« l’anglais a développé une version qu’on appellera »internationale« dans laquelle je ne dirai pas que »tous les écarts sont permis pourvu qu’on reste compréhensible« , mais presque. »
L’anglais international n’existe pas. C’est « broken english », autrement dit un petit-nègre que chacun déforme en fonction de sa langue maternelle. Encore une fois, les gens se font trop d’illusions sur la compréhension à l’aide de cette sous-langue. N’importe quelle langue dominante possède une variante petit-nègre, ce n’est pas propre à l’anglais.
« Quand aux accents en français (réponse à un autre commentaire), ils restent une source de ségrégation. »
Pareil pour d’autres langues...
« Il suffit de voir le développement des Alliances françaises dans le monde »
...à qui on diminue les crédits. La même chose pour TV5, à qui on veut supprimer pas mal de subventions.
« Cette chute de niveau est compensée par une augmentation d’autres matières comme ... les langues vivantes. »
« Que la vraie grammaire (celle du Plena Analiza Gramatiko) ferait 1000 pages »
Le PAG, c’est les 16 règles de Zamenhof étalées finement pour faire plaisir aux linguistes Même l’Assimil d’espéranto est inutilement compliqué. Les échecs ont peu de règles, mais il existe de gros bouquins sur le sujet
« le monde interlope des espérantistes serait beaucoup plus disparate et traversé de conflits (ido, raumistes...) »
Il n’y a pas de conflits avec les idistes. Ils développent leur langue, les espérantistes la sienne. Les raumistes sont des gens qui utilisent l’espéranto à leur façon, ce qui est leur droit.
Les choses aussi simples seraient-elle si dures à comprendre ?..
L’anglais est bien moins « universel » que la pub et les clichés le présentent. On peut très bien choisir une autre « langue d’interface », ça dépend avec qui on voudrait « interfacer ». Même en supposant que ce simili-anglais sert de langue d’interface, il ne mérite pas tant d’années consacrées à son étude, sans aucun choix possible. De toute façon, les commerciaux doivent vendre dans la langue du client, et nombre d’eux ont constaté une exigeance de maîtriser le russe ou le chinois pour commercer avec ces pays.
L’important, c’est d’avoir le choix. Ceux qui désirent rester en autarcie, qu’ils en aient le droit. Ceux qui préfèrent s’ouvrir sur le monde hispanique, sinophone, slave, lusophone etc. Mais on met tous les enfants à l’anglais, de plus en plus tôt - sans demander leur accord ou celui de leurs parents, - au détriment des autres matières. C’est ça qui n’est pas acceptable.
vois dites que l’anglais est plus précis, mais voyez plus haut le témoignage de Sandro :
« En droit, il n’y a le plus souvent pas de mot technique en anglais, qui dès lors donne la définition du mot à la place du mot, ce qui fait des textes très longs (alors-méme que l’anglais traine la réputation -injustifiée- d’étre une langue plus concise que le FR). »
Des mots staitstiquement peut-être plus courts d’anglais sont compensés par la longueur des tournures, pour arriver justement à un message clair. Et encore, ce n’est pas toujours le cas : le mode d’emploi rédigé sans assez de précision a conduit vers un gros problème avec les prothèses de genou en Allemagne...
« A un niveau élevé et à quelques rares exceptions, le français n’est pas utilisable sans faute. »
Cela concerne toutles les langues, l’anglais y compris.
« Essayez d’expliquer à un étranger la place de l’adjectif : ne pas dire »au carnaval il avait des verts cheveux« (mais des cheveux verts) alors qu’on peut dire »il avait de longs cheveux« . »
Je ne ferai pas la liste des tournures et des mots difficiles à expliquer à un étranger en anglais... Et encore une fois, cette remarque concerne toutes les langues, à cause de usages établis.
« je ne parle pas de l’orthographe qui nage dans une joyeuse fantaisie »
Si en français il existe quelques règles, en anglais il n’y en a aucune...
« une faute en français est synonyme d’infériorité, marqueur de classe sociale »
D’un côté, j’ai vu des universitaires (natifs) qui font des fautes en français, de l’autre - le niveau de langue est toujours un marqueur. En plus, ajoutez-y le question d’accent développé par certaines universités anglaises, phénomène absent en France (un marqueur de moins )
« C’est tous ces éléments réunis qui ont rendu le français difficilement utilisable sur le plan international. »
L’anglais possède les mêmes défauts dans son usage international, mais c’est la force qui décide, pas les qualités linguistiques.
« Et pourtant ce ne sont pas les efforts des Ministères de la Culture successifs qui ont fait défaut durant les cinquante dernières années. »
Les efforts des ministères ont surtout apporté la diminution des heures du français, et cela continue avec Darcos, qui veut plus de sport, d’informatique et d’anglais (of course).
« Pour reprendre le constat de l’auteur : l’anglais est une langue difficile (sûrement mais pour qui ?)... que dire alors du français ? »
Ni l’une ni l’autre ne sont ma langue maternelle, et en comparant, je dirai que le français est plus facile
En URSS, pays qui ne portait pas l’espéranto dans son coeur, je mettais « espéranto » dans les langues parlées. Jamais aucune de ces remarques... soit le silence, soit les demandes de préciser.