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Philippe Vassé

Philippe Vassé

Historien de formation initiale, humaniste attaché au savoir, libre penseur et laïque, je réside à Taïwan, au bord de l'Océan Pacifique et aux pieds de magnifiques montagnes.

Tableau de bord

  • Premier article le 02/05/2007
  • Modérateur depuis le 26/06/2007
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Derniers commentaires



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 27 décembre 2007 19:35

    Internaute,

    je vous remercie de votre commentaire qui est un peu rapide et fait parfois, trop vite, quelques raccourcis qui ne sont pas de même nature.

    La démocratie en Russie est encore une conquête à venir, sans laquelle les progrès constatés, relatifs, mais réels, pourraient ne pas perdurer. Ne pas comprendre la problématique liée de la démocratie et du développement social en Russie serait, à mon sens, se priver de toute capacité de compréhension des faits actuels et passés.

    Les grèves ouvrières, pas plus en Russie qu’en Chine, ne sont une marque de démocratie : elles indiquent au contraire que la révolte sociale sourd dans la société car ne trouvant pas de canal d’expression démocratique pour s’exprimer et se faire entendre du pouvoir.

    La seule différence essentielle est qu’en Chine, cette révolte est si générale et massive qu’on ne peut plus la taire, ni la cacher, alors qu’en Russie, les autorités essaient de la dissimuler et de la minimiser.

    Autre point qui soulève question dans votre réaction : vous indiquez que les partis « extrêmistes », selon votre appellation, ont été laminés. Ce que je n’ai pas exactement dit. Certains partis de natures diverses -libéraux, nationalistes xénophobes- ont été balayés par les règles électorales imposées par le régime, donc, en apparence, par les électeurs. Les deux principaux partis survivants sont tous deux issus du Parti Communiste et de sa police politique, ce qui ne peut que vous interroger quant à vos souhaits de rompre vraiment avec le passé.

    Ceci étant pointé pour information, les dérives dangereuses que j’ai signalées (racisme anti-caucasien, anti-musulman ou anti-juif demeurent, et parfois sont intégrées dans les partis représentés à la Douma. Ils restent des dangers sociaux importants, facteurs de troubles possibles.

    Les élections truquées et fabriquées par un appareil d’Etat uniformisé n’ont pas résolu la problématique que vous soulevez à juste titre- comme je le fais dans l’article- de la construction d’une société russe démocratique, moderne et libérée des écueils du passé.

    Car, la société russe n’a pas à être « reconstruite », elle existe bien. Ce qui est en jeu est son passage à la démocratie réelle (sociale, économique et politique), qui seule peut assurer un développement durable et harmonieux au pays et à son peuple, avec une économie mieux structurée et plus en adéquation avec les potentiels et besoins existants, en paix surtout avec les nations voisines.

    Plutôt qu’une incantation de type stalinien genre « Longue vie à Poutine » qui ne résout rien pour personne, d’autant que l’intéressé va devenir Premier Ministre avec des conflits internes durs qui s’annoncent au sommet du pouvoir, j’aurais plus apprécié qu’un lecteur de votre qualité soutienne avec plus de netteté la nécessité d’une vraie démocratie en Russie, ceci dans l’intérêt final bien compris justement de la majorité du peuple russe, mais aussi des peuples d’Europe et du monde.

    Car je pense en effet que nous avons tous tout à gagner à une Russie démocratique et moderne, comme à une Chine démocratique et moderne. Cela serait un plus pour la paix et la stabilité mondiale.

    Bien cordialement,



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 27 décembre 2007 19:04

    N E Tatem,

    Désolé de vous décevoir, je n’ai pas lu le journal que vous citez sur Poutine, qui n’était d’ailleurs pas le centre de l’article comme vous avez dû le lire, mais la Russie et son peuple.

    Je n’ai pas voulu développer non plus sur les ONG et les histoires de services secrets, qui ne jouent dans cette histoire actuelle de la Russie que des rôles fort secondaires, pour ne pas dire plus.

    Je ne rentre pas non plus dans les almanachs de propagande officielle qui ne servent à rien d’autre qu’à décerveler leurs auteurs autant que leurs auditeurs, et ne sais rien des critères fiables et concrets de comparaison entre les artistes de cirque russes et leurs homologues étrangers, pas plus que le diamant artificiel ne m’intéresse dans le cadre de l’étude abordée.

    Je note que la Russie n’est pas un lointain pays, mais plutôt un immense territoire, et que les besoins de démocratie, de culture, d’éducation, de citoyenneté et de vie sociale plus élaborée y sont aussi immenses. De l’avis des citoyens russes eux-mêmes !

    Quant à la Chine de plus en plus heureuse, il appartient, me semble-t-il, à son peuple de se prononcer sur ce point, ce qu’il fait par les émeutes quotidiennes, les révoltes urbaines, les grèves de masse et les actions de protestation de plus en plus puissantes de toutes natures.

    La démocratie est fondamentalement une et indivisible, et ne se modifie pas selon la couleur de la peau ou le passeport. C’est un droit humain essentiel sans lequel tout développement pérenne et harmonieux est, à terme, impossible.

    Bien cordialement,



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 27 décembre 2007 18:49

    Zen,

    Merci beaucoup de ce commentaire qui apporte l’explication à la situation constatée d’expansion géographique quelque peu désordonnée de l’UE.

    Vous avez parfaitement mis les doigt sur l’origine de cette extension indéfinie de ce qui est appelé « Union européenne » et qui, à force de s’étendre, ne maîtrise plus les problèmes nés de son processus de développement, mais commence à les subir comme des forces désagrégatrices.

    Et ce qui se passe en Lithuanie et en Ukraine, pour ne parler que de deux pays limitrophes, est indicatif du futur.

    Un citoyen ironique sur un forum avait posé la question sous cet angle : « Trop d’Europe pourrait-il tuer l’Europe ? »

    Sous l’humour citoyen se cache parfois la réalité qui se profile derrière les absences de réactions ou les positions ambigues qui ne cachent pas les vrais problèmes délaissés.

    Bien amicalement,



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 27 décembre 2007 16:47

    Le Furtif,

    Merci pour votre commentaire qui resitue avec une certaine ironie amusante la problématique de certains pays nouveaux membres de l’UE de plein droit, si on peut dire.

    En fait de pays du « cordon sanitaire », quand le gaz et le pétrole russes pénètrent et sont bien utiles en Lithuanie, en Ukraine, en Allemagne, en Pologne, il est difficile de se voir destiner de nouveau par les « gens du Pentagone » un destin de « cordon sanitaire » contre un voisin dont le premier objectif est de commercer avec vous.

    Les objectifs du Pentagone dans ce contexte sont plutôt ennuyeux pour les principaux visés non-demandeurs, pour la direction politique de l’UE qui par son silence montre qu’elle ne peut ni offenser son « allié de Washington », ni se faire menaçante envers son fournisseur russe payé en euros sonnants et trébuchants.

    Dur, dur, d’être un des commissaires européens incapables de prendre une position entre le marteau et l’enclume. Toute l’absurdité ubuesque de la politique commune « étrangère » - qui n’est qu’une vue de l’esprit de certains- de l’UE explose ici.

    L’UE devient ainsi la risée du monde alors qu’elle se voulait un exemple...En attendant la crise au Kosovo, avec une Albanie bushiste qui fait aussi une cour assidue à Bruxelles tout en rejetant le Kosovo dont elle se moque ouvertement et une Serbie qui s’appuie sur le grand frère russe, de plus en plus puissant et influent.

    A trop vouloir s’étendre de tous côtés sans avoir d’abord réfléchi aux problématiques géo-politiques en cause, l’UE ne peut plus maîtriser les problèmes et les contradictions qui s’accumulent.

    Rêve des dirigeants, réalité des faits.

    Bien cordialement,



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 27 décembre 2007 16:09

    Yannick,

    Je partage tout à fait votre dernier point, à la fois dans la forme et dans le fond constitutif. La démocratie ne s’importe pas, ne se décrète pas, ne s’exporte pas non plus.

    Mais, les peuples et les citoyens peuvent librement échanger leurs expériences lorsqu’ils peuvent tout aussi librement communiquer entre eux afin de concourir à un épanouissement commun et concerté entre eux.

    Sur le problème des installations militaires américaines, effectivement, l’UE en tant que telle se tait, faisant ainsi la vérification du dicton selon lequel « qui ne dit mot consent ».

    Officiellement, l’explication en serait que les pays en question ont des responsabilités souveraines qui les regardent, au niveau des accords extérieurs de nature militaire. En clair, la Pologne et la Tchéquie ont le droit de devenir des problèmes internationaux, donc aussi pour l’UE, sans que Bruxelles ne puisse rien dire sur le genèse du dossier.

    La tartufferie de la bureaucratie UE a ici une extension originale qui confine au ridicule burlesque.

    Cette position de tartuffe s’explique par la soumission de la direction politique générale de l’UE aux intérêts américains face à la Russie. En d’autres termes, l’UE manifeste son accord tacite à une immixtion manifeste d’un Etat non-membre de l’UE -les Etats-Unis- dans les rapports entre l’UE, ses 27 Etats membres et la Russie.

    Il n’est pas sûr que la « ligne de conduite » plutôt fuyante et inconsistante de la Commission Européenne sur le sujet soit constitutive d’une politique claire et compréhensible par tous les acteurs concernés.

    Ce dossier des installations militaires aux frontières de la Russie forme, avec celui du Kosovo, les deux grands dangers potentiels de crise entre d’un côté, une Russie qui a retrouvé sa confiance en elle, sa force militaire et une force de frappe économique, une Serbie qui a tiré les leçons de son isolement de 1999 et su se lier à Moscou pour défendre des intérêts vus comme communs, et de l’autre une direction de l’UE qui croit que les problèmes disparaissent quand on n’en parle plus, ce qui relève de l’absence de réalisme la plus absurde.

    Comme vous le notez non sans humour, les dirigeants de Bruxelles vont devoir faire le constat que l’UE n’est qu’un petit appendice de l’immense continent asiatique, sans vrai pouvoir international et sans réelle politique d’ensemble.

    La problématique, ramenée à des données plus mesurables, est la suivante : quelle place pourrait-il y avoir pour l’UE entre la Russie qui reprend sa place de superpuissance mondiale, la montée de l’Inde et de la Chine, la solidité maintenue du Japon, et les Etats-Unis ?

    Soit l’UE existe dans une relation équilibrée et pacifiée entre les grands Etats mondiaux, soit elle privilégie des choix « continentaux » pragmatiques.

    Dans les deux hypothèses, sa nature même et la variété des intérêts contradictoires mèneront à des crises répétées et incessantes car il ne peut y avoir UNE politique étrangère globale de l’UE quand les situations nationales sont si diverses et de logiques contradictoires.

    La réponse peut donc générer des contradictions internes flagrantes et menacer de facto l’UE d’implosion.

    On commence à voir les premiers signes avant-coureurs de cette « implosion » possible dans les louvoiements de la Lithuanie face à la Russie et dans les processus en cours en Ukraine. Et ce n’est pas fini car la Pologne ne peut non plus faire l’impasse sur son voisin géant à l’Est....

    Peut-être tout simplement l’UE va-t-elle payer par cette implosion sa volonté d’être trop « grande », donc d’agréger des environnements géo-politiques et économiques par trop différents, ce qui nourrit par essence des tensions nouvelles entre des intérêts parfois très (trop ?) divergents.

    Bien cordialement,

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