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Voltaire

Voltaire

Humaniste de ce siècle. La science a longtemps été ma passion, avant de devenir mon métier. Celui-ci a évolué depuis, mais je lui dois quelques enseignements fort utiles : curiosité, raison, un peu de sens commun et point trop de crédulité aveugle. A cela se rajoutent quelques passions sans doute déraisonnables, pour la justice, la bonté, les gens d’esprit, le bon vin et autres égarements, mais nul n’est parfait. Si je n’ai le talent de mon illustre pseudonyme, je tâcherai du moins de ne lui point faire honte, en demeurant aussi honnête que possible.

Tableau de bord

  • Premier article le 05/09/2006
  • Modérateur depuis le 06/10/2006
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Ses articles classés par : ordre chronologique













Derniers commentaires



  • Voltaire Voltaire 27 juin 2008 12:38

    La "reproductibilité" des expériences par l’homme de l’art (un autre scientifique) est un élément essentiel à la méthode scientifique elle-même, et à toute théorie scientifique. En l’occurence, aucune des expérience de Mr Benveniste ne l’étaient, ce qui a très normalement conduit à écarter ses résultats.

    Il me semble que l’amalgame fait avec la théorie quantique ne résiste pas non plus à l’observation ; d’abord parce que, comme vous l’indiquez, elle concerne la physique des particules élémentaires (où la dualité énergie/particule occasionne cette incertitude) et non un système complexe, et ensuite bien sûr parce que si principe d’incertitude il y a à ce niveau, les expériences qui le démontrent sont parfaitement reproductibles, quel que soit le laboratoire ou l’expérimentateur.

     



  • Voltaire Voltaire 26 juin 2008 11:59

    Des faits, rien que des faits... c’est parfait.



  • Voltaire Voltaire 24 juin 2008 16:15

    @jcm

    Mon propos concernait le grand public, et non les arguments des associations anti-OGM.

    En ce qui concerne les OGM non-plantes (bactéries, levures etc...), je crains que vous ne fassiez erreur. Ormis quelques exceptions, principalement pour des raisons de propriétés industrielle et non de sécurité, les OGM "de laboratoire" sont manipulés de façon très peu stringente, surtout dans les laboratoires publics. Par exemple, les bactéries de type E. coli ou les levures dans lesquelles ont a cloné tous les gènes possibles et imaginables ont toujour été manipulé comme classe 1, et sont donc répandus partout dans la nature depuis 30 ans. Dans les années 70, il y eut une réunion en Californie où l’on se posa la question de la dangerosité des OGM de ce type. Les US adoptèrent pendant 2-3 ans un système de confinement stricte, par précaution, tandis qu’en Europe on considéra que les risques étaient négligeables. Après ces quelques années, les US voyant qu’aucun effet négatif ne se produisait en Europe, et étant donné le surcout très important pour les labos US, décida d’abandonner ces mesures de confinement.

    Les seuls OGM vraiment confinés sont ceux dont l’hôte est potentiellement dangereux ; l’addition d’un transgène n’est pas considérée comme potentiellement dangereuse, sauf si ce transgène peut conférer à l’hôte des propriétés dangereuses (toxines, infectivité etc...).



  • Voltaire Voltaire 24 juin 2008 15:58

    L’analyse est intéresante, même si elle est à mon avis partiellement erronée.

    Votre paragraphe introductif résume à lui seul cette ambigüité : les élements cités, que vous développez par la suite, participent effectivement à l’affaiblissement de François Bayrou, et créent des difficultés pour son projet politique. Mais sa vision sociétale elle continue d’être très populaire.

    Deuxième élément majeur, omis dans cette analyse, la réalité du paysage politique français. D’un côté, une UMP électoralement hégémonique, mais dont le président est largement désavoué, de l’autre un PS miné par des querelles internes sans fins, dont on voit guère l’arrêt d’ici 2012.

    Jean-Michel Aphatie a récemment, sur Canal+, prononcé une analyse largement juste : François Bayrou constitue un recours. Pour réussir, faute de soutien médiatique, il a bien sûr besoin que les autres échouent. Cet élément là semble, hélas pour la France, en bonne voie. Puis il doit proposer une vision cohérente et attractive : du chemin reste encore à faire, mais le président du MoDem part sur de bonnes bases : il avait raison avant tout le monde, en 2007, sur son analyse de la situation. Il propose des solutions acceptables par l’essentiel de la population, sa vision de la société est sans doute la plus aboutie, celle qui tient le plus en compte les angoisses des français vis à vis de l’évolution de notre société. Enfin, l’homme Bayrou a acquis une profondeur et une crédibilité incontestable. Lui reste à acquérir une envergure internationale reconnue, mais c’est dans ses cordes.

    Reste qu’il lui manque encore une équipe crédible, un projet abouti et une machine de guerre électorale. C’est bien l’enjeu de ces prochaines années pour le Mouvement Démocrate, mais il lui reste 4 ans. Si la situation ne s’améliore pas pour les français, la guerre interne à l’UMP redoublera, et celle du PS semble inextinguible. Les départs de seconds couteaux du MoDem n’intéressent vraiment que les journalistes politiques. Ni le Nouveau Centre, ni les groupuscules attenants ne constituent d’alternatives crédibles pour les français, faute de vision politique indépendante. Et vouloir résusciter une UDF conçue sur les base de la société des années 70-80 ne peut mener qu’à l’échec : la société a changée, l’UDF est morte comme l’est le PRG ou le parti radical valoisien ; ce ne sont que des coquilles vides faites pour entretenir quelques synécures. Si je vous rejoint sur le cafouillage des élections municipales, les prochaines élections intermédiaires devraient permettre au MoDem de s’affirmer plus clairement, même après nouvelle modifications du scrutin.

    Contrairement à vous, je pense que les centristes (les démocrates, pas les ex-UDF...) que représentent François Bayrou ne font rire ni Nicolas Sarkozy, ni les tenors du PS.



  • Voltaire Voltaire 24 juin 2008 15:06

    La façon dont notre société diabolise ou accepte les nouvelles technologies est un sujet passionant.

    Il suffit par exemple de comparer la réaction face aux plantes OGM d’un côté, et au téléphone portable de l’autre.

    D’un point de vue strictement scientifique, ces thématiques sont largement comparables : issues de technologies développées dans les années 70-80, il existe dans les deux cas quelques rares études mises en avant qui suggèrent la possibilité d’un risque, sans que celui-ci soit quantifiable. Dans les deux cas, il n’existe aucun cas prouvé de personnes affectées par les OGM ou les téléphones portables, aucune étude épidémiologique indiquant un risque accru par leur utilisation, et même aucun fondement scientifique réel pouvant suggérer l’existance d’un risque, même chronique. Pour autant, l’impossibilité de conclure à une totale absence de risque, et l’existence d’études suggérant que, peut-être, dans certaiens conditions, il puisse y avoir un faible risque, suffit pour certains opposants à demander l’application d’un principe de précaution et leur interdiction.

    La réaction de la société vis à vis de cette demande est cependant diamétralement opposée : rejet pour les OGM, et acceptation pour le téléphone portable. Les raisons de cet impressionant décalage sont multiples :

    - la familiarité du produit tout d’abord : Pour le citoyen, le téléphone portable n’est que le prolongement du téléphone à fil, même si technologiquement il existe des différences immenses. En revanche, à part pour l’agriculteur averti ou le scientifique concerné, l’OGM est une chose plus abstraite, puisqu’il n’en a jamais vu et qu’il a en général une vision très idéalisée de l’agriculture telle que pratiquée dans nos pays. 

    - l’usage ensuite : le téléphone portable fait parti de la vie de tous les jours. S’en passer remettrait profondément en question le mode de vie de nombreux citoyens, même s’il ne s’agit pas là d’un objet essentiel. En revanche, l’OGM n’apporte au citoyen aucune valeur ajoutée évidente : les OGM existants sont conçus pour apporter une valeur ajoutée à l’agriculteur, pas au consommateur final.

    - le nationalisme économique : tandis que de nombreux téléphones portables sont conçus par des sociétés européennes, voire françaises, et que les opérateurs téléphoniques sont aussi franco-européens, les OGM sont actuellement produits en dehors de l’Europe, suite aux campagnes d’activistes dans nos pays. Lutter contre les OGM peut donc légitimement être inclus dans une perpective plus "politique" d’anti-américanisme.

    - le tabou du vivant : tandis que la technologie micro-électronique n’a jamais suscité au sein du grand public de réaction vives, tandis que toute technologie qui modifie en profondeur le vivant peut entrainer une réaction instinctive de méfiance. Il faut cependant moduler cette aspect : dès que l’objectif est de soigner l’être humain, le public est prêt à passer outre sa méfiance instinctive.

    La situation peut-elle s’inverser ? Probablement, sous certaines conditions. En ce qui concerne le téléphone portable, il faudrait des éléments scientifiques et médicaux indiscutables (ce qui est improbable) pour avoir un impact réel, tellement cet objet à d’importance socio-économique. En ce qui concerne les OGM, ceux-ci ont pâti d’une erreur de stratégie manifeste : si les producteurs avaient ciblé le consommateur final plutôt que le producteur intermédiaire, il y a fort à parier que la situation serait différente. Dans l’avenir, il est possible que la mise sur le marché de nouveaux OGM à visée thérapeutique, ou permettant de limiter plus nettemment la pollution des sols, voir de présenter un bénéfice pour des populations deshéritées, pourra entrainer un revirement de l’opinion public.

    Pour conclure, il faut bien souligner la difficulté pour l’immense majorité de la population d’apréhender la notion de risque : une probabilité d’un pour cent ou d’un pour cent mille n’est pas un concept naturellement clair. C’est la raison pour laquelle il est si difficile de transmettre une information objective sur le rapport coût/bénéfice. Mais de façon générale, le public est d’autant plus tolérant au risque que le bénéfice potentiel est important : il acceptera donc facilement la mise sur le marché d’un médicament tuant un patient sur dix si ce médicament permet de sauver un patient sur deux d’une maladie mortelle. Pour le moment, bien qu’aucun de ces deux produits, plantes OGM et téléphone portable, ne soient indispensables, le public perçoit un intérêt bien plus évident du côté du téléphone que de l’OGM. A risque (quasi nul) égal, il est donc prêt à conserver son portable et à refuser l’OGM...

     

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