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Philippe Vassé

Philippe Vassé

Historien de formation initiale, humaniste attaché au savoir, libre penseur et laïque, je réside à Taïwan, au bord de l'Océan Pacifique et aux pieds de magnifiques montagnes.

Tableau de bord

  • Premier article le 02/05/2007
  • Modérateur depuis le 26/06/2007
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Derniers commentaires



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 27 décembre 2007 15:34

    Marsupilami,

    L’article en lien dans votre commentaire est doublement intéressant : il est un signe (rare, pour ne pas dire rarissime) des luttes internes sourdes au sein du Kremlin poutinien et par le biais de ces « conflits », l’occasion de faire « un peu » de lumière sur la fortune du Président russe.

    Il est vrai que celui-ci ne se cache pas d’avoir grandement amélioré son propre sort matériel, notamment via ses datchas et ses chevaux de course.

    La question de la « corruption » soulevée par l’article est plus épineuse qu’il y paraît. Les sociétés citées doivent toutes, de facto, leur richesse sociale, leur puissance internationale et leurs chiffes d’affaires à la politique de...Vladimir Poutine.

    En Russie, certains disent élégamment, et sans humour aucun, que les « parts du Président » sont comme des cadeaux à celui à qui ces sociétés doivent tout...

    Une notion juridico-politique qui est en expansion, en Russie, mais aussi ailleurs, Etats-Unis avec le groupe CARLYLE- ou en France avec un certain Bolloré, ponte du MEDEF, qui prête avec générosité son avion privé à...son ami Nicolas Sarkozy, Président aussi !

    Poutine s’inscrit donc dans un processus général mondial de ce point de vue, mais de manière moins ostentatoire que d’autres. En tout cas, il me semble.

    Bien cordialement,



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 27 décembre 2007 14:45

    Yannick,

    Merci beaucoup d’avoir compris le sens de l’article qui se veut une analyse la plus objective possible- eu égard aux données diverses que je possède sur le sujet- de la situation en Russie et de ce pays sur la scène mondiale.

    Je note avec intérêt que vous avez choisi à dessein des termes allemands pour dessiner votre point de vue.

    Si « sonderweg » que je traduirais, sous votre accord, par « chemin particulier » ou « voie spécifique » signifie pour le peuple de Russie la marche vers la démocratie, la prospérité, la paix, la stabilité et une vie quotidienne plus épanouissante, je suis en effet favorable à cela.

    Il est évident que personne ne peut imposer dorénavant un quelconque « Weltanschauung », comme vous l’écrivez, à ce pays et à son peuple, le singulier étant ici placé pour désigner la collectivité de ses citoyens par delà les diverses nationalités existantes, Slaves et non-Slaves.

    Sur les rapports UE-Russie, il me semble que plusieurs « dossiers » sont sources potentielles de conflits politiques, notamment le statut du Kosovo, le futur de la Géorgie, la place des Etats baltes, l’avenir de l’Ukraine et la situation en développement dans les républiques d’Asie Centrale, sans oublier les missiles et radars américains près des frontières russes.

    Sur ces points, fort divers, il ne me semble pas en tout état de cause que les autorités de l’UE, conglomérat d’Etats aux positions politiques assez diversifiées sur ces questions, font preuve de « psycho-rigidité ».

    Il me paraît plus adéquat de qualifier l’attitude des dirigeants en question de « position américaine européanisée », ce qui me semble plus précis quant aux sources réelles des prises de position et de l’habillement qui lui est ensuite donné.

    A l’évidence, et quoi qu’on puisse penser du problème du Kosovo, il me paraît clair que ce dossier est « manipulé » ou, c’est selon, « instrumentalisé » depuis 1999 par les responsables américains pour leurs propres objectifs géo-politiques dans la région, à la fois contre l’UE d’un certain point de vue, mais aussi et surtout contre la Russie.

    Et là, les risques de déboucher sur un conflit militaire régional sont réels...

    Bien cordialement,



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 19 décembre 2007 06:39

    Kayen

    En vous présentant mes excuses pour répondre si tardivement, je souhaite aussi vous exprimer mon accord de fond sur l’analyse que vous faites, mais aussi la dépasser afin de ne pas rester que sur le terrain des constats.

    Les processus dynamiques font que Nicolas Sarkozy manifeste chaque jour un peu plus son incompréhension presque « incroyable » des relations internationales, entre autres choses.

    Il ne perçoit pas que le monde est redevenu de facto « multipolaire », que ses déclarations et positions génèrent pour lui et les intérêts de ses « amis » des problèmes de plus en plus graves que les mots ne peuvent cacher et contenir et que, ce faisant, il est en voie de s’auto-détruire politiquement tant en France qu’à l’extérieur.

    Cela est notable avec ses « alliés » européens qui n’ont aucune confiance en lui et craignent ses réactions incontrôlables et incontrôlées.

    C’est le cas avec les pays arabes où sa politique de soumission à l’administration Bush lui crée des ennemis nouveaux à chaque phrase.

    C’est le cas en Asie avec l’Inde. Quant aux autorités chinoises, elles ne cachent pas leur mépris pour l’homme et ses « capacités » politiques.

    Bref, comme la guerre en Iran n’est pas une solution à rien pour les Etats-Unis, la répression et l’agression permanentes ne sont pas non plus des solutions pour les problèmes du pays.

    Cela hâte une crise sans précédent en France dont tous les ingrédients explosifs s’accumulent à grande vitesse. Tandis qu’à l’extérieur, les « partenaires » de Nicolas Sarkozy ne se « battront » pas pour l’aider en cas de difficulté grave, mais plus pour lui trouver un « remplaçant »....

    Bien cordialement,



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 19 décembre 2007 06:26

    Bonjour,

    je vous présente d’abord mes excuses pour répondre en retard à votre commentaire.

    Si j’en juge par les sondages d’opinion crédibles ( je retire l’IFOP de Mme Parisot de cette liste des instituts crédibles), l’opinion publique condamne ces dérives qui ne sont pas tant commerciales que politiques.

    Pour l’Espagne, je ne me prononce pas à la place des citoyens de ce pays. Il leur appartient de dire ce qu’ils pensent des liens entre leur pays et d’autres Etats, que ce soit la Libye ou la Chine.

    La conclusion de ces dérives est que la France a une image internationale qui se rapproche de celle, désastreuse, des Etats-Unis de G W Bush, alors que ces contrats commerciaux sont systématiquement remis en cause après signature, comme on vient de le voir entre EADS et l’Inde pour des hélicoptères.

    La morale de l’histoire est claire : tout le monde méprise un pays (via son Président) qui s’agenouille sans même que ses interlocuteurs ne le lui aient demandé. Cela vaut dans les relations politiques et dans le commerce mondial.

    A lire la presse mondiale et les sondages qui en sortent, Nicolas Sarkozy est en voie de devenir le champion de la honte et du ridicule au niveau international.

    Le problème est, derrière son image de nuque vassale inclinée en permanence, c’est tout un pays qui est en train de reculer et de démolir ses positions mondiales.

    Bien cordialement,



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 8 décembre 2007 13:28

    Ronchonaire,

    Vos remarques souvent fécondes au débat sont aussi instructives sur le fond.

    Que l’UE soit une structure non-démocratique, l’absence « hallucinante » de prévision naturelle et spontanée par les dirigeants de ses Etats membres de consultations des citoyens et des peuples en est la marque effarante, en tout cas pour tout démocrate.

    Une preuve : le Parlement ne décide rien, c’est une Commission non élue qui rédige et fait appliquer de force -sous peine d’amendes- des textes qu’elle recopie des documents remis par des lobbys qui sont si structurés à Bruxelles qu’ils ont des locaux à leur disposition et un service spécifique de l’UE pour mieux les écouter !

    Où sont entendus et écoutés, voire pris en compte les demandes des citoyens ?

    La BCE est indépendante des élus, tant du Parlement européen que des gouvernements des Etats membres. Elle ne rend de comptes à personne. Où est ici le principe des contre-pouvoirs et du contrôle des élus du peuple sur cette institution-clé ?

    Un organisme multi-étatique sans contrôle de personne sur lui, comment s’appelle ce principe ?

    Ce qui me semble parfois « hallucinant » est qu’il y ait encore des citoyens, certes de moins en moins nombreux, qui puissent avoir une forme de « nov-croyance » et qui voient encore dans l’absence de démocratie et de structures de contrôle au sein de l’UE un modèle de démocratie !

    Même formellement, les Banques Centrales chinoise, russe ou cubaine sont contrôlées et dirigées par les autorités élues ( je laisse de côté le« caractère » de ces diverses élections), je m’en tiens à la forme.

    Et que sont des députés d’un pays qui doivent voter, pour « application dans le droit national » des directives d’une Commission non-élue alors qu’ils sont censés voter pour les seuls intérêts de leurs électeurs-mandants, le tout sous peine d’amendes publiques ?

    A cette aune, les députés ne sont plus les représentants du peuple, ils deviennent des auxiliaires de la Commission européenne et de ses directives.

    Hallucinant, avez-vous écrit ? Oui, et de plus, c’est la vérité telle que tous le constatent.

    Bien cordialement,

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