Nous avons tous 2 parents, 4 grands-parents, ..., environ 1 million (2 puissance 20) d’ascendants à la 20ème génération : nous sommes tous frères mais nous avons aussi, inévitablement, quelques criminels parmi nos ancêtres.
Mais si vous voulez des avis d’experts (genre un banquier ancien prof d’université : Christian Gomez, disciple d’Allais) sur la question, vous pourriez consulter cette page. Elle fait partie du blog d’Etienne Chouard et c’est André-Jacques Holbecq qui donne son point de vue (différent de celuis de Paul Jorion dans son livre « L’argent, mode d’emploi »). Seulement Paul Jorion n’accepte visiblement pas d’opinion qui remette en cause ses croyances sur son blog.
A aucun moment, ils ne parlent de Paul Grignon, mais je crois qu’ils sont d’accords pour dire que ce sont les crédits (dettes) qui créent les dépôts et non l’inverse.
Supposons qu’ils soient 2 sur cette île : vont-ils créer de la monnaie ? Non, ça serait une perte de temps. Ils vont s’entendre sur les tâches à faire. Supposons qu’ils soient 3 sur cette île... etc. Dans tous les cas, créer une monnaie serait une pure perte de temps.
Mais quand des milliers d’individus finissent par échanger des biens sans se connaître, il y a bien des petits malins qui se donnent le droit de créer de la monnaie à partir de rien (les banquiers, rien modulo les réserves fractionnaires absolument pas respectées, banques sous-capittalisées aujourd’hui) et d’autres assez imbéciles pour croire que ces bouts de papiers ou lingots d’or ou de tungstène valent des centaines ou des milliers d’heures de leur travail. Vive la soumission, pour de l’imaginaire, l’argent. L’argent est une croyance, rien de plus.
Mais il est vrai que tant qu’il ya suffisamment de croyants comme vous, alors vous pourrez effectivement échanger vos bouts de papiers pour le travail d’un autre (service) ou pour un de ses objets. Et c’est comme cela que vous avez l’impression que c’est du concret : grâce aux autres croyants. On pourrait croire à autre chose de plus réel (la coopération, la solidarité) et organiser le travail en fonction pour vivre dans une société de gratuité par exemple, où l’argent serait bien vite oubliée...
Bien sûr qu’une société civilisée ressemblerait à ce que vous décrivez.
Je suis moi-même contre les brevets (qui obligent à une inefficacité totalement anti-écologique), pour le logiciel libre (véritable précurseur pour un monde de gratuité). Mais les gens se font la guerre en permanence, ils sont fondamentalement individualistes, nationalistes : s’ils perdent beaucoup de temps à inventer un système efficace, ils ne veulent pas que ce système puisse être à la disposition de leur voisin immédiatement, sans perte de temps ou sans qu’ils en tirent un bénéfice immédiat. On aurait tous à gagner d’un système collaboratif orienté vers une gratuité progressive. C’est peut-être l’esprit animal ancré en nous qui nous empêche de nous comporter autrement que de façon fermée, individualiste, même si l’imagination sans limite peut voir beaucoup plus grand.
Au niveau individuel, je crois qu’il faut travailler le moins possible pour de l’argent mais pour des échanges (qui pourraient être extrêmemet complexe avec internet comme support) sans buts lucratifs. Après tout, si tout le monde travaillait gratuitement, tout serait gratuit ! Et ce n’est pas du tout idiot de raisonner comme cela.
L’analogie avec un fleuve est, à mon avis, très mal choisie. Un fleuve apporte de l’eau qui pemet la vie, l’irrigation...
Des milliards de billets, des tonnes d’or, ça n’a jamais apporté la vie, ni même fait bouger une mouche. Seule la CROYANCE des hommes en ces billets ou en ses tonnes d’or va les faire se bouger (=travailler ou se soumettre à ce dieu qu’ils acceptent par éducation et obligation aussi) pour créer des choses. Si on arrivait à faire bouger les gens sans cette croyance qui devrait être barbare dans une société civilisée, alors on y gagnerait beaucoup : plus de banques, plus de bourses, plus de fiscalité (métiers parfaitement improductifs)... En fait, une société de gratuité intégrale rendrait l’argent totalement obsolète. Le problème viendrait toujours des mêmes (non, pas de ceux qui ne feraient rien) : le problème viendrait de ceux qui voudraient toujours plus, bien plus qu’il ne leur en faut. La gratuité suppose des gens éduqués : mais dans une société barbare, beaucoup trop de gens ne sont pas éduqués, particulièrement les meneurs.
Hum... Personnellement, si je me retrouve sur une ile déserte, je préfère avoir un peu de nourriture, des semences et des outils de jardins plutôt qu’une montagne d’or. L’argent n’est qu’une invention, il ne fait absolument rien. La seule chose qui « FAIT », c’est le travail humain, travail qui peut être démultiplié par les machines, elles-mêmes fruits de son travail. La nature donne également gratuitement (ressources renouvellables), mais quand on finit par être trop nombreux sur la même surface, seul le travail peut permettre à l’homme de survivre (agriculture, élevage, ...).
Après, que certains acceptent de travailler pour d’autres (= de se soumettre) pour de l’argent, c’est une autre histoire (une éducation forcée autant qu’une obligation fasciste). Comme la dîme, nous devons payer un impôt en argent, même si nous sommes propriétaire (taxe foncière). Je ne conteste pas l’impôt si on bénéficie de services d’une communauté, je conteste l’obligation d’utiliser une monnaie dont la création centralisée privée est plus que scandaleuse.