Je suis désolé, mais j’ai du mal à vous suivre à propos des mesures de l’ANFR... Quel est le résultat des courses ? On a la page d’accueil de l’ANFR sur Linky. Les résultats des études. Trois volets : 1 - Mesures en laboratoire (G1 et G3) ; 2 - Mesures complémentaires en laboratoire (nouvelle sonde, plus précise) et 3 - Mesures sur le terrain (G1). Les trois campagnes ont considéré les champs électriques et magnétiques.
@ Marc Filterman
Que reprochez-vous à ces études ? Où est le problème ?
A part son rapport de thèse, savez-vous si Adilza Condessa
Dode a publié un article dans une revue scientifique à comité de lecture ? Dans
l’affirmative, pourriez-vous nous donner une référence. J’ai beau chercher, je
ne trouve pas.
Sur votre site, vous mettez en rouge la phrase
« Concernant les 7191 décès par néoplasie, un pourcentage de 49,63% a été
trouvé chez les habitants vivant dans une zone à moins de 100 mètres de la
BS » comme si c’était un élément clé des conclusions de Mme Dode.
Voici encore une phrase qui, sortie de son contexte, ne prouve
absolument rien. J’espère que c’est vous qui avez interprété à votre manière un
écrit de Mme Dode car si c’est elle qui vous a dit que c’était un élément important,
il y a de quoi s’inquiéter. Si c’est de votre fait d’avoir mis cette phrase en
exergue, cela ne m’étonne pas.
Pourquoi cela ne veut rien dire : eh ben tout simplement
parce que 50 % de la population étudiée pourrait très bien se trouver à moins
de 100 mètres d’une antenne. Vous ne savez peut-être pas, mais les opérateurs
de téléphonie mettent leurs antennes là où il y a des clients potentiels.
Même si la thèse de Mme Dode est en portugais, on peut quand
même récupérer aisément ses chiffres. Page 165, on peut voir que sur 2.238.332
habitants étudiés, 821.890 (soit 36,7%) habitent à moins de 100 mètres d’une
antenne.
OK. On remarque donc que dans la zone des 100 mètres, on a 49,6 %
des décès par néoplasie de l’étude pour 36,7 % de ses habitants. Mme Dode
montre que la mortalité pour 10.000 habitants par néoplasie décroît avec la
distance.
Maintenant, il faut savoir – et les scientifiques le savent
- , que ce n’est pas parce qu’on trouve une corrélation entre deux variables (la
distance à l’antenne et le taux de mortalité par néoplasie dans notre cas) qu’on a trouvé une
relation de cause à effet.
J’ai repris les chiffres de Mme Dode (colonne population du tableau de la page 165) et j’ai calculé la densité de la population en fonction de la
distance à l’antenne. Mes chiffres ne représentent pas le
nombre d’habitants par km2 mais ils sont proportionnels à ceux-ci.
Il apparaît que, comme le taux de mortalité par néoplasie, la densité de population étudiée décroît
significativement en fonction de la distance aux antennes. Autrement dit, il y a une forte corrélation entre la densité de
population et les décès par néoplasie.
Etant donné que ce n’est pas parce qu’on trouve une
corrélation qu’on a trouvé une relation de cause à effet, je n’irais pas jusqu’à dire
que, plus les gens vivent les uns sur les autres, plus ils ont des risques de
mourir de néoplasie. Cependant, à travers cet exemple, je montre que l’étude de Mme
Dode – qui reconnaît ne pas avoir pris en compte le tabagisme, par exemple -,
peut être biaisée.
J’espère avoir été clair, même pour les non
scientifiques.
« Vous devriez savoir que la multiplication des sources
contribue a augmenter le niveau du brouillard électromagnétique partout »
Il y a près de 60 millions de téléphones portables (cartes
Sim actives) en France. Les concentrateurs Linky seront près de 100 fois moins
nombreux. Comment pourraient-ils augmenter significativement le brouillard
électromagnétique ?
« L’arrivée l’IoT va là aussi aggraver le
situation »
Le volume de données transmises par ces systèmes d’objet
connectés restera très faible comparé aux transmissions actuelles : bas débit, faible consommation (donc faibles émissions). Et puis il
faut voir que, si d’un côté les applications sont de plus en plus nombreuses,
les niveaux d’émission sont de plus en plus faibles grâce à la technologie (récepteurs de plus en plus sensibles).
« De plus dans les terres il faudra rajouter des relais
GPRS pour communiquer avec les concentrateurs. Il y a des
zones où le signal TM et même TV ne passe pas du tout, dans les terres et en
montagne »
Vous rêvez ? Enedis n’investira pas dans ces zones. Aucun intérêt. Elles ne constituent pas des maillons essentiels pour le réseau du fait de leur faible consommation.
Vous semblez ignorer que les émissions GPRS des concentrateurs sont équivalentes à celles de nos téléphones portables (celui que vous avez peut-être dans votre poche). Rien à voir avec la puissance des antennes relais. Encore de un amalgame.
« Le demandeur sait qu’il n’existe aucune valeur limite
pour la 4G et ses fréquences ? »
A bon ? En tant que professionnel, je m’étonne que vous ne les connaissiez pas. Le
décret N° 2002-775 du 3 mai 2002 édicte pourtant des limites pour toutes les
fréquences jusqu’à 300 GHz. Sauf erreur de ma part, les fréquences de la 4G en
France sont 700, 800, 1800 et 2600 MHz. Ceci nous donne, si je sais bien
compter, des seuils de 36, 39, 58 et 61 V/m pour le champ électrique, 0.12,
0.13, 0.19 et 0.20 microteslas pour le champ magnétique, respectivement pour ces fréquences.