Nous avons tous 2 parents, 4 grands-parents, ..., environ 1 million (2 puissance 20) d’ascendants à la 20ème génération : nous sommes tous frères mais nous avons aussi, inévitablement, quelques criminels parmi nos ancêtres.
@Francis, agnotologue Et dire cela n’est en rien diaboliser le commerce, activité fondamentalement humaine et qui peut s’exercer de façon vertueuse. Non, le commerce c’est du vol. On doit effectuer des échanges (la spécialisation améliore la qualité et la productivité) mais on peut réaliser ces échanges sans profit, prix coûtant (par exemple en échangeant des heures de travail). Il faut rémunérer le transporteur, le distributeur, mais au temps passé pas avec des centrales d’achats qui font crever les producteurs réels.
Quant à la médecine, elle devrait suivre un schéma complètement différent. Tous les médecins devraient être fonctionnaires car on est dans un système à la Knock : plus les gens sont malades et plus les médecins gagnent d’argent (donc plus ils ont intérêt à ce que les gens soient malades). S’ils étaient fonctionnaires (et qu’on appliquait des malus aux hypocondriaques), la santé nous coûterait beaucoup beaucoup moins chère et on serait en meilleure santé (car on avalerait bien moins de médicaments inutiles).
En clair, faire des bénéfices c’est déjà du vol, mais dans le domaine de la santé, c’est mortifère et contre-productif.
@Nicolas Cavaliere Je reviens sur ma réponse, qui ne correspond pas à votre remarque. Vous dites que c’est un constat de dire que le profit est nécessaire à l’investissement mais il faut alors redéfinir le profit qui est parfaitement noyé avec l’utilisation de la monnaie.
Si vous passez toute la journée à courir après un lapin et que vous avez juste assez mangé après une journée de chasse, vous ne pouvez effectivement pas investir. Si au contraire vous avez réussi à faire un bon repas dès midi, et bien vous avez l’après-midi pour vous reposer ou pour investir. Donc le profit, c’est juste du temps qu’on a dégagé une fois les activités essentielles réalisées. Mais la matière est constante sur terre, nous n’en créons pas (ni n’en détruisons, quelques transmutations dans les centrales nucléaires mais c’est insignifiant par rapport à l’ensemble). Donc l’investissement c’est du temps passé sur de la matière existante pour qu’elle nous serve mieux (fabriquer une lance), ou du temps passé pour améliorer nos compétences (s’entraîner au lancer), ce qui peut permettre de dégager un peu plus de temps pour la prochaine fois, et donc investir dans d’autres choses ou se reposer plus. Merci pour cette conversation. C’est très difficile de remettre en cause notre propre culture, et la monnaie en fait partie. Je crois être capable (j’aime bien me vanter !) de raisonner hors monnaie actuelle, même si je sais que l’esprit humain a tellement embrassé la monnaie et ses possibilités immorales (gagner au loto ?) qu’il n’est pas près de l’abandonner.
@Nicolas Cavaliere Cela devient une thèse monétariste quand elle devient handicapante, quand on est persuadé que l’argent est un moteur, la seule ressource « vitale » et nécessaire. C’est la seule chose à comprendre : l’argent n’est pas un moteur, il n’existe qu’à travers la croyance qu’on lui porte. L’énergie, c’est notre travail, uniquement. L’exclusion sociale par « manque d’argent », le chômage, les crises sont un constat implacable de notre conditionnement, car en théorie, rien n’empêche les gens de s’échanger leur travail contre une monnaie qu’ils créent eux-mêmes si l’officielle fait défaut. Mais peut-être s’imagineraient-ils prendre la place de Dieu en le faisant ?
Si la morale (éthique) devrait servir à guider nos actes, en pratique c’est la monnaie et ses règles (dont la justice est largement contestable) qui régissent nos vies. Vu la méconnaissance de la création monétaire et le masquage des flux monétaires derrière l’achat d’un simple yaourt (le suicide en agriculture touche particulièrement les producteurs laitiers), on peut parler de religion.
@Nicolas Cavaliere Oui je connais le principe « monétariste » qui dit qu’il faut des profits pour faire des investissements. Mais un investissement ce n’est juste qu’un travail avec quelques moyens, et on n’a pas besoin réellement d’argent pour le faire. Il faut juste se mettre au travail : avoir assez à manger, et les moyens. Souvent, on a bien plus de moyens qu’on ne croit sans avoir à acheter. J’habite un petit village de l’Aveyron, ma maison est multi-centenaire. Le mur que je rénove en pierre apparente était scellé avec de la terre et je ne suis pas sûr qu’il tiendra moins longtemps que ceux des maisons Bouygues. Alors c’est vrai, si on n’utilise pas les techniques modernes, si on ne travaille pas avec des parpaings achetés préformés et du mortier, on mettre toujours plus de temps à tout faire. Mais il faut trouver un juste milieu entre l’inaction par manque d’argent pour travailler vite (avec des parpaings dans cet exemple), et une action beaucoup plus lente avec des moyens rudimentaires qu’on a déjà (faire un mur en pierres). Je ne suis pas pour un retour à la préhistoire à faire des silex, mais on nous l’impose, d’une certaine manière. Et c’est là que je vous rejoins : quand on a suffisamment rendu les gens « spécialistes de la vis droite » et qu’ils n’osent plus rien faire par eux-mêmes, alors l’argent est un moyen de soumission redoutable. Le pire, c’est que ceux qui soumettent ne savent rien faire.
@Nicolas Cavaliere En fait, la monnaie horaire est plutôt une monnaie à la tâche, évidemment. Le but n’est pas de payer les gens à prendre le café. On fait un calcul honnête pour une personne qui travaille honnêtement. Quelqu’un avec une bonne expérience peut aller plus vite (il gagnera un peu plus ou travaillera moins) quelqu’un en formation mettra plus de temps pour le même « salaire », puisqu’il fat la même tâche.
Enfin, ne croyez pas que j’imagine que la monnaie horaire verra le jour, ou que je cherche à convaincre qui que ce soit. Ce qui est important, c’est de bien réfléchir à ce qui crée la valeur en économie et d’être capable de raisonner sur les échanges sans notre monnaie artificielle.
Et si vous y arrivez (c’est mon seul but) alors vous ne pouvez pas dire que se passer de la monnaie telle qu’elle existe c’est forcément revenir au troc. Je gratte juste sous la surface de la monnaie (qui est artificielle) et essaie de comprendre la réalité des échanges (nécessaires si on veut améliorer la qualité et la productivité, donc notre temps libre).
Pour moi la véritable origine de notre monnaie, ce sont les commerçants qui ont développés des fortunes gigantesques avec des échanges lointains (routes de la soie, etc...). Quand on vend quelque chose de commun quelque part dans un endroit où il est inconnu, on peut masquer parfaitement le fait qu’il soit facile à produire, et pas du tout rare (discours de commerçant pur porc) et arnaquer son client qui ne sait rien du tout sur ce produit qu’il voit pour la première fois (dieu du commerce = dieu des voleurs).
Donc moins ambitieux qu’une monnaie horaire, on peut penser à la fin des profits (tout est prix coûtant) qui impose quand même une économie ouverte (donc « démocratique ») où tous les procédés de fabrication sont connus (un changement de procédé ne se fait pas à l’insu des clients mais par leur demande).
Mais je sais, que si des créateurs d’entreprise sont capables de travailler 70h par semaine, c’est parce qu’ils ont l’espoir de gagner de l’argent sans travailler si leur entreprise grossit suffisamment (revente, direction, actionnaire majoritaire rentier, etc...). Je crois qu’il est difficile (impossible ?) d’avoir un système d’échange moral (éthique, juste) qui soit motivant. Récupérer exactement ce qui nous revient ne fera jamais rêver... personne n’aime le réel !