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Philippe Vassé

Philippe Vassé

Historien de formation initiale, humaniste attaché au savoir, libre penseur et laïque, je réside à Taïwan, au bord de l'Océan Pacifique et aux pieds de magnifiques montagnes.

Tableau de bord

  • Premier article le 02/05/2007
  • Modérateur depuis le 26/06/2007
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Derniers commentaires



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 30 décembre 2007 17:15

    Julius,

    Je prends bonne note de vos sentiments privés, ou, plus exactement, des opinions personnelles qui vous portent à voir dans Reagan, Thatcher, le pape, les sources réelles des évènements de 1989. C’est le droit de chacun de croire en ce qui lui plaît, y compris aux thèses les a-historiques.

    Pour les « légions tchèques », visiblement, vous avez des sources peu fiables, à moins que ces sources aient été « révisées » de manière à fabriquer une « Nouvelle Histoire » compatible avec les nouveaux critères de pensée. Là aussi, c’est votre droit de mélanger les Légions créées par Masaryk et qui ont combattu les troupes allemandes en Argonne avec la Légion de volontaires tchécoslovaques en Russie dans la guerre civile. D’autant que ses massacres, notamment quelques pogroms, sont passés dans l’Histoire.

    Sur Fanny Kaplan, malgré vos impressions de confusion, je rappelle que ce ne sont pas les bolcheviks qui ont accusé Masaryk de l’attentat, c’est un ennemi farouche des bolcheviks, le socialiste-révolutionnaire partisan du terrorisme individuel- passé en 1924 au service des services secrets anglais, fusillé peu après par les Russes lorsqu’il voulut revenir comme agent secret dans son pays natal- qui l’a affirmé et maintenu y compris à son procès.

    On rappellera que les dénégations de Masaryk ont été bien faibles, d’autant que, depuis lors, les liens puissants tissés entre Masaryk et les alliés occidentaux ennemis du pouvoir soviétique de l’époque sont plus que connus en détail.

    L’historien que vous citez, et qui a le mérite effectivement de ne pas « refaire » l’Histoire selon les besoins politiques de tel ou tel régime, appuie cette thèse sur des faits et des écrits, notamment ceux de Boris Savinkov. Lequel, on le rappelle, avait rencontré Masaryk en Russie lorsque ce dernier travaillait avec (pour ?) le gouvernement Kerensky. Il est aussi un fait avéré que Masaryk était un adversaire acharné des bolcheviks, contrairement à Benès, qui était plus fin diplomate et comprenait mieux les intérêts de son petit pays face à son puissant voisin.

    Il n’y a donc rien de confus. Simplement des faits, des dates et des accusations jamais démenties avec clarté.

    Outre le fait que vous occultez Yalta et Potsdam, vous omettez aussi l’abandon de la Tchécoslovaquie en 1938 par les autorités européennes et américaines de l’époque.

    Il conviendrait donc de plus concevoir votre position sur Reagan, Thatcher et le pape à la lumière d’une politique plus globale répondant aux seuls intérêts américains en Europe. Faute de quoi, sans intégrer ce facteur prépondérant dans le cas de la Tchécoslovaquie, comme dans d’autres pays, vous ne pourriez appréhender avec objectivité et dans son contexte les faits.

    Il en fut de même, avec des succès divers, à Cuba, au Vietnam, en Amérique du Sud, voire en Europe, en Irak, en Afghanistan et en Irak.

    Je comprends bien que vous vouliez remercier ce faisant vos soutiens de l’époque (encore que les dissidents tchéques de la Charte 77, de Havel à Sabatova, n’ont guère reçu, surtout avant 1985, de soutien de Washington), mais cela ne peut passer par une Histoire « revisitée » pour les besoins d’une cause, quelle qu’elle soit.

    Bien cordialement,



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 30 décembre 2007 13:00

    Julius,

    Il semble utile, au vu de votre commentaire, de vous rappeler l’Histoire tchèque REELLE.

    La déclaration de naissance de la République tchécoslovaque a été faite par Masaryk non pas à Washington comme vous l’écrivez, mais dans l’enceinte de l’Independance Hall à PHILADELPHIE, le 18 octobre 1918.

    La coïncidence de dates avec les évènements qui se développaient alors en Russie ne saurait vous échapper. Masaryk, alors aux Etats-Unis, présentait aux dirigeants américains son futur Etat comme un rempart possible contre le bolchevisme qui triomphait et aussi contre les anciennes puissances centrales. Ce que le Président américain a bien compris.

    Cette déclaration formelle de naissance de la République tchécoslovaque fut ensuite légalisée et validée par deux Traités signés en France, l’un en 1919 à Saint Germain en Laye, l’autre en 1920 au Trianon, parrainés tous deux par les grandes puissances victorieuses en concertation avec les Etats-Unis.

    La formation réelle de l’Etat tchécoslovaque est issu du premier Traité, ses frontières définitives, pour l’époque, du deuxième.

    Autre erreur : vous confondez les LEGIONS TCHECOSLOVAQUES, formées en Russie tsariste, puis avec l’aide du gouvernement Kerensky, et envoyées se faire tuer en France, notamment en Argonne, avec LA LEGION TCHECOSLOVAQUE que Masaryk a mis en 1919 à disposition des puissances interventionnistes contre la Révolution russe.

    Je rappelle que Masaryk a été accusé par le gouvernement soviétique d’avoir financé une tentative de meurtre contre Lénine en 1918, l’accusation étant faite par Boris SAVINKOV, opposant aux bolcheviks, celui-la même qui a fourni l’arme pour cet acte à Fanny Kaplan. On voit ici qu’un des deux pères fondateurs de la Tchécoslovaquie, l’autre étant Benès, a donné des gages aux ennemis de la Russie d’alors.

    En 1945, les troupes américaines ont attendu paisiblement dans la région de Plzen que les forces allemandes se rendent. Elles n’ont pas combattu en territoire tchécoslovaque et ont bien respecté les accords de Yalta, puis de Potsdam ensuite.

    Quant aux évènements de 1989, personne ne voit ce que Ronald Reagan, le pape ou Mme Thatcher viennent faire dans l’histoire du pays et un soulèvement populaire. Vous êtes sans doute proche de la vérité en mettant le succès des manifestations sur la faiblesse du régime en URSS.

    Espérant avoir corrigé vos erreurs involontaires.

    Bien cordialement,

    PS : les informations historiques indiquées ci-dessus sont trouvables sur WIKIPEDIA sous les rubriques « BENES » et « MASARYK ». Cela permet de sourcer les faits avec précision.



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 30 décembre 2007 05:29

    Moebius,

    Sans vouloir vous contredire puisque vous affirmez de manière péremptoire (ça ne se discute pas !!!) des choses sans apporter les preuves, je me fais un plaisir de vous informer sans vous infirmer que le pays le plus apprécié par les Polonais est..l’Allemagne.

    Loin devant les Etats-Unis. Les chiffres des sondages et des demandes d’émigration sont ici formels, mais discutables, en toute démocratie.

    Les sources sont officielles : ce sont celles des autorités et de la presse polonaise. Et répétées depuis presque 10 ans année après année.

    Bien cordialement,



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 30 décembre 2007 05:24

    Cambronne,

    Le problème n’est pas de vous croire ou non, il est de voir et de constater les faits publics et mesurables.

    Pour qui connaît et suit l’évolution des peuples en question -je laisse de côté les images d’Epinal qui voient une haine multi-séculaire entre les peuples voisins-, le constat est simple et clair : les relations entre les divers pays cités, Allemagne, Pologne, Tchéquie et Russie sont en plein essor sur divers plans. Il se construit ainsi de nouveaux rapports qui induisent des relations nouvelles.

    Cela n’a pas été facile, je vous l’accorde.

    Il a fallu que chaque « nationalisme » ou chaque « Etat » fasse son deuil des atrocités passées commises par les « anciens » de tous côtés, que ce soit Katyn et l’insurrection de Varsovie d’août 1944, ou bien les massacres des Allemands des Sudètes en mai-juin 1945, qui eux-mêmes suivaient les horribles exactions nazies sur la population tchèque et slovaque -rappelons le soulèvement national slovaque de mars 1945 ou Lidice- ou encore les troupes supplétives de SS polonais, tchèques et slovaques en URSS qui ont été coupables de crimes tout aussi ignobles.

    Le passé est le passé. Le présent se tourne vers le futur. Et le futur pacifique et prospère passe par les échanges de tous ordres, la communication, la connaissance réciproque dans un cadre renouvelé.

    C’est la raison pour laquelle les échanges culturels, scientifiques et économiques entre les 4 pays cités sont en pleine expansion. Ce qui est une bonne chose et relativise les vieux sentiments passés qui ne servent aujourd’hui de rien à personne.

    C’est bien là l’essentiel.



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 30 décembre 2007 05:07

    Julius,

    Votre commentaire est assez intéressant, mais malheureusement, il comporte quelques lacunes historiques fort troublantes :

    - avant 1918, il n’existait pas de République tchèque, mais la Tchécoslovaquie est un « produit » de la dislocation de l’empire austro-hongrois, lui-même à l’époque traversé par une crise révolutionnaire profonde. La République tchécoslovaque de l’époque est appuyée par plusieurs gouvernements européens. Quant aux autorités américaines,tout comme les gouvernements anglais et français, elles y voient surtout à ce moment un « Etat-tampon » contre la Russie révolutionnaire. D’où notamment l’usage de soldats tcéhcoslovaques anciens prisonniers envoyés mourir en Russie contre l’Armée Rouge. Il en est parfois ainsi des « soutiens » politiques, pas toujours désintéressés !

    - En 1945, les troupes soviétiques ont libéré du régime nazi la Tchécoslovaquie, avec l’aide de la résistance tchèque et slovaque. Le régime impulsé par Staline n’a été mis en place qu’en 1948. Ce qui fait que vous avez occulté 3 ans d’histoire et les accords de Yalta qui en sont la cause. En effet, les troupes américaines avaient reçu des consignes très claires de RESPECTER le partage des zones d’influence en Europe conclu entre Staline, Roosevelt et Churchill à Yalta. Ceci explique que quelques patrouilles américaines aient poussé de Plzen jusqu’à Prague, sans d’ailleurs rien libérer puisque le groupe d’armées Schoerner a capitulé le 9 mai 1945.

    - Enfin, en 1989, la révolte du peuple de la République tchécoslovaque, suivant les manifestations en Allemagne, n’a rien dû à la politique de Reagan. Il suit le mouvement de libération des peuples de cette époque contre les dictatures qui les opprimaient. Il est en fait le fruit victorieux de la révolution de 1968 réprimée par les chars russes et des forces du pacte de Varsovie.

    Ceci juste pour remettre les faits en ordre et les idées au clair.

    Bien cordialement,

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