@pemile Je pense que nous ne parlons pas de la même chose. Bien évidemment, l’empathie des parents pour leurs enfants est naturelle mais ne résulte pas d’une démarche consciente et volontaire. Elle est nécessaire pour le développement de l’enfant et peut s’étendre au groupe mais jamais aux personnes qui sont dans des situations de concurrence ou de conflit.
Le changement ici est de développer volontairement cette empathie sans aucune condition vers la totalité de la race humaine, y compris pour ceux avec qui nous n’avons aucune relation, voire avec ceux qui nous font du mal (lire, par exemple, l’évangile de Matthieu, chapitre 5 à 7).
« L’athéisme n’est pas une conclusion, c’est un point de départ ! »
Que peut être une société sans Dieu ? Si l’homme ne place rien au-dessus de lui, il peut tout se permettre pour répondre à ses envies. Il s’agit donc d’une société ultra-violente où la loi du plus fort règne en maître. Quelle différence par rapport à notre société ? Pas grand chose, sans doute. Mais ce « pas grand chose » mérite tout de même d’être examiné de plus prêt. Qu’est-ce qui a pu faire que quelques humains s’intéressent à des plus faibles qu’eux et les respectent comme s’il s’agissait d’eux-même ? Qu’est-ce qui a pu faire que des hommes se comportent à ce sujet de manière différente que toutes les autres espèces animales ?
L’idée qu’il y a quelque chose de transcendant au dessus de nous est une idée très ancienne, probablement aussi ancienne que l’humanité. L’idée que cette « chose » puisse nous pousser à un comportement bienveillant vis-à-vis du reste de l’humanité est sans doute beaucoup plus récente et n’est pas née d’un coup.
Même pour quelqu’un qui n’est ni Juif, ni Chrétien, ni Musulman, la Bible reste un texte intéressant à lire pour comprendre comment cette idée de transcendance a fait son chemin dans l’humanité. Dans la Bible, la connaissance scientifique est celle de son époque et les faits historiques sont souvent falsifiés par les auteurs et rien que cela doit nous permettre de comprendre que la Bible n’est pas une transcription directe de la parole de Dieu. Mais on peut y comprendre comment l’homme a interprété au cours des siècle et sur le territoire de Canaan cette idée de transcendance, comment a évolué l’idée d’un Dieu amoureux de l’humanité qui cherche a attirer toute l’humanité dans cet amour.
Les textes religieux sont pleins de pièges. Chaque fois que l’on fait mention dans un texte de Dieu, du Christ ou de Mohammad, rien ne prouve qu’il ne s’agit pas d’une falsification. Dire que tout est falsification est certainement aussi prétentieux que d’affirmer que tout est vrai.
Nous devons donc faire notre chemin nous même, en respectant les autres chemins, car nous ne connaîtrons complètement la vérité qu’après notre mort.
La science d’aujourd’hui peut aussi être une aide, même si elle n’est d’aucun secours pour examiner la nature de la transcendance. Elle nous permet d’examiner les textes, de comprendre l’évolution des idées en mettant tous les textes connus, y compris non religieux, face à face. Nous ne devons jamais avoir peur de ce que la science peut nous révéler, tout en restant conscient de ses limites.
Pour la transcendance, nous restons seuls face à cette idée. La Bible et les Evangiles nous disent que Dieu ou le Christ sont accessibles personnellement et nous encouragent à en faire l’expérience. Le Coran, bien que postérieur est plus ambigu sur ce sujet. La nature de Dieu est révélé à Mohammad, mais celui-ci n’en dit rien d’autre que « Il n’y a de Dieu que Dieu ». Cela n’a pas empêché des Musulmans de faire cette expérience de la transcendance et de nous laisser des témoignages (Al Halladj, par exemple).
Tant que des Grecs possèdent encore quelque chose, les créanciers n’ont pas à s’inquiéter. Et ce n’est pas parce que ce n’est pas gagé, qu’il ne le récupèreront pas. Il suffit de monter les impôts fonciers à un niveau insoutenable pour que tout soit bradé.
On peut parler d’un modèle grec, car ce qui s’y passe se passera aussi dans les autres pays, Allemagne comprise.
Le coupable est la création monétaire par la dette. Pour qu’un Euro circule, il faut que la banque mette une dette en face en contrepartie. Les billets imprimés par la banque centrale sont devenus largement minoritaire dans la circulation monétaire et de toutes façons, ils sont imprimés sans contrepartie ; leur valeur dépend uniquement de la confiance que l’on peut avoir dans le remboursement de la dette (on peut d’ailleurs se demander au passage à quoi sert la banque centrale).
La monnaie peut donc circuler grâce à la dette, mais cette circulation est détruite lors du remboursement de cette dette. Le problème aujourd’hui, ce sont les fuites d’un système pas très étanche. Logiquement, il devrait circuler autant de monnaie qu’il y a de dettes à rembourser, mais dans les faits, il n’en circule pas la moitié. Le reste à disparu : déficit du commerce extérieur, prélèvement des intérêts, paradis fiscaux... Ce qui veut dire qu’il ne circulera plus rien avant que nous n’ayons remboursé la moitié des dettes. Cherchez l’erreur.
La solution passe par le changement de contreparties à la circulation monétaire. Il serait possible de gager notre avenir en créant la monnaie dans les fonds propres des projets de création de richesse. Cette monnaie ne serait pas remboursée avant que le projet ne devienne rentable et il n’y a pas besoin de verser des intérêts. Ainsi la monnaie circule aussi longtemps que nécessaire au développement économique.
@philouie « Dieu étant immuable, rien de nos actes ne peuvent lui faire plaisir ou déplaisir »
Dieu ne se révèle pas dans le Coran, mais vous savez tout de même qui est Dieu ! Comment faites-vous ? Peut-on lui associer la notion de plaisir ?
En fait, on peut se poser la question de l’utilisation du verbe aimer dans le Coran. Celui-ci est utilisé pour indiquer que appréciation, comme quand je dit que je préfère la couleur bleue. Est-ce que cela pourrait sous entendre une notion de plaisir ? Où est-ce l’utilisation d’une langue humaine qui crée une approximation ?
« Si l’on s’interroge sur la question de l’amour, on voit que le problème est celui de l’altruisme et de l’égotisme, c’est à dire du narcissisme »
On peut associer altruisme au mot grec « Agapè » et égotisme ou narcissisme à « Eros », mais il me semble qu’il n’y a pas de vraie équivalence pour l’altruisme parce que l’altruisme peut se pratiquer sans amour pour des raisons de construction religieuse ou philosophique.
« la Volonté Divine qui veut le Bien pour chacune de Ses créatures » Comment définir le Bien ? La santé, la richesse ? En est-on si sûr ?
Pour les Chrétiens, la seule fin possible pour Dieu est le salut par l’Amour et non par la loi. Il me semble que pour un Chrétien, le Bien doit se définir dans cette perspective.
« ce que les chrétiens nomment le péché originel »
J’ai personnellement une définition tout à fait différente du péché originel. Pour moi, la découverte de l’existence Dieu ne peut constituer un péché en soi, car Dieu pouvait ne pas se révéler. Mais cette découverte entraîne l’idée qu’il y a des limites à notre toute puissance. La transgression des limites constitue le péché. Le péché originel est à l’origine du péché, mais n’est pas un péché.
« Ainsi l’aumône ne consiste pas seulement à donner mais consiste aussi à se détacher de son bien »
Cette idée de détachement est plus bouddhiste que Chrétienne. L’amour n’est pas le détachement. L’argent n’est qu’un outil qui doit être utilisé avec discernement. Si un détachement doit avoir lieu, c’est sans doute de tout ce qui éloigne de l’amour : égoïsme...
« sauf que Saint Paul met la charrue avant les bœufs, l’amour n’est pas quelque chose qui se décrète, qui se commande, c’est quelque chose qui nait de lui-même lorsque l’attachement disparait »
St Paul ne met pas la charrue avant les bœufs. L’amour ne se décrète peut-être pas, mais c’est la condition du salut et nous disposons des outil pour le trouver. Donc faire la Charité sans l’amour n’a pas de sens pour les Chrétiens. Le Christ est prêt à nous inonder d’amour si nous lui demandons avec sincérité. Il peut aussi mettre des conditions (du genre vider nos placards de leurs cadavres ou se réconcilier), mais dans ce cas il peut être explicite. Il n’aime pas beaucoup les démons, donc si vous pratiquez la magie, la voyance, le magnétisme... il vaut mieux se débarrasser de ça, mais il peut aider.
Vous n’arrivez pas à placer la loi après l’amour parce que c’est contraire à tout ce qu’on vous a enseigné. Nous touchons du doigt l’originalité et la spécificité profonde du Christianisme, mais c’est aussi ce qui fait le gouffre entre l’Islam et le Christianisme. Pour un Chrétien, l’amour est naturel, d’autant plus que la seule loi connu est une demande d’amour. Cette loi englobe toutes les autres dans la mesure où l’amour implique un comportement respectueux et que cet amour n’est pas limité à un groupe restreint de personnes.
@philouie Intéressante et belle théologie de l’amour, mais avec une vision assez différente de la vision chrétienne.
Pour les Chrétiens, l’amour et la miséricorde passe avant la loi et de toutes façons, la seule loi est un commandement à aimer. Si Dieu aime toute l’humanité, il pardonne à tous. Et s’il pardonne, le jugement n’a pas de sens. En fait de jugement, c’est nous qui acceptons ou refusons l’amour de Dieu. Si nous n’avons pas été capable d’aimer sur cette terre, comment allons nous accepter l’amour de Dieu dans une autre vie ? Si notre cœur est plein de haine, ne pouvons-nous faire autrement que de haïr Dieu et nous exclure nous-même du salut ? Pour les Chrétiens, le salut est proposé à tous, quel que soit sa religion. Seule notre capacité à aimer peut faire la différence.
La spiritualité Chrétienne est tournée vers l’amour. Cet amour nous permet d’approcher le Christ, nous soutient dans nos gestes quotidiens d’amour et nous prépare à faire le choix de l’amour le moment venu.
« il nous commande de faire l’aumône »
De même, pour les Chrétiens, l’amour passe avant l’aumône. Quand on aime quelqu’un, on fait tout ce qu’on peut faire pour l’aider. Il ne s’agit pas forcément d’un don en argent, le soutien peut trouver toute forme que l’on juge appropriée face à la situation. Mère Theresa n’avait pas d’argent, mais ce qu’elle a donné avait infiniment plus de valeur. Il faut penser la pauvreté au sens des Béatitudes (Matthieu 5, 1-11), les formes de pauvreté sont multiples.
"Quel père parmi vous, quand son fils lui demande un poisson, lui donnera un serpent au lieu du poisson ?ou lui donnera un scorpion quand il demande un œuf ? » (Luc 11, 11-12)