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Philippe Vassé

Philippe Vassé

Historien de formation initiale, humaniste attaché au savoir, libre penseur et laïque, je réside à Taïwan, au bord de l'Océan Pacifique et aux pieds de magnifiques montagnes.

Tableau de bord

  • Premier article le 02/05/2007
  • Modérateur depuis le 26/06/2007
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Derniers commentaires



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 10 novembre 2007 09:15

    Je livre aux lecteurs du fil ces éléments qui viennent de la presse suisse et dont certains devraient retenir l’attention, notamment les craintes massives quant à la réalité des résultats annoncés de certaines banques, la peur des marchés devant ces faits.

    Au passage,avec humour, je signale à Némo que Stanley annonce aussi des pertes plus élevées que prévues (cela relativise les croyances pour le futur de son représentant en Asie : puisqu’il n’a pas anticipé la crise en cours, comment croire qu’il anticipera celle qui naît ?) et que Merryll Lynch est soumis, comme EADS en Europe, à une enquête officielle de la SEC (gendarme de la Bourse américaine).

    Trait principal de la dépêche : le lien entre les reculs à Wall Street et en Asie. C’est justement cette situation nuisible pour eux que Chinois, Japonais et autres pays asiatiques veulent faire cesser en se débarrassant de leurs dollars à un « rythme accéléré », comme le notait la presse anglophone.

    Au passage, je signale pour les « euro-philes » que la Suisse ne veut toujours pas de l’euro, ni la Grande-Bretagne, ce qui va peser sur la place de l’euro face au dollar et sa situation future comme monnaie d’échange internationale potentielle.

    Romandie News BOURSE/Paris : le CAC 40 réduit légèrement ses pertes (-1,25%), EADS grimpe

    Paris (AWP/AFX) - La Bourse de Paris réduisait légèrement ses pertes jeudi à la mi-séance, le CAC 40 cédant 1,25%, dans un marché affecté par le recul des Bourses américaine et asiatiques, mais tiré par EADS, qui a publié un chiffre d’affaires trimestriel supérieur de un milliard d’euros aux attentes.

    A 11H40, l’indice parisien perdait 71,22 points à 5612 points, dans un volume d’échanges de 2,95 milliards d’euros.

    Londres reculait de 1,24%, Francfort de 0,17% et l’Eurostoxx 50 de 1,08%.

    Le marché est affecté depuis l’ouverture par la forte baisse de Wall Street la veille, qui a entraîné les Bourses asiatiques dans son sillage jeudi.

    Le Dow Jones a perdu plus de 350 points (-2,64%) et le Nasdaq 2,70%, devant le cumul du pétrole cher, de l’affaissement du dollar, des craintes sur le secteur bancaire et des pertes colossales dévoilées par General Motors.

    Les mauvaises nouvelles continuent d’arriver sur le secteur financier, ce qui pesait sur les valeurs du secteur, sauf pour BNP Paribas qui résiste le jour de ses résultats, considérés comme bons par les analystes.

    Aux Etats-Unis, Morgan Stanley a annoncé 2,5 milliards de dollars de pertes nettes à cause des crédits « subprime », et Merrill Lynch a confirmé que le gendarme de la Bourse américain, la SEC, avait ouvert une enquête sur ses comptes.

    Le marché attend par ailleurs la décision de la Banque centrale européenne, qui devrait annoncer jeudi un statu quo à 4% sur son principal taux directeur, selon la grande majorité des analystes.

    EADS (+3,91% à 22,32 euros) a publié un chiffre d’affaires du troisième trimestre supérieur d’un milliard d’euros aux prévisions du consensus des analystes, selon les courtiers Oddo et Raymond James.

    L’abaissement par EADS de sa prévision de résultat d’exploitation pour 2007 est par conséquent moindre que ce que craignaient les investisseurs.

    BNP PARIBAS (stable à 70,70 euros) résiste après un bénéfice net en hausse de 21% au troisième trimestre malgré la crise financière, dont la banque chiffre l’impact sur ses comptes à 301 millions d’euros.

    EDF (-1,82% à 82,19 euros) a dégagé sur les neuf premiers mois de l’année un chiffre d’affaires en baisse de 0,3% à 42,643 milliards d’euros, inférieur aux attentes de plusieurs analystes. Le groupe a confirmé ses objectifs de croissance de son résultat brut d’exploitation en 2007 de 3% à 6%.

    TOTAL (stable à 57,17 euros) est soutenu par plusieurs relèvements de recommandations d’analystes.

    LAFARGE (+1,20% à 110,65 euros) a réalisé, sur les neuf premiers mois de l’année, un bénéfice net en hausse de 40% à 1,534 milliard d’euros, et prévoit de dépasser l’objectif de croissance de 10% du résultat net par action par an sur la période 2005-2008. Le groupe de matériaux de construction a enregistré un chiffre d’affaires en hausse de 4% à 13,279 milliards d’euros, tiré par « la forte croissance des pays émergents ».

    ALSTOM (-5,87% à 152,70 euros) a enregistré des résultats sans surprise, avec un bond de 49% de son bénéfice net au premier semestre de son exercice 2007/2008 (clos fin septembre), à 388 millions d’euros, et de 33% des nouvelles commandes. Le groupe table sur une croissance organique de ses ventes annuelles d’environ 15% ».

    AXA (-3,95% à 27,69 euros) a enregistré un chiffre d’affaires de 71,652 milliards d’euros sur les neuf premiers mois de l’année, en hausse de 22,3%.

    HERMÈS (+1,58% à 82,96 euros) a enregistré au troisième trimestre un chiffre d’affaires de 394,7 millions d’euros, en progression de 12,3% sur un an, et relève son objectif de croissance annuelle de ses ventes.

    GEMALTO (-3,33% à 20,06 euros) a annoncé jeudi un chiffre d’affaires pour le troisième trimestre en hausse de 3%, à 400,6 millions d’euros, renouant ainsi avec la croissance pour la première fois depuis la fusion entre Axalto et Gemplus en 2006.

    SOITEC (-7,60% à 11,55 euros), touché par un effet de change dollar-euro défavorable, a publié une perte nette de 1,2 million d’euros au premier semestre de son exercice 2007-2008, et un bénéfice opérationnel divisé par 10, mais prévoit une amélioration au second semestre tout en « restant prudent ».

    afx/rq (AWP/08 novembre 2007 12h08)



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 10 novembre 2007 01:55

    Chers lecteurs,

    Après avoir lu les commentaires ci-dessus, je me permets quelques observations personnelles :

    - Parler de l’euro est évidemment parler implicitement de la situation de l’UE -qui n’a rien de brillante par les temps qui courent-, de sa BCE qui règne en reine alors qu’il faudrait de l’intelligence compréhensive des changements mondiaux afin de les anticiper et non d’y réagir avec retard, de sa politique monétaire à court terme.

    - Ce n’est nullement une critique envers personne, mais force est de noter que beaucoup de personne ont en Europe une vision europocentriste de l’économie mondiale et une approche « fixiste » alors que le monde présent bouge très vite et de façon peu prévisible.

    - il se peut effectivement- les situations nouvelles appellent des solutions nouvelles- que le dollar déclinant, reflet d’un Etat américain qui décline relativement par rapport au reste du monde et par rapport à son poids passé laisse sa place non à l’euro, mais à un cartel monétaire pluriel. La situation actuelle est « fluide », mais penser l’euro comme un dogme absolu ne résout rien si on n’a pas à la BCE, par exemple, une approche aussi « fluide ».

    - le monde multipolaire qui se construit sous nos yeux est marqué, entre autres choses, par la réduction croissante de la place économique REELLE de la zone euro dans l’économie mondiale, qu’on le veuille ou non. Joschka Fischer tançait hier l’UE pour sa faiblesse politique face à la Russie, mais son rapport constate de facto que la Russie est en plein rebond et dispose des atouts gaz et pétrole alors que la zone euro va de crise en crise pour des raisons structurelles politiques (absence d’homogénéité, intérêts internes antagoniques, dissensions stratégiques qui les reflètent, etc...).

    - les manipulations monétaires et les déplacements massifs de capitaux seront, sur un l’avenir lisible, asiatiques (chinois surtout et japonais dans une moindre mesure) et arabes. A cette situation nouvelle qui est régie par des objectifs et des règles de fonctionnement qui échappent encore aux « économistes europocentristes » se rajoute la montée en puissance de la Russie et des pays pétro-gaziers d’Amérique du Sud, dont les influences et buts sur les marchés financiers ne sont nullement prévisibles, eux aussi.

    - Une chose me frappe surtout dans cet aveuglement europocentriste et souligne bien que l’euro n’est ni une protection en rien, ni une garantie de rien pour l’avenir : les économistes européens, mais pas seulement eux- ont traité des années la Chine par exemple, comme auparavant les pays arabes pétroliers, voire plus récemment les pays émergents d’Amérique du Sud, comme des « marchés de type eldorado » pour LEURS entreprises EUROPEENNES. Or, la réalité est qu’aujourd’hui, ce sont les marchés européen et américain qui sont devenus un eldorado pour les entreprises chinoises, qui elles-memes achètent de plus massivement les sociétés européennes et américaines et dont lez fonds centralisés par ou sous l’égide de l’Etat chinois constituent des forces de frappe colossales et rapides, autant que mouvantes.

    - Dernier point : j’avais mis de côté un des facteurs les plus essentiels de la crise financière qui se rapproche : le blanchiment massif d’argent sale par le système bancaire international et les pratiques bancaires douteuses.

    Là aussi, je doute que l’euro et la BCE puissent jouer un rôle protecteur puisque la BCE laisse faire de nombreuses banques européennes sur le sujet, en parfaite connaissance des risques et des faits, malgré les textes exisxtants.

    En résumé, ce que je perçois, est que la plupart des économistes et politiques européens vivent dans leurs têtes dans des schémas dépassés, de style 1944 ou 1971, mais qu’il leur est difficile d’accepter une réalité qu’ils se refusent à regarder : ni la zone euro, ni les Etats-Unis ne sont les maîtres du monde, et encore moins, de l’économie mondiale.

    C’est une réalité pourtant...

    Bien cordialement,

    PS : je salue Némo au passage pour la qualité de ses interventions, bien que je sois largement en désaccord avec ses positions propres, aux motifs vus ci-dessus. Mais, j’apprécie son ton, son savoir et son respect des autres, ce qui donne sa qualité à un fil.



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 10 novembre 2007 01:51

    Chers lecteurs,

    Après avoir lu les commentaires ci-dessus, je me permets quelques observations personnelles :

    - Parler de l’euro est évidemment parler implicitement de la situation de l’UE -qui n’a rien de brillante par les temps qui courent-, de sa BCE qui règne en reine alors qu’il faudrait de l’intelligence compréhensive des changements mondiaux afin de les anticiper et non d’y réagir avec retard, de sa politique monétaire à court terme.

    - Ce n’est nullement une critique envers personne, mais force est de noter que beaucoup de personne ont en Europe une vision europocentriste de l’économie mondiale et une approche « fixiste » alors que le monde présent bouge très vite et de façon peu prévisible.

    - il se peut effectivement- les situations nouvelles appellent des solutions nouvelles- que le dollar déclinant, reflet d’un Etat américain qui décline relativement par rapport au reste du monde et par rapport à son poids passé laisse sa place non à l’euro, mais à un cartel monétaire pluriel. La situation actuelle est « fluide », mais penser l’euro comme un dogme absolu ne résout rien si on n’a pas à la BCE, par exemple, une approche aussi « fluide ».

    - le monde multipolaire qui se construit sous nos yeux est marqué, entre autres choses, par la réduction croissante de la place économique REELLE de la zone euro dans l’économie mondiale, qu’on le veuille ou non. Joschka Fischer tançait hier l’UE pour sa faiblesse politique face à la Russie, mais son rapport constate de facto que la Russie est en plein rebond et dispose des atouts gaz et pétrole alors que la zone euro va de crise en crise pour des raisons structurelles politiques (absence d’homogénéité, intérêts internes antagoniques, dissensions stratégiques qui les reflètent, etc...).

    - les manipulations monétaires et les déplacements massifs de capitaux seront, sur un l’avenir lisible, asiatiques (chinois surtout et japonais dans une moindre mesure) et arabes. A cette situation nouvelle qui est régie par des objectifs et des règles de fonctionnement qui échappent encore aux « économistes europocentristes » se rajoute la montée en puissance de la Russie et des pays pétro-gaziers d’Amérique du Sud, dont les influences et buts sur les marchés financiers ne sont nullement prévisibles, eux aussi.

    - Une chose me frappe surtout dans cet aveuglement europocentriste et souligne bien que l’euro n’est ni une protection en rien, ni une garantie de rien pour l’avenir : les économistes européens, mais pas seulement eux- ont traité des années la Chine par exemple, comme auparavant les pays arabes pétroliers, voire plus récemment les pays émergents d’Amérique du Sud, comme des « marchés de type eldorado » pour LEURS entreprises EUROPEENNES. Or, la réalité est qu’aujourd’hui, ce sont les marchés européen et américain qui sont devenus un eldorado pour les entreprises chinoises, qui elles-memes achètent de plus massivement les sociétés européennes et américaines et dont lez fonds centralisés par ou sous l’égide de l’Etat chinois constituent des forces de frappe colossales et rapides, autant que mouvantes.

    - Dernier point : j’avais mis de côté un des facteurs les plus essentiels de la crise financière qui se rapproche : le blanchiment massif d’argent sale par le système bancaire international et les pratiques bancaires douteuses.

    Là aussi, je doute que l’euro et la BCE puissent jouer un rôle protecteur puisque la BCE laisse faire de nombreuses banques européennes sur le sujet, en parfaite connaissance des risques et des faits, malgré les textes exisxtants.

    En résumé, ce que je perçois, est que la plupart des économistes et politiques européens vivent dans leurs têtes dans des schémas dépassés, de style 1944 ou 1971, mais qu’il leur est difficile d’accepter une réalité qu’ils se refusent à regarder : ni la zone euro, ni les Etats-Unis ne sont les maîtres du monde, et encore moins, de l’économie mondiale.

    C’est une réalité pourtant...

    Bien cordialement,

    PS : je salue Némo au passage pour la qualité de ses interventions, bien que je sois largement en désaccord avec ses positions propres, aux motifs vus ci-dessus. Mais, j’apprécie son ton, son savoir et son respect des autres, ce qui donne sa qualité à un fil.



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 9 novembre 2007 15:04

    Cher Némo,

    Le paragraphe incriminé était non le dernier, mais celui-ci, avec mes excuses pour l’erreur involontaire :

    « China, Japan and Taiwan sold Treasuries at the fastest pace in at least five years in August as losses linked to US subprime mortgages sparked a slump in the dollar. Still, overseas investors own more than half of the US$4.4 trillion in marketable US government debt outstanding, up from a third in 2001, data compiled by the US Treasury Department show. »

    Les opinions du représentant de Stanley en Asie sont les siennes et restent des opinions propres, qui reflètent en partie les vôtres, mais sans démontrer leur véracité plus que cela par des faits avérés.

    Je visais bien évidememnt les faits relatifs au paragraphe visé et aux actions REELLES des dirigeants financiers chinois. Eux agissent et achètent, le responsable de Stanley commente.

    C’est là la différence qui, me semble-t-il, est ici essentielle.

    Bien cordialement et avec mes excuses réitérées pour mon erreur de paragraphe.

    PS ; j’aime bien vos réponses car elles sont structurées, même si je les estime déconnectées des réalités « internationales ». Peut-être parce que je travaille et vis en Asie où on voit les choses diversement....



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 9 novembre 2007 14:52

    Cher Némo,

    Je reçois bien et entends vos arguments.

    L’euro peut monter indéfiniment, tout ira bien, selon vous : comment pouvez-vous assurer cette assertion ? Sur quels éléments concrets ? Et surtout jusqu’à quel niveau REEL où la démesure de la hausse engendrera la chute catastrophique en sens inverse ?

    Les prix des matières premières augmente : pas pour tout le monde et pas uniformément selon les pays justement. Et il semble que ce n’est pas LE seul problème ACTUEL de l’économie, même si celui-ci retient votre attention personnelle du fait de la hausse des prix qui a déjà largement érodé le pouvoir d’achat en Europe et dans le monde.

    Il y a aussi la crise bancaire et la crise financière internationale qui est derrière comme son ombre portée, la bulle des « subprimes » n’en étant qu’une partie apparente et n’étant pas de plus épuisée, loin de là, ainsi que les pages financières des journaux le montrent.

    Il me semble que vous faites un peu trop d’orthodoxie « économique » alors que, maintenant, dans un monde multipolaire économiquement et politiquement, cette orthodoxie perd ses bases mêmes et doit se revisiter.

    Les dirigeants chinois le soulignent : les temps ont changé, les ancens puissants sont affaiblis, les anciens faibles ont la force de frappe et en usent.

    Ce n’est pas pour vous contredire, mais il me semble qu’il serait sage d’éviter de croire en des dogmes stables quand tout bouge et évolue, dans un sens où les critères valables du passé ne le sont plus, comme le démontre la force de frappe chinoise de 200 milliars de dollars pour acheter les sociétés européennes et américaines.

    Il serait temps que nos « vieux économistes dépassé » -au sens intellectuel-, je parle surtout pour l’Europe, se réveillent et regardent les réalités nouvelles au lieu de répéter que tout est figé, compris, connu et prévisible quand tout leur ancien ordre des choses est en plein bouleversement.

    En Asie, les réponses à la hausse des matières premières sont diverses selon les pays. Face à la crise bancaire, il en est de même. La tendance est à un interventionnisme renforcé de l’Etat comme en Chine, au Japon, en Thaïlande ou à Taiwan, pour ne citer que quelques-uns.

    Les règles et les rapports de force changent. Est-ce le cas pour les économistes européens ?

    Je n’en suis pas sûr.

    Bien cordialement,

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