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Voltaire

Voltaire

Humaniste de ce siècle. La science a longtemps été ma passion, avant de devenir mon métier. Celui-ci a évolué depuis, mais je lui dois quelques enseignements fort utiles : curiosité, raison, un peu de sens commun et point trop de crédulité aveugle. A cela se rajoutent quelques passions sans doute déraisonnables, pour la justice, la bonté, les gens d’esprit, le bon vin et autres égarements, mais nul n’est parfait. Si je n’ai le talent de mon illustre pseudonyme, je tâcherai du moins de ne lui point faire honte, en demeurant aussi honnête que possible.

Tableau de bord

  • Premier article le 05/09/2006
  • Modérateur depuis le 06/10/2006
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Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • Voltaire Voltaire 24 avril 2007 10:53

    Une bonne analyse du problème.

    Le système politique exige en effet que, pour avoir une quelconque influence, un parti ait des députés au parlement. Pour François Bayrou, c’est la quadrature du cercle :

    - il a obtenu un score remarquable, mais l’écart qui le sépare des premiers rend difficle des victoires sans alliances, même en triangulaires, contre l’UMP et le PS, aux législatives

    - Ses électeurs ont voté massivement pour son projet de rassemblement, le « et et » (et non pas le « ni ni »), et pour le dépassement du clivage droite-gauche : toute alliance à ce stade ferait fuir une partie importante de ces nouveaux électeurs

    - un parti, et bien sûr ce nouveau parti démocrate, a besoin d’argent. Or, le financement public est lié au nombre de voix obtenues aux législatives...

    Donc : si Bayrou ne fait aucune alliance, il risque de perdre son groupe parlementaire, et donc toute influence surle futur gouvernement et toute visibilité médiatique (jusqu’aux élections à la proportionnelle de 2009-2010), mais il conserve ses électeurs et rallie au sein de son nouveau parti toutes les nouvelles composantes de gauche modére et écologique qui ont fait son succès

    Si Bayrou passe une alliance, il conserve ses députés, voire en gagne un certain nombre, mais perds un tiers de ses électeurs...

    Gageons que l’on doit être en train d’observer à la loupe les résultats de toutes les circonscriptions de France afin de voir si la stratégie d’indépendance totale permet au nouveau parti de survivre...

    Le plus logique, et sans doute le plus payant, serait de refuser de prendre parti dans un premier temps, en se concentrant sur les projets des deux candidats. Il existe plusieurs points clés qui peuvent permettre à Bayrou de rester dans une position de défiance : le refus de toute alliance avec les extrêmes (droite et gauche), ce qui peut poser un problèmes à l’UMP et au PS, le refus de creuser la dette (or, les deux candidats restants ont promis 60-70 milliards d’euros de dépenses non financées...), des exigences démocratiques (rôle et représentation du parlement, nominations...), même si là un accord et plus facile à trouver à gauche, et divers ponts sur l’emploi, l’exclusion, l’environnement etc... Faute de convergence des projets PS ou UMP, il pourra indiquer ne pouvoir prendre parti qu’après les présidentielles, sur la base d’un accord de gouvernement en fonction des législatives.

    Les propositions actuelles de Sarkozy et de Royal sont, comme l’indique l’auteur, uniquement destinées à rallier son électorat, et n’entre pas dans une idée d’alliance objective. Cela devrait permettre à François Bayrou de gagner du temps pour construire son nouveau parti, et repousser à juin toute discussion politique.

    Reste que la pression, surtout de Nicolas Sarkozy, va être intense. Celui-ci a en effet moins besoin que Royal de la totalité des voix du centre, et se trouve toujours dans une attitude du « si tu n’es pas avec moi, tu es contre moi ». Le nouveau parti de Bayrou constituant une menace pour les deux favoris, ils feront tout pour le faire capoter et tuer dasn l’oeuf cette initiative (la chose a déjà commencée dans les principaux médias). Toute la question est donc de savoir combien d’élus UDF vont résister à la pression. Sans compter que les életions municipales ajoutent un élément important dans la problématique... Comment ne pas fusiller toute possibilité d’accord local pour garder ou gagner des élus municipaux, et avec quel partenaire...

    Cette cuisine électorale parait sans doute sans objet pour de nombreux citoyens. Néanmoins, la réussite du pari de Bayrou dépend aussi de sa capacité à avoir des élus, à tous les niveaux, afin de représenter ses nouveaux électeurs.

    Une première réponse mercredi ?



  • Voltaire Voltaire 24 avril 2007 09:03

    L’électorat de François Bayrou est pour le moment très incertain sur son vote de second tour, avec plus d’un quart ne souhaitant pas prendre parti :

    PARIS (Reuters) - L’électorat de François Bayrou se reportera davantage au second tour sur Ségolène Royal que sur Nicolas Sarkozy, à en croire une nouvelle enquête Ipsos/Dell pour SFR et Le Point, publiée mardi.

    Ce sondage, réalisé lundi par téléphone auprès d’un échantillon national de 803 personnes, affirme que 38% des électeurs de François Bayrou voteront pour la candidate socialiste (+ 6 points par rapport à la dernière enquête), que 25% choisiront le président de l’UMP (-1%) et que 27% s’abstiendront ou ne s’exprimeront pas (-5%).

    A l’extrême droite, 79% des électeurs de Jean-Marie Le Pen se reporteront sur Nicolas Sarkozy (-2%) contre 9% qui choisiront Ségolène Royal (-2%) et 12% qui ne s’exprimeront pas ou qui s’abstiendront (+4%), selon cette étude.

    Par ailleurs, 54% des personnes certaines d’aller voter qui expriment une intention de vote se rangent derrière Nicolas Sarkozy au second tour, contre 46% qui choisissent Ségolène Royal. 15% des sondés qui se disent certains d’aller voter n’ont pas exprimé d’intention de vote.

    Ce sondage comporte une marge d’incertitude de trois points.

    Cet électorat se prononcera largement en fonction des avancées des deux candidats vers le projet de société proposé par François Bayrou, et du positionnement de ce dernier dans une moindre mesure.



  • Voltaire Voltaire 23 avril 2007 21:33

    Je ne ferai ici qu’un bref commentaire.

    Le médias ont obtenus le duel qu’ils avaient espéré depuis un an. Je vous laisse imaginer les raisons de cet espoir.

    Les électeurs de gauche savaient que l’unique chance de battre Nicolas Sarkozy était de voter en faveur de François Bayrou. Ils ont préféré « croire » quelques sondages habilements présentés qui laissaient espérer un autre dénouement, comme certains pensaient en 2005 qu’il y avait un plan B pour l’Europe, et les appels au « vote utile » des médias. Bien sûr ces sondages d’après premier tour ont confirmé les estimations précédentes, Nicolas Sarkozy sera élu.

    Il est bien inutile aux sympathisants de gauche de déverser leurs recriminations sur les électeurs de Bayrou de ce forum : nous parlons ici de 7 millions d’électeurs, il faut raisonner en termes sociologiques. L’électorat de Bayrou est composé d’un noyau dûr de centre droit, d’électeurs de centre gauche, et surtout d’électeurs qui refusent le clivage droite-gauche. On les voit mal voter pour conforter ce clivage. L’abstention et le vote blanc seront élevés le 6 mai.

    François Bayrou est dans une situation politique très difficile. Il a levé un remarquable espoir et su convaincre un nombre élevé d’électeurs, malgré la pression des médias. Il ne peut décevoir cet électorat en appelant à voter pour les tenants du système bipolaire, surtout si ceux-ci ne prennent psa en compte des aspects majeurs de son projet (évidemment, pour ceux qui disaient qu’il n’avait pas de programme, tout est réglé...). Cependant, il doit aussi trouver une solution pour être représenté à l’assemblée, faute de quoi il perd tout espoir de représenter ses électeurs, de se faire entendre et de préparer 2012. Il existe plusieurs solutions possibles, que je détaillerai ultérieurement, mais aucune n’est simple ni sans risque.



  • Voltaire Voltaire 23 avril 2007 20:53

    La première leçon de ce scrutin est simple : comme je l’indiquais dans mes commentaires dès samedi matin, il n’est désormais plus possible de gagner une élection nationale en France sans le soutien des médias et des groupes qui les controllent.

    L’appel au « vote utile » relayé par l’ensemble de la presse écrite et des chroniqueurs audio-visuels, visant à appeler les électeurs au seul vote Sarkozy-Royal, en écartant le seul danger pour ce couple de favoris, c’est à dire François Bayrou, a démontré ce pouvoir.

    Les médias, qui voulaient imposer un duel Sarkozy-Royal depuis 1 an, ont donc réussi leur pari, grâce à leurs efforts conjugués dans la dernière ligne droite de cette élection.

    Que dire d’autre sur ces résultats ?

    la participation très élevée est un excellent signe pour la démoctratie. Cependant, cette participation sera bien moindre au second tour, le résultat étant joué d’avance, et une proportion importante des électeurs ne se retrouvant pas dans ces deux favoris.

    Nicolas Sarkozy a réussi son OPA sur les électeurs du FN, d’une façon plus importante que je ne l’avais anticipé

    Les électeurs de gauche ont confirmé leur habituelle naïveté : alors que tout indiquait que leur candidate n’avait aucune chance au second tour, ils se sont laissé berner par les média et quelques sondages habilement présentés en fin de semaine pour élire une candidate sans avenir. Cela me fait penser aux élections européennes : mais oui, il y a un plan B... Ah, finalement, non, il n’y en a pas, et la France a perdu tout influence en Europe... zut alors !

    Le score exceptionnel de François Bayrou dans un contexte médiatique hostile confirme la justesse de son analyse et l’intérêt de sa proposition de rassemblement.

    L’absence d’organisation de la gauche anti-libérale lui a été fatale, comme prévu.

    Et l’avenir ?

    Nicolas Sarkozy a gagné cette élection. Mes détracteurs tenterons de dire le contraire. Nous verrons bien. Mes analyses ne se sont guère éloignées de la vérité jusqu’ici (sauf sur l’ampleur de la récupération du vote Le Pen par Sarkozy, je le reconnais), et cela ne me procure aucune satisfaction.

    L’ampleur de son score rend très hasardeux le choix d’indépendance de Bayrou et de son nouveau parti. Même en cas de triangulaire, ses candidats aux législatives auraient peu de chance de remporter des duels face aux UMP. Il est paradoxal qu’avec 18.5% des voix, il ne puisse peser sur la politique du futur gouvernement, mais c’est ainsi. Il lui faudra donc d’être d’une habilité exceptionnelle pour à la fois ne pas décevoir les millions d’électeurs qui ont validé son projet d’indépendance, et ne pas disparaitre aux prochaines élections afin de préparer l’avenir. J’aurai l’occasion d’y revenir.

    Les premiers discours de Ségolène Royal et des ténors socialistes démontrent qu’ils ne sont toujours pas prêt à se réformer. L’appel de ce soir, de Mme royal à Mr Bayrou, pour qu’il rejoigne ses positions, est très maladroit, et ne répond pas à la demande des électeurs de Bayrou, qui réclament un changement profond de vision. Venant après des semaines d’invectives où François Bayrou avait été longuement présenté comme « de droite » et donc infréquentable, tout cela n’est de toute façon pas crédible. Actuellement, aucune alliance ne me semble envisageable avec le futur parti de Bayrou, le PS sera battu au second tour et aux prochaines législatives. Kouchner, Rocard et Cohn-Bendit doivent s’arracher les cheveux, mais ils ne sont pas influents.

    Reste le problème des Verts. Il semble que là aussi, leur position archaïque, malgré le soucis d’ouverture présenté sur ce site par Alain Lipietz il y a quelques jours, les condamne à une disparition prochaine.

    Je tenterai de revenir dans quelques jours pour une analyse un peu plus fine des possibilités d’actions des différents partis.



  • Voltaire Voltaire 23 avril 2007 13:43

    A lire les autres articles parus ce matin sur Agoravox, je me demandais si quelqu’un avait quand même compris la signification profonde de ces résultats de premier tour...

    La première leçon est donc là : comme je l’indiquais dans mes commentaires dès samedi matin, il n’est désormais plus possible de gagner une élection nationale en France sans le soutien des médias et des groupes qui les controllent.

    L’appel au « vote utile » relayé par l’ensemble de la presse écrite et des chroniqueurs audio-visuels, visant à appeler les électeurs au seul vote Sarkozy-Royal, en écartant le seul danger pour ce couple de favoris, c’est à dire François Bayrou, a démontré ce pouvoir.

    Les médias, qui voulaient imposer un duel Sarkozy-Royal depuis 1 an, ont donc réussi leur pari, grâce à leurs efforts conjugués dans la dernière ligne droite de cette élection.

    Comme ces médias sont aux mains de quelques groupes industriels proches de l’un des deux finalistes, et que l’on savait depuis le début qu’en cas de duel Sarkozy-Royal, l’issue ne faisait aucun doute, le reste est assez simple à conclure.

    Que dire d’autre sur ces résultats ?

    - la participation très élevée est un excellent signe pour la démoctratie. Cependant, cette participation sera bien moindre au second tour, le résultat étant joué d’avance, et une proportion importante des électeurs ne se retrouvant pas dans ces deux favoris.

    - Nicolas Sarkozy a réussi son OPA sur les électeurs du FN, d’une façon plus importante que je ne l’avais anticipé

    - Les électeurs de gauche ont confirmé leur habituelle naïveté : alors que tout indiquait que leur candidate n’avait aucune chance au second tour, ils se sont laissé berner par les média et quelques sondages habilement présentés en fin de semaine pour élire une candidate sans avenir. Cela me fait penser aux élections européennes : mais oui, il y a un plan B... Ah, finalement, non, il n’y en a pas, et la France a perdu tout influence en Europe... zut alors !

    - Le score exceptionnel de François Bayrou dans un contexte médiatique hostile confirme la justesse de son analyse et l’intérêt de sa proposition de rassemblement.

    - L’absence d’organisation de la gauche anti-libérale lui a été fatale, comme prévu.

    Et l’avenir ?

    - Nicolas Sarkozy a gagné cette élection. Mes détracteurs tenterons de dire le contraire. Nous verrons bien. Mes analyses ne se sont guère éloignées de la vérité jusqu’ici (sauf sur l’ampleur de la récupération du vote Le Pen par Sarkozy, je le reconnais), et cela ne me procure aucune satisfaction.

    - L’ampleur de son score rend très hasardeux le choix d’indépendance de Bayrou et de son nouveau parti. Même en cas de triangulaire, ses candidats aux législatives auraient peu de chance de remporter des duels face aux UMP. Il est paradoxal qu’avec 18.5% des voix, il ne puisse peser sur la politique du futur gouvernement, mais c’est ainsi. Il lui faudra donc d’être d’une habilité exceptionnelle pour à la fois ne pas décevoir les millions d’électeurs qui ont validé son projet d’indépendance, et ne pas disparaitre aux prochaines élections afin de préparer l’avenir. J’aurai l’occasion d’y revenir.

    - Le discours de Ségolène Royal et des ténors socialistes démontre qu’ils ne sont toujours pas prêt à se réformer. Dans ce cadre, aucune alliance n’est envisageable avec le futur parti de Bayrou, le PS sera battu au second tour et aux prochaines législatives. Kouchner, Rocard et Cohn-Bendit doivent s’arracher les cheveux, mais ils ne sont pas influents.

    - Reste le problème des Verts. Il semble que là aussi, leur position archaïque, malgré le soucis d’ouverture présenté sur ce site par Alain Lipietz il y a quelques jours, les condamne à une disparition prochaine.

    Je tenterai de revenir dans quelques jours pour une analyse un peu plus fine des possibilités d’actions des différents partis.

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