« Si votre dieu était Dieu, il pourrait, par exemple donner 2 jambes à un enfant qui naît sans jambe » Les guérisons inexpliquées n’ont pas pour objectif de démontrer à tous qu’il est le plus fort. Il s’agit toujours de messages personnels qui visent à convaincre une personne de sa réalité et de la réalité de son salut. Dieu veut que tous reçoivent son salut mais il ne s’adresse qu’à des personnes capables de comprendre le message. De fait, les guérisons sont discrètes et parfois de faible importance, mais la nature ni aucun médecin ne peut agir ainsi. J’ai reçu ainsi le témoignage d’une personne qui a été guérie trois fois pour trois maladies, mais qui, à la fin, a demandé le baptême. Les guérisons ne visent que le salut de la personne guérie, pas son confort. Si c’était le cas, il empêcherait la mort de tous les croyants et ce n’est pas le cas. Le salut proposé par Dieu n’est pas de ce monde, alors prolonger la vie des croyants ne pourrait que les éloigner du salut. Il déplacerait les montagnes que vous refuseriez de croire, alors pourquoi le faire ? Mais si vous êtes sincère et que vous cherchez à comprendre, vous pourrez alors recevoir des signes de l’existence de Dieu.
« Les vrais sont les anciens dieux » Ces Dieux là sont anthropomorphiques, ils sont des inventions humaines.
« Votre dieu ne s’y est pas oppose ! » Ce Dieu nous rends libre de commettre le bien ou le mal. C’est le choix de chacun. S’il s’y était opposé, vous auriez instantanément perdu votre liberté. Un Dieu qui aime ne peut être un Dieu qui asservit. Il accepte le mal dans notre monde, mais ceux qui le commettent auront du mal à recevoir l’amour de Dieu et donc à être sauvé.
@P.-A. Teslier « quasiment tous les concepts du monothéisme sont ceux du LIVRE des MORTS de l’ancienne Egypte »
Celle là, je ne l’avais pas encore entendue. J’avais bien entendu le lien avec Akhenaton, mais celui-ci était un pharaon qui était également l’incarnation du Dieu soleil. En fait de monothéisme, on reste dans le culte du souverain tel qu’il a été pratiqué dans toute l’antiquité. Rien à voir avec le Dieu des Chrétiens et des Juifs.
La rédaction de la Torah est parfois attribuée à Moïse. Cela ne se voit pas dans le texte. La diversité des styles d’écriture, même en se limitant à la Torah ne permet pas de l’attribuer à un seul rédacteur. De toutes façons, la transmission du texte de la Torah s’est fait oralement pendant plusieurs siècles jusqu’à son écriture au 7ème siècle avant J.C., comment peut-on imaginer que cette transmission se soit déroulée sans la moindre modification de virgules. On dispose dans la Torah de 2 récits de la Genèse différents, ce qui démontre aisément que la Torah est la compilation de plusieurs traditions (entre 2 et 4). L’archéologie démontre aisément cette origine multiple. Je citerai le livre d’Israël Finkelstein et Neil-Asher Silberman : « la Bible dévoilée » qui montre ainsi tous les mécanismes qui conduisent à la rédaction de la Bible. Aujourd’hui, seuls les Musulmans peuvent croire à un texte dicté par Dieu et transmis sans failles et là encore, la science peut aisément démontrer que ce n’est pas vrai (Le Coran a entre 30 et 100 rédacteurs différents). Dieu échappe à la mesure scientifique, mais ce n’est pas le cas pour les livres.
Pour les Chrétiens, on y voit une parole inspirée par Dieu, mais le style et le vocabulaire sont spécifique à chaque rédacteur. On peut largement comprendre que chacun y a mis ce qu’il a compris de Dieu. Dans les Evangiles, le seul texte écrit par le Christ l’a été sur le sable et personne n’a pensé à le noter. Finalement, le fait que Dieu n’est pas directement l’auteur de ces textes est une bonne chose. Nous gardons la liberté de croire ou pas et la foi devient une affaire personnelle.
Pourquoi étaler une incompréhension totale des religions ?
Contrairement au Coran, la Bible n’est pas la parole de Dieu, mais ce que les hommes en ont compris et cette compréhension ne s’est pas faite en un jour. Le peuple d’israël interprète au début ses victoires militaires comme des actions de Dieu qui défend son peuple avec jalousie. Les injonctions à tuer que vous relevez sont contextualisées. Elles interprètent des victoires anciennes et rien ne permet de les prendre comme des injonctions pour aujourd’hui. Ces victoires et ces guerres sont d’ailleurs parfois imaginaires, car ce n’est pas l’histoire qui est importante dans la Bible, c’est l’interprétation des signes donnés par Dieu. Le récit n’est souvent que le support à une transmission orale de la connaissance sur Dieu et un récit s’apprend mieux qu’un traité de théologie. En dehors de la conquête d’Israël par Josué qui n’a jamais existé, les autres guerres sont des guerres de défense et doivent être comprise dans le contexte de l’âge du bronze et non à notre manière.
A propos de l’interprétation des signes donnés par Dieu, il semble que ces signes n’ont jamais cessé et peuvent toujours être observés. Le Dieu de la Bible n’est pas une invention humaine, mais une interprétation humaine de signes incompréhensibles autrement. Vous êtes parfaitement en droit d’affirmer que vous n’avez jamais observé de tels signes, mais pour ceux qui les observent, on ne peut pas dire que ces signes n’existent pas. J’ai assisté à plusieurs guérisons inexpliquées dans le cadre d’actes de foi de l’Eglise Catholique et je ne comprends pas scientifiquement ces signes. L’hallucination n’est pas envisageable dans la mesure où les guérisons durent. Dieu n’est pas mesurable, donc personne ne peut prouver son existence ou son inexistence. Les signes de Dieu ne sont pas destinés à une foule, mais à des individus auquel Dieu s’adresse directement. Pour les Chrétiens, Dieu est extérieur à l’homme, ce qui fait que l’homme a beaucoup de mal à interpréter les signes et sa nature est spirituelle, ce qui empêche de le mesurer.
A propos de la violence, il faut comprendre que cette violence est humaine et que l’homme n’a pas vraiment besoin de Dieu pour l’exprimer, mais l’explication utilisant Dieu est la plus facile. Le principal ressort de la violence avec les religions est le messianisme. Le messianisme est l’idée dévoyée du salut proposé par Jésus, où ce salut ne serait pas dans le domaine spirituel, mais terrestre. Il faut donc purifier la planète de tous ceux qui empêchent ce monde « meilleur » où les adeptes obtiendront le pouvoir. Dieu n’est pas nécessaire à un messianisme terrestre. Nous pouvons donc compter dans les messianismes différentes formes de communisme, le nazisme et une grande partie de l’Islam. D’autres formes se constituent aujourd’hui autour de l’ultra-libralisme et du climatologisme.
Quand aux guerres de religions en Europe, William Cavanaugh a démontré que la religion n’y est pour rien : les « guerres de religion » européennes (16e-18e siècles) sont les conséquences de l’établissement des Etats modernes centralisateurs et massificateurs – voir en particulier Migrations du sacré, Paris, éd. de l’Homme Nouveau, 2010.
« ces chers chrétiens, que, jadis, leurs pères, dont l’écrivain arabe Tertullien, ont repris, le concept hindouiste du Trimurti (1 500 ans BCE) »
Encore une théorie incohérente pour expliquer le Christianisme. Le Christianisme est un vrai monothéisme où Dieu est en trois partie. On imagine pas un seul instant le Père discuter avec le Fils et l’Esprit-Saint avant de prendre une décision... Il n’y a qu’un seul discours, mais les modes d’action sont différents. De toutes façon, le Dieu des Chrétiens n’est pas inventé par l’homme, il n’est donc pas possible de faire de l’anthropomophisme pour comprendre. Du fait de la présence permanente des signes, le Christianisme n’est pas une religion du livre, mais une religion du Christ.
Le Christianisme n’est pas la seule religion à observer des signes. Toutes les religions basées sur la dévotion aux Esprits ou les pratiques magiques observent également des signes, mais la nature de ces signes est différente et il n’est pas possible d’observer en même temps les signes Chrétiens et les signes des Esprits. Il faut choisir.
@sls0 « au nom du Christ c’est environ 340 millions de morts »
Peut-être, je ne rentrerai pas dans ce genre de polémique. Mais le Christ n’a jamais demandé que l’on tue en son nom. (Re)lisez les Evangiles. « Alors le diable l’emmena plus haut et lui montra en un instant tous les royaumes de la terre. Il lui dit : « Je te donnerai tout ce pouvoir et la gloire de ces royaumes, car cela m’a été remis et je le donne à qui je veux. Toi donc, si tu te prosternes devant moi, tu auras tout cela. » » (Luc 4, 5-7) Pour un Chrétien qui suit l’enseignement du Christ, le pouvoir est associé à l’adoration de Satan et non de Dieu. Les cultes qui visent l’obtention du pouvoir comme la Franc-Maçonnerie sont satanistes.
De tout temps les religions ont été instrumentalisées pour prendre le pouvoir et donc faire la guerre, mais les guerres qui se sont faites au nom du Christ ont été déclenchées par des princes cupides. Ces guerres de religions là sont apparues dans des périodes de sécularisation de la société où le pouvoir des princes grandissaient. On peut aussi très bien comparer les croisades aux guerres actuelles au Moyen-Orient, mais au moins, pour l’occident d’aujourd’hui, on ne peut plus prendre Dieu en otage, cela ne passerait plus.
Toutes les religions ne sont pas équivalentes devant la violence. Les messianismes portent une forme de violence lorsqu’il est demandé aux croyants de purifier la terre pour permettre l’avènement d’un monde nouveau. Il s’agit d’une déformation du salut proposé par le Christ. Le Christ a toujours soutenu que son royaume n’était pas de ce monde. Par ailleurs sont salut ne s’achète pas, il est offert par Dieu à ceux qui acceptent de vivre son amour. Il n’y a donc rien d’autre à faire que d’aimer pour obtenir le salut et aimer cela ne peut signifier tuer. La plupart des messianismes sont des post-Christianismes qui reprennent à leur compte la notion de salut, mais en en faisant une affaire terrestre. On y trouve en général tous les mécanismes idéologiques classiques : une inversion de la notion du bien et du mal : il devient licite d’éliminer ceux qui empêchent le salut et le salut (et le pouvoir) sera donné aux adeptes qui combattent pour la cause. Parmi les messianismes, on y trouve une bonne partie de l’Islam, le communisme, le maoïsme et des trucs plus modernes en cours d’élaboration : l’ultra-libéralisme ou le climatologisme... On voit que Dieu n’est pas nécessaire à ces religions.
Les religions gnostiques qui remplacent aussi Dieu par l’homme ne portent en principe pas ces formes de violences, mais ici aussi, le salut s’achète par des pratiques spirituelles.