit peu sérieuse.

    La grande fois des libéraux dans le système de hiérarchie pyramidale (vous les verrez en effet souvent glorifier les chefs, les entrepreneurs, les « héros ») fausse leur jugement sur, justement, le caractère fondamentalement déficient de ce système. C’est au contraire les système à hiérarchie technique, où ceux qui font le « vrai travail » peuvent remettre en cause ce que font les chefs (ce qui est le propre des petites boites, qui ne survivent pas à une structure hiérarchique lourde, mais de telles méthodes de management ne se limitent pas nécessairement aux petites boites), qui sont les plus performant. Hors, peu d’état on adopté ce principe de hiérarchie technique, de part la personnalisation du pouvoir. On a bien souvent des beaux parleurs à la tête des états, de n’importe quels état, démocratique ou non. Car un chef qui arrive à se tenir tout en haut du système se doit d’être charismatique.

    Un état multicéphale, dont les instance dirigeants sont fortement morcelée, et notamment regroupé par fonction (plutôt que de regrouper toutes les fonctions sur un même parti, comme actuellement), est un début de solution.

    Il y a tellement de façon d’essayer d’optimiser le constructivisme (auquel on doit les trente glorieuses, apogée de l’occident) que, prétendre que vouloir s’en débarrasser, notamment en privatisant tout ce qu’il est possible de privatiser, est un choix purement idéologique, n’est pas une opinion mais un simple constat.



  • Mycroft 21 février 2012 12:26

    Vous faites une apologie des « experts » assez effrayante.

    Un expert, dans les domaines intellectuels, c’est une personne qui maitrise l’art de la modélisation. En effet, comprendre un phénomène, c’est prévoir son comportement, ce qui revient à le modéliser (mathématiquement ou autrement).

    Un modèle est sérieux quand il n’a pas été remis en cause par un fait répétable et quand il a été illustré par un jeu d’expérimentation elles aussi répétable.

    Or, justement, nos « experts » en politiques (ou en économie d’ailleurs), sont dans l’incapacité la plus totale d’effectuer ces expérimentation de manière fiable. Ils ne font que des expérience (la différence étant, par principe, la notion de « toutes choses égales par ailleurs »). Qui pour la plus part, les font aboutir a des raisonnement aussi valable que, pour prendre une métaphore que j’aime beaucoup, « si les voitures rouges vont plus vite que les voiture bleu, statistiquement, c’est bien à cause de leur couleur, parce que le rouge, ça va plus vite ».

    Diriger, c’est une charge mais pas un métier. C’est une chose qu’il faut faire (parce que sans loi, sans ordre, sans un système qui nous prive de notre excès de liberté, on fini en guerre civile ou en anarchie) mais ce n’est pas une chose que qui que ce soit sait faire. Certains le font bien, pendant un temps donné. Sans même savoir pourquoi, la plus par du temps. Et sans que leur capacité a un instant t donné présage sur leur capacité à l’instant t+1. Ce n’est pas ça être un expert. Dans les domaines scientifiques et techniques, il y a une réalité concrète qui ne relève pas de la volonté humaine. On peut voter en masse contre la gravité, même à l’unanimité, elle restera une réalité avec laquelle il faudra composer. La maitrises des mathématiques, la connaissance des expérimentation majeures de son domaine, voilà les compétences nécessaire pour faire un expert dans le monde intellectuel (tout comme, dans le monde manuel, la connaissance des méthodologies et l’entrainement sont les compétences nécessaire pour prétendre à l’expertise, mais ce n’est pas le sujet).

    Il n’y a pas d’expert en politique ou en économie. Il y a des madames Irma avec une cravate, des affabulateurs, qui savent efficacement utiliser l’art de la rhétorique et de la manipulation pour berner les gens. Principalement parce qu’on les laisse faire. Ces individus ont réussi à nous vendre cette soi-disant expertise pour nous faire accepter l’idée qu’il nous fallait les garder, malgré la malhonnêteté prouvé de bon nombre d’entre eux et la complicité, au moins passive, de nombreux autres.

    En ce sens, laisser un non chirurgien vous opérer, tout comme laisser un non menuisier faire vos meuble, c’est prendre un risque. Laisser un non chef professionnel nous diriger, ce n’est pas prendre un plus gros risque que de laisser un chef professionnel le faire.

    Pour résoudre le problème de notre société, la première chose à faire, c’est de revoir notre liberté d’expression, en intégrant cette petite condition simple : il faut systématiquement dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité. On doit déjà faire ça dans un tribunal, je ne vois pas de raison de ne pas le faire ailleurs (en dehors de la scène, domaine où le mensonge est roi, mais où on sait dès le départ qu’on va nous mentir). Imposer à toutes personne affirmant une chose de prouver ses dire ou de les sourcer serait déjà un premier pas.

    Il faut également revoir le métier de journaliste en intégrant logiquement que ces derniers remplissent une charge politique et par conséquent, se doivent de répondre devant le peuple via un scrutin quelconque. Et il faut impérativement dé-peopliser le monde politique. Pour arriver au stade où, enfin, on aura nécessairement des têtes qui changent à chaque élections. Ce qui permettra de ne plus se concentrer sur les personnes, mais bien sur les méthodes, les idées et les convictions.



  • Mycroft 15 février 2012 13:59

    Peut être que cette logique ne fonctionne pas dans le cas des sciences humaines parce que ces dernière n’ont rien de science. Qu’elles ne sont que du charlatanisme assumé.

    La seule démarche réflexive sérieuse a été exposée plus haut. On modélise avec des outils logiques, et, tant qu’une expérimentation répétable ne vient pas invalider le modèle, on le considère comme valide. Tout le reste n’est qu’une affaire de conviction, donc du ressort de l’opinion publique.

    Il n’y a pas de science humaine, juste des opinions formulés à l’aide de néologisme pompeux et vide de sens.



  • Mycroft 6 février 2012 15:29

    Vous surestimez largement le rôle de l’entrepreneur (et celui de tout chef en général).

    Tut d’abord, peu d’entrepreneur se lancent dans des filon originaux et novateurs. La masse des entrepreneurs, en France comme ailleurs, c’est le petit boutiquier qui fait comme on a toujours fait. Le boulanger, le boucher, ect. Ce dernier ne sélectionne pas un filon ou une implémentation particulière. Il se contente de répéter un schéma ancestral. Et ça marche, par inertie sociale. Même si, techniquement, la précarisation de la population est une menace conséquente pour ses petits patrons. Il faut comprendre que ces patrons là prennent un risque et arrivent premier dans un concours de circonstance (pour reprendre Coluche). Aucun talent là dedans. Quand à ceux qui mettent au point un certains nombre d’innovation, il faut bien voir que c’est rarement eux qui se charge du vrai boulot : l’implémentation. Dire « je vais créer une boite qui va faire des voitures électriques » c’est simple. La créer effectivement, c’est moins simple.

    Vous plaignez les petits patrons. Mais rien ne les obliges à être patrons, si ce n’est leur choix (et, accessoirement, le marché de l’emploie privé actuel, qui mérite une révision de font en comble). Leur choix est non productif : à quoi ça sert d’avoir 150 petite boulangerie indépendante quand on peut en avoir 15 grande et interconnectée ? Voir une seule. Le monopole n’est un problème que si on y trouve pas un contrepouvoir. Mais des contrepouvoir possible, il y en a. L’état est bien sur le premier d’entre eux. Les association de consommateurs également, pour peu qu’on leur en donne le pouvoir.

    On peut vivre avec 1100 euros par mois, mais pas à Paris. Ou alors, avec plus de 4h de trajet par jour, ce qui provoque une dégradation conséquente de la qualité de vie. Et une pollution assez lourde. Ce genre de dysfonctionnement sociétal est grave, plus grave qu’une remise en cause de ces sois disantes précieuses « libertés fondamentales » que sont la liberté débridé de propriété et la liberté d’entreprendre.

    L’article, à mon sens, pèche un peu quand il présente simplement l’investissement d’un entrepreneur comme un risque personnel. Or, il oubli qu’il est souvent impossible d’assumer seul les conséquences de son échec. Un risque pris est donc systématiquement collectif. Le contrôle sur ce risque se doit, également, d’être collectif. La position de l’employé n’est pas particulièrement plus précaire que celle de l’employeur : si la société fait faillite, les employés sont également en situation grave. La dette en moins, mais un certains nombre de montage permettent aux entrepreneurs de ne pas voir reporter sur leur tête propre la dette de leur entreprise (de tels montage ne sont cependant pas toujours facile à mettre en place)



  • Mycroft 6 février 2012 11:51

    Un article qui plein, comme souvent avec les puissants, le fort et fustige le faible.

    Oui, le client ne fait rien pour contrer ce système. En même temps, le client n’a pas le pouvoir de le faire efficacement. Oui, s’il n’était pas aussi individualiste, s’il se syndiquait plus, s’il se regroupait dans le cadre d’un véritable contre pouvoir, alors oui, il pourrait flanquer en l’air tout ce système. Mais qui a détruit ce qui les unissait ? Qui, sinon les riches, premier partisans d’un individualisme qui les favorise ouvertement ? Qui, sinon le monde des dirigeants privés (dont les banquier sont désormais un symboles) est responsable de la lutte contre toutes les formes de collectivisme ? 

    Mais ce système, c’est ceux qui ont du pouvoir qui l’ont mis en place. Et qui pourraient facilement le défaire, voir même le corriger. Et nier que, vu l’importance de l’économie dans nos sociétés modernes, et vu l’importance du monde bancaire sur cette économie, les banquiers sont les personnes les plus puissantes de nos sociétés est un mensonge.

    Le pouvoir implique la responsabilité. Or, actuellement, ceux qui ont le pouvoir l’utilisent pour le garder. Ils créent un système absurde pour justifier le système qui les maintiens au pouvoir.

    Qu’une partie des hommes politiques soient complice, oui. Mais jeter l’opprobre sur le monde politique est facile. C’est après tout ceux qui doivent nous rendre des comptes, les coupables tout trouvés. Mais l’échec de la société actuel, c’est l’echec de tout les dirigeants, dirigeants de gouvernement, dirigeants de banque, dirigeants d’entreprises. Et, comme nous pouvons déjà sanctionner (en ne les réélisant pas) les hommes politiques, c’est sur les autres dirigeants qu’il nous faut agir d’urgence. Avec la plus grande fermeté.

    Le peuple est coupable, par son laxisme, d’avoir laissé le pouvoir lui échapper. Il a fait confiance à ces « héros » qu’étaient les riches, à l’époque, ceux qui allaient « créer de la richesse pour tous ». Et petit à petit, ils ont vérolés le système.

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