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Voltaire

Voltaire

Humaniste de ce siècle. La science a longtemps été ma passion, avant de devenir mon métier. Celui-ci a évolué depuis, mais je lui dois quelques enseignements fort utiles : curiosité, raison, un peu de sens commun et point trop de crédulité aveugle. A cela se rajoutent quelques passions sans doute déraisonnables, pour la justice, la bonté, les gens d’esprit, le bon vin et autres égarements, mais nul n’est parfait. Si je n’ai le talent de mon illustre pseudonyme, je tâcherai du moins de ne lui point faire honte, en demeurant aussi honnête que possible.

Tableau de bord

  • Premier article le 05/09/2006
  • Modérateur depuis le 06/10/2006
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Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • Voltaire Voltaire 18 avril 2008 13:45

    On peut évidemment discuter de l’interprétation des faits, mais effectivement, la réalité de la situation est assez bien dépeinte. je me permettrai juste quelques commentaires :

    - sur la note de l’Elysée, parue dans Le Monde : j’ai trouvé ce papier assez normal. Sachant que le président de la république considère F. Bayrou comme un rival dangereux, il est assez logique qu’il demande à être informé des éventuelles faiblesses du MoDem et de ses troupes. Contrairement à l’auteur, je n’ai donc pas trouvé scandaleuse cette note, juste le reflêt de la politique ordinaire. Quant à essayer de débaucher ses élus, là aussi, il s’agit de manoeuvres classiques.

    - sur les "ennemis" de l’intérieur : la réaction de certains élus n’est pas illogique. D’abord parce que ceux-ci souhaitent conserver leur poste, réflexe assez humain, ensuite parce que même les convaincus sont prêts à aller au combat si on leur en donne les moyens. Or ces moyens, en terme d’organisation et de projet, semblent faire défaut. On peut donc comprendre un certain mouvement d’humeur de ceux-ci, même si pour certains on est aussi sans doute là dans un petit jeu politicien de pouvoir. En revanche, je partage assez votre point de vue sur un certain nombre d’adhérents de ce parti, qui semblent plus concernés par se tirer une balle dans le pieds par une critique publique et exacerbée, plutôt qu’à construire leur mouvement.

    - sur les défection : vous avez raison en nombre absolu, mais en proportion, la situation est plus inquiétante pour le MoDem. Son principal problème est l’émergence d’un certain nombre de personnalités crédibles et d’envergure, qui puissent montrer que le leader du MoDem n’est pas un homme seul mais bien représente une alternative au PS et à l’UMP. Force est de constater que cette équpe lui fait actuellement défaut, et la perte de personnalités comme JL Bourlanges (Europe), Christian Saint-Etienne (économiste), ou Jean Arthuis (finances) est bien plus difficile à compenser que celle d’opportunistes comme JM Cavada.

    - sur l’UDF : votre analyse est ici très juste. De toute façon, ce parti ne répondait plus aux attentes de la société actuelle, et son positionnement systématique à droite lui retirait tout attrait pour l’électeur puisque l’UMP existe. Je ne connais pas le détail juridique, mais il semblait bien improbable que l’UDF puisse renaitre de ses cendres. Est-ce une victoire pour Bayrou ? Oui à court terme, puisque cela prive d’une porte de sortie ceux des contestataires qui se refusent à aller au Nouveau Centre ou à l’UMP. Mais la véritable victoire eût été de convaincre les dissidents de rester au MoDem, en leur assurant un fonctionnement plus efficace de ce parti... 

    - sur les media enfin : là, votre analyse est entièrement justifiée. Même l’article qui reprenait la nouvelle de l’AFP sur le résultat de ce bureau a disparu du site yahoo actualités... IL faudra vous y faire, les media ne laisseront rien passer à Bayrou et au MoDem, il gène trop l’établissement politique actuel. Le succès de Bayrou en 2007 avait en parti été fondé sur un bouche à oreille sur internet. Mais pour que cela fonctionne, encore faut-il que le MoDem ait quelque chose de concret à proposer au français, un message constructif d’espoir, qui sorte de la critique systématique. On en est encore assez éloigné, mais il reste un peu de temps pour cela. C’est là le vrai défi de ce parti : apparaitre comme le vecteur d’un changement positif. Les prochaines élections européennes diront si ce parti est à la hauteur.



  • Voltaire Voltaire 17 avril 2008 11:49

    Les musiciens, et particulièrement les clarinetistes et autres joueurs d’instrument à anche, auront compris que lesdits canards ne définissent pas uniquement les volatiles du même nom, mais bien les "couacs" produits de façon (généralement) non intentionelle par leur instrument de musique...

    Et les amateurs de picolo-saxo, s’il en reste, se souviennent de la phrase "Un canard... Tout le monde se tue", décrivant ce qui arriva, qui devait arriver, lors d’un concours mené avec saxo pour atteindre les notes les plus aigües... Sauf qu’ici, à l’UMP, après un canard, c’est la cacophonie plutôt que le silence...



  • Voltaire Voltaire 17 avril 2008 11:35

    Ces accroissements du prix du gaz sont totalement illégitimes : d’abord parce que la baisse du dollars par rapport à l’euro n’est pas réintroduite dans le calcul, ensuite parce que le coût du gaz provient essentiellement de son transport, dont le prix n’a pas augmenté significativement.



  • Voltaire Voltaire 17 avril 2008 11:18

    Cet article complète largement celui aussi paru aujourd’hui sur l’avenir du centre.

    Soyons clairs ; François Bayrou a sans doute commis une première erreur entre les deux-tours de l’élection présidentielle. Non pas celle de ne pas voter Nicolas Sarkozy : l’actualité lui a donné raison plus tôt qu’il ne l’espérait. Mais celle de ne pas fixer de conditions à un éventuel accord. Celles-ci lui aurait permis de justifier son vote de non-confiance, ou de rompre rapidement.

    Comme vous l’indiquez parfaitement, sa seconde erreur a été de ne pas organiser son nouveau parti, dont la création se justifiait pleinnement, en une machine à propositions alternatives. Faute de travailler sur le fond des dossiers, il a été cantoné dans un rôle d’opposant, certes crédible mais insuffisant pour émerger comme une amternative. Et c’est, en parti, ce que lui reprochent à juste titre un certain nombre de personnalités ex-UDF. Quand on veut incarner une alternative, il faut s’en donner les moyens. Faute de quoi, ses troupes sont bien entendu plus sensibles aux sirènes du pouvoir, que Nicolas Sarkozy utilise fort à propos.

    La critique sur le flou de ses alliances est aussi légitime, mais la problématique est plus complexe. Pour le MoDem, ces élections de mars 2008 se tenaient au plus mauvais moment. Des candidats peu implantés, avec un temps limité pour faire campagne, lui donnaient une faible marge de manoeuvre. Tiraillé entre les demandes de ses élus ex-UDF, la nécessité de conserver des élus pour rebondir, et le piège des alliances, François Bayrou a tenté la voix médiane, logique mais floue. Il eût sans doute fallu tenter le coup de bluff, refuser toutte alliance avec le PS et avec l’UMP, pour conserver une crédibilité intacte. Mais à quel prix ?

    François Bayrou peut-il rebondir ? Cela ne dépend pas que que de lui, mais il est servi par les circonstances : à droite, le président est affaiblit par la crise, et sa majorité se divise. A gauche, le PS est déchiré, et si la tendance sociale-démocrate est vaincue, le MoDem représentera logiquement un recours pour ses électeurs. Si F. Bayrou parvient à organiser et structurer son mouvement, à faire émerger quelques personalités autour de lui pour crédibiliser son message, et à passer les prochaines élections avec un score décent, il sera de nouveau en position de recours en 2012. Mais pour cela, il doit impérativement travailler sur le fond de son message, et proposer plus que critiquer.



  • Voltaire Voltaire 17 avril 2008 10:58

    Une analyse intéressante.

    Soyons honnêtes, les récents développements de cette famille politique sont inquiétants. Divisions, querelles de personnes, éclatement… tout cela l’affaiblit considérablement, à l’heure même où son espace politique n’a jamais été aussi flagrant.

    La lente chute d’influence de l’UDF est due à son positionnement automatique, comme l’est la chute d’influence des autres partis Verts, PC, PRG, MPF etc... Tant que l’UDF représentait une alternative de pouvoir, elle avait une influence réelle et un attrait électoral, c’est à dire jusqu’en 1988 et l’échec de Raymond Barre. Par la suite, son alignement automatique sur l’autre parti de droite l’a condamnée à un rôle de supplétif, lentement érodé par l’appétit de son puissant allié, jusqu’à la tentative d’absorption par l’UMP. Pour l’électeur en effet, quel intérêt de voter pour un parti systématiquement aligné sur un autre, et sans pouvoir réel... ? Il semble que la tentative de résurgence de l’ancienne UDF ait été définitivement enterrée hier lors de la réunion de son bureau, ce qui est certainement une bonne nouvelle pour le centre.

    Un centre réuni (je préfère l’appellation démocrates, plus logique, car un centre n’a par définition mathématique pas de surface) aurait un poids politique considérable, surtout avec l’affaiblissement du président et les querelles de l’UMP d’un côté, et les luttes intestines du PS de l’autre. Il serait donc logique de travailler à un rassemblement avec les autres partis et groupuscules de la galaxie centriste. Mais cette démarche n’a de sens que si elle s’effectue selon un préalable : l’autonomie politique du centre, c’est à dire l’absence d’automatisme de ses alliances. Que ce centre, dont le MoDem représente l’élément principal en terme électoral (et non d’élus), décide ensuite qu’une alliance avec l’UMP a plus de sens actuellement qu’avec le PS, ou l’inverse, pourquoi pas. Mais en aucun cas cela ne peut être un préalable, faute de mener à la disparition de ce centre.

     

     Néanmoins, ce type d’accord parait très dangereux à court terme : pour exister, ce centre a besoin de proposer un projet alternatif crédible aux yeux des électeurs. En raison du positionnement actuel du PS et de l’UMP, un accord de partenariat semble effectivement très compliqué, et ne pourrait apparaître aux yeux des électeurs que comme un ralliement.

    Ajoutons que le calendrier électoral plaide pour un statu quo actuel du positionnement politique du centre (ce qui ne signifie pas statu quo dans son organisation ou son projet...) :

    -  l’évolution du PS. Celui-ci tiendra un congrès assez déterminant à la fin de l’année. Suivant le projet, l’orientation politique, et la désignation de son leader, cet évènement décidera largement des possibilités futures d’alliances entre centre/démocrates et PS.

    -  l’évolution de l’UMP. Bien que traditionnellement mené d’une main de fer, ce parti maintenant très hétérogène est agité par de sourdes luttes d’influences entre sarkozystes et neo-gaullistes, sans compter la marginalisation des anciens chrétiens-démocrates. De plus, il faut aussi prendre en compte la fin de l’état de grâce du président de la république

     

     Pour autant, le fonctionnement actuel du MoDem n’est pas satisfaisant, et des mesures pourtant simples devraient être prises par ses dirigeants pour asseoir sa crédibilité (organisation interne, présence de porte-parole thématiques dans son bureau exécutif, travail de fond pour présenter des propositions alternatives plutôt que des critiques systématiques…).

    Reste que le principal obstacle à un centre/parti démocrate puissant et uni réside effectivement dans le mode de scrutin de la plupart des élections en France. Celui-ci favorise le parti arrivé en tête, et donc la soumission des partis qui ne peuvent espérer l’emporter afin de conserver des élus, au détriment de leur influence effective. C’est la raison pour laquelle le parti radical de JL Borloo ou le Nouveau Centre, à droite, tout comme le PRG, à gauche, demeurent prisonniers dans de telles alliances, qui les étouffent à petit feu.

    Le pari de F. Bayrou est donc celui de gagner la seule élection qui puisse faire basculer la tendance, l’élection présidentielle. En remportant cette élection, il permettrait une recomposition du paysage politique, et l’émergence d’un parti central puissant, tout comme VGE avait réussi à le faire après son élection. Mais, cercle vicieux, il a besoin pour cela d’un parti fort, ou au moins suffisamment crédible, et d’alliés. Tout dépendra donc des forces en présence en 2011-2012 : si la droite de Nicolas Sarkozy parait en position de l’emporter facilement, les parties satellites du centre-droit lui resterons fidèles, afin de sauver quelques miettes de pouvoir, tout en se condamnant à moyen terme. En revanche, si celui-ci apparaît en difficulté, et qu’aucun leader n’émerge vraiment à gauche, alors Bayrou pourrait réunir sur son nom la galaxie centriste, pourvu qu’il assure cette fois-ci à ses partenaires qu’en cas d’absence au second tour, il se ralliera au plus fort… D’ici là, le centre demeurera divisé, et le MoDem devra tenter de sauver les meubles aux prochaines élections, européennes et régionales.  

     

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