Nous avons tous 2 parents, 4 grands-parents, ..., environ 1 million (2 puissance 20) d’ascendants à la 20ème génération : nous sommes tous frères mais nous avons aussi, inévitablement, quelques criminels parmi nos ancêtres.
@Jacques-Robert SIMON C’est très compréhensible que les chercheurs soient passionnés mais c’est aussi ça la hiérarchie : des métiers passionnants (souvent assez bien payés) et à l’inverse des gens qui travaillent à la chaîne ou qui font le ménage toute leur vie (en étant très mal payés, justement).
Je sais bien que ceux qui ont de très mauvais emplois ne peuvent pas faire de la recherche (même si je sais aussi que beaucoup de diplômés ne peuvent pas devenir chercheur et se retrouvent dans des banques ou des assurances à travailler sur l’implémentation de lois arbitraires et sans intérêt), mais si je crois en la spécialisation, je crois aussi que chacun devrait assumer une part du « fardeau » dans un système juste.
Un système non hiérarchique devrait se soucier de l’épanouissement de chacun et ne pas considérer que certains sont là pour faire toutes les tâches que d’autres ont bien trop de valeurs pour s’abaisser à faire. Finalement, si les inégalités monstrueuses de rémunération détruisent les libertés (corruption généralisée des décideurs officiels), le plus injuste, c’est encore les différences d’intérêt dans nos activités journalières. Certains métiers vident complètement toute énergie mentale et physique, et c’est assez facile de mal juger ces personnes après coup en considérant qu’elles ne font rien de leur temps libre, qu’elles n’ont donc pas de valeur et que leur triste affectation était bien méritée...
@titi Ce que je sais, c’est qu’un système où l’exploitation de l’homme par l’homme n’est pas permise ... n’intéresse pas les hommes. La motivation des hommes, elle vient de la possibilité de commander les autres pour son profit personnel (et c’est valable même pour les pauvres qui espèrent un jour « gagner de l’argent » facilement, avec des « combines », pour se faire servir par les autres une fois qu’ils auront « réussi »).
Donc, non, je n’ai aucune illusion sur ce monde-là, plus particulièrement sur ce que sont réellement les humains entre eux (des loups).
@titi Je suis intervenant extérieur dans un CFA. Je l’ai été pendant des années en université. Donc je sais comment ça se passe. Et c’est justement l’absence de chef, la recherche d’un compromis à tout pris, qui fait qu’il ne se passe rien.
Je pense que c’est le résultat de notre éducation passive, assis sur une chaise à attendre que les infos arrivent et que le programme soit déplié devant nous. Et c’est exactement cela que je critique (éducation qui ne rend pas autonome).
Il n’y a pas besoin de compromis sur tout. On peut choisir la couleur de sa propre boite au lettre, même en collectivité, qui a dit que l’uniformité était la meilleure solution ? Mais surtout, on est assez nombreux pour se répartir sur les projets qui nous intéressent, et qui peuvent être concurrents à l’occasion. Regardez ce qui se passe dans l’informatique libre : quand certains trouvent que ça part dans un mauvais sens, il duplique les sources au stade où ça leur convenait et créer un autre projet qui fédère ceux qui sont d’accord avec leur vision. Vous pouvez considérez que c’est un chef, mais c’est juste un projet qui est publié et pour lequel certaines personnes s’affectent d’elles-mêmes pour y participer. Si tous ceux qui s’y rattachent partagent la même vision, il n’y a pas réellement de chef qui impose quoi que ce soit, surtout si chacun peut à nouveau créer son projet concurrent si l’évolution ne leur convient plus.
Dans un monde libre, tous les procédés de fabrication et les projets seraient connus et publiés (aucun brevet), donc il n’y aurait pas ses cachotteries paralysantes qui font qu’on ne sait pas toujours comment faire certaines choses, avec qui collaborer, comment décomposer, vers quoi on évolue, etc...
Globalement, les compromis devraient se gérer par la liberté (chacun fait à sa sauce, on est assez nombreux pour ça). Seulement quand ça pose un vrai problème (on ne peut pas rouler à droite ou à gauche selon notre envie), le compromis ne peut pas être résolu par la liberté et on impose la solution la plus demandée (vote), et ce n’est pas si long car ça n’arrive pas tous les jours.
Mais rassurez-vous, quand les gens ont été formés et habitués depuis leur enfance au système pyramidal, ils sont incapables d’imaginer qu’autre chose puisse fonctionner. Donc effectivement, tout ce que je raconte est parfaitement utopique. Gardons notre système avec nos chefs, et soumettons-nous toute notre vie ou soumettons les autres, ce qui est, à mon avis, totalement barbare, le contraire de l’empathie, de ce que devrait être la civilisation. On applique un système social animal (dominant-dominé) avec pourtant des techniques pointues issues d’une collaboration intergénérationnelle et internationale qui nous dépasse...
@titi Pourquoi « faire décider » 20 personnes pour repeindre les boites aux lettres ? Une copropriété vote lors de l’AG, et le résultat du vote détermine si l’on repeint les boites aux lettres. Maintenant si en tant que président du conseil syndical (ou membre influenceur) vous cherchez à « faire décider » les autres comme vous avez envie, je comprends que le système démocratique ne vous plaise pas.
Avec un chef on va plus vite pour prendre des décisions, mais ces décisions sont rarement dans l’intérêt général (corruption, chef peu scrupuleux, etc...). Donc il vaut mieux perdre du temps sur ce que l’on décide de faire ensemble pour gagner en qualité de vie. Et ceux qui ne veulent pas perdre de temps peuvent également ne pas participer aux prises de décision et ne pas se plaindre du résultat final.
Pour ce qui est de l’école, il faut avoir de l’imagination, c’est comme avec l’argent. Les gens n’imaginent pas comment on pourrait échanger les choses différemment et c’est pareil pour l’enseignement. Je ne ferais aucune différence entre l’école et le travail (pour une partie, évidemment il y a aussi une grosse part d’éveil qui devrait être déconnecté de la productivité : sport, art, etc...). On ferait travailler les élèves en équipe de plus en plus grosses et, à la fin de leur scolarité, ils pourraient travailler au niveau national (voire international). Il n’y a pas besoin d’entreprises qui luttent les unes contre les autres, mais de gens qui savent travailler ensemble sans avoir justement à être pilotés : c’est l’autonomie de groupe qui donne la liberté et ne me dites pas que l’école apprend cette autonomie de groupe. Ce sont les chefs (d’entreprises) qui se chargeront de piloter leur troupeau.
@titi Justifier la hiérarchie par la tare de certaines personnes n’est pas acceptable. Par défaut, on doit considérer les gens libres et aptes. Si certains ont de gros problèmes personnels, alors on les gère de manière particulière, mais eux exclusivement.
C’est un peu comme si on mettez tout le monde en prison sous prétexte que certains tuent. La hiérarchie est bien une prison qu’on met en place.
De plus, l’école n’oriente pas vraiment les gens pour une véritable autonomie et une véritable coopération (obéissance, compétition) : elle forme des gens pour ce système pyramidal et ça n’empêche pas un grand nombre de personnes de voir quand même son absurdité. Alors si l’école cherchait à former des gens libres, autonomes et coopératifs, la hiérarchie ferait rire tout le monde.