@Ausir Non, Pierre Régnier a raison sur les textes fondateurs. Aujourd’hui, ces textes ont été scrutés par les historiens, les archéologues, les philologues et leurs découvertes sont publiques. Nous savons comment le Coran a été formé, comment la légende de l’islam a été créée dans la Sirah, comment les hadîths sont venus en complément du Coran pour transformer les Musulmans en esclaves... Le soufisme est né de l’intégration de la spiritualité hindoue, étrangère à l’islam, dans l’islam qui ne possède aucune spiritualité. Mais pour cela, les soufis sont obligés de déformer le texte, tel qu’il a été figé par les califes. C’est bien le mot « tuer » qui se retrouve 65 fois dans le Coran et ce mot s’adresse aux apostats, aux chrétiens et aux juifs, pas au mal qui est en nous. Le Coran est bien un texte étudié pour la conquête du monde par les armes au bénéfice des califes que ce texte fait subtilement glisser à la place d’Allah, devenu justification et faire valoir des califes.
@Jean Keim J’ai deux livres : « Les Evangiles — traduits du texte araméen, présentés et annotés par Joachim Elie et Patrick Calame » Edition Desclée de Brouwer qui ont traduit les quatre Evangiles, mais le plus intéressant est « L’Évangile en araméen selon Saint-Matthieu — Traduction de la Peshitta par Monseigneur Alichoran » Edition : Spiritualité orientale n°94 — abbaye de Bellefontaine, qui est accompagné d’un CD avec de très nombreuses notes. Monseigneur Alichoran était responsable de l’Eglise Assyro-Chaldéenne (araméophone) à Paris. Il n’a malheureusement pas eu le temps de traduire les autres Evangiles. Par ailleurs, on retrouve des informations sur ces Evangiles sur le site eecho.fr : Enjeux de l’Etude du christianisme des origines.
@Mélusine ou la Robe de Saphir. L’Hébreu n’est pas la seule langue a posséder cette caractéristique qui est commune à toutes les langues de la région. L’Araméen, dans ses différentes déclinaisons ou l’Arabe permettent également cette richesse d’interprétation. Mais cette caractéristique provient en partie de l’absence de la voyelisation. La Bible est écrite sans les voyelles alors que les commentaires ont en général les voyelles, ce qui limite fortement les sens possibles. Comme je l’écrivais, l’Hébreu biblique n’est pas totalement connu et il existe des zones d’ombre dues, non à la richesse de la langue mais à la négligence des hommes. Je vous conseille la lecture de « La langue hébraïque restituée » de Fabre d’Olivet qui fait une lecture très riche des textes hébreu.
@Jean Keim « des tournures de phrases qui sans ambiguïté viennent de l’hébreu » del’Hébreu ou de l’Araméen ? Ces deux langues restent assez proches et partagent bon nombre de racines consonantiques. Les spécialistes de l’araméen confirment que ces tournures proviennent plutôt de l’araméen. Les historiens sont aujourd’hui certains que le texte original des Evangiles est bien en araméen et non en hébreu et la preuve est dans la Peshitta. L’hébreu était une langue morte à cette époque, comme le Latin pour nous qui était encore utilisé dans la liturgie catholique il y a 60 ans. Les personnes cultivées pouvaient lire et comprendre la Bible en Hébreu mais n’utilisaient pas l’hébreu dans la conversation. Jésus parlait l’araméen est cela est confirmé par les Evangiles qui ont conservé le mot « abba », « Père » utilisé par Jésus pour désigner Dieu... Les Evangélistes n’avaient aucune raison d’utiliser l’Hébreu alors qu’il recherchaient une audience maximale et qu’ils ont permis les traductions dès le début. Par ailleurs, l’hébreu continue de poser des problèmes de traduction qui sont peut-être liés à ce statut de langue morte. Je butte toujours sur Isaïe 45,7 ou le mot bara ne peut signifier créer car on ne peut créer l’obscurité qui n’est que l’absence de lumière. Dans ce verset, la lumière et le bien n’ont pas été créés, l’obscurité ne peut être créée alors que se passe-t-il pour le mal ? Si bara ne peut signifier « créer » pour l’obscurité, peut-il encore signifier « créer » pour le mal dont l’existence est aussi liée à une absence, celle de l’Amour ? Personnellement, je préfèrerai traduire bara par « autoriser » mais pour l’instant aucun hébraïsant n’a validé ce sens tout en reconnaissant la difficulté sur « créer ». Les traducteurs catholiques ont vu la difficulté mais ont fait le mauvais choix, car il n’y a d’ambiguïté pour traduire le mal.
@Jean Keim Même si je ne suis Tresmontant sur cette traduction, c’est un philosophe que j’apprécie. Si l’hellénisme était encore prégnant dans l’Israël du premier siècle, c’est le Latin qui était la langue du pouvoir. Le problème de la langue grecque à cette époque, c’est qu’elle était loin d’être unifiée. Les Evangiles, dont nous connaissons les premières traductions en Grec on été traduits dans trois dialectes différents. C’est une faute des hellénistes occidentaux d’avoir voulu unifier ces dialectes en une seule langue sous l’influence du protestantisme. A cause de cela, la traduction latine de St Jérôme est bien plus proche des textes araméens que les textes que nous utilisons aujourd’hui, traduits de ce sabir grec.