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Voltaire

Voltaire

Humaniste de ce siècle. La science a longtemps été ma passion, avant de devenir mon métier. Celui-ci a évolué depuis, mais je lui dois quelques enseignements fort utiles : curiosité, raison, un peu de sens commun et point trop de crédulité aveugle. A cela se rajoutent quelques passions sans doute déraisonnables, pour la justice, la bonté, les gens d’esprit, le bon vin et autres égarements, mais nul n’est parfait. Si je n’ai le talent de mon illustre pseudonyme, je tâcherai du moins de ne lui point faire honte, en demeurant aussi honnête que possible.

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  • Premier article le 05/09/2006
  • Modérateur depuis le 06/10/2006
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Derniers commentaires



  • Voltaire Voltaire 15 mai 2008 17:58

    @l’auteur Je ne partage pas du tout votre analyse de l’intervention de Stilglitz ; celui-ci n’est en rien affirmatif quant à l’application d’un modèle particulier. Son intervention sur la nécessité de soutenir la fonction publique mais en la modernisant pour une meilleure efficacité est aussi parfaitement compatible avec la ligne « démocrate ».

    Je vous suggère aussi de lire l’analyse publiée par Patrick Roger dans le Monde daté de demain vendredi. Celle-ci rejoint très largement la mienne... Je cite : « Il n’est pas sûr que le tripatouillage des prochains modes de scrutin suffise à endiguer les tendances de fond qui ont commencé à se manifester, en France, mais également à l’échelle européenne, préfigurant un déplacement des lignes politiques. A bien des égards, la présence de M. Bayrou à lélection présidentielle et le mouvement qu’il a suscité n’en sont qu’une des manifestations. Un cycle se clôt : la décomposition des blocs actuels n’est pas encore achevée, tandis quela reconstruction ne fait que commencer. »

    Enfin, je vous suggère aussi de consulter plus largement les adhérents et responsables du PS, même si vous en faites parti, ce qui vous permettra, je le pense, de mieux juger la justesse du clivage interne que je vous décris, et l’existence des familles « socialistes » et « démocrates ».



  • Voltaire Voltaire 15 mai 2008 13:38

    @l’auteur :

    L’intervention de Stiglitz est très intéressante, mais je vois assez mal le rapport avec la discussion précédente.

    Quant à votre dernière remarque, elle illustre votre double erreur d’appréciation : le "centre" qui correspond pour vous aux anciens démocrates chrétiens est effectivement faiblement représenté en France, alors que les "démocrates" le sont beaucoup plus, pas uniquement sur Agoravox.

     



  • Voltaire Voltaire 15 mai 2008 13:08

    L’article est intéressant, même si je n’en partage pas l’analyse. Comme il rejoint certains éléments d’un article publié hier sur la place du centre dans l’échiquier politique, je me permets de reprendre aussi certains de mes commentaires.

    Fondamentalement, je partage l’avis qu’il y a effectivement recomposition du paysage politique français, sous la double influence du changement de notre société (et de la mondialisation), et de l’arrivée d’une nouvelle génération de responsables politiques. Cela a pour conséquence de rendre obsolète certains des clivages passés, et bien sûr le vieux clivage droite-gauche, comme le pensent d’ailleurs 60% des français. Mais ce n’est pas pour autant que nous débouchons sur un système de pensée unique.

    Il me semble que l’on distingue plusieurs modèles de société, défendus par différents courants politiques, que je qualifierai ici brièvement :

    le modèle néoconservateur ; c’est celui du président actuel. Il est fondé sur le modèle conservateur américain, pronant un libéralisme économique important, la valeur travail, certaines valeurs morales religieuses, et un interventionisme d’état sélectif.

    le modèle gaulliste ; c’est celui d’Alain Juppé ou de Dominique de Villepin. Il est centralisateur, relativement libéral économiquement, laïque. Il est minoritaire à l’UMP.

    le modèle démocrate ; c’est celui de François Bayrou ou de DSK. Il est à l’image des démocrates américains, ou des sociaux démocrates nord-européens. Il est décentralisateur, relativement libéral économiquement, laïque, plus stricte sur les finances publiques que le modèle gaulliste.

    le modèle socialiste "à la française". Il est centralisateur, plutôt étatiste, laïque. Il est assez proche de celui des Verts.

    le modèle "Royaliste". Celui-ci, de S. Royal, est assez flou, mais il se rapproche du modèle économique démocrate, tout en ayant des valeurs morales conservatrices.

    le modème anti-libéral, illustré par O. Besancenot. Il est centralisateur, anti-libéral, étatiste mais avec une dose d’auto-gestion, laïque.

    Le modèle nationaliste d’extrême-droite subit actuellement une forte décote, et est en fin de cycle ; il pourrait renaitre sur une base différente dans un contexte anti-mondialisation. Quant au modèle "centriste" ou chrétien-démocrate, il est aussi largement dépassé, y compris au MoDem, ce qui explique le peu d’influence de ses membres à l’UMP.

    Il me semble qu’il faut dépasser les éventuelles convergences de circonstances, qui peuvent apparaitre pour des questions d’intérêt personnel, pour analyser la réalité des visions sociétales défendues par les politiques. Et sur ce point, il me semble qu’il existe plusieurs courants de pensée fondamentalement différents en France. Simplement, ceux-ci ne sont plus délimités par les partis actuels, des lignes de fractues profondes existant maintenant au sein des deux grands partis majoritaires, ce qui donne cette impression de flou.

    Reste à savoir si ces fractures engendrerons effectivement une recomposition, à l’occasion de la prochaine élection présidentielle, ou demeureront artificiellements dissimulées pour conserver les intérêts électoraux de ces partis.

    Un autre sujet abordé dans cet article concerne les think tank et autres fondations ou organismes de production d’idées politiques. Vous avez raison de signaler leur consanguinité, qui me semble due à un profond défaut de la société française, qui est celui de l’existence de cercles d’élites très fermés. On retrouve ainsi celui des hauts-fonctionnaires/énarques, celui des grands chefs d’entreprises etc..., qui ne parlent qu’entre-eux, contrairement aux think tank anglo-saxon beaucoup plus ouverts. Cela ne signifie pas que les participants de ces cercles soient incapables de produire des idées de bon niveau, mais la faiblesse de leur représentation sociale les limite forcémment dans l’originalité de leur production, et surtout dans l’applicabilité de leurs propositions, faute de posséder en leur sein des personnalités représentatives des différences couches socio-professionnelles. La France (son administration, son Etat, ses conseils d’administration, ses entreprises...) souffre fortement de ce cloisonnement excessif, qui commence par une ségrégation par le diplôme (peu de "self-made man/woman dans ces cercles...), mais c’est une autre affaire...

     



  • Voltaire Voltaire 15 mai 2008 11:16

    @l’auteur

    Vous pensez vraiment que ma connaissance du PS et de ses idées ne proviennent que des média ou de mes fantasmes ? Vous n’êtes pas sérieux je suppose.

    En ce qui concerne l’économie, puisque vous êtes-vous même docteur en économie, je vous recommande quand même d’en discuter avec la plupart des économistes "socialistes" (sociaux-démocrates) ou MoDem membres de "Terra Nova", qui illustrent assez bien la doctrine "démocrate" (celle de DSK comme de Bayrou...), en opposition avec celle qui sera plaidée par les "socialistes français" de "La Forge" par exemple, qui semble plus proche de votre opinion.

    Quant au libéralisme, je vous recommande l’excellent site de Sylvain Reboul, socialiste et auteur sur Agoravox (http://sylvainreboul.free.fr/Liberalisme3.html), qui illustre assez bien mon propos.

    Bien cordialement, en espérant avoir l’occasion d’en rediscuter à l’occasion d’un prochain article...

     



  • Voltaire Voltaire 14 mai 2008 17:48

    A l’auteur : je me disais bien que vous saisiriez cette perche... mais votre argumentation ne tient pas, et il est inutile de verser dans l’accroche personnelle.

    Le terme « démocrate » correspond à une réalité politique internationale ; il est bien sûr présent aux Etats-Unis, mais aussi en Europe, qu’il soit social-démocrate ou libéral-démocrate. Les fondements idéologiques de tous ces partis sont globalement identiques, d’où l’appellation générique de « démocrate ».

    Vous faites erreur sur plusieurs sujets :

    - oui, aussi bien les sociaux démocrates que les royalistes du PS sont opposés aux 35h, même si bien sûr ils sont peu nombreux à le dire ouvertement, mais parlez-en à Rocard... Et Mme royal elle-même l’a indiqué, avant de faire un rétro-pédalage délicat pour cause de tempête au PS. Je ne vais pas m’étendre sur ce sujet, bien sûr qu’il y a convergence pour dire que ces 35h ont été utiles pour les grandes entreprises, mais un désastre pour la fonction publique et largement inaplicables et inapliquées dans les PME.

    - non, le PS ne souhaite pas dans son ensemble une plus grande intégration européenne (c’est à dire des institutions européennes renforcées, et des pouvoirs accrus pour ces institutions). Seuls les sociaux-démocrates le souhaite. Ce fut d’ailleurs en raison de l’accord de Lionnel Jospin et de Jacques Chirac au traité de Nice que l’Europe s’est immobilisée. En raison de ces clivages, le débat sur l’Europe est largement enterré dans ce parti, car tout le monde souhaite bien sûr une Europe plus sociale aussi bien chez les démocrates que chez les socialistes (mais pas chez les socialistes britaniques... alors que les Lib Dem britaniques y sont favorables). Ne confondont pas les orientations de la politique européenne et son intégration.

    - Enfin, je vous suggère aussi de bien différencier libéralisme et capitalisme. Les démocrates sont largement « llibéraux », avec certains contrôles, mais moins « capitalistes », les deux notions sont différentes. C’est la raison pour laquelle vous trouverez une grande majorité de démocrates « libéraux » au sens premier, c’est à dire favorable à l’initiative et l’entreprenariat avec un nombre de contraintes réduit, mais aussi une grande majorité opposée au système « capitaliste » , c’est à dire où les règles sont fixées par les détenteurs du capital. Globalement, les « libéraux » sont opposés aux « trusts », c’est à dire aux ententes entre grandes entreprises pour vérouiller un marché, et à la domination du financier sur les entreprises. Il faut d’ailleurs noter que c’est la Commission Européenne, taxée de « libérale », qui est à l’origine de sanctions très sévères à l’égard de grandes entreprises en situation de domination abusive, comme Microsoft. Les néoconservateurs sont beaucoup plus « capitalistes », en soutiennent les grandes entreprises privées, tandis que les « socialistes français » soutiennent le maintient de grandes entreprises publiques à vocation économique, en dehors des seuls secteurs de services publiques (comme le défendent les démocrates).

    Pour conclure, mon intervention n’est pas ici destinée à défendre un système plutôt qu’un autre, mais simplement tend à démontrer que ce clivage droite-gauche est bien obsolète, et que votre analyse d’un « centre » nécessairement « de droite » est aussi inexacte, simplement en raison de l’évolution des idéologies des partis politiques.

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