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  • Pascal L 28 juin 2016 12:01

    @Pierre Régnier
    Non, l’Eglise ne mourra pas parce qu’elle reçoit sa vitalité directement du Christ. 

    « Quelques pharisiens, qui se trouvaient dans la foule, dirent à Jésus : « Maître, réprimande tes disciples ! » Mais il prit la parole en disant : « Je vous le dis : si eux se taisent, les pierres crieront. » (Luc 19, 39-40). Les Pharisiens étaient des messianistes comme les Musulmans aujourd’hui.

    Pour le chapitre 106 du catéchisme :
    « 106 Dieu a inspiré les auteurs humains des livres sacrés.  » En vue de composer ces livres sacrés, Dieu a choisi des hommes auxquels il eut recours dans le plein usage de leurs facultés et de leurs moyens, pour que, lui-même agissant en eux et par eux, ils missent par écrit, en vrais auteurs, tout ce qui était conforme à son désir, et cela seulement "
    Ce qu’il est écrit, c’est la conviction profonde que lorsque la Bible parle de Dieu, ce qu’elle enseigne est conforme à la volonté de Dieu. Ce qui ne veut pas dire un enseignement immuable, ni qu’elle ne se trompe pas sur d’autres sujets. Par exemple l’idée d’une vie après la mort n’est pas née en une fois, mais l’évolution de la pensée suit une progression cohérente. On peut noter aussi par exemple que l’idée de ne pas tuer son frère (Abel et Caïn) n’est pas née immédiatement après la découverte de Dieu.
     Il est également à noter que ce sont des hommes (en vrai auteurs, Dieu ne dicte rien) qui tiennent la plume et ils y mettent un peu d’eux même. Leur vision est conditionnée par ce qu’ils savent de la science et de l’histoire. Les vrais livres inspirés sont les Psaumes et les prophètes et malgré tout, les auteurs y mettent aussi un peu de la colère et de la violence qui est en eux, mais ce sont des hommes qui tiennent la plume. Nous pouvons aussi nous mettre en colère et nous ne pouvons juger les auteurs à partir de ce que nous savons maintenant. Les autres livres restent intéressant, car ils rapportent des mythes qui ont été fondateurs pour Israël. Il ne faut pas oublier que la guerre et son cortège de malheurs était une affaire très courante de cette époque et faisait partie de la vie.

    Pour le livre de Josué et la conquête d’Israël, nous savons maintenant qu’il s’agit d’un mythe et que cette conquête n’a jamais eu lieu. Les Israéliens étaient principalement des Cananéens déjà installés en Israël qu’il n’ont pas eu besoin de conquérir militairement. La foi s’est développé séparément dans le royaume du Nord (Samarie) et dans Juda au Sud. Le Judaïsme est né de la fusion de ces deux visions au VIIème siècle avant notre ère (réforme de Josias) par la mise au propre et la réécriture de la Torah. Tout ce qui précède ne peut être analysé sans essayer de comprendre l’époque et en recoupant avec les quelques sources historiques restantes. Josias se voyait déjà comme un grand roi, il a donc préparé le terrain pour justifier de futures conquêtes qu’il n’a jamais faites. Malheureusement ce livre sert de base à l’idée tout à fait actuelle d’un grand Israël.



  • Pascal L 27 juin 2016 21:25

    @Pierre Régnier
    Le catéchisme n’est pas l’enseignement du Christ qui est entièrement dans les Evangiles. Il représente un état des dogmes, mais ceux-ci ont beaucoup changé en 2000 ans et continueront leur évolution. J’avais lu ce document et je m’en suis débarrassé, le trouvant trop bureaucratique et Dieu ne peut être un bureaucrate. Mais si vous avez des références d’incitation à la violence, je veux bien en discuter, cela ne m’a pas frappé. Le catéchisme est aussi très en retard sur l’interprétation de l’histoire dans l’ancien testament qui a été complètement chamboulé par des chercheurs comme Israël Finkelstein. Le processus de décision dans l’Eglise Catholique est le consensus et il faudra beaucoup de temps pour intégrer les changements, mais cela se fera.

    De toutes façon, le Christianisme n’est pas une religion du livre, mais une religion du Christ. Celui-ci n’a pas arrêté son enseignement à sa mort ou à sa résurrection. Il donne sans cesse des signes de sa présence à ceux qui le prient. 

    La position de l’Eglise Catholique sur le dialogue avec l’Islam me parait naïve et bien impossible à tenir. On peut d’ailleurs voir de ces séances de dialogue sur Youtube qui ressemblent un peu trop à des monologues rhétoriques sans intérêt. Je crois au dialogue avec les Musulmans, mais je considère le dialogue avec l’Islam comme impossible. Il suffit de lire le Coran pour se rendre compte du problème. La violence y est inscrite en toutes lettres, la destruction du Christianisme est un objectif incontournable, même si certains Musulmans comme les soufis refusent de lire le texte tel qu’il est écrit. La recherche de la vérité passe par la connaissance. Personne ne doit avoir peur de la vérité.


  • Pascal L 27 juin 2016 20:42

    @Antenor
    Pour les détails historiques, je vous renvoie vers la thèse d’Edouard-Marie Gallez (Le Messie et son prophète). Les Ebionites (les pauvres) sont un mouvement monastique des premiers siècles, mais l’appellation n’a pas dépassé le 4ème siècle. En fait, on ne connait pas réellement le contenu religieux des ébionites, sinon que pour les Chrétiens, il s’agissait d’une appellation vague qui regroupait toutes les hérésies. Le mouvement Judéo-Nazaréen est lui beaucoup plus connu. Ils s’agit de Juifs messianiques qui attendait un retour du Messie qui allait fonder un royaume terrestre à Jérusalem. Il fallait pour cela reconstruire le temple et donc reconquérir Jérusalem. Il n’étaient jamais revenus à Jérusalem depuis la destruction du temple et s’étaient réfugiés dans le nord de la Syrie.

    Au départ, ce groupe était constitué exclusivement de Juifs qui se considéraient comme purs, mais ils se sont rendus compte qu’avec l’aide des arabes, ils pouvaient attendre leur objectif de reconquête de Jérusalem. Ils ont donc essayé de convertir les arabes en les incluant dans leur plan de salut. Les prêches en araméens constituent d’ailleurs une bonne partie du Coran actuel.
    Muḥammad est un des chefs arabes conquis à cette nouvelle foi. Muḥammad a d’ailleurs essayé de conquérir Jérusalem vers 629 est s’est planté. La conquête aura lieu quelques années après la mort de Muḥammad vers 637. Les Judéo-Nazaréen se sont alors précipité vers le mont du Temple dans l’espoir de faire revenir le Christ et malheureusement pour eux, rien ne s’est passé. Les Arabes, qui avaient conquis le pouvoir ont donc décidé de se débarrasser des Judéo-Nazaréen devenus encombrant et ont réutilisé à leur compte l’espoir messianique, bien utile pour le contrôle du pouvoir. Ils ont donc réutilisé les textes Judéonazaréens en les modifiant et c’est ce qui est devenu le Coran (donc bien après la mort de Muḥammad). Jérusalem est devenu La Mecque, construite pour l’occasion en un lieu bien éloigné des Judéo-Nazaréen. Les lieux autour de la Mecque ont repris des appellations de lieux de Syrie pour maintenir la cohérence du texte. Le Coran s’est construit en plusieurs fois et il fallait détruire tous les textes plus anciens pour ne pas dévoiler les incohérences.
    Cela explique l’absence de sources du Coran avant le milieu du VIIIème siècle.
    La filiation directe entre les Judéo-Nazaréens et les Musulmans se déduit de la très grande proximité du contenu théologique. 
    Il y avait effectivement à cette époque de nombreux Arabes Chrétiens, mais plutôt dans le sud de l’Arabie et ceux-ci n’ont absolument pas été inquiétés dans un premier temps. La suppression de la foi Judéo-Nazaréenne a provoqué un transfert des textes concernant les Judéo-Nazaréens vers les Chrétiens pour garder la cohérence, mais le terme de Nazaréen n’a pu désigner des Chrétiens qu’au premier siècle, l’appellation ayant été abandonné par la suite pour éviter toute confusion, elle ne peut donc être comprise comme désignant des Chrétiens dans le Coran.


  • Pascal L 27 juin 2016 17:48

    @Pierre Régnier
    « déni de réalité interne au christianisme »


    Le Christianisme condamne toute forme de violence, même lorsqu’elle s’exerce vers des personnes qui sont violentes envers les Chrétiens.
    « Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent,  » (Evangile de Matthieu 5, 43-44) Qui peut s’affirmer disciple du Christ, s’il ne respecte pas ces préceptes ?
    C’est le messianisme qui est source de violences. Cela vaut autant pour l’Islam politique que pour le maoïsme ou le nazisme car toutes ces idéologies mettent en avant un avenir meilleur sur terre qu’il faut atteindre par tous les moyens. Chaque fois que la religion a été utilisée en politique, c’est toujours dans un but de manipulation des foules. Le Christianisme l’a été également à certains moment de l’histoire, mais ce n’est pas le fait de ceux qui suivent l’enseignement du Christ et le Christianisme prônant la liberté, il reste un mauvais outil de contrôle des foules. 
     Derrière chaque messianisme, il y a une volonté politique de contrôler le pouvoir. C’est cette volonté de pouvoir qui doit être combattue, et non la religion. Tous les Musulmans ne sont pas violents et l’Islam peut être pour quelques-uns un facteur d’équilibre que nous devons respecter.

    L’Islam a aujourd’hui bien des problèmes avec des faits historiques maintenant bien connus et c’est peut-être une source supplémentaire de violence pour ceux qui n’acceptent pas de faire une relecture des textes à la lumière de ces faits historiques. Les Chrétiens et les Juifs non fondamentalistes ont fait cette relecture sur la Bible (c.f. par exemple l’ouvrage d’Israël Finkelstein : « La Bible dévoilée »). La vérité grandit ceux qui la cherchent. Si les Musulmans cherchent Dieu avec sincérité, il est probable que celui-ci se laisse trouver.


  • Pascal L 27 juin 2016 16:37

    « un récit allégorique à sens caché »

    Nous sommes donc ici dans l’occultisme. Une religion fille du gnosticisme. Il est donc logique que cette foi s’oppose à L’Islam car ces deux hérésies du Judéochristianisme ont pris deux voies totalement opposées. 
    « Il existe fondamentalement et ne peut exister que deux dérivations du Judéochristianisme. Ceci ressort de leurs origines plus encore que de leur domaines respectifs, le mal présent dans l’homme pour l’une et le présent dans le monde pour l’autre » (Edouard-Marie GALLEZ dans « Le Messie et son prophète » - Ed. de Paris)

    Edouard-Marie GALLEZ est un « historien sérieux » qui ne peut parler que que de ce qui est connu par les textes et l’archéologie. 
    « pour montrer que l’homme Mahomet n’a jamais existé en tant qu’individu tel qu’on se l’imagine » Effectivement, il y a une grande distance entre le « Muḥammad » du Coran et celui de l’histoire, mais le « Muḥammad » de l’histoire est bien connu comme le personnage historique qui a été battu devant Jérusalem en 629 ou 630. Il n’est probablement pas le créateur de l’Islam, même s’il est probablement l’auteur de quelques sourates. L’Islam n’a pas pu être créé avant la conquête de Jérusalem par les arabes en 637 soit après la mort de Muḥammad, car c’est l’échec de l’espoir des Judéonazaréens d’un retour du Christ à Jérusalem qui a permis aux arabes de créer l’Islam en recentrant le messianisme sur La Mecque qui n’a été fondée qu’à l’époque des Omeyyades.
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