Par contre, vous semblez penser qu’il n’a pas existé. S’il n’existe pas beaucoup de textes officiels, la multitude des textes influencés par son enseignement parle d’elle-même. Le moins que l’on puisse dire est que son enseignement n’est pas passé inaperçu. Dans toutes les sciences humaines, la notion de preuve n’existe pas mais les certitudes sont possibles. « L’historiographie peut posséder un caractère scientifique non parce qu’elle fournirait des preuves absolues (expérimentables) mais parce qu’elle peut conduire à des certitudes, à la manière dont un tribunal traditionnel confronte des témoignages et des indices. C’est la méthode qui fait de la recherche historique une discipline scientifique : elle requiert un recueil le plus exhaustif possible des données se rapportant à la question traitée, après examen critique et impartial (signification, fiabilité, raison éventuelle de maquillages) avant de déterminer des convergences. Ce sont celles-ci qui imposent la certitude historique. Autrement, s’il ne s’agissait que de choisir quelques données arbitrairement en refusant de tenir compte d’autres données avérées, on ne parlerait pas de recherche historique mais de mauvais roman. » (Edouard-Marie Gallez)
@P.-A. Teslier Ecrire « Après J.C. » n’est que la constatation d’un fait et ne contredit aucunement le principe de neutralité. Nous ne pouvons effacer ou réécrire l’histoire. De même, nous ne pouvons effacer votre date de naissance. La laïcité n’est pas une obligation mais un principe de neutralité envers les religions. Qui s’est converti au christianisme après avoir lu « après J.C. » ou « avant J.C. » apposé à une date ? Comment peut-on y voir une incitation à la conversion chrétienne ? Il existe des dizaines de système de datation et il faut bien les distinguer. De toute façons, utiliser l’expression que vous proposez est particulièrement imprécis. Que peut être notre ère ? Pourquoi a-t-elle commencée avec la naissance de Jésus ?
Pour beaucoup d’historiens des religions, la venue de Jésus est centrale dans notre histoire ; il existe bien un avant et un après. L’idée d’un salut pour l’homme n’existe pas avant son passage et tous les textes religieux postérieurs à Jésus sont influencés par cette annonce de salut. L’islam est un post-christianisme. Même le communisme peut être compris comme un post-christianisme où le salut est repris et déformé pour devenir terrestre.
Ne pas croire à ce salut est votre liberté et personne ne peut vous le reprocher.
Que le calendrier grégorien ait été créé pour corriger le calendrier julien ne change pas grand chose. Dans les deux cas, le point 0 est la naissance supposée de Jésus. Nous estimons aujourd’hui qu’il est plutôt né au alentours de l’année 6 avant J.C. mais personne ne peut plus changer la référence sans créer un énorme désordre. Vous avez le droit de parler de notre ère, mais j’ai aussi le doit de parler en année après J.C. parce que c’est ainsi qu’il a été (mal) calculé.
Par ailleurs votre haine du Christianisme vous aveugle. La loi de 1905 n’a rien changé à une quelconque forme de prosélytisme. Les Chrétiens ont, comme les athées, toujours le droit de témoigner de leur foi en public. Le concordat était plutôt la mainmise du pouvoir sur les différentes religions et la tentation d’une reprise de ce pouvoir est bien sensible chez quelques politiques qui comme Thiers* aimeraient bien que le Christianisme enseigne la soumission plutôt que la liberté.
*Thiers a dit : « Je demande que l’action du curé soit forte, beaucoup plus forte qu’elle ne l’est, parce que je compte beaucoup sur lui pour propager cette bonne philosophie qui apprend à l’homme qu’il est ici pour souffrir. »
@njama Décidément, votre connaissance de l’Eglise est pleine de poncifs et d’idées reçues. La séparation ente clercs et laïcs n’existe que dans l’Eglise catholique et c’est lui donner bien de l’importance en l’assimilant au monde. Vu de l’extérieur, il s’agit d’individus comme tout le monde.
La loi de 1905 n’a pas séparé les individus mais les structures. Relisez les auteurs de XIXème siècle et vous comprendrez que la France n’est plus catholique depuis les XVIIème siècle au moins. Si l’Eglise avait encore de l’influence au XIXème siècle, c’est à cause de la volonté des hommes politiques athées qui tenaient le pouvoir depuis la révolution ! Le concordat n’avait pas d’autre but que maîtriser cette église tout en la spoliant régulièrement de tous ses biens. Les pays restés concordataires comme la Belgique ont des églises vides, ce qui n’est pas le cas en France, du moins dans les grandes villes.
La loi de 1905 a libéré l’Eglise de cette tutelle mortelle qu’est le concordat. Il s’agissait principalement de calmer les esprits en reconnaissant la spoliation des biens de l’Eglise. Cela se concrétise par une promesse d’entretien des biens qui restaient affectés au culte comme les églises dont l’Etat ne pouvait pas faire grand chose.
« Les clercs ne sont nullement lésés par cette loi. » Au début, quelques-uns ont regretté les salaires qui n’étaient plus versés, mais ils ont gagné en liberté. Pour le reste, rien n’est changé. Il y avait plus de prêtres députés avant la loi de 1905, mais l’éloignement du pouvoir leur à fait comprendre qu’il ne pouvait à la fois obéir à Jésus et à un chef de parti.
« Peur qu’ils virent communistes comme Jésus peut-être ? » Il faut bien mal connaître l’enseignement de Jésus pour sortir une telle affirmation. Le communisme est bien postérieur à Jésus et peut parfaitement être compris comme une hérésie de l’enseignement de Jésus. Hérésie où le salut n’est plus auprès de Dieu, mais sur terre après le grand soir. Il s’agit de l’hérésie messianiste que l’on retrouve également dans l’islam. Dans ce cas, il devient nécessaire de détruire toutes les personnes qui empêchent l’avènement de ce salut terrestre par un formidable renversement des valeur. Le mal devient un bien lorsqu’il s’agit de mettre en place le salut en court-circuitant Dieu. Dans l’enseignement du Christ, l’amour est premier et doit conduire tous nos actes. Personne ne doit faire de mal à personne et toute épuration est un péché.
La théologie de la libération est un mal dans la mesure où elle s’associe à une œuvre de destruction. L’église a réagi en reprenant ce qui était bon dans cette théologie par la définition de l’option préférentielle pour les pauvres. La pauvreté doit être combattue, mais en aucun le mal ne peut être battu par le mal. Il s’agit d’u combat perdu d’avance car le résultat d’un tel combat est encore le mal. L’Eglise soutient un nombre considérable d’œuvres qui travaillent contre la pauvreté : Secours Catholique, CCFD, frères de Saint Vincent de Paul, sœur de la charité, œuvre d’Orient... Les hôpitaux et les écoles en France ont été fondés par des ordres religieux avant que l’Etat ne les confisque.
Si vous dites que l’Eglise est anachronique alors vous affirmez que Jésus est anachronique. Je vous laisse défendre cette idée face à lui. Vous dites que Jésus était communiste et les Musulmans affirment qu’il était Musulman ce qui prouve bien que sont enseignement est bien contemporain puisque tout le monde veut encore le récupérer.
@njama « laïcs, ouailles sans prérogatives ni droits que ceux de se soumettre à l’autorité des premiers consacrés, à leurs dogmes intangibles, à l’autorité papale indiscutable et infaillible, aux saints sacrements »
Les laïcs n’ont justement pas l’obligation de se soumettre à l’autorité ecclésiastique alors que les personne consacrées font un vœux d’obéissance. Etre laïc, pour un Chrétien, c’est être libre et c’est justement cette liberté qu’à combattu le concordat et faisant main mise sur les clercs. Il faut être libre pour être chrétien. Le clergé ne représente aucunement l’autorité divine, Dieu nous a fait libre, ce n’est pas pour nous soumettre a un quelconque pouvoir. Vous pouvez relire dans saint Luc, les rapports entre le Christ et le pouvoir dans l’épisode de la tentation au désert (Luc 4, 5-7) et vous comprendrez la position des Chrétiens. La loi de 1905 nous a rendu libres, non du clergé, mais de la tutelle de l’Etat.
De même, il ne faut pas communautariser les Chrétiens. Ceux-ci ont le devoir d’être présents dans toute la société, sans exceptions. Il n’existe aucune loi chrétienne qui permet de les séparer des non-Chrétiens : pas d’interdits alimentaires, pas d’obligation de rites...
Par ailleurs aucun dogme n’est intangible. Ils peuvent évoluer et c’est ce qui s’est souvent passé dans l’histoire, mais l’évolution est soumise à un consensus. Cela peut prendre du temps, donnant cette impression d’immuabilité, parfois plus d’un siècle, mais au moins tout le monde est d’accord. Il faut voir les dogmes comme une photographie instantanée de l’Etat de nos connaissance sur Dieu et la foi.
L’infaillibilité papale ne peut être invoquée que très rarement et dans un contexte d’enseignement où le consensus est déjà passé par là. Elle permet de calmer ceux qui n’acceptent pas le consensus pour maintenir l’unité des Chrétiens.
Quand aux sacrements, ils n’ont pas d’autorité en soi. Ils permettent de maintenir le contact avec le Christ vivant.