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Voltaire

Voltaire

Humaniste de ce siècle. La science a longtemps été ma passion, avant de devenir mon métier. Celui-ci a évolué depuis, mais je lui dois quelques enseignements fort utiles : curiosité, raison, un peu de sens commun et point trop de crédulité aveugle. A cela se rajoutent quelques passions sans doute déraisonnables, pour la justice, la bonté, les gens d’esprit, le bon vin et autres égarements, mais nul n’est parfait. Si je n’ai le talent de mon illustre pseudonyme, je tâcherai du moins de ne lui point faire honte, en demeurant aussi honnête que possible.

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  • Premier article le 05/09/2006
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Derniers commentaires



  • Voltaire Voltaire 30 juin 2008 13:24

    L’article pose de bonnes questions.

    Au delà de la popularité médiatique indéniable de Mr Besancenot, deux ecueuils attendent le nouveaux chantre de l’antilibéralisme :

    - définir son action politique. Traditionnellement, la LCR était "révolutionnaire", et donc en dehors du système. Cette attitude est confortable pour critiquer, mais faute de proposer une alternative de gouvernement (ou alors juste un tout ou rien), se révèle peu payante en terme électoral. Transformer le NPA en parti de gouvernement, ou en tout cas en allié potentiel, représente un danger évident : celui de se faire assimiler aux autres partis politiques traditionnels,puis marginaliser. C’est ce qui se produit avec tous les partis minoritaires (PC, Verts, PRG, NC...). Dans le cas contraire, le NPA se heurtera à deux éléments contradictoires : la difficulté d’avoir des élus sans alliés (il suffit de voir les difficultés du MoDem actuellement, pourtant situé dans un créneau politique autrement plus consensuel pour les électeurs, et qui ne parvient à garder son indépendance que par la seule volonté et popularité de François Bayrou), et le reproche de ceux qui l’accuseront de ne pas vouloir se salir les mains dans la gestion des affaires publiques (la critique est aisée, l’art difficile...).

    - définir une nouvelle vision politique. La LCR était conçue pour défendre un idéal révolutionnaire communiste, idéal devenu désuet. Le NPA se situe sur une ligne actuellement floue, jouant de la popularité de l’antilibéralisme/anti-américanisme en France, sans pour cela définir un projet de société viable. Il lui faudra bâtir rapidement du concret, faute de quoi il risque de dévier vers un projet de société idéale illusoire, à l’image des premiers écologistes ou altermondialistes.

    Selon moi, bien que le sentier soit étroit, le NPA n’a pas d’autres alternatives que d’accepter de jouer le jeu des élections par alliances au niveau municipal. Les conseillers municipaux sont les élus les moins "politisés" aux yeux des électeurs, et des accords à ce niveau entre NPA et d’autres formations de gauche aurait un sens. Aux autres élections, le NPA devra sans doute se présenter de façon totalement indépendante pour demeurer crédible, même au prix d’un faible nombre d’élus au final. Quant à sa doctrine, le défi est de taille mais il existe en France un espace pour un parti anti-libéral altermondialiste, pourvu que celui-ci cesse de se référer au communisme. Mais cela exigera une remise en question profonde de bien ses leaders historiques.

    Il est frappant de constater combien la situation du NPA est similaire à celle du MoDem : leaders populaires, projets en phase avec la société, difficulté de percer le système bipolaire mis en place par l’UMP et le PS. La différence principale est que Olivier Besancenot ne sera jamais président de la république, tandis que François Bayrou conserve ses chances. Cela a une influence directe sur la façon dont leur parti respectif peut fonctionner. La chance du NPA est la déliquescence des syndicats en France. En foncalisant ses actions et propositions sur ce terrain concret, le NPA pourra apparaitre, sinon comme un parti de gouvernement ou une alternative politique crédible, au moins comme un parti nécessaire à la démocratie et à la défense des faibles. Cela ne serait pas si mal.



  • Voltaire Voltaire 27 juin 2008 17:00

    @Sylvain Reboul

    Je sors un peu du sujet,mais j’ai lu que Mme Royal avait adopté le projet de Bayrou sur les retraites (système à points). Cela bien sûr sans lui en attribuer la primeur, mais c’est une évolution intéressante et cohérente avec son positionnement politique.



  • Voltaire Voltaire 27 juin 2008 16:56

    @sisyphe

    Si vous considérez qu’un député est un élu local, nous n’avons effectivement pas la même notion de l’élu local... Quant à son mandat de présidente de région, Mme Royal n’a en rien l’implantation locale qu’ont ou qu’on eu les Chirac, Mitterrand ou Bayrou cités.

    Mon propos n’est pas de critiquer en particulier Mme Royal à ce sujet, mais simplement de constater qu’il y a un profond décalage entre la plupart des éléphants du PS et le français moyen qui constitue son électorat de base. Ce fossé est à l’origine de nombreuses erreur de stratégies, par manque de compréhension des attentes des électeurs. Malgré son étude régulière des enquêtes d’opinion, Mme Royal ne "sent" pas suffisament les attentes de son électorat, sa communication est ressentie comme telle, et non comme une adhésion sincère à ces idées. Ce défaut est similaire chez Hollande ou Jospin : leur discours "populaire" sonne faux. Par comparaison, Moscovici ne tient pas ce type de discours populaire, et sonne donc plus vrai, mais n’a rien de populaire, et le discours de Delanoë est parfait pour Paris mais très éloigné de ce que vivent les français en région.



  • Voltaire Voltaire 27 juin 2008 15:08

    Pour compléter mon propos, j’ajouterais que Mme Aubry a peut-être réussi ce que Mrs Mitterrant et Chirac avaient réussi, à savoir une implantation locale susceptible de compenser son passé énarque. Celle-ci a en effet longtemps souffert d’un style et d’une attitude très cassante, typique des énarques, ce qui lui avait valu une défaite aux législatives de 2002 et une longue traversée du désert. Son travail local à Lille, suivit de sa nette réélection de 2008, pourrait signifier un renouveau possible. Pour cela, il faudra que Mme Aubry réussisse à faire passer cette nouvelle image dans les média ; elle dispose de l’a priori positif des français pour les habitants du nord, mais cela ne suffira pas. Tout dépendra de son discours et de sa façon d’aborder les problèmes des français. En terme tactique, elle aurait totu intérêt à ne pas s’associer aux écuries des deux poids lourds actuels, en favorisant un premier secrétaire moins ambitieux, mais la route est longue...



  • Voltaire Voltaire 27 juin 2008 13:03

    Votre analyse sur la distance de Mme Royal d’avec le citoyen ordinaire est sans doute le fléau le plus important qui frappe les responsables du Parti Socialiste. L’"énarchie" y règne en maître parmis ses principaux dirigeants (Jospin, Royal, Hollande, Moscovici, Aubry...), ce qui crée une profonde deconnexion entre ces leaders et leur électorat naturel.

    Le cas Delanoë est une exception ; si sa formation n’est pas énarque (ni même universitaire de haut niveau), son profil convient bien à la sociologie parisienne. En revanche, lui non plus n’a pas le "profil" sociologique de son électorat à l’échelon national. François Mitterrand comme Jacques Chirac avaient eux compensés leur "handicap" universitaire ou énarque par une implantation locale et populaire forte (Chinon et la Corèze), qui leur avaient permis de se rapprocher de l’électorat moyen, qui pouvait s’identifier à eux. De même, Nicolas Sarkozy a le profil parfait de son électorat de base, néoconservateur, néolibéral, et François Bayrou compense son bagage littéraire par son implantation et ses racines béarnaise et paysanne. Point de cela chez les leaders socialistes (Mme Royal n’a rien d’une élue locale malgré son titre de présidente de région), ce qui risque bien de leur être de nouveau fatal en 2012.

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