« où la jalousie sera montrée du doigt au même titre que le vol »
C’est pas déjà comme ça dans un couple ? Si c’est pour échapper à ça que l’on passe à trois, je crains que cela fasse plutôt empirer les choses.
Quelles sont les études qui démontrent que le mariage à trois est un progrès pour l’enfant ? Il n’a de toutes façons que deux parents biologiques et il aura vite fait de repérer l’intrus.
Vous croyez sans preuves. Le Coran ne garde du 8ème siècle que les versets traduits de l’Araméen et de très rares versets qui proviennent effectivement de Muḥammad. En particulier le début de la sourate 30 qui relate la défaite de Mu’ta en 629. Gabriel n’a jamais dicté quoi que ce soit à Muḥammad. Il est démontré aujourd’hui par la théorie mathématique des codes que le Coran a été écrit par une cinquantaine d’auteurs différents (entre 30 et 100) et que la différenciation ente les versets de La Mecque et les versets de Médine ne repose sur rien.
« à partir de signes de ponctuation »
On ne parle pas de signes de ponctuation (qui n’existaient pas encore) mais de signes diacritiques et de voyellisation. Avec 16 lettres seulement dans l’alphabet original, on ne peut représenter la totalité des consonnes qui demandent 28 lettres. Un mot écrit au 7ème siècle peut avoir jusqu’à 30 sens différents, ce qui laisse beaucoup de place à une réinterprétation. Ainsi vaincre ou être vaincu s’écrivent de la même manière, par exemple. Dès qu’un sens ne parait pas clair, les spécialistes des écritures anciennes font systématiquement appel aux autres langues de l’époque et arrivent souvent à reconstituer un sens qui peut être bien différent du sens du texte moderne. Ils reconstituent ainsi le texte dans toute sa cohérence. Lisez « Les trois visages du Coran », la thèse de doctorat de Leïla Qadr qui a travaillé sur les codex.
« on peut se demander, par contre, si les évangélistes ne sont pas passés à côté d’une vérité qui, aujourd’hui, nous échappe »
La réponse est dans les Evangiles « ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits » (Matthieu 11, 25). Pour comprendre les Evangiles, il faut se faire semblable aux tout-petits. C’est notre orgueil et notre envie de pouvoir qui nous cache une vérité qui pourtant est bien visible. Le nombre impressionnant de personnes qui reçoivent aujourd’hui des dons de l’Esprit-Saint nous montre que cette vérité n’a pas échappé à tout le monde.
« Ces noms de prophètes sont des pseudos de mouvements plus ou moins révolutionnaires » Encore une affirmation infondée. Les prophètes de l’Ancien Testament annoncent Jésus et sans cette annonce, il n’aurait pas pu exécuter sa mission d’annonce du salut de Dieu.
« ce qui n’a pas été le cas pour la prophétie de Daniel »
Les prophéties ne sont jamais de la divination. Il n’y a pas que la prophétie de Daniel qui ne s’est pas réalisée. Celle de Jonas est encore plus connue et les exemples sont nombreux. Beaucoup de prophéties sont des avertissements pour modifier les comportement de ceux qui la reçoivent. Lorsque les comportements changent, les prophéties ne se réalisent pas.
« Qu’est-ce que l’homme ? » Bonne question, mais la vraie question est « Qu’est-ce que Dieu ? » Quelles relations entre l’homme et Dieu ? L’homme est-il Dieu ou en est-il séparé ?
« qu’on ne pouvait établir la paix dans un pays qu’avec une seule religion »
Je ne dirai pas ça. Pour moi, les fondateurs de l’Islam étaient persuadés qu’on ne pouvait faire la guerre qu’avec une seule religion. Depuis Muḥammad, on s’est aperçu qu’on pouvait mouvoir une armée entière avec un objectif religieux. La religion originale des Judéonazaréens n’était pas suffisamment rigoureuse et des disputes sont intervenues entre les soldats après la mort de Muḥammad. Les califes ont alors eu l’idée d’améliorer la formalisation du Coran et de demander une obéissance absolue aux croyants. C’est allé beaucoup plus loin, puisqu’ils ont eu l’idée de faire formaliser toutes les règles de droit par Allah au travers des Hadîths qu’il a fallu rédiger à partir du 10ème siècle.
« la lettre de Mahomet aux rois de la terre »
Encore une légende. On ne dispose d’aucun élément historique concernant ces courriers. S’agissant de courriers diplomatiques, cela devrait laisser des traces. De toutes façons, l’Islam n’existait pas encore à cette époque. Il n’existe aucune citation du mot Islam avant la fin du 7ème siècle et les disciples de Muḥammad ne se nommaient pas Musulmans.
Vous acceptez sans discuter les éléments de la légendologie musulmane, mais le moins que l’on puisse dire, c’est que cette légende ne repose sur rien de concret. Attention, si vous reconnaissez Muḥammad comme prophète, vous serez Musulman aux yeux de bien des Musulmans et un retour arrière est considéré comme une apostasie, punie de la peine de mort dans plusieurs pays.
Les feuillets de Birmingham n’ont pour seul avantage que l’on y ait fait une explication qui aille dans votre sens, mais la datation du support ne fait pas la datation de ce qui est écrit dessus. Nous savons qu’il s’agit de pages extraites du codex qui est à la BN et qu’il ne peut être plus ancien. D’ailleurs ces deux feuillets étaient connus depuis longtemps et nous savons que le codex de la BN est constitué d’au moins trois couches successives. Le carbone 14 ne peut dater que le support et nous savons qu’il y a beaucoup d’éléments qui peuvent polluer la mesure. Pour dater un document, il est plus fiable d’analyser l’écriture et de la comparer à des documents dont la date est connue (référence à un événement historique par exemple). L’arabe n’est pas utilisé que pour le Coran, il existe toute une poésie pré-coranique qui peut servir de référence. L’écriture arabe du 7ème siècle est très défective (16 consonnes sur 28, pas de points diacritiques ou de voyellisation). De ce fait, cette écriture évolue assez vite et chaque période est marquée par des progrès. L’existence de points diacritiques sur ces deux feuillets indique une écriture tardive (8ème siècle ou ultérieur). Il ne faut pas oublier que la datation au 7ème siècle a été faite par un Musulman (docteur Muhammad Isa Walley) et sert son propos. Il n’avance que des hypothèses qu’il est bien incapable de démontrer. Le centre de recherche et d’études islamiques de Riyad ne confirme d’ailleurs pas cette datation précoce.
« Non ! Si cela l’avait été, cela aurait été dit clairement » Pour tout Musulman, le Coran est la parole de Dieu, Waraqa ni aucun humain ne peut en être l’auteur. En fait l’origine araméenne d’une partie du Coran est démontrée par la thèse de Jean-Jacques Walter « le Coran révélé par la théorie des codes ». Il est d’ailleurs troublant que Waraqa en arabe signifie feuillets et c’est sous cette forme que les premiers Coran ont été rassemblés - cela sent la manipulation ultérieure. Si j’ai utilisé « probablement » c’est parce que l’existence même de ce Waraqa est suspecte. Les scribes du Coran ne sont pas connus car le Coran a principalement été écrit au 8ème siècle sous les ordres des califes et non du vivant de Muḥammad dont le nom a été totalement oublié pendant les 50 années qui suivent sa mort. Les scribes abbassides ne sont d’ailleurs pas en reste (donc après 750), vu les nombreux éléments d’origine perse dans le Coran (les descriptions du paradis par exemple). Ce sont eux qui ont établi le dogme de l’incréation du Coran et inventé le voyage de Muḥammad à Jérusalem puis au ciel pour y voir le Coran.
Les inscriptions du dôme du rocher sont d’ailleurs éloquentes à ce sujet, car elle ne parlent pas de l’événement le plus important qui est censé s’y être passé. Ce dogme n’existait pas dans les années 690. Les citations de Mḥmd sur ce monument sont d’ailleurs ambigües ; il n’est pas possible de savoir si cela représente Muḥammad ou « le loué » ou « le désiré » qui dans ce dernier cas ne peut être que Jésus dont le retour imminent était attendu sur ce lieu. Il était même tellement attendu qu’un calife a fait murer la porte par où il devait revenir, des fois qu’il soit obligé de lui remettre les clefs de son palais.
« le terme de judéonazaréen, sauf erreur de ma part, ne se trouve pas dans les textes musulmans »
Il se trouve sous la forme de « nazaréen », du moins pour les versets du Coran antérieurs à 750. Ces Judéonazaréens ayant disparu, les scribes abbassides ont semé la confusion en réutilisant ce terme pour les Chrétiens, mais de manière inappropriée, les Chrétiens n’utilisaient plus de terme depuis le premier siècle. Cela peut provenir d’une méconnaissance du contexte syriaque original par les Perses.
Mme Chabbi n’est pas historienne et c’est là son drame. Elle a pris comme hypothèses historiques à sont travail de sociologue la version proposée par l’Islam qui s’avère aujourd’hui complètement fausse. Elle accepte l’idée d’une « religion née dans le désert au milieu des polythéistes » et aujourd’hui aucun mot de cette phrase ne s’avère vrai. Lisez de Françoise Micheau « Les débuts de l’Islam » qui est un travail de synthèse des travaux d’historiens. Cela date un peu, parce que les progrès sont très rapide dans ce domaine, mais l’essentiel y est.
« Un Jean-Baptiste solitaire ??? qui soulevait des foules » On peut attirer les foules en étant solitaire. Je ne vois pas la contradiction.Il n’était certainement pas armé et n’avait pas besoin d’une garde rapprochée. S’ils étaient 12 autour de Jésus, c’est Jésus seul qui attirait les foules.
« Waraqua n’aurait pas été chrétien, alors que les textes le disent » Quels textes ? On peut affirmer qu’il n’est pas chrétien par son œuvre. Il est probablement l’auteur des versets du Coran qui sont traduit de l’araméen, soit un tiers environ du Coran. S’il était Chrétien cela devrait se voir un peu.
« alors que les textes mis au jour à Qumrân nous disent tout sur leur cheminement historique et intellectuel »
Ben non, le mot essénien n’est jamais cité sur les manuscrits de Qumrân, ce qui fait qu’on ne peut réellement rien leur attribuer. Les manuscrits les plus tardifs sont franchement Judéonazaréens et annoncent l’Islam.