@Daniel Roux « Les pires massacres ont été perpétués au nom du Christ Roi »
Les pires massacres ont été perpétué au nom de qui vous voulez. Le nom du vrai commanditaire est rappelé dans l’évangile de Luc (Chapitre 4, 5-7) :
"Alors le diable l’emmena plus haut et lui montra en un instant tous les royaumes de la terre. Il lui dit : « Je te donnerai tout ce pouvoir et la gloire de ces royaumes, car cela m’a été remis et je le donne à qui je veux. Toi donc, si tu te prosternes devant moi, tu auras tout cela. »
Celui-là, on peut l’adorer dans toutes les religions et idéologies.
C’est exactement là que Matthieu dans son évangile écrit en Araméen utilise la racine qui a donné le mot Islam, mais le sens en est sensiblement différent. Il faut comprendre « je m’en remet à toi » et non « je me soumet à toi ». A ce moment là, Jésus n’est plus maître de son destin car il va mourrir. Il ne peut plus exécuter des ordres comme une personne soumise et ce n’est pas Dieu qui va le tuer ; la seule chose qu’il peut encore demander à Dieu, c’est qu’il fasse ce qu’il a promis.
Vous faites un contre-sens classique à propos du mot amour qui est très pauvre en Français. Les Grecs ont quatre mots différents pour exprimer l’amour, dont Eros pour l’amour physique, philia pour l’amitié ou l’amour social, Storgê pour l’amour familial et Agapè pour l’amour inconditionnel. C’est bien ce mot d’Agapè dont il est question pour l’amour de Dieu et cela n’a rien à voir avec la jouissance ou le désir (Eros). La langue arabe possède bien un mot équivalent à Agapè, mais il n’est jamais utilisé dans le Coran et cette notion de l’amour est inconnue des Musulmans. Pourtant, toute la révélation de Dieu dans la Bible tourne autour de cette notion. La spiritualité Chrétienne est axée sur la découverte de Dieu qui se rend sensible par cet amour. Lorsque vous rencontrez Dieu, vous vous sentez envahi par une sensation agréable de chaleur. Lorsque vous avez rencontré Dieu, votre personnalité se transforme et vous n’avez plus besoin de lois pour aimer (Agapè) et respecter votre prochain (au sens de toute l’humanité). Le Christ n’a donné qu’une seule loi qui de fait englobe toutes les autres : Aimez-vous les uns les autres comme Dieu vous aime. Cette seule loi est suffisante pour limiter les pulsions. On ne peut pas juger d’une religion au comportement de ceux qui s’en revendiquent et cela vaut aussi pour l’Islam.
Le Coran ne dévoile pas Dieu. Il est donc impossible de savoir s’il est amour. Cette absence ne permet pas d’établir une filiation directe entre le Judaïsme/Christianisme et l’Islam bien que le Coran fait sans cesse des allusions à la Bible. De même, le « Isa » du Coran ne peut pas être compris comme étant le « Jésus » des évangiles.
« en cela qui laisse croire à l’homme qu’il est Dieu sur terre »
Cette croyance est celle de beaucoup de religions comme le Bouddhisme, l’Hindouisme, l’Occultisme, le spiritisme... mais n’est absolument pas chrétienne. La relation d’amour ne serait pas possible si l’homme était Dieu, car ce serait du narcissisme.
@Daniel Roux Il est tout à fait légitime de parler des racines celtes de l’Europe, ces racines dont les ruines ont permis le développement du Christianisme.
« La religion est surtout une prison pour l’esprit qu’elle que soit son époque, son origine, son clergé, ses dogmes. Elle paralyse la créativité humaine, le sens des responsabilités, les initiatives, la recherche scientifique »
Je me demande ce qu’aurait pu être l’œuvre de J. S. Bach, Georges de la Tour, Titien, Messiaen... sans cette paralysie. La perception de la transcendance n’est-elle pas au contraire un moteur de la créativité ? Pour le reste, je vois deux problèmes différents :
- Le verrouillage à des fins de contrôle politique de la société. Malheureusement, nous ne pouvons en accuser les Chrétiens, car le Christ a formellement exprimé l’idée de séparation entre la religion et le pouvoir. Ceux qui, au pouvoir, se sont exprimés au nom du Christianisme n’étaient donc pas légitimes pour le faire.
- L’expression de valeurs morales différentes, en particulier aujourd’hui sur le sujet de la recherche sur l’embryon. Souffrez qu’en France, il puisse y avoir des avis différents, mais de toutes façons, vu la séparation des pouvoir, cela ne peut être assimilé à une forme de paralysie. Que des Chrétiens ne financent pas le Téléthon, qu’est-ce que cela change ? D’autres projets en profitent.
« Ceux qui croient en un dieu croient que le Livre est la Vérité »
Voici donc un lieu commun qui montre une méconnaissance du problème. Le Christianisme est la religion du Christ et non la religion du livre. L’analyse critique et scientifique du livre a été faite depuis longtemps et continue encore. Ce livre contient les témoignages de personnes qui ont découvert l’amour de Dieu et cela peut aider ceux qui découvrent les signes de l’existence de Dieu aujourd’hui. Quel livre de science peut répondre aujourd’hui aux questions qu’ils se posent sur Dieu ?
« Ceux là qui ont fait la renaissance, les grandes découvertes, la philosophie l’ont fait en dehors et parfois contre la religion »
Cela a parfois été vrai jusqu’à la Renaissance, mais cette époque est révolue. Aujourd’hui, les découvertes scientifiques ne sont plus incompatibles avec la foi. Au contraire, la science nous permet de mieux comprendre les textes de la Bible, mais elle est incapable de nous parler de Dieu ou de nous parler des signes que nous pouvons constater.
« Ce n’est pas la religion qui est importante »
C’est votre choix et il est respectable tant que cela reste un choix individuel et que tout le monde peut fixer ses propres priorités. Quand au management par la peur et l’ignorance, nous sommes en plein dedans, mais je ne vois pas les Chrétiens dans ce schéma. La politique actuelle est bien plus inspirée par l’occultisme franc-maçon que par le Christianisme.
@OMAR Gutenberg n’est arrivé qu’au XIVème siècle, donc les Evangiles ont été recopiés pendant 15 siècles, ce qui est la durée d’existence du Coran. Or nous savons que les Evangiles n’ont pas été déformés car nous disposons de versions du premier siècle, y compris en araméen qui était la langue du Christ pour l’Evangile de Matthieu. Il n’y a pas de divergences majeure entre les 4 évangiles alors qu’ils ont été créés dans des lieux et des contextes différents. Le fait d’avoir des versions écrite dans la langue originale nous permet de peaufiner encore les traductions.
Quand au rapport entre l’Islam et la science, ce n’est pas toujours simple. Il y a eu dans l’histoire de l’Islam des moments où la science a pu se développer et des moments d’obscurantisme, d’ailleurs comme pour les Chrétiens. J’estime que l’obscurantisme a pour objet principal le contrôle du pouvoir et est plus un effet du pouvoir que de la religion et seule la séparation du pouvoir et de la religion permet à la religion d’y échapper (mais pas au pouvoir).
Je m’intéresse beaucoup à la facture des instruments de musique et j’ai pu lire une traduction du manuscrit des frères Banû Mûsa sur les instruments de musique automatiques mus par l’hydraulique. Ce document a bien été écrit sous la domination musulmane à Byzance, mais le document n’est connu que par une copie sans les schémas, le document original ayant aussi été détruit par les Musulmans. J’ai eu l’occasion de reconstituer des schémas manquants en m’inspirant des travaux de Ctésibios d’Alexandrie au IIIème siècle avant notre ère. Cette filiation grecque est ainsi très importante dans le développement de la science des arabes. Sans le travail de Ctésibios, le travail des frères Banû Mûsa était impossible. Il n’est pas possible d’affirmer que les recherches des Grecs étaient en fait des recherches faites beaucoup plus tard par les Musulmans, car les travaux de Ctésibios étaient connus à Rome au premier siècle et il y a de nombreux témoignages.
Par ailleurs, quelques scientifiques comme le Dr Bechir Gorki ou le Dr Maurice Bucaille ont affirmé que le Coran contenait des affirmations scientifiques qui ne pouvaient pas être connues à l’époque, mais une analyse simple montre que cela ne tient pas.
« ceux qui, par milliers, embrassent l’Islam » Effectivement, ce mouvement existe, je le nierai pas, mais personnellement, je ne tirerai pas de fierté de la qualité de la foi de ces nouvelles recrues. Je connais personnellement 2 cas. Le premier, c’était une obligation pour pouvoir se marier (où est la liberté religieuse ?) et le deuxième est déjà revenu vers l’Eglise Catholique.
Il n’est pas nécessaire de connaître le Coran et l’Islam pour se convertir, les déconvenues arrivent plus tard alors que pour devenir Catholique, il est demandé 2 ans de formation et de discernement, ce qui permet de tester la qualité de la foi des postulants, le baptême n’étant pas toujours proposé à la fin.
L’Islam peut trouver sa place en France, mais ne peut pas se développer, car chez nous l’analyse critique est culturellement bien développée. Cette capacité à analyser se tourne depuis peu vers les fondement de l’Islam et ce que l’on découvre pourrait bien remettre votre propre foi en cause si vous ne réfléchissez pas plus loin que par l’acceptation simple de la tradition.
Aujourd’hui, les musulmans qui se tournent vers le Christianisme sont également des milliers, beaucoup se cachent pour ne pas faire face à la répression, mais pas tous. Il y a suffisamment de témoignages sur Youtube pour vous faire une idée.
A ces conversions en France, il faut ajouter les conversions des Kabyles en Algérie qui sont également des milliers. Il y a peut-être aussi pour les Kabyles une réaction à l’envahisseur arabe, ceux-ci sont restés nettement plus longtemps que les colonisateurs français...
Toujours est-il que malgré les menaces, l’Islam commence à reculer sur ses propres terres. Il faut sans doute aussi y voir un effet de la radicalisation d’une partie du monde islamique qui n’est pas suivie par une majorité de la population. Plus je m’intéresse à L’Islam, plus je pense qu’il n’est pas possible de résister au radicalisme en restant Musulman. Tout ce qui est en rapport avec la tolérance et la non violence est situé dans quelques recueils de Hadith et dans la tradition. Le Coran ne montre que de la violence au premier degré, surtout avec la doctrine de l’abrogation. Dans ces conditions, il n’est guère facile de faire une réponse théologique au radicalisme.
En fait, pour progresser, il faut ramener toutes les paroles du Coran dans le contexte où elles ont été prononcées. Beaucoup de ces paroles sont des commentaires à mettre en face de situations décrites dans la Bible. Le problèmes est que les références bibliques n’apparaissent pas dans le Coran et la contextualisation est difficile à faire, mais cette approche change radicalement l’interprétation que l’on peut faire du Coran. Il est nécessaire que les Musulmans s’emparent eux-même de ce travail pour rester crédibles.