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Philippe Vassé

Philippe Vassé

Historien de formation initiale, humaniste attaché au savoir, libre penseur et laïque, je réside à Taïwan, au bord de l'Océan Pacifique et aux pieds de magnifiques montagnes.

Tableau de bord

  • Premier article le 02/05/2007
  • Modérateur depuis le 26/06/2007
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Derniers commentaires



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 18 janvier 2008 15:16

    A Jean-Paul Doguet,

    Votre dernière phrase comme le reste de votre texte en général souligne bien ce que l’article indique, à savoir que le KMT est effectivement la force politique qui peut conduire progressivement, sans politique agressive inutile, sans ostentation nuisible, à l’indépendance juridique internationale de Taiwan, quitte à modifier le nom de "République de Chine" en "République de Taiwan".

    Vous avez bien mis le doigt sur le problème essentiel : ce que les gouvernements divers ne voulaient pas, c’est de tensions inutiles à caractère militaire entre la Chine et Taiwan.

    Par contre, que la Chine puisse être encouragée par les voies du dialogue, de l’ouverture économique et touristique, vers une démocratisation politique est vue comme un bienfait pour le monde entier. Toute dictature porte en elle les germes de risques de dérapages dangereux pour la stabilité du monde ou de régions du monde.

    Si, d’ici quelques années, la Chine se dote d’un pouvoir démocratique, les problèmes passés entre Taiwan et la Chine pourront se trouver simplifiés et quasi-résolus. Dans l’intérêt de tous les acteurs régionaux et internationaux.

    De ce point de vue, le KMT est mieux placé que le DPP, c’est une évidence.

    Il semble que le dernier but "historique" que le KMT peut atteindre sans conflit avec la Chine, justifiant ainsi son existence à Taiwan et pour la société taiwanaise, est de pousser avec finesse et souplesse à la démocratie en Chine, ce qui permettra de faire apparaître la nation taiwanaise comme une donnée incontournable, mais dont la reconnaissance juridique sera alors sans risque pour personne.

    Cela induit une politique "démocratique" active et exemplaire à Taiwan servant d’exemple pour le peuple du continent, avec des avancées notables et réelles économiques et sociaux.

    Dans cette perspective, le KMT pourrait, après avoir été le parti du "miracle économique" devenir le parti qui, par la démocratie promue et développée, aurait "libéré" la Chine de sa dictature corrompue tout en permettant à une jeune nation de prendre sa place, rien que sa place, mais toute sa place, dans la vie internationale démocratique.

    Cette politique est qualifiée par une responsable KMT de "politique du gagnant-gagnant".

    Bien cordialement,

     

     



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 18 janvier 2008 14:59

    Eva,

    Merci de ton message.

    La différence essentielle que tous peuvent constater entre G W Bush d’un côté et Poutine ou Chavez de l’autre, est que l’un représente le passé d’une puissance qui n’a plus les capacités de garder le contrôle de la situation mondiale dont elle se voulait le gendarme unique depuis 1991, et les deux autres un multilatéralisme qui modifie la donne géopolitique mondiale.

    C’est cela qui est à ce jour le plus "sensible" entre les 3 personnes citées et ce qu’elles représentent.

    Ceci dit, vu les dégâts considérables qui ont marqué les 16 années de suprématie univoque américaine depuis 1991, il paraît évident que le renouveau du rapports multilatéraux, avec leurs difficultés et leurs contradictions, est au moins un mieux que la situation antérieure sur le plan politique abstrait, mais cela génère aussi des tensions et des problèmes nouveaux qui commencent à apparaître car les intérêts divergents en conflit ne signifient pas une amélioration automatique de la situation pour les peuples, mais juste une modification du cadre dans lequel ces problèmes se posent et peuvent se résoudre.

    Bien amicalement,

     



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 16 janvier 2008 13:12

    Bonjour,

    Je livre à la réflexion ce texte sur des documents qui peuvent susciter, à tout le moins, autre chose que des opinions personnelles.

    Mais, il est vrai qu’il est plus facile de regarder ailleurs quand le cancer de la corruption corrompt aussi la démocratie et envahit la société en l’étouffant.

    Bien cordialement

     

    ______________________________________________________________________ ___________

    Frégates de Taiwan, les révélations des écoutes d’André Wang

    Téléchargez ce document de 40 pages, daté de 2004 à 2005, dont les scripts des écoutes téléphoniques d’André Wang.

    Le 19.10.06 www.geopolitique.com a obtenu les transcriptions des écoutes téléphoniques réalisées sur le personnage clé du dossier des frégates de Taiwan, André Wang, ainsi que les conclusions du procureur de Taipei accusant cet intermédiaire d’être à la croisée du schéma de corruption mis en œuvre dans ce contrat...

    Ces pièces montrent comment, de manière concertée, André Wang (de son véritable nom Schuan-pu Andrew Wang), la direction de Thales et de hautes personnalités françaises ont déjoué les recherches du pôle financier du Tribunal de grande instance de Paris, menant ainsi à la récente décision des magistrats instructeurs.

    Le 11 octobre, ces derniers ont en effet notifié aux parties la fin de leurs investigations sur ce contrat de 2,8 milliards $ signé en 1991 par Thomson CSF (aujourd’hui Thales) et la Direction des chantiers naval (DCN, le fabricant des frégates, propriété exclusive de l’État français au moment des faits) ; prélude à une ordonnance de non-lieu. 

    La procédure judiciaire avait été ouverte en juin 2001 après la saisie en Suisse de 520 millions $ sur les comptes d’André Wang - l’homme qui avait rendu possible la signature du contrat - représentant a priori une large partie des commissions globales dégagées par la vente des frégates. Les juges cherchaient à identifier les bénéficiaires de retours sur commission qu’il aurait pu rétribuer à partir de ce pactole.

    Les écoutes d’André Wang, que nous vous proposons de télécharger, ont été réalisées entre février 2004 et janvier 2005, à une période critique pour l’intermédiaire et ses partenaires. En effet, le procureur de Taipei venait alors de rendre ses conclusions (que nous avons joint au dossier numérisé), démontrant que la partie française avait amplement surfacturé la vente et mis en place un schéma de corruption géré – selon lui – par André Wang. 

    Les pièces que nous mettons en ligne ici racontent d’elle-même comment les parties impliquées ont manœuvré pour s’assurer que les magistrats français n’obtiennent à aucun moment une coopération judiciaire avec Taipei en profitant du contexte historique – eu égard à nos relations avec la Chine, la France ne reconnaît pas l’État taïwanais. Ainsi, si les services judiciaires taïwanais et français possèdent chacun de leur côté les éléments du puzzle faisant défaut à l’autre, jamais ils ne doivent être en mesure de légalement les échanger.

    Elles détaillent aussi le rôle de Jean-Claude Desjeux, haut cadre de Thales, chargé d’entretenir un contact discret et permanent avec André Wang, auquel il transmet des contacts supposés l’aider dans les négociations en cours. Ainsi, le 21 mai 2005, il lui communique un numéro de téléphone, identifié par les enquêteurs de la Gendarmerie comme attribué au Palais de l’Élysée. 

    Elles évoquent les diverses initiatives des Français pour que jamais la Commission consultative sur le secret de la défense nationale n’autorise la déclassification des documents des douanes sur lesquels figure noir sur blanc la destination des commissions.

    Enfin, elles esquissent l’avenir de ce dossier. Après la décision des magistrats du 11 octobre dernier, au regard de la loi française, les parties doivent être considérées comme absolument innocentes. Cependant, des pourparlers menés sous les auspices d’une procédure arbitrale privée, devraient conduire l’État français à reconnaître les sommes indûment payées par Taiwan. Et à les rembourser. Le procureur taïwanais chiffre le dommage à 1,4 milliard de Francs (à la date de la signature en 1991), auquel s’ajouteraient les intérêts.

    À moins que le même procureur obtienne de la Suisse qu’elle restitue à son pays les 520 millions de dollars bloqués sur les comptes d’André Wang (il en a fait la demande le 6 septembre). Dans une telle configuration, l’amende versée par Paris serait revue à la baisse… Manière de montrer qu’il existe un lien entre les deux ?

     Langue du document : français
    Identification : sceau de la Gendarmerie, côte des pièces d’instruction, signatures



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 16 janvier 2008 13:03

    Eva,

    En effet, tu as raison, un des problèmes qui surgit aujourd’hui à Taiwan est la question du fossé entre pouvoir et citoyens.

    Le sens du vote de samedi dernier est clair, même pour les vainqueurs comme pour les vaincus. Il y a urgence à s’attacher à améliorer la vie des citoyens, à résoudre leurs problème, à répondre à leurs aspirations.

    En apparence, le programme du KMT tel qu’annoncé est dit par ses dirigeants aller dans ce sens. C’est naturellement l’avenir qui nous dira ce qui en sera avec précision. Mais chacun a en tête les manifestations populaires "gigantesques" de 2006 contre la corruption autour du Président actuel Chen Chui Bian....et cela est inscrit dans la conscience populaire collective.

    Washington a apprécié la victoire du KMT car cela va apaiser les relations entre la Chine et Taiwan au moment où ses dirigeants se préparent à une éventuelle guerre contre l’Iran, voire contre la Syrie.

    Cela est une position qui correspond aux intérêts momentanés diplomatqiues et militaires de l’administration Bush en fonction de leurs objectifs actuels. Sur le plan interne, Taiwan étant un pays "riche" en termes économiques généraux, et disposant d’une monnaie indépendante ainsi que de capitaux très importants investis ailleurs, le FMI ou la Banque Mondiale ne jouent pas ici le même rôle que dans les pays "pauvres" pressurés par ces organismes internationaux. Sans oublier que Taiwan a un fort secteur d’Etat et public qui lui permet, dans une certaine mesure, de disposer jusqu’à un certain point de marges de manoeuvre que n’ont pas d’autres pays plus paupérisés.

    Concernant Poutine et Chavez, s’ils jouent un rôle effectif dans le surgissement d’un monde multipolaire, avec d’autres dirigeants d’autres pays qui ne sont pas tous des modèles de démocratie politique et sociale, ils ne me semblent pas non plus être des saints ou des hommes guidés par la seule idée du bien universel.

    Par essence, je suis d’une extrême prudence vis à vis des personnes qui veulent représenter leur peuple, surtout s’il n’existe pas dans les sociétés données des contre-pouvoirs qui assurent les équilibres nécessaires à la démocratie réelle.

    Comme disait Montesquieu : "le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument", ce qui induit, qu’à Taiwan, comme en Russie, au Vénézuela ou dans tout pays, les principes démocratiques seront d’autant plus vivants et agissants que les contre-poids aux pouvoirs seront fortset actifs.

    Bien amicalement,

     



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 16 janvier 2008 12:44

    Nico,

    Je partage votre point de vue sur le ras le bol des citoyens devant la corruption des politiques et aussi leurs querelles politiciennes partisanes éloignées des préoccupations des citoyens taiwanais.

    Bien cordialement,

     

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