La dette, on n’a pas finit de la voir puisque toute la circulation monétaire en provient. Nous n’avons même plus assez d’Euros en circulation pour pouvoir rembourser.
Masse monétaire totale en circulation (M3) : 9785 Md€ (source Wikipedia 2013)
Dette publique européenne : 12095 MD€ (source Wikipedia 2013). et la dette privée n’est pas comprise dans le total !
@bakerstreet A la fin des années 50, le fonctionnement de la monnaie était fondamentalement différent du fonctionnement actuel.
A cette époque, les lignes de crédit accordées par la Banque de France à l‘Etat français n’étaient jamais remboursées… C’est parfaitement acceptable lorsque l’on fait un investissement qui va servir de contrepartie à l’émission monétaire. Mais des petits malins se sont aperçu que l’on pouvait aussi régler quantité d’autres dépenses comme par exemple des cadeaux aux électeurs. Cette partie là était malsaine et a entrainé le durcissement des règles de crédit. On est passé de 0% remboursé à 100% et ce 100% est encore plus dangereux que le 0% à cause du paiement des intérêts qui diminue la quantité de monnaie en circulation.
Tout est une question d’équilibre. Il n’est sans doute pas raisonnable de supprimer la circulation monétaire par le crédit, mais il est n’est également pas raisonnable de financer les investissements et la création de richesses par le crédit. La quantité de monnaie en circulation doit être un subtil équilibre entre la valeur des contre-parties, les besoins de création de richesse et une masse constante nécessaire au fonctionnement quotidien des institutions et des entreprises. Trop de monnaie et vous avez de l’inflation, pas assez de monnaie et vous avez les crises financières à répétition.
En fait, nous ne pouvons pas dire qu’il n’y a pas assez de monnaie, mais on peut dire qu’il n’y a pas assez de monnaie pour la création de richesse. Sans création de richesse, tout le système vit sur la prédation. Les plus faibles ont le plus à y perdre.
Dans un bon système, l’impôt est une manière de réduire la monnaie en circulation bien plus efficace que les taux d’intérêts et cela redonne à l’état la capacité de refaire de nouveaux investissements et donc de remettre de la monnaie en circulation à l’endroit où il est le plus utile. L’Etat a forcément un rôle a jouer dans la création de richesse parce qu’il est le représentant des citoyens et est sensé agir en leur nom. La monnaie ne doit pas être une propriété des banques ou des banques centrales. Elle doit être la propriété des utilisateurs donc des citoyens. Les banques centrales sont des banques privées, il est temps que les Etats redonnent aux citoyens ce qui leur appartient.
Dans le système actuel, il n’y a déjà plus assez de monnaie en circulation pour faire tourner l’économie et tout impôt réduit encore cette quantité de monnaie. L’état n’a donc pas d’autre solution que d’emprunter pour éviter le pire. On attendrait tout de même qu’il fasse le nécessaire pour modifier les règles de circulation monétaire, mais visiblement, cela ne l’effleure même pas. La logique de prédation est encore majoritaire dans tous les partis politiques sans exception.
Enfin, contrairement à ce que pensent les économistes néoclassique, la circulation monétaire doit être pensée de manière dynamique avec des cycles.
@oncle archibald Puisque vous dites que la vie à crédit est pourrie, comment comprendre que les mécanismes de circulation prévus pour l’Euro ne fassent appel qu’au crédit. Il n’y a pas d’autre moyen de faire circuler de la monnaie aujourd’hui. Les billets de 500€ imprimés par la BCE ne servent qu’à créer une masse initiale appelée M0 pour permettre aux banques de faire du crédit. Ces billets ne circulent pas, sinon pour les trafiquants de drogue et les porteurs de valise vers les paradis fiscaux. De toutes façon les paiements en liquide sont maintenant limités à 1000€.
Si l’état n’empruntait pas pour faire circuler de la monnaie, il n’y aurait plus de monnaie en circulation. Vous pensez que l’argent sur votre compte bancaire existe pour l’éternité, et bien c’est faux. Il y a toujours quelqu’un qui en paye les intérêts par le seul fait que cet argent est disponible. La monnaie qui préexistait avant la création de l’Euro a disparu depuis longtemps du fait de l’inflation et d’une balance du commerce extérieur déficitaire.
Aujourd’hui, il n’y a plus de mécanisme qui permet de créer la monnaie pour l’investissement en dehors du crédit. Ce qui signifie qu’un investissement doit être rentable dans les deux ans si on veut que cela soit viable. La plupart des investissements créateur d’emploi ont des cycles supérieurs à 10 ans. Pour sortir des crises à répétition, il faudrait mettre de l’argent permanent en circulation et l’investissement est un bon sujet pour cela par la contrevaleur qu’elle offre.
La dette de l’Etat est une conséquence du fonctionnement de la monnaie et non une cause.
Si vous voulez en savoir un peu plus sur la relation entre le chômage de masse et la variation du crédit, je vous conseille le livre de l’excellent économiste australien Steve Keen : « l’imposture économique »
J’adhère complètement l’analyse de l’auteur. C’est bien le mécanisme de création monétaire par la dette qui est à l’origine de nos problèmes et de la crise financière qui démarre en ce moment.
La quasi-totalité de la monnaie en circulation est bien créé par de la dette et des intérêts sont dus à ce titre. Le problème principal est que cette circulation monétaire ne crée pratiquement pas de richesse et les intérêts sont pris sur des richesses existantes.
Dans un pays qui est maître de son émission monétaire, la monnaie peut être émise pour créer de la richesse qui demande des cycles longs. La monnaie doit être émise de manière permanente etl’impôt vient ensuite prélever les sommes nécessaires pour compenser l’obsolescence, l’usure ainsi que le financement des travaux non créateurs de richesse. L’impôt doit être prélevé dans un deuxième temps, lorsque la richesse créée devient effective, ce qui peut prendre de nombreuses années.
Ainsi, si nous voulons augmenter le niveau du savoir, nous devons créer des écoles, embaucher et former les professeurs. Il faudra 25 à 30 ans avant que les élèves formés soient à leur tour créateur de richesse. Il doit être possible de faire une émission monétaire pour l’ensemble des travaux et des salaires, l’impôts étant prélevé à la fin du cycle. La masse monétaire qui circule est celle qui est nécessaire pour maintenir le niveau. Il faut l’augmenter par de nouvelles émissions si nous voulons encore augmenter le niveau des élèves.
Aujourd’hui, la masse monétaire en circulation n’est même plus suffisante pour maintenir le niveau des élèves. Il faudrait injecter de la monnaie, mais l’impôt n’est plus le moyen efficace, car pour toute somme d’impôt prélevé, il y a quelqu’un qui en paye les intérêts et ce n’est plus supportable, le cycle de remboursement est beaucoup plus court que le cycle de création du savoir.
Le vrai métier d’Über n’est pas le transport, mais l’exploitation des infos que lui fournissent les chauffeurs et les clients. Son modèle économique n’est donc pas très différent de celui de Google et n’est innovant qu’à la marge.
Il est évident que dans une coopérative, les chauffeurs auraient été copropriétaires de ces infos et le résultat aurait pu être différent.
La question qui se pose alors est : pourquoi personne n’a créé l’équivalent sous forme de coopérative ?
Je pense si quelqu’un a cette idée, il lui faut une bonne dose d’abnégation. La position de manager est particulièrement instable dans une coopérative : il peut se retrouver en minorité du jour au lendemain et cela signifie le chômage, il ne peut y avoir deux places de président et il n’est pas forcément chauffeur.
Il y a bien deux métiers principaux chez Über : les chauffeurs et les analystes qui travaillent sur les données. Deux populations qui ne se comprennent pas et qui finissent par se regarder en chien de faïence. De plus les analystes qui on tl’information sont salariés et les chauffeurs qui ne savent rien sont indépendants, ce qui fait que tout le monde se fait avoir.
Les coopératives fonctionnent beaucoup mieux lorsqu’il n’y a aucune innovation. Tout le monde comprend le métier et les postes de managers sont relativement interchangeables. C’est également visible dans le développement des logiciels libres. Il est assez simple de recopier un logiciel existant (OpenOffice vs. Office, Linux vs Unix…), mais beaucoup plus complexe de développer quelque chose de nouveau. Il faut une structure qui pérennise le développement de l’idée dans une seule direction et il faut que cette structure puisse financer ce développement.
Pour que personne ne se sente lésé, il faut beaucoup de transparence dans le processus.
Même avec de la transparence, la différence de métier entre un chauffeur et un analyste sont telles que je ne voit aucune structure satisfaisante. Des idées ?