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Philippe Vassé

Philippe Vassé

Historien de formation initiale, humaniste attaché au savoir, libre penseur et laïque, je réside à Taïwan, au bord de l'Océan Pacifique et aux pieds de magnifiques montagnes.

Tableau de bord

  • Premier article le 02/05/2007
  • Modérateur depuis le 26/06/2007
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Derniers commentaires



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 1er janvier 2008 04:59

    Cambronne,

    Ce que vous rappelez sur l’origine des pendaisons de Tulle -19 est réel.

    Tulle fut brièvement « libérée » par des maquisards, lesquels se livrèrent à des atrocités bien réelles. Ils durent ensuite éavcuer la ville devant les éléments de la Division Das Reich- 2ème division blindée SS- qui vengea les morts allemands en pendant 99 citoyens innocents de la cité corrézienne.

    Je crois savoir qu’un livre est en préparation sur ce sujet par Gilbert Beaubatie- étant en contact avec son fils Yannick-, historien natif de Corrèze. Je vous informerai de sa parution. Il veut retracer la genèse et l’historique de ce qu’on a appelé ensuite « l’affaire de Tulle ».

    Sur l’antisémitisme en Pologne après la guerre et notamment son utilisation comme moyen de réglement de comptes politiques au sein de l’appareil du POUP, je vous recommande- indépendamment des opinions politiques qui n’ont ici rien à faire- la lecture de la lettre de GOMULKA du 14 décembre 1948 à Staline parue dans les « Cahiers du Mouvement Ouvrier » n° 34- second trimestre 2007, pages 106 à 110, publié par le CERMTRI- email : [email protected]. C’est à la fois vrai, ahurissnat et édifiant.

    Ce centre de recherche- qui ne cache pas se positions et sss sujets d’études- a publié sur le sujet de l’antisémitisme des appareils des PC staliniens, russe y compris, des documents originaux et sourcés, commentés avec un appareil de notes très précises.

    Je n’ai pas ici les numéros en tête, mais les Cahiers en questiion sont consultables soit sur le site de ce centre, sauf erreur, http://assoc.wanadoo.fr/cermtri ou en leur bibliothèque 28 rue des Petites Ecuries 75010 Paris.

    Bonne année à vous et aux vôtres,

    Bien cordialement,



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 1er janvier 2008 04:35

    Julius,

    Je prends bonne note de vos correctifs sur les faits survenus en Tchéquie en 1945 et vos subdivisions entre massacres et expulsions de citoyens tchèques d’origine allemande.

    Car l’Histoire ne se réécrit pas, que ce soit celle d’un système ou d’un pays. Les données présentées sur le sujet ne sont pas celles d’un groupe de gens- comme vous le dites reprenant de manière amusante les arguments staliniens de l’origine du travail effectué- mais des historiens travaillant sur la question.

    La Commission de Conciliation que vous citez a une vocation POLITIQUE : dégager un accord entre deux pays. De fait, elle ne présente pas les garanties de neutralité scientifique indispensables. Là encore, vous mélangez POLITIQUE et SCIENCES : le passé stalinien a la peau dure, mais il doit être dépassé si vous vous voulez aborder OBJECTIVEMENT, de manière académique, les faits publics et la documentation qui en découle.

    Il serait utile que vous cessiez de croire qu’il existe des données « manipulées » par tel ou tel, sur ces évènements, comme sur le nazisme ou le communisme : les historiens DU MONDE ENTIER qui travaillent sur les grands dossiers de ce type ne se distinguent pas entre nationalités ou opinions, ils font oeuvre COMMUNE de vérité historique, sans distinction AUCUNE.

    C’est ce qui a abouti à l’isolement de Courtois- militant politique- et à la critique argumentée et précise EN COURS sur ses données initiales.

    Cela peut plaîre à certains ou pas, c’est une autre affaire.

    Personne d’intelligent ne se « vexe » devant la vérité des faits. C’est ce que Victor Hugo, en ce cas, appelle le « privilèges de idiots ».

    Si des gens lisent et CROIENT des chiffres publiés quelque part sans SAVOIR, COMPRENDRE et DISTINGUER à quoi ils se rapportent, sans preuves et sans critères de vérification de leur nature, cela prouve qu’ils sont NAIFS ou CREDULES, et que leur esprit critique d’être humain pensant ne s’exerce pas.

    Vous avez parlé des « sentiments tchèques » sur ceci ou cela dont personne ne parle, ce qui fait que cela n’influence rien, ni personne de nos jours.

    Quant aux « historiens » tchèques que vous ne citez pas, je ne sais pas comment ils peuvent « débattre », selon vous, sur des choses qui n’ont pas eu lieu en 1938, bref sur du vide historique. Les vrais historiens ne discutent pas sur le vide, mais sur les faits documentés.

    La Seconde Guerre Mondiale a eu lieu. C’est là le fait que nous pouvons étudier, expliquer et comprendre. la place de la Tchécoslovaquie dans les plans hitlériens de guerre étaient fort secondaire, ce qui explique que son occupation en novembre 1938 n’a rien stoppé pour ce qui allait se passer quelques mois plus tard.

    J’ai travaillé avec des historiens d’origine tchèque à Prague, et aucun ne m’a parlé de ce genre de « débat ». Par contre, nous avons travaillé sur l’antisémitisme dans le pays et sur les mélanges de populations depuis le Moyen-âge, étant donné que les citoyens tchèques de nos jours sont en immense majorité d’ascendance germanique !

    Au niveau international, deux historiens « tchèques » se sont distingués particulièrement : Snedjarek et Bartosek. Le premier est décédé en France et fut un excellent historien -un de mes professeurs de plus. Karol Bartosek fut un historien de moindre qualité, marqué comme beaucoup d’intellectuels des ex-pays staliniens par un manque manifeste de méthodologie historique et d’esprit scientifique : il réglait ses comptes avec son le régime de son pays sous couvert de travaux historiques. Ce qui lui fit écrire parfois des énormités avant de se brouiller avec Courtois !

    Je salue votre travail personnel afin de parler en langue française, ce qui est méritoire. Bénès aussi parlait très bien, comme vous, cette langue.

    Travaillant sur des projets internationaux en plusieurs langues, tant sur les périodes et sujets abordés que sur les évènements du 20ème siècle en Asie (Chine, Japon, Inde, Indochine), je vous rassure : les historiens français ont leur place dans la communauté scientifique mondiale, mais ils se regardent avant tout comme historiens du monde.

    Dernier point avant de vous laisser jouir de la nouvelle année qui a commencé ici depuis 12 heures : je connais bien ce qui a été la Tchécoslovaquie et son régime antérieur à 1989 car j’ai été très « lié » avec plusieurs membres connus de la « Charte 77 ».

    C’est la raison pour laquelle vos remarques sur le fait que les historiens de tel ou tel pays subiraient une « influence communiste » m’ont fait sourire sans y répondre.

    Ce n’est pas celui qui crie le plus fort qu’il est « ceci » ou « cela » qui apporte des preuves de ses dires et la vérité. La sagesse est d’apprendre, de comprendre avec humilité et honnêteté, non de faire oeuvre d’aveuglement politique partisan contre la vérité au nom de ses convictions : cela est de facto justement une manière de faire typiquement stalinienne.

    Courtois est de ce point de vue révélateur car il usé contre ses collègues des mêmes méthodes qu’il dénonçait, pour ses propres convictions. C’est cela qui l’a isolé et discrédité.

    Dans les pays ex-staliniens, il faudra du temps pour que le véritable esprits scientifique prenne le dessus sur les sentiments et opinions des uns ET des autres (communistes ET anti-communistes) afin de pouvoir TRAVAILLER avec sérieux et crédibilité.

    Mais, c’est là un problème trop lourd pour occuper ce fil.

    Que 2008 vous apporte plus de sérénité, de distanciation et de clarté dans la vie avec l’épanouissement de l’esprit libre pensant par lui-même et connaissant les complexités des choses.

    Bien cordialement,



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 31 décembre 2007 17:54

    Julius,

    A titre personnel, vos opinions sur les uns et les autres ne m’intéressent pas. Vous avez le droit de penser ce que vous voulez des affaires politques de votre pays et de la France, cela ne ressort pas du débat.

    Sur les massacres de Prague et d’ailleurs des citoyens tchéques d’ascendance allemande, votre réponse est de type négationniste. Ce qui est surprenant pour quelqu’un qui n’hésite pas à citer des données aberrantes sur des exactions ailleurs.

    A Paris et ailleurs en France, il s’est passé des choses horribles aussi, il est vrai aussi que les historiens français ne le cachent pas, même si ce n’est pas un grand débat public. Les films ont montré des faits terribles. On ne nie pas ces moments sombres. On compte environ entre 15000 et 50000 personnes tuées au cours de ce qui est appelé « l’épuration » des gens soupçonnés, à tort ou à raison, de collaboration avec les nazis.

    Cambronne cite le cas de Tulle, exact, qui a aussi entraîné des représailles sauvages.

    A Prague, ce sont des milliers de personnes civiles qui ont été massacrées sauvagement par la population « tchèque » parce que d’origine allemande. Et ce massacre a eu lieu aussi dans plusieurs villes et les zones rurales. Les témoignages américains et russes sur les flots de cadavres qui venaient de Tchéquie sur l’Elbe sont nombreux et très clairs. Des unités militaires recueillaient les cadavres sur l’eau et devaient les enterrer. Comme nous avons aussi les témoignages des survivants chassés de chez eux, dépossédés, avec les femmes et les jeunes filles violées les enfants massacrés aussi sauvagement.

    Le problème, je l’ai dit, pour les historiens tchèques, est qu’ils ont de nombreuses difficultés présentes à aborder librement ces questions « chaudes ».

    Il est peut-être plus facile de ragarder la paille chez les autres plutôt que la poutre dans son propre pays.

    C’est humain, mais nier les faits ne sert à rien !

    Bien cordialement,



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 31 décembre 2007 17:33

    Julius,

    Votre insistance à ne pas comprendre le travail méticuleux des historiens compétents et à CROIRE des chiffres dont vous ne connaissez mêmes pas les critères les plus confus, me paraît dommageable, pour vous et pour votre culture.

    Sur Wikipédia, il y a les faits sur lesquels nous, historiens, sommes d’accord et des données laissées POUR LE MOMENT, faute de conclusions fiables et acceptées par tous, en l’état ancien parce que le débat historique est dynamique ET que les études plus poussées et sérieuses sont en cours.

    Ce qui est maintenant acquis, et par tous, c’est que les données aberrantes de Stéphane Courtois sur la Chine et l’URSS sont aussi absurdes et arbitraires, donc non-fondées sur la documentation disponible, que fausses.

    Cela, c’est la base de la discussion actuelle entre historiens de tous pays sur le 20ème siècle. Courtois avait, comme le rappellent ses anciens collègues, augmenté lui-même, TOUT SEUL, SANS ACCORD de son équipe, les chiffres pour attirer l’attention médiatique avec des chiffres démesurées autant qu’impossibles.

    La crédulité ignorante de médias de l’époque nefait ni la vérité, ni l’Histoire.

    Il suffit, même pour vous en tant que simple citoyen sachant compter, de comparer les données démographiques de recensement des pays concernés pour évaluer des ratios approximatifs entre décès naturels et non-naturels, ce qui ne veut pas dire non plus dus au régime.

    Le débat sur les critères à prendre en compte et les interférences entre les divers causes de décès est essentiel en recherche historique afin de séparer ce qui relève de nos travaux et ce qui est extérieur.

    Ainsi, il est en effet aberrant de compter les morts des guerres civiles et extérieures au crédit d’un régime, quel qu’il soit, comme les conséquences de l’état du pays lui-même (famines, pandémies, alccolisme, révoltes paysannes, activités criminelles organisées, morts de conscrits militaires à l’entraînement, suicides, accidents divers individuels et collectifs, etc...

    Ce que j’essaie de vous expliquer et que vous semblez vous refuser à comprendre, c’est que l’Histoire n’est pas un jeu de mots et de chiffres à des fins de propagande, de gloire personnelle ou de satisfaction d’opinions politiques : c’est ue science avec ses exigences éthiques et professionnelles précises.

    Si l’on avait cru les fantasmes de Courtois, l’URSS de 1991 aurait dû avoir, mécaniquement, moins de 35 millions d’habitants qu’elle n’avait. Et je ne parle pas de la Chine où les données exactes sont pour l’heure des approximations sans critères et sans preuves.

    Nous sommes donc, nous, historiens, en phase de travail et cela devrait être compris par toutes et tous.

    Il importe de comprendre que nous avons affaire à des problèmes très complexes aux interférences multiples et que l’honnêteté morale exclut les chiffres sans base et sans critères, pour quelque régime ou pays que ce soit.

    Si, pour prendre l’exemple des massacres de mai-juin 1945 en Tchéquie, nous pouvons affirmer le nombre de morts tués à ce moment, c’est parce que nous avons un critère précis de forme et de temps, des données démographiques avant et après les faits, ce qui aboutit à conclure que le pays a, en deux mois, et sans le nazisme, assassiné PLUS de citoyens tchèques en DEUX mois que les nazis en 7 ans !

    Il en est de même pour les données sur le génocide juif par les nazis car nous disposons dans presque tous les pays de statistiques de départ et d’arrivée dans le temps permettant de calculer que 5.700.000 personnes d’origine juive sont mortes assassinées par la barbarie nazie entre 1940 et 1945. Et nous avons une liste commune acceptée par tous, sauf les « négationnistes », établie par pays.

    Cet exemple, comme celui des massacres tchèques de mai-juin 1945, peut vous « parler » car il montre qu’il ya des calculs « faciles » et d’autres qui sont de nature bien plus compliquée, requérant temps et patience.

    C’est pourquoi il faut avoir, quand on lit les choses, même sur Wiipédia, un esprit critique ouvert et aussi un « appareil culturel historique » minimum pour aborder des dossiers aussi complexes. Ce sont les sources qui font la différence, par exemple dans l’article consacré à Courtois, sur lequel il y a unanimité.

    Ceci dit, il semblerait, au conditionnel, que les victimes directes décédées du régime en URSS soient plusieurs fois inféreures en nombre que les « affabulations » de Courtois le suggéraient. En Chine, les calculs sont compliqués encore par de nombreux facteurs locaux peu ou pas mesurables avec une certaine certitude.

    Ce qui importe ici, c’est de présenter des faits vrais et sincères, sereinement et dans un véritable esprit scientifique..

    Là, comme dans toute science, réside l’essentiel.

    Bien cordialement,



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 31 décembre 2007 15:53

    Julius,

    Ce que vous exprimez sur le sentiment des citoyens tchèques vis à vis de la France est légitime, mais pour avoir fréquenté ce pays et toutes ses couches sociales, dans toutes les régions, je dois dire que personne n’en a jamais parlé.

    C’est le passé pour la majorité écrasante de la population.

    Sur le fait que l’accord de Munich, s’il n’avait pas eu lieu, aurait évité la guerre, cela est une total absurdité. Hitler voulait attaquer la Pologne et l’URSS, le Japon voulait conquérir sa « sphère d’influence asiatique », l’économie allemande était militarisée et toute entière tournée vers la guerre future.

    Tout au plus, sans Accord de Munich, la Wehrmacht aurait envahi le pays avec une guerre meurtrière et longue, avant ou après la Pologne. Un processus mondial de militarisation à outrance et d’agressivité territoriale ne s’arrête pas avec ou sans Accord. Comme le Traité Molotov-Ribbentrop n’a pas empêché l’attaque de l’URSS par les forces nazies.

    Quant au sentiment d’amour pour les Etats-Unis, je n’en ai jamais parlé avec les citoyens tchéques que je connais et visite régulièrement, à Prague, Plzen, Brno et dans le nord.

    Par contre, j’ai observé l’influence allemande croissante dans le nord et l’ouest du pays : investissements, entreprises, coopération inter-communale, etc...

    Quant à la libération de Prague, si le général Toussaint se rendit officiellement le 9 mai, depuis le 2 mai 1945, les massacres de civils allemands et les combats avec les unités nazies avaient commencé.

    Et cette révolte de Prague a été d’une immense violence, de part et d’autre, ce qu’un historien allemand a qualifié de « combats exterminateurs ». Elle a été suivie par deux mois de violences horribles, alors que la guerre avait pris fin officiellement, contre les Allemands en Tchéquie, y compris ceux installés et intégrés de longue date

    D’un certain point de vue, ce fut un « nettoyage ethnique » sans véritable direction, mais sanglant.

    Une page d’horreur et d’ignominie de l’Histoire que les historiens tchèques n’ont pas encore bien « digérée » et analysée. Et là, pour le coup, ce n’était ni le nazisme, ni le communisme qui étaient responsables, mais les citoyens tchèques eux-mêmes.

    Cela montre que, parfois, même sans système politique identifié, la violence meurtrière existe et qu’elle est plus destructrice et barbare que les exécutions des polices politiques (les témoignages de sauvagerie à Prague et en Bohême-Moravie sont à faire se dresser les cheveux sur la tête devant l’inventivité meurtrière déployée).

    Ceci devrait vous montrer que les leçons abstraites de morale en Histoire sont à éviter car chaque peuple, chaque système, a ses pages et livres noirs.

    Le peuple tchèque a écrit aussi ses pages et ce livre de sang. Comme tous les autres.

    Bien cordialement,

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