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Philippe VERGNES

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Tableau de bord

  • Premier article le 27/04/2012
  • Modérateur depuis le 17/12/2012
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Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • Philippe VERGNES 27 mars 2018 09:59

    @ Mal’,


    Je vous avais promis de revenir pour apporter quelques précisions sur le sujet, notamment en ce qui concerne vos interrogations du début et les articles que vous citez en lien.

    Vous écrivez à propos de la perversion narcissique : « Son souci, c’est qu’il s’agit de la psychanalyse, discipline tant conspuée par les temps qui courent... »

    Oui, mais il ne s’agit pas de n’importe quelle psychanalyse. Il s’agit d’une psychanalyse groupale et familiale que rejettent les psychanalystes orthodoxes ou traditionnels. La principale différence consiste dans le déroulement de la cure. Plus de cure type divan dans la psychanalyse groupale et familiale, au moins un représentant familial de chaque génération pour un minimum de trois générations (lorsque cela est possible), et l’obligation d’être deux praticiens. Cela change fondamentalement les données du transfert et la qualité des informations recueilles. Plus d’interprétation « sauvage » dans ses conditions... tout est à « nu ». Autre différence essentielle, la psychanalyse groupale et familiale ne fait pas référence aux topiques freudiennes. Elle a sa propre topique qui dépasse, engloble, et corrige les apories et les égarements de certaines conceptions freudiennes (pour moi, de la plupart d’entre elles). Bref, j’abrège, car mon prochain article va parler de cette distinction psychanalyse / psychanalyse groupale et familiale.

    Parlons maintenant des articles qui s’opposent à la théorie de la perversion narcissique (bien qu’une critique de certains articles qui la plébiscite serait utile aussi, mais je ne vais pas en plus faire le boulot des contradicteurs en manque total d’esprit critique - au sens de vertu critique -, mais très porté à la critique).

    La quasi-totalité des auteurs des articles qui nie, dénigre, disqualifie, etc. la théorie de la perversion narcissique n’ont jamais lu une seule ligne de Racamier.

    J’insiste bien sur ce point, car je fais une veille informatique (alerte google) depuis 2004 sur ce thème et je pense avoir lu une grosse majorité des articles qui ont été publiés sur le sujet, mais il y en a tant désormais, que j’ai du en laisser passer quelques-uns. Toutefois, c’est toujours la même chose.

    Je vais m’évertuer d’apporter la critique à un seul contradicteur (cela me permettra de rédiger un commentaire au sujet de son livre par la même occasion). Incontestablement, la meilleure critique que j’ai lu de la théorie de la perversion narcissique est celle que produit Marcel Sanguet qui a un non moins incontestable talent de rhéteur. Mais, mais... mais, car mail il y a... et un gros en plus.

    Indéniablement, Marcel Sanguet s’est informé à minima sur la perversion narcissique. S’il n’a pas lu tout Racamier pour comprendre sa pensée, il est au moins allé chercher quelques définitions de la perversion narcissique qu’il me semble important ici de rappeler.

    Première étape (conférence de 1985 « De la perversion narcissique », publiée en 1987) : "Cliniquement la perversion narcissique se caractérise, pour un individu, par le besoin et le plaisir prévalents de se faire valoir soi-même aux dépens d’autrui. (C’est l’auteur qui souligne.)
    Mais, précise Racamier, « C’est un plaisir spécifique. » (Je reviendrais un jour sur ce plaisir spécifique tel qu’il le décrit, car c’est un élément essentiel de sa théorie.)

    Dernière étape (je saute l’intermédiaire de 1992) :
    « PERVERSION NARCISSIQUE :
    Définit une organisation durable ou transitoire caractérisée par le besoin, la capacité et le plaisir de se mettre à l’abri des conflits internes et en particulier du deuil, en se faisant valoir au détriment d’un objet manipulé comme un ustensile et un faire-valoir. » (Racamier, Cortège conceptuel, p. 59. C’est moi qui souligne.)

    Chaque mot est important dans cette définition. Si c’est une organisation (plus qu’une structure) durable ou transitoire, c’est aussi quelque part « pas vu pas pris »... le tout étant de connaître la répétitivité - fréquence, durée et intensité - avec laquelle s’expriment les indices de perversion narcissique. Inutile de les commenter tous, car il me faut en dire un mot sur l’essentiel : le deuil et l’expulsion de deuil. (Je ne commente pas ces deux phénomènes qui ont fait chacun l’objet d’un article quant au plaisir spécifique, il me faudra y revenir plus tard, comme indiqué ci-dessus.)

    En outre, ce qu’explique Racamier dans toute sa théorie, c’est que la notion d’incestuel (cf. « Le mystère Freud : Freud Vs Racamier ou l’énigme de la perversion narcissique ») de même que quelques autres concepts trop complexes pour être évoqués ici (en particulier ceux d’antœdipe et de paradoxalité) sont indissociables de la compréhension de cette théorie.

    Ceci étant dit, de quoi parle Marcel Sanguet dans son livre ?

    Je vous le donne en mille... il parle du pervers... de la perversion freudienne telle qu’il a pu la décrire dans les deux premières topiques psychanalytiques de Freud. En aucun cas, il ne parle de deuil originaire, notion sur laquelle repose toutes les théories de Racamier tant sur les psychoses que sur les pathologies narcissiques perverses (dont font partie la paranoïa et le fétichisme), ni d’incestuel, ni même de paradoxalité et encore moins d’antœdipe.

    Autrement dit, il juge la théorie de la perversion narcissique au regard de ses connaissances des théories freudiennes et non pas au regard des apports des découvertes. Tout le contraire de ce qu’il faudrait faire pour vérifier la validité des théories de Racamier.

    En résumé, malgré l’évidente érudition de Marcel Sanguet et de riches réflexions il convient de ne pas se laisser hypnotiser par ses belles paroles, car son livre est totalement hors sujet.

    Espérant que ces précisions vous seront utiles,

    Bonne journée.


  • Philippe VERGNES 27 mars 2018 08:16

    @ Fifi Brind_acier,


    Les pervers défendent avant tout leur image... leur intérêts narcissiques donc et si les intérêts financiers suivent par la même occasion, c’est un plus. C’est toute la difficulté de les repérer en milieu professionnel : ils font alliance avec certaines personnes qui, elles, ne visent que leur intérêts financiers, car si tous les pervers narcissiques sont forcément manipulateurs, tous les manipulateurs ne sont pas pervers narcissiques.

    Pour être juste : "Ce qui compte pour lui [le pervers narcissique] n’est pas d’être ni même d’avoir, c’est de paraîtreDe là vient ce profond cachet d’inauthenticité (très bien vu par Janine Chasseguet-Smirgel) qui s’attache à la perversion narcissique. De là viennent également les rapports étroits de la mythomanie, tout comme de l’imposture, avec la perversion narcissique : elle les relie, les chapeaute et les englobe. On m’a dit quelquefois que le désamour de la vérité chez les pervers narcissiques fait penser à la politique politicienne…« (Vous aimerez probablement cette citation vu quels sont vos engagements sur ce site.) smiley

    Puis, plus loin, parlant de la pensée perverse : »Ainsi, venant à peine de nous frotter à la mythomanie, n’aurons-nous pas eu de long parcours à faire pour trouver la paranoïa. Nous restons dans la zone d’une escroquerie de la pensée.« 

    Et enfin, sur la pensée perverse en elle-même : »Autre contraste : alors que notre pensée (à son meilleur…) se tisse comme une enveloppe pour entourer – nimber – son objet, sans pourtant l’immobiliser, la pensée perverse, elle, ne vise qu’à emballer et enfermer, confondre et poindre sa proie, dans un filet serré de contrevérités et de non-dits, d’allusions et de mensonges, d’insinuations et de calomnies. C’est une pensée pour faire intrusion dans la préoccupation d’autrui, une pensée-poison, une pensée pour démentaliser, dévaloriser et disqualifier l’autre ; une pensée toute en agirs et en manœuvres, qui fragmente, divise, et désoriente.« (Ces citations sont extraites du livre principal de Racamier, le »découvreur" de la théorie de la perversion narcissique. En gras et souligné, c’est moi qui souligne ; en italique, les propos sont soulignés par l’’auteur.)

    La définition exacte de la pensée perverse est la suivante :
    « PERVERSE : PENSÉE PERVERSE. - (Ps, Cl, In) Désigne le type de pensée qui prévaut dans la perversion narcissique, présidant à la mise en oeuvre des conduites perverses, et subsistant à leur inhibition lorsque celle-ci s’exerce en vertu d’un empêchement extérieur.
    Exactement à l’inverse de la pensée créative et de la pensée psychanalytique, la pensée perverse est tout entière tournée vers la manipulation d’autrui, l’emprise narcissique et la prédation. Experte en manœuvres, apparemment socialisée, capable d’essaimer et prompte à la persécution, la pensée perverse n’a aucun souci de vérité (seul le résultat compte) ; débarrassée de fantasme et d’affect, foncièrement disqualifiante, elle ne vise qu’à rompre les liens entre les personnes et les pensées. Toute tournée vers l’agir, le faire-agir, et le ’décervelage’, spécialiste en attaque de l’intelligence, c’est une pensée formidablement pauvre. » (Cette citation est extraite du petit dictionnaire Intitulé Cortège conceptuel que Racamier a pris soin de rédiger peu avant sa mort. Il est quasi impossible de comprendre son oeuvre sans cet outil. C’est moi qui souligne.)






  • Philippe VERGNES 27 mars 2018 02:54

    @ Mal’,


    D’autant que la question se pose vraiment de savoir si le pervers narcissique est un sadique ou pas... c’est un point qui serait à développer. Il y a beaucoup de croyances autour de ce thème.


  • Philippe VERGNES 27 mars 2018 02:48

    @ Shawford,


    Je vous le permets bien entendu et je serais même ravi d’en discuter avec vous quelle que soit votre opinion sur le sujet. Ce qui signifie que la question vous est également posée. Il serait même préférable que Self con troll lise aussi cette réponse avant de proposer la sienne.

    Il me semble que la réponse à votre question est dans le problème que je soulève et explicite ci-dessus à Self con troll si vous y prêtez gare. C’est du moins mon opinion et je ne vois pas ce qui pose problème dans ma réponse à Self con troll qui puisse vous permettre de dire que je ne réponds pas à sa simple question. Donc, pour le dire autrement, ce n’est strictement pas une question de bonne ou de mauvaise compréhension du fait que l’on aime ou que l’on aime pas Racamier, cela n’a rien à voir de mon point de vue, mais alors rien du tout... c’est que j’exprime dans ma question à Self con troll.

    Si je devais interpréter cette question, je dirais que pour l’heure, vous êtes complètement à côté de la plaque. Mais plutôt que de me faire des films, j’attendrais votre réponse.

    Le problème que je pose et qui ne se pose pas qu’à moi, est une question de discrimination des idées, de « priorisation », de hiérarchie, etc. si vous préférez, en fonction non pas de la quantité des informations communiquées, mais de leur qualité. Or, nous vivons dans une société qui vise à la massification, à l’égalisation, à l’unification et au conformisme, etc. des individus. Il faut savoir, si vous ne le savez pas déjà, que la toute première étape pour obtenir cette « massification » est justement de supprimer la possibilité de discriminer les idées. Et là-dessus, nos exploiteurs ont déjà gagné cette bataille-là au niveau des médias. C’est une donnée essentielle pour comprendre comment les totalitarismes se mettent en place, bien avant qu’ils ne soient installés plutôt que de les étudier après coup comme ce fut le cas par le passé. (Mais je doute en fait fortement qu’il soit possible de les prévenir... pourtant, il faut les étudier AVANT qu’ils ne se mettent en place, car ce sont des connaissances qui manquent.)

    Espérant avoir répondu à votre question, je vais prendre une image en espérant que vous pourrez répondre à la mienne (de question) : si vous êtes alpinistes et que vous avez vaincu l’Everest, cela vous autorise-t-il à formuler un avis critique sur la théorie des cordes sans avoir à en passer par l’étude de la mécanique quantique et de la théorie de la relativité générale ?


  • Philippe VERGNES 26 mars 2018 20:55

    @ Bonsoir Brind_acier,


    « La seule chose qui les retiennent, c’est la peur de se faire prendre, car ils tiennent à l’image qu’ils construisent pour donner le change. Ou alors nous ne parlons pas des mêmes personnes ... »

    Je plussoie !

    C’est exactement ça !

    D’où la comorbidité de la perversion narcissique avec l’imposture et la mythomanie (cf. le cas de Jean-Claude Romand diagnostiqué pervers narcissique par plusieurs collèges de deux experts : trois expertises au total).

    Je dirais même qu’ils y tiennent à mort... à cette image.
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