@Fifi Brind_acier 1) Le retour au Franc n’est intéressant que si on change ses règles de fonctionnement. Les règles du Franc ont été progressivement modifiées depuis 1973 pour s’approcher progressivement du Mark qui est devenu l’Euro ensuite. Donc un retour au Franc sans changement des règles de permettrait pas la diminution de la dette. Le seul avantage est sur l’ajustement du taux de change à notre économie, mais ce n’est plus suffisant.
2) Je ne considère pas Jacques Sapir comme un économiste pertinent. Je me suis déjà exprimé sur son blog, mais il n’a pas répondu... En France, je préfère largement Gaël Giraud ou Steve Keen au Royaume Uni/Australie.
3) je n’ai rien dit sur la constitution de la dette publique. J’ajouterai que non seulement l’Etat empruntait à 0%, mais aussi que certaines dettes n’ont jamais vraiment été remboursées avant 1973. Cela ne pose pas de problèmes si la monnaie est utilisée pour augmenter la richesse publique (création de centrale nucléaires, Airbus...) car dans ce cas la contrepartie existe, mais les cadeaux aux électeurs créent inexorablement de l’inflation.
4) sur le rôle des intérêts, je suis OK mais j’ajouterai que le remboursement rapide au rythme de la banque sans attendre les retours sur investissement crée également des manques de monnaie préjudiciables au bon fonctionnement de l’économie.
5) les réformes imposées sont simplement la constatation du fait que le monde appartient à ceux qui possèdent la dette. La réforme de la monnaie doit passer avant n’importe quel changement dans les institutions, sinon cela ne servirait à rien.
@Ar zen Je suis allé voir le site de l’initiative, mais il me semble qu’il y a une confusion entre émission monétaire (les billets) et création monétaire (monnaie scripturale). Il s’agit bien de deux choses différentes. La création monétaire par la banque centrale peut se faire sans contrepartie car cette monnaie n’est pas réellement utilisée, sauf pour les quelques billets qui circulent encore. On peut dire que l’émission est régulée par la création. La création se fait avec une contrepartie qui est aujourd’hui la dette. Le problème n’est pas le fait que la création est faite par les banques, le problème vient de la contrepartie qui n’est constituée que de dettes et de plus ces dettes n’appartiennent qu’à des financiers. Pour chaque Euro qui circule, il y a un Euro de dette et dans les faits, les fuites ont fait que les dettes sont plus deux fois supérieures à la quantité de monnaie qui circule. Le remboursement est impossible.
Dans la présentation de la réforme, on ne comprend pas si on demande :
1) à la Banque Centrale de reprendre le rôle des banques, mais pour que cela fonctionne, il faudra que tout le monde ait un compte à la banque centrale avec le risque de faillite de la banque centrale ou
2) si la création monétaire est supprimée au profit de la seule émission. Dans la deuxième solution, il faudra mettre en place des contreparties à l’émission comme au temps des monnaies basées sur l’or et on retourne à la bonne vielle époque du troc. Le système des réserves fractionnaires existe tout de même depuis très longtemps, les assignats sous Louis XV sont un bel exemple de faillite avant l’invention de la création monétaire. S’il n’y a pas de réserves fractionnaires (il existe autant d’or à la banque que de monnaie en circulation), le système poussera les utilisateurs à garder cette monnaie et à ne jamais la faire circuler. Cela ne sera sans doute pas optimal.
Le vrai problème des monnaies reste la contrepartie de la création. Nous avons besoin de mettre en place des richesses qui nous appartiennent et non des dettes qui appartiennent à des financiers. Nous pourrions également faire une anticipation sur notre futur en créant de la monnaie en investissement sur les fonds propres de l’Etat ou des entreprises. Le cycle de circulation monétaire est ainsi mieux adapté au cycle de création de richesses. Ainsi, si vous investissez dans une école, la monnaie peut circuler jusqu’à ce que les élèves devenus adultes commencent à payer des impôts.
Il existe un autre problème avec la monnaie, c’est le tabou autour de son fonctionnement. Ce n’est jamais enseigné dans les écoles de commerce, à Dauphine, à Sciences-po ou à l’ENA à part quelques banalité complètement fausses comme la neutralité de la monnaie. Dans ces conditions, réformer son fonctionnement est un tour de force.
@Neymare « Le concept de Dieu est un concept purement humain »
Ce point de vue respectable qui est le votre n’est pas forcément partagé. Vous pensez que Dieu n’existe pas parce que vous n’avez observé aucun phénomène sensible. Or la Bible, entre autres, est remplie de témoignages de l’existence de Dieu ou des esprits. Cela ne prouve rien en soi, mais la spiritualité, c’est faire sa propre expérience. Si vous ne cherchez rien, il n’y a peu de chances que vous trouviez quelque chose, mais vous ne pouvez pas conclure dans un sens ou dans l’autre. Les spirites font appel aux esprits et cela fonctionne suffisamment pour que vous puissiez en être impressionné. Si vous cherchez Dieu, il y a des lieux et des moments privilégiés, mais cela peut être encore plus impressionnant qu’avec les esprits (les deux approches s’excluent mutuellement). Dans tous les cas, vous ne pouvez rien démontrer, mais si Dieu s’adresse directement à vous, vous saurez de manière certaine que c’est lui. De même pour les esprits, ils peuvent également guérir, mais les informations qu’il peuvent donner contiennent une part de mensonge - faites le tri et faites attention aux contreparties. L’expérience de Dieu peut être suffisamment forte pour que notre personnalité s’en trouve modifiée (en bien, plus d’attention aux autres, plus de sourires).
@Ar zen Je ne met pas les priorités dans le même sens. Si nous gagnons le référendum d’initiative populaire, je ne doute pas un instant que ceux qui possèdent le pouvoir actuellement vont faire pression pour que les choses aillent dans leur sens. Il faut donc commencer par leur couper leurs moyens.
Comptez donc les personnes qui en France sont conscients de la relation entre la variation de la dette et le chômage de masse. Le sujet n’est jamais abordé au journal de 20h. Ce chômage est une vraie arme de destruction massive qui peut être utilisée pour faire pression. La peur reste le premier moyen de contrôler la population et on nous annonce tous les jours des catastrophes futures.
Pour revenir sur le référendum suisse sur la monnaie, je ne crois pas vraiment dans ce projet. Revenir au troc, c’est oublier la capacité d’une monnaie à créer la richesse. La monnaie scripturale actuelle est une erreur, mais cela n’empêche pas que, organisée autrement, cette monnaie peut être un véritable outil de création de notre avenir. La monnaie pleine disposera d’un rendement plus faible que les autres monnaies et disparaitra. Il manque donc une phase de maturation des projets complexes dans le système suisse. Il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain...