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Philippe Vassé

Philippe Vassé

Historien de formation initiale, humaniste attaché au savoir, libre penseur et laïque, je réside à Taïwan, au bord de l'Océan Pacifique et aux pieds de magnifiques montagnes.

Tableau de bord

  • Premier article le 02/05/2007
  • Modérateur depuis le 26/06/2007
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Derniers commentaires



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 2 décembre 2007 14:01

    Jean-Paul,

    J’oubliais, et je m’en excuse dans ma longue réponse valable pour plusieurs commentaires intéressants dont les vôtres, le cas des pays du Golfe que vous aviez cité, ce dont je vous sais gré.

    Pour suivre d’assez près avec des personnes très bien placées les processus en cours dans ces pays et en Arabie Séoudite, il me paraît adéquat de ne pas confondre ici population en nombre et pouvoir économique du fait des avoirs financiers utilisables

    Je rappelle ici qu’Abu Dhabi surtout, mais aussi d’autres Etats du Golfe, qui sont loin certes d’être des Etats à vocation « socialiste » au sens originel du mot, ont centralisé leurs avoirs financiers en des forces de frappe -fonds d’intervention publics- relevant de l’Etat (comme des sortes de banques nationalisées de facto pour simplifier la compréhension de la chose) et utilisent ces fonds pour intervenir massivement sur certains marchés financiers, pour l’heure surtout à New York- soutien à Citigroup- et à Londres, soutien aux banques anglaises en difficulté dont Northern Rock.

    Ce qui n’empêche pas de passer ces avoirs progressivement du dollar à l’euro, voire en yens ou en livres sterling, le tout en essayant d’éviter un krach boursier, d’où leur soutien aux banques durement touchées par la crise des subprimes et la perte de valeur de leurs leurs actifs.

    Là aussi, le déclin de l’Empire se manifeste en processus.

    En clair, dans les pays du Golfe, « on » soutient pour le moment le système bancaire en détresse en apportant de l’oxygène (argent frais) tandis que de l’autre, on capte toujours plus de dollars via la hausse des prix des matières premières fossiles vendues et que l’on passe ces avoirs croissants en douceur vers l’euro, le yen et la livre sterling.

    A la fin du cycle ainsi créé, la monnaie qui baisse est bien le dollar, ce qui en retour pénalise toujours plus les importations pétrolières et gazières américaines, forçant la FED à émettre toujours plus de dollars.

    Bref, le système, en quelque sorte, se mord la queue et travaille contre lui-même.

    Ce cercle vicieux financier est aussi, à mon sens, une preuve irréfragable du déclin général de l’Empire américain, au sens que j’en ai donné.

    Bien cordialement,



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 2 décembre 2007 13:39

    A Zen,

    Merci de votre commentaire. Il est vrai qu’il me semble toujours important, sinon essentiel qu’Agoravox soit un outil à la fois d’informations et de libre débat, surtout sur des sujets non-français, ce qui à la fois recadre et replace les problèmes français dans un cadre et des processus mondiaux.

    Bien amicalement,

    A Jean-Paul,

    S’agissant de l’UE qui est quand même une création avant tout « américaine » dont les ancêtres avaient pour but de « coaliser » les pays alliés des Etats-Unis en Europe, et maintenant d’en faire LA province frontalière face à la Russie - cf : crises en série en Ukraine, Pologne, Slovaquie ou tensions irrégulières avec les Etats baltes- et au monde arabo-musulman (dossier turc en suspens permanent), il me semble que le terme de province soit très actuel et surtout précis autant qu’approprié au niveau historique.

    La même remarque vaut pour l’ASEAN qui se structure sur un plan politique (cf : sa dernière réunion plénière) et réfléchit à des structures collectives. Elle est aussi le fruit tardif des efforts américains pour fédérer les Etats amis de la zone, même si cela n’est plus exactement le cas maintenant.

    A mon sens, les Etats-Unis sont à la fois un Empire en eux-mêmes et un Empire à l’extérieur, à visée mondiale, qui s’est bâti après le premier temps de fondation initiale.

    Comme l’Empire romain le fit à ses origines, des cités -ou centres urbains- de la Côte Est ont formé par la lutte contre les occupants britanniques une nation sans réalité nationale classique, en clair un Etat fédéral fort composite sur le plan des origines de ses citoyens.

    Ces Etats fédérés en une UNION -comme Rome dirigea un temps une fédération de cités- ont ensuite conquis les espaces aux alentours (guerres indiennes et mexicaines).

    Ils ont imposé parfois à des Etats proches, mais de nature politico-économique différentes leur système économique et politique, à travers la guerre dite de Sécession qui marque l’aboutissement de la sphère géographique intérieure de l’Empire.

    C’est après cette unification centralisatrice sous la coupe d’une administration forte et identifiée toujours à une ville de la Côte Est devenu cité de pouvoir- Washington- pour un territoire de plus de 9 millions de km² que ce pouvoir a commencé à attaquer à l’extérieur de ses frontières déclarées - guerre avec l’Espagne pour la possession et le contrôle des territoires de l’Amérique centrale, puis méridionale)plus Cuba.

    Enfin, l’Empire central a constitué des bases et territoires qui ont varié avec le temps, mais qui servirent et servent encore largement aux intérêts américains ( pays latino-américains ou centro-américains longtemps sous la coupe de dictateurs nommés et soutenus par Washington, coups d’Etat interventionnistes du Chili à Cuba. En Asie, tentative d’établissements de territoires annexes avec l’Indochine que les Etats-Unis ont voulu s’approprier (guerre du Vietnam). N’oublions pas la politique américaine aussi avec la Chine de la fin du 19ème siècle jusqu’en 1949, visant à faire du Kuomintang de Chang Kai Chek son représentant direct pour gérer le pays et l’occupation du Japon et de ses anciennes conquêtes (Philippines).

    Plus récemment, nous assistons à la mise en place d’une sorte d’Union continentale avec le Mexique et le Canada qui suit les accords NAFTA.

    Enfin, ne pas oublier les tentatives de mettre l’Europe sous domination directe après 1945 -plan Morgenthau pour l’Allemagne et l’Autriche, et plan AMGOT pour la France et les pays proches.

    Il me semble que tous ces faits démontrent que les Etats-Unis sont à la fois un Empire en eux-mêmes, Empire qui a voulu sans cesse depuis la fin du 19ème siècle s’étendre ensuite de diverses manières sur l’ensemble du monde, mais sans succès car se heurtant partout à la résistance des peuples et des nations constituées.

    A tout le moins, les faits historiques cités ici tendent à valider cette position et le terme qui va avec, bien que fort imparfait en tant que tel.

    Bien cordialement,



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 2 décembre 2007 10:52

    A Jean Paul Doguet,

    J’avais répondu bien plus haut dans le fil à la question- très pertinente- de l’usage du mot Empire dans l’article et ce dès son titre.

    Je voulais par ce terme générique induire l’idée d’un vaste conglomérat politico-économique soumis à un centre dirigeant dont les intérêts primaient sur le resten et notamment sur ce que je qualifiais, toujours afin de faire saisir les rapports existants ou ayant existé, de « provinces », voire « d’arrière-cour » impériale.

    Il est évident que le terme peut être considéré comme impropre au sens strict de sa définition telle que donnée par le Larousse ou le Petit Robert, mais s’agissant d’un Etat qui a dominé la politique et l’économie mondiale, y compris indirectement, par la pression de la course aux armements, les pays dits « communistes ».

    Il a cependant le mérite d’exprimer un concept de domination large et centralisée, et il correspond le mieux à une entité qui jusque là n’aavit jamais eu son égal sur cette planète.

    Faute de mieux pour le moment, je l’ai retenu pour ces motifs. Si un autre terme plus précis et plus clair encore existe, je suis naturellement preneur, mais je n’en ai pas vu. A une nouvelle réalité de domination mondiale ou de volonté de domination mondiale, il aurait fallu un terme en adéquation qui reflète les diverses réalités factuelles abordées, c’est bien ce mot en rapport avec ce concept qui me semble devoir encore être à inventer.

    Bien cordialement,

    Aux autres lecteurs et aussi à Jean-Paul,

    Il ressort des commentaires intéressants qui ont été placés sur ce fil- ceux qui abordent le sujet pour en débattre et non le fuir- que beaucoup s’interrogent en fait sur les possibilités qu’a l’Empire américain à se redresser et à rebondir, ce qui marquerait alors que le déclin n’était pas irréversible.

    Le commentaire d’Alberto était sur ce point éclairant, et je m’aperçois que je ne lui ai pas accordé une attention suffisante. Avec mes excuses à Alberto pour mon retard à saisir l’importance primordiale dans le débat de ce fil de son commentaire initial.

    C’est un débat très riche et intéressant. Il sort naturellement de l’analyse stricte, scientifique, précise des faits actuels avérés que personne ne conteste et ouvre un espace de libre discussion féconde où personne ne peut prétendre avoir la vérité révélée et imposée.

    La plupart des commentateurs qui abordent ce point le font sous l’un ou sous les deux auspices suivantes : un nouveau Président -ou Présidente- à Washington et un renouveau économique peuvent inverser le cours des choses.

    Bien évidemment, comme dans l’histoire de tout Empire, le déclin peut durer un certain laps de temps, par nature imprévisible, et il peut même parfois, toujours un certain temps, être freiné ou stoppé, mis en suspens en quelque sorte. Cela s’est vu dans le passé, cela est donc un modèle reproductible en Histoire.

    Ce type de processus n’est donc nullement impossible et personne ne peut l’écarter.

    Cependant, les paramètres fondamentaux qui « poussent » au déclin de l’Empire- à ne pas confondre avec sa chute qui est tout autre chose- ne sont pas à Washington et ne dépendent pas de l’économie américaine, fut-elle en croissance ou non, ce qui est en plus relatif par rapport aux autres pays.

    Le monde nouveau qui naît de ce déclin et qui en procède est MULTILATERAL. Ce simple fait que personne ne peut contester à ce jour est au CENTRE du déclin de l’Empire qui avait vocation auto-proclamée à dominer le monde ou du moins à le gérer de manière à ce que ses intérêts propres prédominent sur ceux de tous les autres pays.

    Aujourd’hui, les Etats-Unis n’ont plus le monopole ni de la puissance économique, ni militaire. Ils sont donc contraints à, de gré ou de force, devoir reconnaître ce multilatéralisme et ses conséquences.

    Celui-ci se décline en zones d’influence diverses, plus ou moins continentales, avec des Etats poids lourds comme la Chine, le Japon, la Russie, l’Inde, le Brésil. L’UE- comme les pays arabes du Golfe ou l’ASEAN en construction politique- est un autre conglomérat, mais aucun de ses Etats membres, à l’exception PEUT-ETRE de l’Allemagne ou de la Grande Bretagne, ne peut prétendre aujourd’hui à un vrai rôle mondial significatif (pas même le France).

    Les désordres monétaires qui voient la place dominante du dollar contesté expriment en un sens ce déclin des Etats-Unis, RELATIVEMENT au reste du monde : en clair, le poids économique de l’Empire régresse, ce qui n’est pas nouveau en soi. Ce qui est par contre nouveau est la traduction du processus en termes de monnaie internationale d’échanges qui est de facto remise en cause.

    Cette modification ESSENTIELLE pour l’Empire est aussi le fruit de sa place politique et militaire déclinante dans le monde qui se construit.

    L’élan donné au développement de ces puissances, nouvelles pour certaines -Brésil, Inde- ou de retour pour d’autres (Chine, Russie, Japon) est à mon sens le fait déterminant qui scelle et scellera le déclin américain dans les prochaines décennies. Mais encore une fois, je ne pense pas que mon point de vue soit indiscutable car il n’est ici qu’une projection dans le futur possible de processus actuels qui peuvent connaître des bouleversements impromptus.

    Ceci dit, le débat avec des intervenants de qualité, honnêtes et cultivés, est très enrichissant.

    Il tranche des commentaires vides et creux de ceux qui, ne pouvant se résoudre à admettre le monde qui apparaît sous leurs yeux, se réfugient dans le réconfort de mots creux et de rêves personnels sans lien aucun avec la réalité dynamique.

    Bien cordialement,



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 2 décembre 2007 03:34

    A l’auteur,

    Votre article est un festival de rappels très pertinents de ce qu’est effectivement, j’allais employer le mot « objectivement » au sens d’une photographie non manipulée de Nicolas Sarkozy.

    Ayant eu à connaître de très près quelques-uns de ses « conseillers », votre analyse des faits donnés me semble tout à fait exacte comme reflet des postures changeantes et affectives de l’individu.

    Si je puis me permettre une remarque qui soit de nature à éclairer encore un peu mieux votre travail de compréhension, il me semble que le personnage, en dehors de ses caractéristiques psychologiques que l’on commence à bien discerner et connaître -je parle ici de celles et ceux qui veulent regarder la réalité en face et non se complaîre dans la vénération adoratrice- ont aussi à s’intéresser au côté affairiste de Nicolas Sarkozy.

    Un petit coup d’oeil jeté sur les amis de ce dernier dans les Hauts de Seine, qui est la pouponnière sarkozyste par excellence -Balkany, Aeschlimann, la fille Ceccaldi, Devedjian-, leurs agissements et comportements, permet d’apporter encore, à mon sens, plus de lumière sur le sujet.

    En application simple de l’adage qui dit « qui se ressemble s’assemble »

    Bien cordialement,



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 1er décembre 2007 01:52

    Ricky 972,

    Votre commentaire sur vos souhaite propres pour l’avenir des Etats-Unis, bien que ne contenant rien de factuel -ce sont des prédictions qui n’engagent que votre opinion propre-, mérite au moins une remarque.

    Sur les nouvelles technologies du futur, en termes d’énergies renouvelables et utilisables, il ne saurait échapper à toute personne un peu informée des choses dans ce secteur que les Etats-Unis sont plus qu’en retard.

    Les pays qui ont mobilisé des capitaux, publics ou privés considérables pour avancer dans cette voie, sont pour le moment le Japon et Taiwan, qui gardent donc une avance significative dans ce secteur précis.

    Même l’Australie a développé des énergies renouvelables qui assurent sa stabilité pérenne de ce côté. Et elle entend avec son nouveau gouvernement pousser les choses dans ce domaine.

    Il me semble donc qu’il serait plus pertinent de se baser sur des faits pour participer utilement à un débat que sur des ignorances ici plutôt contraires aux faits constatés.

    Le reste de vos opinions n’apportant rien au débat sur l’article et les processus connus qu’il décrit, je n’ai rien à en dire.

    Bien cordialement,

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