Votre point de vue est complètement imprégné par la culture Musulmane. Tout d’abord, on ne peut pas voir le monde Chrétien comme monolithique comme l’Islam n’est pas monolithique. Le Christianisme est lié à la liberté de croire ou non. Cette liberté conduit beaucoup d’Européens à ne pas croire. Les Chrétiens ne représentent en fait que 4 à 10% de la population, ce qui veut dire qu’ils ne sont pas très représentatifs et peu impliqués dans les violences que vous citez.
D’autre part le Dieu des Chrétiens est un Dieu rationnel, et la rationalité fait partie de la culture occidentale depuis la Grèce antique. Pour comprendre ce problème, il suffit d’examiner le mot « Miséricordieux ». Pour les Chrétiens cela représente un pardon inconditionnel accordé par Dieu, alors que pour les Musulmans, cela représente l’arbitraire de Dieu, celui-ci accorde son pardon à qui il veut et sa rationalité ne nous est pas accessible. Cette absence de rationalité se retrouve également dans la culture Musulmane. Un Musulman n’a que rarement confiance dans sa propre rationalité. Il va préférer se référer à la tradition et au Coran pour résoudre un problème, sauf pour les Iraniens qui revendiquent une part de la culture Grecque. L’absence de rationalité dans l’Islam fait que les interprétations sont innombrables et les disputes courantes. Ces disputes sont une des sources de la violence.
Par ailleurs, une deuxième source de violence est le messianisme dans les religions (l’espoir d’une vie meilleure). Cela permet de transformer la religion en une idéologie au même titre que le communisme, le maoïsme ou le nazisme. Cette transformation idéologique est dans le salafisme et dans toutes les traditions littéralistes mais ne touche pas toutes les formes de l’Islam.
Outre le messianisme, pour que cela fonctionne, il faut :
– Des ennemis désignés qui empêchent la réalisation de la promesse (ceux qui recouvrent, les Juifs et les Chrétiens). – Un livre à connaître par cœur qui contient le dogme (Le Coran). – Une obéissance absolue au dogme, seul chemin possible vers la rédemption (Islam signifie soumission). – Une inversion des notions de bien et de mal. Il est moral de détruire des ennemis pour permettre l’avénement de la promesse. L’individu ne porte plus la responsabilité de sa violence (sourate 47, 1-4) dans les lectures littéralistes du Coran.
La recherche du pouvoir est une troisième source violence. Des Musulmans affirment que le pouvoir est une création de Dieu et ne peut être mal, mais pour les Chrétiens, le pouvoir est associé à Satan (Luc 4, 5-6).
Je vois une quatrième source de violence dans les recherches scientifiques autour du proto-islam et en particulier des Judéo-Nazaréens. Les résultats de ces recherches ne sont pas tendres avec les dogmes de l’Islam et c’est au minimum une source d’inquiétudes pour les Musulmans. Cela fait plus d’un siècle que Chrétiens et Juifs comparent les textes religieux avec toutes les sources possibles et cela ne leur pose plus de problèmes.
Or, toutes ces sources de violence ne sont pas communes à l’ensemble des religions, loin de là.
Et pour finir, la violence aveugle n’a pas attendu la création des grandes religions. On a trouvé des traces archéologiques de massacres vieux de plus de 6000 ans.
@Mohammed MADJOUR « L’EUROPE NE MANQUERA JAMAIS D’ESCLAVES ! »
Ce problème est mondial et les esclaves sont recrutés dans tous les pays du monde, donc également en Europe et aux USA. Le problème est l’organisation de la monnaie ou la circulation monétaire ne peut se faire qu’en échange de dette. Ceux qui possèdent la dette possèdent le monde. Ce système est le meilleur système de prédation jamais inventé par l’homme, bien supérieur à l’esclavage et à la colonisation. Les pays qui ont la moins bonne gestion de la dette (corruption...) souffrent les premiers. Ceux qui ont mis ce système en place ne sont ni Chrétiens, ni Musulmans, juste adorateurs de la richesse et du pouvoir. On les trouve dans tous les pays du monde.
Pour l’organisation sociale et politique, je n’ai pas d’exemple de constitution en tête, mais on ne peut pas dire que les pays Musulmans ont manqués de formes d’organisation.
Le principal problème est l’absence de rationalité au sens où nous pouvons l’entendre dans les pays inspirés par la culture Grecque antique et par les lumières. Parmi les Pays Musulmans, L’Iran fait figure d’exception en revendiquant une part de l’héritage grec et de fait, la société civile est la plus sécularisée du monde Musulman, mais ce n’est pas un antidote à la violence.
L’absence de rationalité apparaît dans le Coran lui-même, où la rationalité de Dieu semble totalement inaccessible. La notion de miséricorde dans l’Islam n’a absolument rien à voir avec la notion judéo-Chrétienne. Dans l’Islam, elle exprime l’arbitraire de Dieu, alors que pour les Chrétiens, le pardon de Dieu est inconditionnel et Dieu se comporte de manière rationnelle. L’impossibilité de connaître les intentions de Dieu peut être une source de disputes et de violence entre Musulmans et la diversité des interprétations du Coran en témoigne. Le reste du monde n’y est pour rien.
A la limite, notre discussion ne peut pas trouver de point d’entente. Je me réfère toujours à ma propre rationalité pour trouver des réponses aux problèmes qui me sont posés, alors qu’un Musulman ne fera jamais confiance à sa propre rationalité. Il va toujours revenir à la tradition puis au texte même du Coran pour trouver les réponses. Les bases étant différentes, les conclusions que nous pouvons tirer sont forcément différentes.
@Mohammed MADJOUR J’ai une autre anecdote sur le sujet. Je connais une ex-Algérienne devenue Chrétienne et elle est parfois agressée verbalement dans la banlieue pleine de barbes et de voiles où j’habite. On lui dit : « Tu es une arabe, tu es Musulmane, tu dois porter le voile ! » Mais qui donc fait l’amalgame ?
Par ailleurs, l’arabe classique est la langue que tout Musulman doit utiliser pour réciter le Coran. Ce sont les Libanais et les Syriens qui parlent la langue la plus proche, ce qui est cohérent avec les origines de l’Islam.
@Mohammed MADJOUR Le sujet est assez complexe, mais on peut retrouver une explication dans les origines de l’islam.
Tout est parti de la foi des Judéo-Nazaréens qui sont des Juifs messianiques installés dans le nord de la Syrie au VIIème siècle. Ces Judéo-Nazaréens pensaient déjà que Jésus n’était pas mort, qu’il avait été substitué par Dieu juste avant son supplice et qu’il allait revenir pour fonder un royaume dont la capitale était Jérusalem. La dialectique Judéo-Nazaréenne jouait sur l’opposition entre les Juifs Rabbanites et les Chrétiens en affirmant que la vrai foi était celle d’Abraham, le père des Arabes par son fils Ismael. Les arabes n’ont jamais prétendu auparavant être des descendants d’Ismael. En tant que Juifs, les Judéo-Nazaréens ne pouvaient s’associer avec des non-Juifs, mais en partant de la foi d’Abraham cela devenait possible. Ils ont donc convaincu les arabes de s’associer pour conquérir Jérusalem, rétablir le temple et attendre le retour du Christ... qui n’est jamais revenu. L’Islam est né de cette déception par un recyclage de la foi de Judéo-Nazaréens et un recentrage sur La Mecque au lieu de Jérusalem. La conquête de Jérusalem ayant eu lieu vers 637, La constitution du Coran, l’établissement de l’Islam et la construction de La Mecque ne peuvent être que postérieurs à la mort de Muḥammad.
Par le centrage sur la foi d’Abraham, les Arabes font parti du peuple élu, du moins à l’origine. Les Chrétiens n’ont jamais eu cette prétention qui suppose un messianisme qui n’existe pas dans le Christianisme (« Ma royauté n’est pas de ce monde » Jean 18, 36) et pour qui le pouvoir temporel est associé à Satan (c.f. Luc 4, 5-6).
@Pierre Régnier Où donc est la réponse sur le fond ? N’avez-vous plus que des attaques ad hominem comme arguments ? Votre ego vous empêche-t-il d’examiner ce que je peux écrire ou n’avez-vous plus d’arguments issus de votre réflexion ? Etes-vous plus qu’une cymbale retentissante (1Co13) ?
N’y a-t-il pas mieux pour soutenir l’idée de la violence dans l’Église Catholique que cette page de dialectique salafiste que nous ne pouvons pas qualifier d’impartiale et dont vous souteniez il y a peu la violence ? Comment pouvez-vous défendre cette idée en utilisant la violence dans l’argumentation ? Seriez-vous un faux-nez du salafisme ?
Pourquoi ne dénoncez-vous pas les incitations à la violence devant un tribunal plutôt que par des écrits publics et violents ? Avez-vous peur du verdict ?