Mon médiocre propos repose sur 10 ans d’observation du constat fait dans mon commentaire précédent.
Notez que je n’ai pas dit qu’il n’y a pas de souffrance à La Poste ou dans d’autres entreprises publiques. Mais juste que les curseurs de la souffrance ne sont pas au même endroit qu’en dehors. Ce qui vous fait maintenant souffrir est le quotidien de beaucoup de salariés depuis les années 80/90. Ces souffrances sont spécifiques non pas parce qu’elles n’existent qu’à La Poste, mais parce qu’elles font partie d’une habitude ailleurs. Et inversement, vous êtes habitués à des souffrances qui sont rédhibitoires pour pas mal de salariés du privé : poids de la hiérarchie, inertie, rejet de l’initiative pertinente, valorisation de l’ancienneté au détriment de l’engagement, conformisme, manque de vision des dirigeants, « petits chefs », stratégies floues, confusion entre intérêt politique et stratégie d’entreprise, ...
On a peur / on souffre de ce que l’on ne connait pas. Et ensuite, on s’habitue au pire.
Etonnamment par exemple, l’angoisse face à l’avenir est plus forte chez les salariés protégés par un statut qui leur garantit l’emploi à vie que chez ceux sous contrat qui peuvent être jetés du jour au lendemain, et même que chez les intérimaires !
C’est un remake de Tintin chez les Soviets : chacun est de son côté du décor, se fait des films sur ce qui se passe de l’autre côté, et en tire des conclusions définitives sur la vie des autres.
Profitant de la stérilité de ces pensées, et de la haine qu’elle génère entre les 2 côtés du décor, d’autres en profitent pour s’en mettre plein les poches en appuyant des 2 côtés à la fois.
Vous avez sûrement raison sur votre jugement de valeur, puisque vous me connaissez bien. Pour le reste, il se trouve que je travaille dans une petite société qui emploie des personnels détachés d’une entreprise publique, et des personnels de droit privé. Nous faisons partie d’une association regroupant d’autres entités ayant ce type de caractéristiquesavec d’autres entreprises publiques, ce qui permet d’avoir une vision plus large que notre seul périmètre. Dans les profils de droit privé, nous ne recrutons pas de débutants, mais des gens ayant 4 à 10 ans d’expérience, et donc quand même une petite vision du monde du travail. La motivation première de nos recrutés est d’intégrer à terme l’établissement public. Et leur motivation reste intacte quand nous ouvrons cette possibilité, après 3/4 ans chez nous, même pour un salaire inférieur à celui que nous leur payons. D’où mon commentaire : « votre enfer est leur paradis ».
Il ne me semble pas avoir écrit qu’il aurait fallu « faire craindre la défaite » pour négocier un accord particulier avec Hollande. Ces accords politiques sont des marchés de dupes, et totalement anti démocratiques (pourquoi 10% des électeurs bénéficiant d’un pouvoir de nuisance devraient imposer à toute la population tout ou partie de ses desiderata !). J’ai par contre écrit qu’il ne fallait pas brader son bulletin de vote. Et voter pour le moins pire de l’existant est justement, à mon sens, la pire manière de brader le seul pouvoir politique qu’ont les citoyens français. Les subtilités linguistiques sur« voter contre l’un n’est pas voter pour l’autre » sont un beau baratin de politicard en total décalage avec les institutions de notre pays. Quand vous votez, vous le faites dans le cadre de ces institutions. Et chez nous, vous votez pour, ou vous ne votez pas. Le vote contre n’existe pas dans nos institutions. En donnant votre bénédiction électorale (c’est ça le vote chez nous, puisque les politiques ne sont comptables d’aucune de leurs actions) à des libéraux pur jus, mais juste plus diplomates envers certaines catégories de la population, vous contribuez : - à retarder la prise de conscience que ce système n’a pas de sens - à brouiller le message politique de la gauche puisqu’en gros vous affirmez : je ne suis d’accord avec rien de ce que vous voulez faire, mais je vous donne les pleins pouvoirs et je m’en vante ... Pour corriger mon message précédent, c’est donc des moutons fiers d’avoir ouvert la porte au loup qui se plaindraient qu’il les croque. Et d’après ce que je comprend, prêts à récidiver jusqu’à la mort.