• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Pascal L

Cet auteur n'a pas encore renseigné sa description

Tableau de bord

Rédaction Depuis Articles publiés Commentaires postés Commentaires reçus
L'inscription 0 3785 0
1 mois 0 0 0
5 jours 0 0 0

Derniers commentaires



  • Pascal L 8 juillet 2017 15:38

    @Antenor
    Pour comprendre le mouvement Judéonazaréen, il faut lire la thèse d’Edouard-Marie Gallez « Le messie et son prophète ». Le terme de Judéonazaréen est de lui, mais cette appellation permet de distinguer sans ambiguïté les Juifs qui se désignaient comme nazaréens des Chrétiens qui ne se sont désigné comme Nazaréens que pendant un temps très court et il n’y a pas de recouvrement des deux périodes.

    Ces Judéonazaréens sont connus par quelques publications sur les hérésies dont celle d’Irènée de Lyon qui est d’origine syrienne. Ils avaient leur propre Evangile qui n’est plus connu que par des citations, mais cela correspond bien au dogme Musulman plus tardif et la filiation est évidente. Cet évangile est probablement avec la Torah un des documents cités dans la sourate 28, 49 « Dis-leur : Apportez donc un Livre venant d’Allah qui soit meilleur guide que ces deux-là, et je le suivrai si vous êtes véridiques. »
    L’Islam n’a pas de filiation avec les Pharisiens qui niaient même le fait que Jésus était prophète. Les pharisiens ont fondé le mouvement rabbinite (mouvement des rabbins) et était désignés par le terme de « Recouvreur » (Ceux qui cachent la vérité) dans le Coran. La Sourate 1 les désigne comme ceux qui ont engendré la colère d’Allah. Il est possible que quelques disciples de Jacques aient rejoint le mouvement Judéonazaréen, mais Jacques le Juste était bien Chrétien et c’est à cause de cela qu’il a été assassiné par le grand prêtre de Jérusalem. Il y a bien eu quelques tensions sur le respect de la loi juive par les premiers Chrétien, mais cela a été résolu dans la paix comme le relatent les Actes des Apôtres. En 135, l’Eglise de Jacques n’existait plus vraiment du fait de la dispersion et des disputes intervenues après la mort de Jacques. Que quelques disciples ait rejoint d’autres mouvements non chrétiens, en particulier gnostiques, cela parait possible, mais nous ne pouvons en accuser Jacques. 
     Que Paul ait pu être pharisien, c’est possible vu sa participation au martyr d’Etienne. Mais sa conversion au Christianisme efface sa première identité. Il y a aujourd’hui des bouddhistes ou des Musulmans qui se convertissent au Christianisme. On ne les désignent plus comme Bouddhistes ou Musulmans.

    Que les Chrétiens de Paul aient pu supplanter les Nazaréens de Jacques, cela ne peut être qu’une fable, Paul n’ayant pas d’armée à sa disposition et les Chrétiens sont au Christ et non à Paul. Les disputes se réglaient devant les anciens. Quand à la migrations de divers mouvements vers la Syrie, cela est du aux Romains qui étaient excédés par les mouvements de révolte des Juifs. Les Chrétiens ne faisaient pas parti des révoltés car ils n’avaient pas besoin d’une purification du Temple pour rétablir un royaume de Dieu sur terre. Les mouvements messianistes étaient légions sur la région à cette époque. les écrits inter-testamentaires en témoignent. Dès le premier siècle, tous les Chrétiens se sont désignés par le terme de Chrétien, tous ceux qui utilisent un autre vocable ne sont pas Chrétiens et tous les documents qui parlent du Christ ne sont pas forcément chrétiens. L’impact du Christ sur son époque a été considérable et rien qu’à cause de cela le Christ ne peut être qu’un personnage historique.

    Indirectement, Jésus est à l’origine de ces mouvements de révoltes, mais parce que ceux qui se sont révoltés n’ont pas compris son message de salut et ont voulu se l’approprier en le rendant plus « humain ». Tous ces mouvements sont des post-christianismes, mais le Christianisme n’a rien à voir avec cela car le royaume du Christ n’est pas de ce monde, mais c’est justement cette distance qui rend son enseignement insupportable pour beaucoup. Le Nazisme et les différents communismes sont également des post-christianismes avec cette idée de salut terrestre dans une société purifiée.


  • Pascal L 7 juillet 2017 22:45

    @Emile Mourey
    « s’il s’avère dans le débat historique [...]. Mais quant à réécrire de fond en comble la parole descendue dans le Prophète inspiré, certainement pas »

    L’Histoire est encore une science, elle ne peut prendre comme hypothèse de départ l’inspiration d’un prophète. Elle peut laisser le croyant libre de faire son interprétation, à la condition que cette interprétation ne heurte pas les évidences historiques. Or dans le cas de l’Islam, il y a beaucoup trop d’éléments qui contredisent cette inspiration divine. Ce dogme n’a d’ailleurs pas existé avant les Abbassides vers 750.

    « Que les pères de l’Église aient utilisé ce terme pour les distinguer de ceux qui à Antioche ont pris le nom de chrétiens en suivant Paul, soit »
    Ce n’est pas possible. Le terme de Chrétien a été utilisé par tout les Chrétiens à partir de la fin du premier siècle. Le terme de Nazaréen ne peut en aucun cas introduire une confusion car il n’y a pas de recouvrement dans l’appellation entre les Chrétiens et les Judéonazaréens. Les Judéonazaréen désigne aujourd’hui les Juifs qui se disaient Nazaréens. Ce ne sont en aucun cas des Chrétiens.

    Quatre Evangiles canoniques, cela démontre que la même tradition s’est propagée dans quatre régions différentes. Les quatre évangiles sont concordants et ne fondent pas quatre possibilités de croire. C’est même cette convergence qui nous assure que le message de Jésus n’a pas été transformé. Paul n’a pas écrit d’Evangile et ses textes ne peuvent être vus comme fondateurs. Il s’agit de commentaires liés à la vie des premières communautés, comme peut le faire un évêque aujourd’hui.
    Il n’y donc aucun courant Paulinien. Paul était autant en relation avec les Eglises de Rome que celles de Jérusalem ou Antioche.


  • Pascal L 7 juillet 2017 22:31
    @Antenor
    Tout dans le Coran pointe vers le nord de la Syrie. La langue avec ses nombreux syriacrismes et l’écriture ne peuvent venir que de là. De plus, il n’est plus possible d’affirmer que La Mecque ait pu exister à l’époque de Muḥammad.
    Les Arabes nabatéens étaient bien en contact avec le Judaïsme et le Christianisme. Ils étaient d’ailleurs grandement christianisés à cette époque. Il ne subsistait plus qu’un culte partiellement polythéiste à Petra (un Dieu avec 3 filles qui a inspiré un verset du Coran qui dit que Dieu ne peut pas engendrer de filles). La pierre noire de La Mecque provient probablement d’un temple à Petra. Il semble d’ailleurs que Petra a été choisi comme ville sainte avant la Mecque, mais Petra a été détruite en 747 par un tremblement de terre. Aucune mosquée ne pointe vers la Mecque avant 725.
    Le Judéonazaréisme n’est pas une hérésie du Christianisme, mais du Judaïsme. Il est d’ailleurs postérieur au Christianisme (vers la fin du premier siècle). A cette époque Israël était en plein ébullition religieuse et les sectes étaient très nombreuses. C’est d’ailleurs cette ébullition qui a poussé les Romains à détruire le Temple en 70 puis à raser la ville en 135. En 68, les habitants de Jérusalem les plus calmes, dont les Chrétiens, ont été priés de quitter Jérusalem, histoire de faire le ménage. Après 70, les Chrétiens sont rentrés à Jérusalem, car le sort du Temple ne leur importait pas. Les Judéonazaréens sont issus des Juifs qui n’ont pas pu se résoudre à rentre à Jérusalem après la destruction du Temple, montrant pas là leur attachement à la religion Juive.
    Le nom même de ʿĪsā (en fait Esau) utilisé par les Musulmans pour Jésus est d’origine juive qui n’arrivaient pas à prononcer « Dieu Sauve » en parlant de Jésus. Esau est le fondateur du royaume d’edom, des ennemis héréditaires d’Israël.

    Depuis deux siècles avant J.C. les Juifs attendaient un Messie, mais les versions étaient presque aussi nombreuses que les Juifs. Les écrits inter-testamentaires en témoignent. Les Judéonazaréens sont issus d’une de ces attentes, mais leur reconnaissance du Christ est très partielle, car le Christ n’a pas répondu à ce qu’il espéraient, c’est-à-dire un Messie guerrier qui chasse les Romains pour établir un royaume de Dieu sur terre.

    Pour une raison de dates, les Chrétiens ne peuvent être issus des Judéonazaréens. Paul Jacques, Jude et les autres apôtres sont des Chrétiens et rien d’autre. Le Christianisme se distingue par la reconnaissance de la résurrection du Christ et par une espérance de salut qui n’est pas terrestre mais spirituelle. Votre Esprit seul survit et le corps après la résurrection change de nature (c.f. L’Episode de la transfiguration - Matthieu 17, 1-9).

    « le fondateur pharisien » Les Parisien ont donné le mouvement rabbanite. Ils sont à l’origine du Judaïsme actuel. Les Pharisiens comme les Saducéens ont toujours été critiqués par le Christ et la filiation n’est pas possible.

    « avaient déjà évincé les « Judéo-nazaréens » de la tête du mouvement en prenant le commandement de l’église de Rome » Cela n’a vraiment rien à voir. Les Judéonazaréens n’ont jamais été Chrétiens et n’ont donc jamais dirigé l’Eglise chrétienne.

    « ils ont ensuite récupéré l’église de Jérusalem comme un fruit mûr »
    Encore une erreur. L’Eglise de Jérusalem a été fondée et dirigée par Jacques le Juste, cousin de Jésus. Cette église a toujours fait partie de la communauté chrétienne dont fait partie l’Eglise de Rome.
    Après la mort de Jacques le Juste, quelques disciples ont fondé des hérésies, mais plutôt des hérésies gnostique, tandis que la plupart des membres restaient dans l’Eglise universelle (on ne disait pas encore Catholique).


  • Pascal L 7 juillet 2017 21:52

    @Emile Mourey
    « ce qui suppose l’existence d’un Coran écrit du temps de Mahomet »

    A l’époque de Muḥammad, les feuillets Judéonazaréens existaient bien, mais ne correspondaient pas vraiment à ce qui est dans le Coran que nous pouvons lire aujourd’hui. Dans ces feuillets, Muḥammad n’est jamais cité et la plupart des dogmes spécifiquement musulmans n’existaient pas. C’est pratiquement du Judaïsme. Si les Judéonazaréens ont inventé la filiation des Arabes à Ismael, c’est principalement pour les rendre Juifs eux aussi et les impliquer dans la reconquête de Jérusalem. La bataille de Mu’ta permet de comprendre le début de la sourate 30. La traduction d’Edouard-Marie Gallez donne « 2 Les Romains ont vaincu au plus proche de la Terre [de Palestine, en Transjordanie]. [Mais] eux, après leur victoire, seront vaincus dans quelques années. A Allah appartient le Sort dans le passé comme dans le futur. Alors les Croyants se réjouiront du secours d’Allah. » A cette époque, Israël était la terre promise...

    La fin de Jean Baptiste est racontée dans les Evangiles et ne ressemble pas du tout à votre version. Il a été assassiné pour avoir critiqué la vie conjugale du gouverneur Hérode Antipas.
    La bataille de Mu’ta a bien été conduite pour reconquérir Jérusalem et la terre promise. Cela n’a été que partie remise, il y a eu ensuite la bataille de Gaza qui a vu la participation de Muḥammad en 634, puis la victoires des Arabes en 638.


  • Pascal L 7 juillet 2017 21:38

    @Emile Mourey
    Les Judéonazaréens ne sont pas des Chrétiens. Ils sont fondamentalement juifs et observent toutes les lois juives. Ils ne reconnaissent le Christ uniquement comme étant celui qui doit revenir rétablir le royaume de Dieu sur terre. Cette hérésie juive a existé de la fin du premier siècle jusqu’à la fin du 7ème siècle pour être ensuite absorbée dans l’Islam dont ils sont la source principale à l’époque de Muḥammad. Contrairement aux Chrétiens, ils acceptent le proto-évangile de Jacques et se distinguent sur la mort et la résurrection de Jésus qu’ils ne reconnaissent pas et sur le salut qu’ils imaginent bien terrestre. Ce catéchisme porte encore beaucoup de références au Judaïsme malgré toutes les tentatives d’effacement ultérieures. Les Musulmans doivent à ce catéchisme la circoncision et certains interdits alimentaires (porc, sang...)


    Le proto-Evangile de Jacques ne contient que des légendes sans intérêt. Les premiers Musulmans semblaient très friands de ces histoires merveilleuses, mais ces histoires ne ressemblent en aucun cas aux miracles que l’on retrouves dans les quatre Evangiles de la tradition apostolique et ne peuvent donc pas se rattacher à la tradition chrétienne.

    Les feuillets de Birmingham ne peuvent être la trace du premier Coran. L’Ecriture en serait sensiblement différente. Il ne s’agit que d’une recopie tardive de ces premiers feuillets. Ils font de toutes façons partie du Coran étudié par Mingana dont le nom est reporté sur chaque page et dont l’essentiel est à Paris. Les versets correspondants à l’enseignement Judéonazaréen se reconnaissent maintenant facilement, ils portent tous dans leur forme la trace de la langue araméenne car la traduction est assez littérale. Il ne semble pas que Muḥammad parlait l’araméen, donc la traduction est due à d’autres auteurs.


Voir tous ses commentaires (20 par page)


Publicité


Publicité



Palmarès

Publicité


Agoravox.tv