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Voltaire

Voltaire

Humaniste de ce siècle. La science a longtemps été ma passion, avant de devenir mon métier. Celui-ci a évolué depuis, mais je lui dois quelques enseignements fort utiles : curiosité, raison, un peu de sens commun et point trop de crédulité aveugle. A cela se rajoutent quelques passions sans doute déraisonnables, pour la justice, la bonté, les gens d’esprit, le bon vin et autres égarements, mais nul n’est parfait. Si je n’ai le talent de mon illustre pseudonyme, je tâcherai du moins de ne lui point faire honte, en demeurant aussi honnête que possible.

Tableau de bord

  • Premier article le 05/09/2006
  • Modérateur depuis le 06/10/2006
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Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • Voltaire Voltaire 2 juin 2008 11:22

    Merci pour cet article qui éclaire avec justesse les éléments de droit de ce dossier. A ce titre, la décision du tribunal de Lille est effectivement logique. On peut néanmoins de poser quelques questions sur le fond du dossier, qui permettent légitimement de s’interroger sur la décision finale :

    - tout d’abord, la notion de virginité est un concept flou. Un femme peut parfaitement ne pas être physiquement "vierge" sans pour autant avoir eu une relation sexuelle. Quelle était donc la revendication du mari ? D’autant que le coran n’impose pas cette condition... On voit là les conséquences possible d’une telle décision

    - Ensuite, la décision se base sur la notion de vice du consentement, avec erreur de l’un des époux sur les qualités essentielles de l’autre. Or, l’épouse se retrouvait manifestement dans une situation psychologique intenable : d’un côté un mari exigeant une virginité, de l’autre le risque d’oprobe à l’égard de l’épouse de la part d’une famille ou d’une communauté si elle avait indiqué avant le mariage son état. En conséquence, on pouvait considérer que l’épouse avait été contrainte, sinon de fait, du moins de façon psychologique, à mentir. D’une certaine façon, le mari était en partie responsable, de part ses exigences, du mensonge. Sans connaitre ici le fond du dossier, on peut aussi se poser la question de la liberté réelle de l’épouse à informer le tribunal des pressions qu’elle aurait pu subir.

    - Reste enfin le fond du problème : la virginité est-elle considérée comme une qualité essentielle d’une personne lors d’un mariage... ? Cela peut-il faire l’objet d’un contrat ? Dans la mesure où la virginité pourrait être ou non démontrée chez la femme et non chez l’homme, n’existe t-il pas une discrimination qui renderait caduque une telle exigence ? La comparaison avec d’autres cause citées d’annulation de mariage me semble assez faible : un ancien condamné à une peine sévère peut présenter légitimement un aspect de dangerosité ; la stérilité, l’impuissance ou une maladie grave remettent en question des aspects fondamentaux de la famille (durée, enfants). Rien de tel dans la demande de virginité : son absence n’empêche aucunement le fondement d’une famille et son épanouissement, et il n’existe pas non plus de raisons religieuses à cette demande. Sur le fond, le juge aurait donc pu considérer que la demande de virginité n’était pas un élement essentiel d’une personne dans le cadre d’un mariage, et que mentir sur cet aspect ne pouvait donc pas constituer un élément valable d’anulation. Pour prendre un autre élément de similitude, le juge aurait-il annulé un mariage parce que le mari aurait menti sur une tendence génétique à la calvitie dans sa famille ?



  • Voltaire Voltaire 29 mai 2008 09:22

    Il me semble très difficile actuellement de se projetter sur 2012. Il y a encore trop d’inconnues : qui remportera la bataille du PS, Juppé reviendra t-il, quels seront les résultats des élections de 2009 et 2010, DSK fera t-il un come-back...

    En ce qui concerne Bayrou, vous avez raison de souligner son handicap principal, qui est l’ostracisme dont il fait l’objet dans les médias. Cela ne s’arrangera pas... Même l’internet officiel (yahoo actualités) l’ignore. En revanche, il semble qu’il ait finalement réussi à mettre de l’ordre dans son parti. La nomination de Bernard Lehideux comme numéro 2 en charge de l’appareil va le décharger d’une tâche où il était largement impuissant, et il semble qu’une équipe de porte parole thématique puisse se mettre en place pour donner de la consistance à son projet. Vous avez raison de souligner aussi le problème des élus, mais à ma grande surprise, il semble que le résultat des municipales n’ait pas été si mauvais que cela, et que le MoDem ait sû faire émerger un certain nombre de jeunes maires dans des villes moyennes qui pourront servir de base à son parti. De plus, les élections intermédiaires de 2009 et 2010 à la proportionnelle dervaient lui permettre de regonfler son tissu d’élus.

    En ce qui concerne Delanoë, la problématique est inverse. Lui dispose d’une formidable audience médiatique, puisqu’il a soigneusement cultivé ce terrain parisien. En revanche, alors que Bayrou est incontesté au MoDem, rien ne dit que Delanoë emportera le PS : de nombreux cadres du PS sont effrayés par le duel annoncé, et pourraient se reporter sur une solution plus neutre, comme Moscovici (soutenu par Vals) ou Dray (homme de réseaux). Et il sera difficile en effet pour Delanoë d’apparaitre comme un recours face au système politique actuel, très formaté.

    Plutôt que de faire de la politique fiction, très délicate pour le moment en raison de l’instabilité existante au sein du PS et de l’UMP, il est intéressant de regarder plutôt quel parti ou responsable politique propose une vision ou un projet de société alternatif, car c’est plutôt à ce niveau que ce situe l’attente du citoyen. Besancenot est certainement un candidat sérieux, qui sera encouragé par Sarkozy pour affaiblir le PS ; Bayrou demeure aussi une option, s’il réussit à renouveler son projet de façon concrète. Et je suivrais de prêt les travaux de la fondation Terra nova, et les politiques qui s’en inspireront au PS, pour voir s’ils parviennent à renouveler le concept de parti socialiste. Je suis plus sceptique à propos de Marine Le Pen, qui manque de fond idéologique et de cadres de qualité. Quant au Nouveau Centre et affiliés, c’est un trou noir idéologique.



  • Voltaire Voltaire 28 mai 2008 11:25

    J’ai voté en faveur de la publication de cet article, car il pose une problématique intéressante, mais je suis en désaccord avec l’analyse de l’auteur.

    Sur la personalité des deux hommes tout d’abord :

    François Bayrou, malgré son côté homme de lettre et cultivé, est fondamentalement un homme de terroir. Son projet politique est fortemment influencé par un certain "bon sens", voire un certain conservatisme en matière économique par exemple, ce qui explique son aversion pour la dette publique. Il est totalement insensible aux paillettes, au décorum, à la politique spectacle.

    Au contraire, Bertrand Delanoë est un homme de communication, un bobo du microcosme parisien. En matière de projet politique, il "papillone" tandis que Bayrou trace un sillon. Delanoë peut être brillant tandis que Bayrou sera solide. Et Delanoë est un pragmatique tandis que Bayrou assoit son projet sur une vision forte et pesonnelle de la société.

    En matière de projet donc, Bayrou propose une vision, sa vision, aux français, qu’il a bâti en sillonant la France et en s’inspirant d’abord du "peuple", du français moyen. Delanoë s’entoure de bon experts, et propose une vision consensuelle, non pas sa vision mais celle qu’il pense être la plus à même d’avoir une audience.

    Enfin, en matière d’échéances politiques, Delanoë ne peut en aucun cas ressembler à Bayrou en 2007 : ce dernier était l’outsider à abattre, l’empécheur de dueller en rond entre le duo adoubé Sego-Sarko. Et il tiendra de nouveau ce rôle en 2012, le poil à gratter du paysage politique, celui qui dérange. Delanoë, s’il emporte le parti socialiste, sera au contraire le challenger officiel, celui qui sera tout aussi omniprésent au sein des média que la candidat UMP, avec pour principal défaut son parisianisme marqué. Quant à un éventuel rassemblement, rien ne se fera avant l’élection de 2012. L’attitude de Delanoë à Paris aux municipales démontre bien que l’ouverture au centre n’est pas dans son agenda. S’il y est contraint, il la fera par pragmatisme, mais certainement pas par conviction. Au contraire, l’ambition de Bayrou est de faire sauter les lignes, et de recomposer le paysage politique. S’il est élu, le PS et l’UMP éclateront, et la politique sera totalement différente de ce que nous avons connu jusqu’ici. Tandis que si Delanoë est élu, nous retrouverons une gestion beaucoup plus traditionnelle, "chiraquienne", du pays.

     



  • Voltaire Voltaire 26 mai 2008 17:32

    Excellente analyse ! je me permets tout d’abord de vous suggérer d’écrire plus souvent ce type d’article de grande qualité.

    Le problème de la responsabilité légale en cas d’accident est bien sûr celui qui fait le plus peur aux maires, chargés d’organiser cette "garde". A cela s’ajoute le fait que les employés communaux n’ont absolument pas les compétences requises pour garder des enfants, mission qui s’avère deplus totalement impossible à mettre en place dans les sones rurales où le personnel manque de toute façon.

    On est bien face à un problème difficilement soluble : si les communes ne sont ni équipées ni habilitées à organiser cette garde, l’éducation nationale n’en a pas les moyens... Au problème légitime des parents, on se heurte donc, en dehors de toute considération idéologique, à un problème de taille. Le plus probable et que cette tentative de passage en force du président se heurtera à la logique du système et que le projet sera doucement enterré. IL eût pourtant été plu simple et efficace d’essayaer de trouver une solution alternative au sein de l’éducation nationale, mais le dialogue ne permet pas de crier victoire... chose dont le président a bien besoin... 



  • Voltaire Voltaire 26 mai 2008 16:35

    @l’auteur

    Tout d’abord, ma critique est à l’égard de votre article, que je considère comme faible et flou, et non de votre personne, puisque je n’ai pas l’honneur de vous connaitre. Je vous serais donc bien reconnaissant d’éviter les attaques personnelles déplacées : quand on se place sur ce terrain, c’est que son argumentation manque de consistance.

    Votre commentaire éclaire néanmoins un peu mieux le lecteur.

    A vous lire, on comprend que pour vous, gauche est synonyme d’antilibéral, ou plutôt devrait-on dire d’anticapitaliste. C’est à dire opposée à l’économie de marché. On retrouve deux idéologies dans cette "gauche" : l’autogestion et le dirigisme étatique ("socialisme à la française" dans sa version soft, et communisme). Convenez néanmoins que dans ce cas, le clivage gauche-droite ne passe plus du tout entre PS et démocrates, mais au sein du PS, de façon d’ailleure très déséquilibrée (disons au niveau du quart extrême du PS). Il est donc parfaitement raisonnable d’indiquer que le clivage droite-gauche, tel qu’admis il y a 30 ans, a disparu. Votre erreur est de considérer que tout ce qui n’est pas antilibéral est de droite. Or, il y a autant de différences entre antilibéraux (votre "gauche") et "libéraux" (ou démocrates, ou sociaux-démocrates") qu’il y en a entre "libéraux" et "néoconservateurs". On observe au minimum deux clivages profond dans la société, et non un seul, ce qui explique la disparition de l’ancien clivage gauche-droite.

    Dire qu’ily a "droitisation" du PS me semble donc erroné : ce parti est effectivement partagé en différentes idéologies, qui sont plus importantes que celles qui séparent une parti du PS et "démocrates" , mais il ne s’agit pas d’une droitisation telle que vous l’entendez. Il s’agit d’une recomposition logique, qui répond à la transformation de notre société. De la même façon, le clivage qui existe entre le MoDem et une minorité de l’UMP d’un côté, et le reste de l’UMP "sarkozyste" de l’autre est au moins aussi important que celui qui séparait les anciennes "gauche" et "droite" des années 80.

    Pour conclure, si vous avez raison en indiquant que ni Mme Royal ni Mr Delanoë n’ont de projet de société alternatifs par rapport à ce que vous appelez le "système capitaliste mondialisé néolibéral", ce n’est pas le cas de Mr Bayrou ou de certaines personnalités du PS. Car le projet "démocrate", même si vous ne l’approuvez pas, marque aussi une rupture profonde par rapport au modèle capitraliste mondialisé issu des années 80-90.

    Vous aviez raison, je n’avais pas compris votre article. A qui la faute ? au lecteur ou à celui qui l’a écrit ? ce n’est pas parce que je considère que votre article est loupé et que votre analyse est fausse que je vous considère comme un imbécile. Inutile donc de porter le débat sur ce terrain en agressant votre contradicteur.

     

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