@franc Oui, vous avez sans doute raison, mais si vous ne pouvez appréhender directement le Dieu tout court, les livres peuvent aider à comprendre. Bien sûr, l’humain n’ayant jamais réussi à comprendre complètement ce Dieu tout court, les récits des livres sont incomplets, partiellement faux... mais l’idée que nous nous faisons de Dieu progresse grâce à l’accumulation des témoignages et nous n’en parlons plus de la même manière entre l’antiquité et notre époque. S’il n’y avait pas les livres pour nous donner un état de la pensée à un moment donné, nous en serions toujours à la pensée des hommes préhistoriques. Les livres font progresser l’humanité, quel que soit le domaine abordé mais nous devons les lire avec notre esprit critique et ajouter notre pierre à l’édifice. Le domaine de l’existence de Dieu, par définition non démontrable, ne peut être traité qu’au niveau individuel.
@pemile « Mais de toute façon la responsabilité est toujours à postériori, non ? »
Il me semble que l’être humain est capable de faire une anticipation et peut comprendre à l’avance les conséquences de ses actes. Les décisions avant l’action sont basées en principe sur cette anticipation et il ne peut y avoir une exonération a posteriori sauf lorsque l’on détecte une altération de la conscience, mais ces situations sont exceptionnelles. Les tribunaux ne décident que rarement de l’internement psychiatrique. Les condamnations par les tribunaux attestent le reste du temps que les condamnés auraient pu faire des choix différents.
@pemile « Les conflits sont la plupart du temps à un autre niveau d’organisation, du groupe, de la société »
On ne peut pas rejeter sa propre responsabilité sur les autres. Chaque situation de conflit est souvent la résultante d’un enchaînement déplorable de décisions, mais chaque décision est prise par un individu avec sa propre responsabilité.
« C’est une hypothèse à étudier, non »
A étudier, très certainement. Mais il me semble que vous avez une approche où la responsabilité individuelle n’existe plus. Nous serions ainsi le jouet de notre chimie interne et donc sans autonomie.
Henri Laborit travaille sur des dysfonctionnement, il ne me semble pas que ses travaux puissent être étendus à l’ensemble de la population. Il y a effectivement des différences dans le fonctionnement du cerveau de chacun, ce qui nous rend tous différents, mais de là à nous rendre irresponsables, il y a un pas à franchir.
Cette idée d’irresponsabilité était largement répandue chez les philosophes dans les années 80, mais aujourd’hui, j’ai l’impression que cette pensée a bien évolué sous l’influence des sciences expérimentales.
@Mohamed Takadoum (alias Bouliq). « Quiconque tue intentionnellement un croyant«
« Allah ne vous défend pas d’être bienfaisants et équitables envers ceux qui ne vous ont pas combattus et ne vous ont pas chassés de vos demeures »
Vous touchez du doigt une différence essentielle entre l’enseignement du Christ et celui de Muḥammad. Le Christ n’a pas limité les personnes à qui nous devons faire du bien à une catégorie particulière alors que le Coran limite cette possibilité aux croyants ou à ceux qui ne vous ont pas fait de tort (quelle est la bonne catégorie ?). Avec le développement d’un sentiment de victimisation, les limites d’un tel système peuvent se montrer complètement fausses. Et si Allah n’intervient pas dans nos vies, comment savoir ? La soumission du Musulman peut faciliter le développement de ce sentiment de victimisation. La notion de soumission n’existe pas dans le Christianisme ; selon l’enseignement du Christ, les hommes sont libres mais entièrement responsables de leurs choix et de leurs actes devant Dieu. On peut donc ne pas croire en Dieu et être sauvé alors qu’un Chrétien ne le sera pas à cause de ses choix personnels.
« Maintenant pour les Sourates du Coran édictées en temps de guerre »
Votre approche est intéressante, car elle ne suppose pas un Coran apporté à Muḥammad par l’archange Gabriel alors que cette idée est supportée par quelques traditions de l’Islam. Elle ne supporte pas non plus la doctrine de l’abrogation qui suppose qu’en cas d’incohérence entre deux verset, le plus récent l’emporte. Or les versets supposés les plus récents sont aussi les plus violents. La contextualisation permet une meilleure approche du texte qui ne reste pas simple à comprendre.
@pemile Si c’était réellement le cas, les conflits n’existeraient pas, à moins que vous considériez que la moitié de la population est sociopathe. Les conflits sont partout. Il n’y a pas que les guerres, il y a les conflits au travail, en famille, un couple sur deux divorce...
Supposez que vous croisiez sur votre chemin une personne malade, allongée sur le trottoir et qui baigne dans ses déjections. La plupart du temps, on se bouche le nez et on regarde ailleurs. Au mieux, on appelle la police ou les pompiers, pour qu’ils traitent eux-même le problème de sécurité ou de salubrité.
Ce comportement, bien que naturel, n’est pas le comportement attendu par le Dieu de la Bible. Mère Theresa nous a montré ce que ce Dieu attend de nous. Et pourtant Mère Theresa n’a rien d’exceptionnel, mais à partir du moment où elle a pensé que son projet était d’aider cette personne, elle a trouvé la force et les moyens de le faire. Elle a aussi donné cette force à d’autres personnes qui ont suivi cet exemple.