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Philippe Vassé

Philippe Vassé

Historien de formation initiale, humaniste attaché au savoir, libre penseur et laïque, je réside à Taïwan, au bord de l'Océan Pacifique et aux pieds de magnifiques montagnes.

Tableau de bord

  • Premier article le 02/05/2007
  • Modérateur depuis le 26/06/2007
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Derniers commentaires



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 4 décembre 2007 00:43

    Martin,

    Bien que vos questions, fort légitimes, débordent du cadre du sujet de l’article, je souhaite apporter une réponse personnelle à vos interrogations.

    Que Poutine ne soit pas un démocrate, c’est un fait évident et indiscutable, basé sur de nombreux faits. Ceci dit, nous avons avec lui un cas particulier qui se résume à ces paramètres : à l’évidence aussi, Poutine a redressé son pays, l’économie nationale, amélioré, avec les ressources minières du pays -pétrole, gaz, minerais- la vie quotidienne des Russes, même si tout n’est pas rose, loin de là.

    Cela lui apporte un soutien large de fait, plus qu’une vraie popularité, dans la population. Ce fait est aussi indéniable. Il a aussi redonné sa force à l’Etat, réorganisé et redonné leur puissance aux forces armées en pleine déconfiture, tout en lançant un plan ambitieux de développement des industries militaires.

    En relatant ces faits,je ne porte pas de jugement, mais émets seulement des constats.

    Ce sont les lecteurs qui doivent pouvoir se forger librement leurs opinions souveraines sur la base de faits avérés.

    Quant au constat que vous faites sur la démocratie en France et plus généralement dans l’Union Européenne, je suis, à titre personnel, totalement d’accord avec vos propos, sur le fond.

    Notamment en ce qui concerne le nouveau Traité européen qui me semble, en démocratie, devoir être soumis, sans discussion aucune sur le principe tant cela est une obligation morale publique, au suffrage universel direct des citoyens, en clair au référendum populaire.

    Sur ce point, je ne peux que partager votre avis en tous points.

    Bien cordialement à vous,



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 3 décembre 2007 13:45

    Léon,

    L’article que vous signalez n’avait pas aussi échappé à mon attention de lecteur, mais n’ayant qu’une confiance limitée dans le sérieux de Courrier International, je me permets de relater ce que les visiteurs peuvent voir dans ce pays de leurs yeux, avec tout ce que cela signifie de possible subjectivité du regard.

    Avant toute chose, il ne vous aura pas échappé que l’article de CI relatait des informations, largement reprises sur Wikipédia, et dont les sources avaient besoin d’être avérées, comme toute source en général.

    Tout comme des gens comme moi, des journalistes du New York Times -NYT) ont été en visite libre en Tchétchénie pour voir les choses DE LEURS PROPRES YEUX.

    D’autres journalistes allemands et asiatiques ont aussi fait le déplacement et notre point de vue est relativement commun sur les faits donnés que l’article tente de résumer.

    Autre point sur les accompagnants des gens du NYT, ils étaient avec des membres de Fondations américaines proches des Républicains, ce qui en faisait des personnes peu suspectes de parti-pris pro-Poutine, pro-Kadyrov ou d’amitié envers les troupes russes.

    Qu’avons-nous constaté sur place, avec nos différentes cultures et approches : 1) que Grozny et sa banlieue sont quasi-reconstruites et/ou réparées. Que les sites urbains sont en pleine reconstruction. 2) que l’économie semble- au vu des magasins et de leurs contenus- bien repartie. 3) que les services publics essentiels fonctionnent.

    Comme eux, et malgré les barrières linguistiques, nous avons constaté que nombre de citoyens savaient que leur Président est loin d’être un démocrate- je l’ai dit et redit dans l’article- mais que la vie « normale » est de nouveau possible.

    Sur le statut des femmes, je n’ai pas entendu les déclarations de Kadyrov sur le sujet. Une chose est sûre pour quiconque se promène dans Grozny, à moins que ces milices islamiques se soient cachées pour qu’on ne les voie pas : on ne les a pas vues.

    Ce qui n’est guère étonnant pour les gens de culture connaissant un peu le pays, ce que CI a dû mal comprendre du fait d’un manque de savoir sur la région.

    Kadyrov est un musulman - et encore, sa vraie foi semble plus être l’argent et le pouvoir- de tendance soufiste, et comme ami et protégé de Poutine, il est ennemi farouche de l’Islam wahabite.

    On le voit donc mal, malgré tous ses défauts connus ou à découvrir- prôner la burka comme CI le laisse entendre par ignorance.

    Ce dont il s’agit est d’un fichu traditionnel tchétchène qui fait référence plus au nationalisme prôné officiellement par le régime qu’à la religion. Cela relève donc plus d’un nationalisme promu qu’à une volonté d’imposer la Charia que les soufistes sont loin de soutenir !!!

    Ceci étant dit, Grozny n’est pas un repaire de femmes voilées ou soumises, d’autant que la reconstruction de la ville a apporté de facto des populations...russes peu portées sur l’Islam !

    Pour ceux qui veulent lire l’article de l’équipe américaine du NYT, qui reprend en gros ce que j’ai aussi constaté : il est paru le 8 octobre 2007 sous le titre en anglais : « Under Iron Rule, War-Torn Grozny Returns to Life », signe par C J Chivers

    On y cite aussi les avis des « spécialistes républicains » qui, en dehors de leurs analyses politiques, ont constaté, sur les femmes, l’habitat, la reconstruction, l’économie et les services publics les mêmes choses que moi.

    Je pense donc que CI devrait peut-être moins lire Wikipédia pour rédiger ses articles et dépenser un peu d’argent pour envoyer un(e) journaliste sur place.

    A mon sens, la meilleure source, mais pas la plus complète, est : les yeux, les oreilles et la bouche pour communiquer sur place, sans oublier les pieds pour se déplacer, sans se contenter de sources non-vérifiées sur des faits parfois d’un comique réel pour des musulmans soufistes anti-wahabites.

    Bien cordialement,



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 3 décembre 2007 11:25

    Aux lecteurs précédents,

    Bonjour,

    La politique de la Russie sous Poutine est bien évidemment jusqu’à un certain point un contre-poids à l’influence américaine, mais plus fondamentalement l’expression d’un multilatéralisme qui revient sur la scène internationale.

    Poutine n’a rien d’un démocrate, cela doit être dit clairement et son ami Kadyrov non plus.

    Etudier sa politique revient à étudier le parcours atypique d’un dirigeant qui a remodelé et réhabilité son pays, après des années de reculs sociaux et économiques, de désastres politiques, diplomatiques et militaires et de gestion catastrophique (l’ère Eltsine avec le concours des « Chicago boys »).

    Ce qui est en cours un Tchétchénie est surtout, à mon sens, instructif de ce qui pourrait bientôt se passer ailleurs et qui se profile pour la Géorgie. Mais pas seulement....

    Moins de 16 ans après l’effondrement de l’URSS et son implosion, la Russie est revenue en force sur la scène internationale et a su régler un conflit dangereux à ses frontières tout en se lançant dans une expansion économique de grande envergure.

    A l’évidence, il est temps que le monde s’intéresse un peu plus à la Russie et que les analystes se penchent sur ce que je qualifierais de « phénomène Poutine ».

    Car cet homme et son pays risquent encore de nous surprendre dans le futur et ils sont devenus des facteurs essentiels de la politique mondiale. Et des facteurs à suivre car leur force se développe pendant que d’autres puissances déclinent en sens inverse.

    Bien cordialement,



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 3 décembre 2007 06:01

    Bonjour,

    Le paramètre intéressant versé au débat est, me semble-t-il, que les lignes de transport électrique, gérées par l’Etat via RTE, serviront donc, avec l’argent public, à transporter de l’électricité privatisée.

    Pour la continuité du service de l’énergie, cela crée de facto de futures dissensions sur les responsabilités juridiques des uns et des autres, voire des uns contre les autres, en cas de panne locale ou générale ?

    Qui va gérer un réseau global internationalisé -celui de RTE- de manière cohérente à travers la cacophonie, ou, si l’on préfère, l’usine à gaz, à problèmes et catastrophes potentiels que cette décision génère de facto ? Qui sera l’interlocuteur COMPETENT des usagers sur quoi et à partir de quel échelon de responsabilité ? Qui va être responsable de quoi et face à qui ? Et si un désastre genre Tchernobyl survient, qui assurera quoi et financera quoi ? Et qui réagira comment, sous quelle autorité directrice ?

    A un système que l’on peut certes améliorer et qui avait le mérite de permettre la clarté des choses pour les simples usagers comme pour les entreprises, on substitue, pour obéir à la jamais élus Commission Européenne qui donne ses ordres tels des commandements divins, un système qui va générer incompétences, incohérences et impossibilité de gestion pérenne sereine et sûre.

    Il ne s’agit pas d’un débat seulement entre des positions politiques ou des conceptions de sociétés différentes, voire opposées. Cela se conçoit et a sa légitimité.

    Il s’agit là avant tout du futur concret de tout le pays et de la pérennité de son économie, dans un contexte mondial très particulier de plus.

    Il s’agit dans ce dossier de la dislocation de l’économie énergétique, pardon, je reformule plus précisément, de la destruction de toute possibilité de toute politique énergétique nationale cohérente et intelligente, sûre et contrôlable, car gérable avec une visibilité ou lisibilité globale possible.

    Au moment où les pays producteurs d’énergies et de matières premières (re)nationalisent, de facto ou par le biais de compagnies publiques, (Russie, Chine, Amérique du Sud, Inde, Iran, pays arabes, et jusqu’à certains Etats américains) ces secteurs d’avenir et d’intérêt national public évident pour le fonctionnement stable de toute l’économie et de la société, il se trouve que la France fait l’inverse.

    Il est des décisions qui sont compréhensibles, même si elles sont criticables.

    Celle-là est simplement inconcevable tant elle est génératrice de situations conflictuelles coûteuses et nuisibles. Elle ne répond qu’à des critères « idéologiques » sans lien avec les nécessités, justement, de l’économie moderne, surtout au moment où le prix des énergies explose.

    La situation ainsi créée est une inexcusable erreur sur le plan industriel et une faute impardonnable quant à l’avenir du pays sur tous les plans.

    C’est aussi une attaque directe contre les intérêts économiques du pays pour son avenir.

    Un pays sans infrastructures sûres et pérennes, assurant à tous la distribution de l’énergie vitale pour la vie quotidienne des citoyens et l’activité régulière des entreprises sur le plan énergétique, mais explosées et divisées, voire morcelées, c’est le contraire complet des nécessités fondatrices d’une société moderne du 21ème siècle.

    Apparemment, les autorités françaises font le choix du passé contre l’avenir. Elles ont ici totalement tort, et l’avenir va vite le montrer quand il faudra que ces mêmes autorités interviennent pour juguler des hausses tarifaires destructrices pour les entreprises et voleuses de pouvoir d’achat pour les citoyens

    De facto, les tarifs vont être la pierre angulaire, avec la gestion désordonnée du réseau et ses pannes inévitables à prévoir, de la remise en question, dans la réalité, de cette décision.

    Bien cordialement,



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 2 décembre 2007 14:49

    A Jean-Paul,

    Ce que vous dites sur la politique gouvernementale chinoise est fort juste et aisément constatable.

    La Chine actuelle est un mélange instable et mouvant entre « libéralisme sauvage » et « segments de propriété collective », tous aussi attaqués et mis en danger par une corruption effrénée que la répression la plus brutale -souvent la peine de mort- ne parvient pas à endiguer.

    Etant assez proche du pays en question et le connaissant assez bien, je corrigerais juste un mot de votre part, sans que cela signifie que vous vous soyez trompé.

    Vous dites que « la doctrine des actuels dirigeants gouvernement chinois est ale nationalisme ». Ce qui n’est pas tout à fait exact, tout en n’étant pas entièrement inexact.

    Je m’en explique.

    Pour être plus concret, je dirais que la doctrine des actuels dirigeants chinois est la « dictature nationale corrompue ». Ils usent du nationalisme comme d’une armure politique pour se protéger des pressions extérieures et surtout pour que personne ne puisse regarder les sanglants dessous de la réalité tragique du régime.

    En même temps, on assiste à des mouvements contradictoires et parfois « étranges » entre marché privé et secteur étatisé. Par exemple, les autorités prônent le marché libre comme solution pour la Chine, mais refusent la démocratie tout en renationalisant, de facto, les avoirs financiers chinois ( les plus importants au monde) pour en faire des forces de frappe financière gigantesque....au service des projets de l’Etat !!!.

    Rappelons que la première entreprise « en capitaux » du monde est une société chinoise, étatique en fait, privée en droit, et pétrolière ! L’Etat lève aussi des fonds via les bourses créées, tout en les taxant au passage.

    La Chine est un immense pays où les contradictions sont aussi intenses que les apparences sont trompeuses.

    Parfois, une définition trop « pointue » ne permet pas de saisir les subtilités déroutantes des pratiques qui y ont cours et qui défient les règles habituelles connues ailleurs.

    D’où cet amical correctif.

    Bien cordialement,

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