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Philippe Vassé

Philippe Vassé

Historien de formation initiale, humaniste attaché au savoir, libre penseur et laïque, je réside à Taïwan, au bord de l'Océan Pacifique et aux pieds de magnifiques montagnes.

Tableau de bord

  • Premier article le 02/05/2007
  • Modérateur depuis le 26/06/2007
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Derniers commentaires



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 15 janvier 2008 15:47

    Fsulauze,

    Merci tout d’abord de votre contribution et de votre correctif sur le second référendum.

    Concernant la différence entre sud et nord, comme j’habite une partie de mon temps dans le sud-est- près de Taitung, je modulerais un peu la carte dressée et la remarque d’une identités distincte.

    D’abord parce que les KMT a réalisé une percée électorale pour les motifs vus dans l’article au sud aussi. Mais pour des raisons plus générales.

    Comme je l’écrivais, l’identité nationale taiwanaise se forme sous nos yeux dans des processus encore complexes et pas toujours aisés à appréhender.

    Dans toutes les parties du pays, du nord au sud, le taiwanais est parlé en langue principale ou secondaire par un pourcentage significatif de la population, y compris parmi les citoyens dotés de diplômes universitaires.

    Il est langage courant dans les régions rurales, parfois en concurrence avec des dialectes "tribaux".

    Le chinois reste la référence linguistique commune, les Taiwanais "de souche" étant, à l’exception des aborigènes, des Chinois d’immigration plus ancienne.

    Ce qui est par contre frappant, et là, je partage la remarque de Nico, faite ci-dessous, est que la majorité de la population se sent maintenant taiwanaise. Cela est clair partout où je vais, de toutes les classes sociales ou lieux d’habitat.

    Il semble donc que Taiwan n’est pas "coupée" entre le nord et le sud, ni politiquement, ni culturellement, mais que deux processsus conjugués ont en cours : la naissance d’une identité collective nationale taiwanaise avec une culture chinoise générale.

    En effet, même les locuteurs taiwanais, à l’exception des populations les plus illettrées, parlent aussi le chinois qui est le ciment commun de cette identité nationale en gestation.

    C’est une alchimie subtile et diffiicile. Mais elle se fait sous nos yeux.

    Bien cordialement,

     



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 15 janvier 2008 04:11

    Nico,

    Je vous "pardonne" bien volontiers l’usage- que je sais très compliqué - d’un clavier taiwanais pour rédiger un commentaire en français et vous remercie au contraire de votre courage tenace pour avoir pris ce temps et eu cette patience de commenter sur ce fil.

    J’ai aussi un clavier mandarin pour certains travaux et j’avoue- avec un peu de honte technique- que je préfère revenir à mon vieux clavier francophone pour écrire, mais c’est là une question d’aisance technique pour le francophone que je suis.

    Observateur étranger des évènements vivant à Taiwan, disposant de nombreux contacts dans divers milieux, tant du DPP que du KMT et d’autres partis plus petits qui me semblent mériter à juste titre une attention plus grande du public taiwanais, je reste très prudent sur les faits et les sincérités, y compris de Ma Ying Jeou.

    Je n’oublie pas le passé, mais essaie en même temps de discerner les processsus profonds en cours à Taiwan, que les médias du pays ne permettent pas de distinguer, pris comme ils le sont dans les médiatisations excessives que vous soulignez avec raison ou l’immédiateté des informations secondaires, voire à ranger dans la catégorie "faits divers".

    Il importe à Taiwan de bien analyser les processus socaiux et politiques REELS et PROFONDS, ce que les médias locaux ne font jamais, se polarisant à l’excès sur les "incidents" et les aléas sans intérêt du quotidien au détriment de la compréhension des dynamiques internes et externes du pays.

    Il suffit de suivre les débats politiques habituels pour s’apercevoir que les dialogues se limitent à des monologues, d’où les vrais problèmes quotidiens des citoyens taiwanais, leurs problèmes concrets, leurs aspirations essentielles, sont le plus souvent totalement absents.

    A titre personnel, j’ai été effectivement frappé par la "nouvelle" manière de communiquer de Ma Ying Jeou et ses déclarations d’intention qui tranchent, au moins dans les mots, avec le passé de ces querelles stériles qui font fuir les électeurs des urnes (+ de 40% n’ont pas voulu soutenir les partis en présence, ce qui est énorme).

    Sa citation de la phrase célèbre de Montesquieu " le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument" m’a particulièrement marqué par sa nouveauté dans le débat public taiwanais, surtout après les affaires qui ont scandé les deux mandats du Président sortant Chen Chui Bian, dont l’image est désastreuse dans l’opinion nationale taiwanaise, militants et électeurs DPP inclus.

    J’ai même rencontré à Taichung (ou Taitsung) des sympathisants sincères du DPP qui ont voté, désespérés, KMT contre la corruption et l’incompétence de leurs dirigeants, dans l’espoir que le DPP se régénère et promeuve une direction nouvelle, intègre et vraiment compétente sur les affaires du pays.

    En effet, la volonté d’indépendance et la mise en avant du mot "Taiwan" dans chaque phrase ne sauraient constituer ou valoir une politique économique, sociale, culturelle, environnementale et éducative .

    D’un certain point de vue, cette défaite devrait être pour le DPP l’occasion majeure de se doter enfin d’un programme social, économique, éducatif, culturel, en un mot un programme politique global pour la société taiwanaise dans son ensemble, en liant indépendance de Taiwan et attention sincère à la vie quotidienne, au bien-être, à la santé et à la protection sociale des citoyens.

    Je suis par exemple sidéré qu’un parti "progressiste" et "démocratique" n’ait pas encore mis dans on programme la liberté totale syndicale, le droit de grève universel -y compris pour les fonctionnaires et les enseignants-, un système de retraite décent deainsi qu’un système de contre-pouvoirs ou de contre-poids qui sont la marque et les attributs incontestable d’une vraie démocratie.

    C’est en ce sens que je vois le succès électoral du KMT plus comme le fruit des erreurs et défauts des gouvernements DPP- reconnus par Frank Hsieh lui-même- que comme le résultat de son programme politique propre ou de ses seules qualités.

    Il a suffi au KMT de dire et promettre l’opposé de ces erreurs et défauts pour se positionner en positif contre le négatif chez la majorité des électeurs qui ont voté.

    Ce qui est à souhaiter est que les partis taiwanais, leurs dirigeants, sachent tirer les conclusions de fond qui s’imposent pour bâtir un avenir pacifique, prospère et sain pour le peuple taiwanais. Dominer sa victoire par défaut et la gérer avec intelligence en faveur des citoyens pour le KMT, tirer les enseignements de son échec cinglant pour le DPP, ouvrir la voie aux partis plus petits qui sont aussi les signes d’une vraie démocratie, tels me semblent être les obligations publiques des uns et des autres.

    A commencer justement par la continuation de la démocratisation politique et civique sur les droits essentiels, une lutte résolue et constante contre la corruption sous toutes ses formes et dans tous les milieux, un véritabe soin aux citoyens et à l’amélioration de leur vie et de leur environnement.

    Le futur gouvernement KMT et alliés, et le futur Président, auront cette difficile mission à remplir. S’ils faillissent, alors, les rues de Taipei et de tout le pays pourraient en effet se remplir de gens et de cris comme ce fut le cas en 2006 contre la corruption autour du Président de Chen Chui Bian.

    Le souvenir de ces formidables "fleuves humains rouges" ( la foule immense était habillée de rouge pour souligner sa colère contre la corruption) est maintenant inscrite dans la mémoire collective.

    Aucun parti à Taiwan ne pourra plus gouverner longtemps dans la corruption et le népotisme sans que resurgissent justement la colère légitime du peuple.

    Combattre ces maux en priorité autrement qu’avec des mots est une nécessité ABSOLUE et PRIORITAIRE pour tout parti ou alliance de partis qui veut conserver démocratiquement le pouvoir dans le pays.

    Bien cordialement et au plaisir de vous relire,

     

     

     



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 14 janvier 2008 14:35

    NON 666,

    Votre sentiment est certes légitime, mais au vu des éléments qui forment le contexte de la mort de Pierre Bérégovoy, et si l’enquête était réouverte et aboutissait à valider la thèse de l’assassinat, il n’est pas certain que le Président actuel en tirerait un quelconque bénéfice.

    L’inverse pourrait même être plus que probable. Les affaires de la BERD, les contrats de ventes d’armes à Taiwan avec leurs milliards de $ de rétro-commissions, le scandale du Crédit Lyonnais, les suites des dossiers ELF, et j’en passe sont de nature à toucher l’ensemble de la classe politique française, de droite à gauche et, pour être un peu caustique, inversement.

    N’’oubliez pas que Nicolas Sarkozy fut Ministre du Budget lorsque certaines affaires douloureuses explosèrent- (tiens, c’est intéressant de le noter-et qu’à ce titre, comme son prédécesseur Charasse et son Directeur du Budget, Daniel Bouton, il ne peut pas ne pas savoir ce que faisait son administration et où allaient les commissions "légales" des gros contrats d’armements.

    Du fait que ces dossiers colossaux ont été "gérés" par les divers partis politiques dits "institutionnels", on peut en déduire que le dossier du décès Bérégovoy est une boîte de Pandore pour toute la classe politique et les milieux d’affaires.

    C’est d’ailleurs pour cette raison essentielle que PERSONNE ne demande ou ne fait campagne pour la réouverture de l’enquête. Comme les yeux ont été fermés sur d’autres décès surprenants depuis des décennies.

    Comme chacun le sait d’après les faits publics, la corruption, les mensonges, les pratiques illégales existent et ont existé tant à droite qu’à gauche et dans les milieux d’affaires.

    Dire cela est une banalité. Mais, il est parfois sain de bien le souligner car la vertu civique publique n’a dans le classe politique que fort peu de défenseurs affichés et revendiqués.

    Il suffit de savoir quels sont les politiques qui ont signé ou REFUSE DE SIGNER la Charte d’Ethique anti-corruption d’ANTICOR. Tout est dit avec cette si petite liste !

    Bien cordialement,

     

     



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 14 janvier 2008 14:17

    Kabyle d’Espagne,

    Merci beaucoup de votre commentaire sympathique. J’espère que vous apprenez beaucoup sur Taiwan avec vos amis-es taiwanais.

    Si vous venez ici, vous y découvrirez un pays et des gens attachants, une société vivante, bien qu’elle ait, comme toute société humaine, ses qualités et ses défauts, et surtout des paysages qui sont inoubliables par leur beauté, leur originalité et leur variété.

    Si vous voulez voir des photos et des vidéos gratuites sur Taiwan, allez sur www.taiwanzen.com/, vous y avez des images splendides et jusqu’aux informations sur ses fameux hot-springs si bienfaisants.

    Bien cordialement,



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 14 janvier 2008 14:11

    Alberto,

    Je partage tout à fait votre méfiance légitime et parfaitement fondée sur des expériences indiscutables concernant les engagements et/ou les promesses des politiques.

    Bien évidemment, je ne préjuge de rien, ni dans un sens, ni dans un autre. La prudence est de mise et comme je l’ai écrit, c’est la réalités des faits qui nous apportera la réponse sur le respect ou non des engagements pris sur l’honneur et en public. D’autant que MA Ying Jeou a utilisé des phrases qui sont inhabituelles à Taiwan comme :

    "le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument. Nous ne voulons pas revenir au passé avec ses fautes et ses erreurs. Nous respecterons pleinement l’opposition. Nous travaillerons pour tout le pays".

    Des phrases qui, effectivement, en France, même à Asnières, sont rarement prononcées, mais qui méritent ici d’être rappelées du fait de leur rareté dans la bouche d’un présidentiable largement favori des urnes et des sondages.

    Je note que MA Ying Jeou, apprécié à Washington (il a fait de brillantes études à Harvard), pourvu d’une image "stabilisatrice" à Pékin, regardé à Tokyo comme un "homme calme", présente au public taiwanais une image rassurante. Sa manière de parler sereinement, qui est vue comme une timidité ou une réserve, joue aussi en sa faveur dans la population. Il est jugé sympathique, courtois, poli, attentif et surtout capable d’esprit de négociation et de concertation.

    Il est aussi apprécié par les milieux économiques qui souhaitent l’ouverture du pays aux capitaux , investisseurs et touristes chinois, ce qui relancerait une économie vigoureuse aux portes de la Chine en pleine croissance.

    Sa femme, une salariée modeste dans on mode de vie, qui aime la discrétion et l’anonymat, la simplicité et la tranquillité- est réputée pour aller au travail et en revenir en autobus, simple citoyenne parmi la foule parfois dense des autobus de Taipei à ces heures de pointe. Elle ne lui crée donc aucun problème, comme cela fut le cas en France pour un certain Président, mais au contraire rallie les sympathies populaires par opposition et en totale contraste avec l’épouse du Président actuel, accusée de corruption avec des fonds publics, qui était une passionnée des achats avec ce mêm argent public.

    Cependant, on dit que Mme MA ne porte pas certaines pratiques de certains citoyens français dans son coeur depuis les années 1990, ayant perdu son emploi dans une banque connue à ce moment dans le cadre des conséquences de certaines affaires de ventes d’armes à Taiwan et de flux bancaires qui n’étaient pas très clairs, mais sur lesquels elle ne portait aucune responsabilité. On dit aussi que son mari n’a pas pardonné aux responsables de son licenciement de l’époque le fait, tant dans son fond que sa forme.

    Les autorités françaises ne pourront pas dire qu’elles ne savaient pas qui était Mme MA et que son image de la France, qui peut aussi influer sur les sentiments de son époux, n’est pas des meilleures.

    Tout cela est à suivre avec attention.

    Je précise que selon les informations officielles, le gouvernement KMT, dans lequel MA Ying Jeou ne devrait pas être membre, entrera en fonction le 1er février 2008.

    Il s’agit, à quelques rares exceptions près -dont un "ancien grand ami d’industriels français"-, d’une direction politique presque entièrement renouvelée et rajeunie par rapport aux années Lee Teng Hui, dont, chose ironique, le parti, le TSU, soutient la majorité parlementaire gouvernementale KMT, ce parti qu’il avait dirigé et qui l’a exclu en septembre 2001 après qu’il ait créé le TSU en juillet de la même année.

    Rappelons, car les habitudes politiques à Taiwan ne sont pas toujours simples à comprendre vues de France, que le TSU est un partisan, certes "modéré" de l’indépendance juridique de Taiwan. En clair, le TSU est l’aile "indépendantiste" de la coalition qui se forme avec le KMT. qui, officiellement, n’n est pas un partisan.

    La culture chinoise, même à Taiwan, est ennemie des haines inexpiables en politique et favorise les retrouvailles possibles lorsque des terrains d’entente sont trouvés, dans un contexte nouveau.

    Les reclassements actuels éclairent bien des choses passées- comme ce laps de temps passé en 2001 entre la fondation du TSU par Lee Teng Hui et son expulsion du KMT-, mais peuvent aussi ouvrir des perspectives intéressantes pour le futur.

    A titre personnel, mais cela n’engage ici que mon sentiment propre, bien qu’appuyé par des "avis taiwanais autorisés", je pense que l’alliance de facto du TSU avec le KMT est un mauvais présage pour le destin public de "l’ami des industriels français". De plus, certains jeunes "loups" du KMT sont partisans de "faire table rase" du passé- comprendre de "certains anciens"- pour accéder aux postes ministériels qu’ils estiment devoir leur revenir.

    La subtilité chinoise peut ici trouver son compte sachant que Lee Teng Hui cultive une rancune tenace contre ce politicien. depuis 2006...Parfois, des intérêts distincts de personnes différentes peuvent trouver un terrain d’entente commun sur le devenir d’un troisième personnage dont la disparition politique serait bienvenue pour les deux amis temporaires et les ambitions de leurs collègues.

    On appelle cela couramment des "boucs-émissaires" en français.....

    Bien amicalement à vous,

     

     

     

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