@Pierre Régnier Sur la violence, les Chrétiens et les Juifs disent la même chose que votre psychanalyste : Chaque personne est individuellement responsable de sa propre violence. Il ne peut y avoir d’excuse collective. La France étant un pays de droit, il est de votre devoir de dénoncer les incitations à la violence devant les tribunaux, d’où qu’elles viennent. C’est tout de même préférable pour l’équilibre du débat que de le faire dans un opuscule.
Pour les Musulmans, c’est un peu plus complexe.
Le Coran fait bien la promotion de l’inversion des valeurs pour les croyants (s47,1-3), mais une majorité de Musulmans ne suivent pas le Coran sur ce point et préfèrent la version du psychanalyste, donnant finalement plus de valeur à une loi naturelle qu’à une loi en principe dictée par Dieu. Donc, même si on peut regretter le Coran, nous ne pouvons pas tenir rigueur de cette violence à une majorité des Musulmans.
Pour info, le début de la sourate 47 (Muḥammad) peut se traduire ainsi :
« 1 Ceux qui recouvrent (kafarû) et éloignent du chemin de Dieu,
il [Dieu] égare leurs actions.
2 Ceux qui croient et font des œuvres pies, et qui croient en ce qui est descendu sur Muḥammad et cela est la vérité de la part de leur Seigneur,
Il couvre (kaffara, forme intensive ; hébreu pi‘el : couvrir le visage de quelqu’un, absoudre) leurs mauvaises actions et réforme leur pensée.
3 Certes, ceux qui recouvrent suivent le faux, tandis que ceux qui croient suivent la vérité de la part de leur Seigneur. »
D’une religion, sans doute pas, mais d’une idéologie, beaucoup plus certainement. Pour qu’il y ait un dévoiement du sens des valeurs, il faut un combat pour un monde meilleur alors que le monde actuel est détruit par des forces du mal. Le maoïsme, le stalinisme ou le nazisme procédaient de cette manière. Pour atteindre la société promise, il fallait détruire par n’importe quel procédé tous les obstacles qui empêchent son avènement. Que ce soit des capitalistes, des Juifs ou des kouffar, l’ennemi est désigné et leur destruction justifie tous les maux. Qu’on lise Le Capital, Le Petit Livre Rouge ou Mein Kampf, tout y est écrit. Le Coran y joue ici le même rôle. Une lecture littérale montre bien que tuer les infidèles est même un moyen de gagner le paradis. La purification du monde est une des conditions du retour du Messie et tout ce qui peut l’accélérer peut être compris comme un bienfait. Des Musulmans en font une autre lecture, mais c’est pourtant bien écrit. Le monde attend des Musulmans qu’il fassent une réponse théologique mais celle-ci ne vient pas.
La sacralisation du Coran est un problème qui n’existe pas sur la Bible et les Evangiles. La lecture critique est faite depuis longtemps par les Juifs et les Chrétiens non intégristes, ce qui limite largement l’influence des intégristes. Si les Musulmans ne prennent pas en compte cette analyse, d’autres le font sans se soucier des conséquences pour l’Islam. La recherche scientifique sur les sources de l’Islam est maintenant bien avancée et les résultats sont potentiellement destructeurs. Cela peut d’ailleurs être une des raisons non exprimées du déchaînement actuel. Il me semble que les Musulmans pourront retrouver dans ces sources un chemin vers Dieu et c’est le plus important, mais probablement sans le Coran ni Muḥammad.
@Pierre Régnier Je crois que nous n’arriverons jamais à nous comprendre...
Ce qui tue, ce sont les systèmes idéologiques et certaines religions sont des systèmes idéologiques. Les religions qui ne sont pas des systèmes idéologiques ne tuent pas. Il n’y a pas de différence d’approche entre l’Islamisme politique et le maoïsme ou le nazisme.
Pour que cela fonctionne, tous les systèmes idéologiques sont messianistes, y compris le communisme ou le nazisme. ils promettent un avenir meilleur et cet avenir est compromis aujourd’hui par la présence du mal qu’il faut éradiquer. Dieu n’est même pas nécessaire pour obtenir cet avenir meilleur. Pour obtenir le bien, tous les moyens sont permis, y compris faire le mal. L’obtention d’un bien autorise un singulier renversement des valeurs, mais c’est justement la promesse de ce bien qui permet à un individu de tuer. C’est la base de tout système totalitaire qui fonctionne. L’islamiste tue de la même manière qu’un nazi ou un maoïste. Il n’a pas d’état d’âme.
D’une certaine manière, votre approche est idéologique : pour vous, le mal, c’est la religion que nous devons éradiquer pour que la violence cesse. La violence n’a pas attendu les religions pour exister. Elle est dans l’homme et les dernières recherches archéologiques montrent que la violence avec des massacres de groupes existait déjà bien avant les premières religions.
Mon explication ne fait abstraction de rien du tout. Elle reprend les éléments les plus récents publiés sur le sujet. Ces éléments sont dignes de foi, si l’on peut en juger par le fait qu’elles ont fait l’objet de plusieurs thèses de doctorat. Lisez donc entre autres la thèse d’Edouard-Marie Gallez (Le Messie et son prophète), le passage du judaïsme à l’Islam y est complètement détaillé avec la citation des sources. 1000 pages à lire tout de même. Plus facile à lire, mais moins précis sur les sources, le Grand secret de l’Islam.
Tout ce qui parle du Christ dans l’orient n’est pas forcément chrétien. Les Judéo-Nazaréens, en particulier, auraient un peu de mal à se faire considérer comme chrétiens, vu le contenu de leur théologie messianiste. D’ailleurs ils se présentaient comme Juifs. Beaucoup d’éléments de l’Islam se trouvaient déjà dans le Judéo-Nazaréisme. En particulier, ils affirmaient que Jésus n’avait pas été mis à mort, qu’il avait été substitué par Dieu et mis en réserve pour un retour futur. Ça ne vous rappelle rien ?
Le Coran est au départ une réécriture des prêches Judéo-Nazaréenne. Il a été compilé au moment de la rupture et beaucoup de versets du Coran doivent se comprendre comme une justification de l’opposition au Judaïsme.
Les Judéo-Nazaréens se considéraient comme Juifs purs, ils devaient donc respecter la Torah à la lettre, mais les arabes ont repris des éléments de la Torah sans forcément tout reprendre au moment de la création de l’Islam : circoncision, impureté du porc... Il est possible que les Judéo-Nazaréens n’aient pas imposé un respect complet de la Torah à leur supplétifs arabes, mais la Torah faisait bien partie avec l’ijil de la bibliothèque musulmane des débuts. L’ijil (évangile) concerné n’est pas un des évangiles Chrétiens, mais l’évangile aux Judéo-Nazaréens, très librement inspiré de l’évangile de Matthieu en araméen. On en connaît pas le texte complet qui a été détruit par les Musulmans pour éviter les incohérences, mais des extraits significatifs ont été rapportés par des Chrétiens pour en souligner l’aspect hérétique.
Les Judéo-Nazaréens étaient installés dans le nord de la Syrie après la destruction du temple et de nombreux éléments situent là la création de l’Islam. L’écriture arabe utilisée est bien originaire du nord de la Syrie et non du sud de l’Arabie où était utilisée une écriture plus proche de l’écriture égyptienne. A la création tardive de La Mecque par la dynastie des Omeyyades, les noms de lieux autour de la Mecque ont été baptisés en reprenant les nom de lieux cités dans la vie de Muḥammad, ce qui veux dire qu’ils existent également en Syrie et on les a retrouvé. Le terme de Nazaréens dans le Coran s’adresse sans contestation possible aux Judéo-Nazaréens. Les Chrétiens n’utilisaient plus cette appellation dès le premier siècle et ce qui en est dit dans le Coran ne peut pas se rapporter aux Chrétiens.
Il existe beaucoup d’autres preuves de cette filiation, je vous laisse les découvrir vous-même.
Pour que le fascisme fonctionne, la mise en place d’une idéologie est nécessaire.
Chaque idéologie est basée sur un messianisme avec des lendemains qui chantent alors que le mal domine le monde. Cela était vrai pour le maoïsme, le communisme, le nazisme et plein d’autres noms en isme. Si aujourd’hui, cela ne chante pas déjà, c’est qu’il existe des forces du mal qu’il faut détruire par une purification rituelle. L’écologisme est donc l’idéologie qui pourra être utilisée pour tenir le monde à sa merci. Si le climat se détraque, c’est qu’il y a plein de monde qui produit de cet infâme CO2. Le climat (dans tous les sens du terme) ne sera apaisé que lorsque l’on aura détruit toute la production humaine de CO2 (y compris notre propre respiration ?). Des personnes peu valorisées vont trouver dans ce travail de purification la justification de leur vie. Le bien est à venir et tous les moyens sont bons pour attendre ce bien. Il y a là un étonnant renversement des valeurs, mais c’est nécessaire pour la mise en place d’un système autoritaire.
Notre époque est gâtée, car nous devons faire face également à une autre idéologie bien plus mortifère : l’islamisme politique. Avec 13 à 14 siècles d’avance sur l’écologisme, l’Islamisme pourrait bien profiter de l’inexpérience de l’écologisme. Les hommes/femmes politiques, en bons apprentis sorciers, flattent ces deux « ismes » et ne semblent pas comprendre l’horreur qui pourrait en résulter.